Complément essentiel ou non-essentiel ?

Langue française

35 réponses · Page 2 / 2

Et pourquoi pas compléments intraprédicatifs? ils ne sont pas déplaçables et ne peuvent être supprimés
Tout simplement parce que je ne connais pas ce terme. 😉
On en parle un peu dans ce document… C'est sûr que ça fait plus chic que "complément intégré" ! 😜
https://www.ac-strasbourg.fr/fileadmin/pedagogie/lettres/Baland_vademecum_grammatical_01.pdf
J'ai cru qu'il y avait une différence entre les deux… 😂
En tout cas, Merci à vous deux
@vemissa
Je ne sais pas ce qu’est un complément intégré, je ne saurais donc dire s’il est ou non essentiel, par contre un complément intraprédicatif n’est pas obligatoirement essentiel.
(Pour les notions de complément de verbe, d’ajout de verbe (ou de complément de SV), d’ajout de phrase, voir notamment Leeman - pour qui extra/intraprédicatif équivaut à extra/intraphrastique - ou Lavieu).

1 - Complément essentiel (intraprédicatif) (complément de verbe)
Paul a chanté sa chanson.

2 - Complément accessoire intraprédicatif (ajout de verbe / ou complément de SV (syntagme verbal))
Paul a chanté sa chansonnaturellement.*

3
- Complément accessoire intraprédicatif (ajout de phrase)**
Hier, Paul a chanté sa chanson naturellement.


* à comparer avec :

4 - Naturellement (1), Paul a chanté sa chanson naturellement (2).
= Évidemment / Comme on s’y attendait / Comme de coutume, Paul a chanté sa chanson avec naturel.
(1) > complément extraprédicatif
(2) > complément intraprédicatif

Autre exemple peut-être plus marqué :

Complément intraprédicatif
Il n’a pas répondu sottement.
= il a répondu intelligemment.

Complément extraprédicatif
Sottement, il n’a pas répondu.
= il n’a pas répondu, et c’était idiot de sa part.


Dans 1, 2 et 3 les compléments sont dits constituants de phrase, dans 4, le complément est dit incident.


** Certains (Le Goffic, par exemple) ont une conception plus restreinte de la prédicativité. Est intraprédicatif ce qui est dans la portée du verbe (complément essentiel + ajout de verbe ; donc seul 1 et 2 sont intraprédicatifs), le reste étant extraprédicatif (pour eux, donc, un ajout de phrase est extraprédicatif et alors 3 est extraprédicatif).
Mais on voit que même dans le cas de cette conception plus restrictive, les compléments intraprédicatifs ne sont pas forcément essentiels (cf. les ajouts de verbe).
vemissa a écrit :ils ne sont pas déplaçables et ne peuvent être supprimés
Pas tout à fait :
[lien invalide]
https://journals.openedition.org/ml/527
@ PFStex
Séquence du jour à l’intention des pichounes de 11 ans, histoire d’aiguiser leur sens de l’analyse et leur esprit critique : Les dictionnaires sont-ils tombés sur la tête, ou comment se fait-il que le TLFi classe ces deux verbes comme intransitifs alors qu’Usito les classe comme transitifs indirects ?!
[lien invalide]
https://www.cnrtl.fr/definition/sortir
[lien invalide]
https://usito.usherbrooke.ca/#/contenu/sortir_1.ad
[lien invalide]
https://www.cnrtl.fr/definition/arriver
Certains grammairiens, dont Grevisse au moins jusqu'à la 14ème édition, § 279, réservent le mot transitif aux verbes transitifs directs et appellent donc intransitifs les transitifs indirects.

Enfin le Tlfi parle d'emploi intransitif ou transitif, pas de nature du verbe.
Enfin le Tlfi parle d'emploi intransitif ou transitif, pas de nature du verbe.
Pour le verbe arriver ?
Pour le verbe sortir, forcément puisqu’on peut dire sortir « quelque chose/quelqu'un », et là sortir est transitif ou d’emploi transitif.
Eh bien, alors disons qu’à emploi équivalent, soit sortir de quelque part, le TLFi donne l’emploi du verbe comme intransitif, alors qu’Usito le donne comme transitif indirect.


