Bonjour
J'ai quelque(s) doute(s) sur les compléments essentiels …
En lisant ce lien
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire//analyse10.htm
je trouve que la distinction n'est pas évidente entre "essentiel" et "non-essentiel".
Dire que "il mange" est grammaticalement incorrect est un peu facile …
Il est évident que la suppression d'un complément (co, cc etc.)
retire du sens ou de la précision à la phrase.
"Il mange" est, pour moi, une phrase correcte et qui a du sens !
Un sens très simple, sans nuance, soit ! Mais c'est une phrase !
"Il mange mal", "il mange du pain" etc… On ajoute ici des sens différents
mais l'idée de base : "il mange" reste la même !
"Il va" … Je suis d'accord* : cela ne se dit pas ! Même si c'est plus ou moins compréhensible.
Celui qui écoute, posera forcément la question : "Mais … où va-t-il ?"
En ce sens, je pense que ce cc est "essentiel".
*De même pour "Roméo envoie".
J'aimerais résumer plus simplement en disant :
Le complément ne peut être ni déplacer ni supprimer → Complément essentiel = complément de verbe.
Le complément peut être supprimer ou déplacer → Complément non-essentiel = complément de phrase.
Mais dans le lien, il est dit :
Il est délicat de renier l'enseignement traditionnel (a1 + a2), et il est prématuré d'adopter la méthode (c1 + c2) qui est de conception récente et ne fait pas l'unanimité parmi les grammairiens.
Qu'en pensez-vous ?
Bonjour,
Je partirai dans la forêt lointaine, d'ici 3 à 4 jours.
Maître corbeau, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage.
Pouvez vous me donner la fonction des 3 groupes soulignés svp ?
Attention : "sur un arbre perché" = "perché où ? --> sur un arbre"
"sur un arbre" est CC de lieu du participe "perché", lui-même apposé au GN "Maître Corbeau".
Je partiraioù ? --> dans la forêt lointaine.
CC de lieu, complément essentiel du verbe "partirai".
tenaitoù ? --> en son bec
CC de lieu du verbe "tenait".
Sauf que…
Je partirai dans la forêt lointaine, d'ici 3 à 4 jours : J'y partirai…
Maître corbeau, sur un arbre perché … : Maitre Corbeau qui y était perché…
tenait en son bec un fromage : y tenait un fromage.
On peut pronominaliser avec effacement de la proposition, ce sont donc des compléments essentiels.
Qui, pour le sens, indiquent le lieu, le lieu où l'on va, le lieu où l'on est.
… Le débat reste ouvert…
Ils sont sémantiquement circonstanciels, mais syntaxiquement essentiels.
Il conviendrait donc plutôt de dire ici "complément essentiel de lieu" ?
Encore que…
Est-ce que la pronominalisation sans préposition est le seul critère décisif et sans appel ?
Ce complément-là, par exemple, tout pronominalisable qu'il soit, est mobile et supprimable comme un "vrai" CC :
Dans son bec, il tenait un fromage.
Il tenait un fromage.
Bien bien…
Etant donnés les doutes qui planent encore sur ce sujet, je suppose que le cas ne se présentera pas aux examens 😉
Merci pour vos réponses.
Jehan a écrit :Ils sont sémantiquement circonstanciels, mais syntaxiquement essentiels.
Il conviendrait donc plutôt de dire ici "complément essentiel de lieu" ?
Encore que…
Est-ce que la pronominalisation sans préposition est le seul critère décisif et sans appel ?
Ce complément-là, par exemple, tout pronominalisable qu'il soit, est mobile et supprimable comme un "vrai" CC :
Dans son bec, il tenait un fromage.
Il tenait un fromage.
De lieu, c'est sémantique. La grammaire ne connait que les compléments essentiels, pronominalisables, et les autres, non-essentiels.
Cependant, la mobilité du groupe
dans son bec le fait analyser comme complément non essentiel, ce qui ferait ouvrir une catégorie grammaticale :
les non-essentiels pronominalisables, identifiés par leur mobilité.
Sémantiquement, on se rend compte que ces compléments mobiles indiquent le lieu où l'on est, et les autres, le lieu où l'on va ou le lieu d'où l'on vient.
Bonjour,
qu'est-ce que vous pensez des compléments essentiels et non essentiels dans ces phrases:
L’enfant compte sur ses doigts.
Je compte sur mes amis.
L’enfant compte sur ses doigts.
La suppression: L'enfant compte. → grammaticalement correct, mais n'informe pas sur la manière dont l'enfant compte; cependant, il conserve le fait que l'enfant compte… peut-on dire que cet élément est suppressible et qu'il s'agit donc d'un complément non essentiel?
Je compte sur mes amis.
La suppression: Je compte. → le verbe ne donne pas le même sens
Le déplacement: Sur mes amis, je compte. → grammaticalement incorrect
-> complément essentiel, COI, non suppressible
Et qu'est-ce que vous pensez des phrases:
Comptez avec la calculette, ça ira plus vite.
Comptez avec moi, comme ça vous serez sûr que je ne cherche pas à vous tromper.
Maintenant qu’il est monté en grade, il faut compter avec lui.
Est-ce c'est
«complément essentiel / complément non essentiel»
«complément direct / complément indirect»
«complément suppressible / complément non suppressible»?
Merci beaucoup pour vos réponses.
Bonjour.
Une question, s'il vous plait.
C'est dans la prison une prison ; les murs ont une épaisseur double des autres.
Chaque jour un guichetier sonde avec soin les grilles massives […]
À sa première vue, la phase soulignée était difficile à comprendre.
Ensuite, à l'aide la suite, je suis parvenu à croire qu'elle a le même que
"C'est une prison dans la prison".
Ai-je correctement compris cette phrase-là ?
Le syntagme prépositionnel
'dans la prison', quelle fonction joue-il ici ; complément essentiel (déplacable?) ou non-essentiel ?
Qu'est-ce qui m'échappe ? ; aidez-moi, je vous prie.
Tu as bien compris.
Dans la prison n'est pas un complément essentiel puisqu'il est effaçable, même si évidemment le sens est modifié quand on le supprime.
Maintenant, je comprends.
Merci, Anne. 🙂
Sur le plan de l'analyse syntaxique , cette phrase citée plus haut :
C'est dans la prison une prison
Ce serait P = présentatif + SP + SN
Est-ce que cela est correct ?
C'est correct pour la nature des syntagmes, mais on peut préciser aussi:
C'est = présentatif
"une prison" = régime (ou complément) du présentatif.
"dans la prison" = CC de lieu.
Bonjour,
je bloque sur les cplts de phrase et cplts de verbe, les 1ers étant supprimables et déplaçables mais pas les seconds.
Qu'en est-il dans la phrase :
A deux heures du matin (celui-là ne me pose pas de problème), notre aventurier sortit de Paris par la barrière Saint-Denis.
ou
d'Artagnan et Planchet arrivèrent à Saint-Omer d'une seule traite.
On peut supprimer "de Paris" et "à Saint-Omer" grammaticalement mais on perd beaucoup pour ce qui est de l'information.
Alors ? Essentiel ou pas ? Cplt de phrase ou de verbe ?
Merci pour votre aide
Bonsoir.
"de Paris" et "à Saint-Omer" sont des compléments essentiels du verbe.
Bonjour,
c'est ce que je me disais mais franchement ce n'est pas si évident que ça.
Des enfants de 11 ans ont du mal à saisir la nuance.
Merci bien.
Question: est-ce que la nomination "complément intégré" et "complément intraprédicatif" ne sont pas applicables à ces compléments essentiels du verbe?
Compléments intégrés, oui.