Voltaire était-il raciste ?

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J’entends très souvent dire que Voltaire n’est pas raciste.

Après avoir lu plusieurs de ses textes, j’admets certes qu’il était contre l’esclavage (« le Nègre de Surinam » de « Candide » 1759 en témoigne), qu’il était pour la liberté en général… Mais je ne vois absolument pas où est l’ironie dans la deuxième partie de l’introduction, « différentes races d’hommes », de « Essai sur les mœurs et l’esprit des nations » (1756). Ni dans le « Traité de Métaphysique (1734).

Bien au contraire, dans ces deux œuvres, il me semble que Voltaire tente d’avoir le raisonnement le plus logique et le plus scientifique qu’il puisse faire à son niveau, puisque son but est d’exposer ses idées sur l’Homme en général. Le fait d’être contre l’esclavage ne l’empêchait pas d’être intimement convaincu de l’infériorité intellectuelle des « Nègres ». Il faut certes remettre les choses dans leur contexte, la période coloniale, les préjugés, etc. Mais je ne comprends pas qu’on dise ensuite qu’il n’était pas raciste. (?)


Voici précisément les extraits dont je parle :

Voltaire, « Essai sur les mœurs et l’esprit des nations » (1756), Introduction, Chapitre II, « Différentes races d’hommes » :
« Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils ne doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses, transportés dans les pays les plus froids, y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. »
Voltaire, « Traité de métaphysique » (1734), Chapitre V, « SI L’HOMME A UNE AME, ET CE QUE CE PEUT ÊTRE » :
« Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. »
Pour comparaison, Montesquieu ne laisse aucun doute dans « l’Esprit des lois » (1748), Livre XV, chapitre 5, « De l’esclavage des Nègres », quand il commence en disant clairement « Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais ». Voltaire, ici, me semble être dans un tout autre registre, qui est celui d’une analyse la plus « cartésienne » possible à son niveau.

Il prouve donc qu’il était contre l’esclavage, mais tout de même intimement convaincu de l’infériorité intellectuelle des « Nègres », puisque l’un n’empêche pas forcément l’autre. (?)
Bonjour,

En effet, il n'est pas nécessaire d'être esclavagiste pour être raciste. De même qu'il n'est pas nécessaire d'être raciste pour être esclavagiste (la traite des Noirs n'étant pas un génocide, ses motivations étant économiques bien plus qu'autre chose…).

Cordialement,