Sinon, ici il s’agit de compléments locatifs, et je doute qu’une grammaire traditionnelle ait jamais fait de verbes construits avec ce type de compléments des verbes transitifs.
Tu n'as pas compris…
Pour le complément circonstanciel dit intégré :
https://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2005.elnady_a&part=96818
OK, merci.
Autrement dit, ces compléments ne sont pas forcément essentiels ?
Merci Katioucha pour ces informations précieuses 🙂
pour le complément circonstanciel intégré, c'est Sancier-chateau qui en parle ( P.94 )
Tout dépend des éditions, sans doute. Dans la mienne, c'est plutôt p. 142 et suivantes…
Cela dit, oui, Sancier-Chateau distingue "complément circonstanciel intégré" (sous-entendu intégré au groupe verbal) et "complément circonstanciel adjoint" (complément de phrase).
Je t’en prie vemissa. 🙂
Je n’ai aucune édition de Sancier-Château.
J’ai trouvé ceci :
[lien invalide]
https://shs.cairn.info//revue-travaux-de-linguistique-2001-1-page-121.htm
Si je m’en tiens à ce tableau et au texte qui précède et suit, pour ce grammairien, le complément intégré est un complément essentiel. (Je dirais qu’il correspond à ce que, notamment, Leeman nomme des compléments obliques.)
À la différence du complément circonstanciel adjoint (CC adjoint), mobile dans la phrase et qui dépend de la phrase tout entière, certains compléments circonstanciels, qu’on appellera intégrés, entrent dans le GV dont ils sont des compléments nécessaires.
(C'est moi qui graisse)

Ce qui ne va pas dans le sens du lien précédemment donné par Jehan :
(1) Les compléments d’expression facultative, dits compléments adverbiaux du type […] Ce genre de compléments diffère apparemment des compléments circonstanciels adjoints dans la mesure où ils sont adossés au verbe qu’ils complètent, bien que leur expression ne soit pas indispensable à la cohérence syntaxique de la phrase
(C'est encore moi qui graisse.)

Faut-il entendre le "nécessaires" de la première citation comme uniquement syntaxique, ou bien peut-il se comprendre comme un nécessaire sémantique (en ce qu'il modifie considérablement le sens de l'énoncé, cf. Il court, vs Il court vers sa fiancée), ce qui permettrait aux deux citations de se rejoindre, mais qui ne ferait plus du complément intégré un complément essentiel ?
Ce que tu cites de mon lien précédent, vérification faite, cite textuellement, pour sa part, la page de ma grammaire Denis-Sancier-Chateau (qui soit dit en passant sont trois grammairiennes, et non un grammairien 😉 )
Cette grammaire classe dans les compléments circonstanciels intégrés ceux qui sont des
expansions facultatives du verbe (Il court vers sa fiancée / contre la montre / avec rapiditéIl écrit au stylo… ) et ceux qui sont des expansions contraintes du verbe (Ses parents résident à Paris; Ce livre coûte soixante francs. )

Il y a bien sûr des cas plus incertains, ce que mentionne mon lien précédent
mais il faut savoir que ce degré d’intégration n’est pas unique et qu’il peut y avoir des relations d’intégration fortes, d’autres moins fortes et d’autres enfin assez faibles.
tout comme la grammaire Denis-Sancier-Chateau :
Ces compléments n'ont pas tous le même degré de nécessité par rapport au verbe qui les régit.
Certains verbes exigent d'être complétés (…) d'autre admettent dans leur dépendance immédiate un complément dont l'expression reste facultative.
Donc un complément intégré n'est pas forcément considéré comme "essentiel".
Parfait, merci pour ces précisions fort utiles, puisque je ne pouvais puiser à la source ! 🙂

Donc, on est bien d’accord que les compléments intégrés ne sont pas obligatoirement essentiels (essentiels = arguments du verbe) ?
Et qu’ils ressemblent bigrement aux compléments intraprédicatifs, de ceux qui sont obliques ou ajouts de verbes (pour reprendre la terminologie de Leeman, entre autres).
Donc un complément intégré n'est pas forcément considéré comme "essentiel".
Je n'avais pas vu ton message édité quand j'ai rédigé le mien.
Donc, on est bien d'accord ! 😀