Lu dans Paul Auster,
Invisible, p. 190 : "Dieu sait ce qui m'a prise, dit-elle, d'essayer…"
J'aurais écrit : "ce qui m'a pris". J'aimerais comprendre la règle de grammaire qui commande d'écrire "prise".
Merci pour votre aide. Merci Jehan.
Entre-temps, j'ai trouvé ceci, le titre étant :
Qu'est-ce qui lui a pris / leur a pris?(Désolée, je ne suis pas très habile pour aller chercher le texte directement. J'ai donc copié-collé.)
Quelle est, dans ce cas, la différence entre la règle ci-jointe en date de 2009 et celle que vous venez de me donner? Je suis un peu mélangée, car j'aurais cru que le phrase de Paul Auster avait le même sens que ce qui suit…
Voici, donc, ce que j'ai trouvé après avoir envoyé ma première question, et qui me laisse perplexe :
Question :
Je souhaiterais savoir laquelle de ces formes est correcte pour cet usage du verbe" prendre".
- Qu'est-ce qui lui a pris/leur a pris ?
- Qu'est-ce qui les a pris/l'a pris ?
et aussi pour la phrase suivante :
- Ils recommenceront quand l'envie les en prendra/leur en prendra ?
J'avoue être dubitatif et serais reconnaissant à toute personne qui voudra bien m'éclairer.
Merci
Réponse de Jehan :
Comme une envie prend à quelqu'un,,
ce sont bien évidemment les pronoms lui (= à lui)
et leur (= à eux) qui conviennent :
- Qu'est-ce qui lui a pris ?
- Qu'est-ce qui leur a pris ?
- Ils recommenceront quand l'envie leur en prendra.
Bonsoir.
Tu voudras bien m'excuser d'avoir supprimé ma première réponse de ce soir après avoir consulté la même ancienne discussion que toi, et que tu viens de citer… Un remords soudain… Car mon ancienne réponse de 2009 m'a fait sérieusement douter de la validité de la réponse de ce soir.
Il apparaît cependant que dans l'ancienne discussion, j'ai été trop péremptoire. Mea culpa !
Après vérification, il apparaît en effet que les deux formulations : ce qui l'a pris de… (avec le pronom COD) et ce qui lui a pris de (avec le pronom COI) sont toutes deux admissibles. De fait, si l'on en croit les occurrences dénichées par Google, l'emploi avec pronom COD est même nettement plus fréquent.
Et la formulation par une femme "ce qui m'a prise d'essayer" est donc bien valide.
Mais dans ce cas précis, "ce qui m'a pris d'essayer" serait correct également.
Encore toutes mes excuses pour ce petit cafouillage.
Mon cher Jehan, tu as tellement réponse à tout sur ce forum qu'on peut bien te pardonner une petite (vraiment toute petite) erreur de temps à autre… surtout lorsqu'elle est admise avec autant d'humilité.
Merci pour ta réponse éclairée et éclairante.
Bonjour,
Le sujet date mais je me suis trouvée également face à un accord ("ce qui m'a prise") qui m'a sur-prise 😉 et je me suis retrouvée ici.
Je salue l'ouverture d'esprit qui caractérise la réponse précédente car il est vrai que la langue est toujours redéfinie par l'usage, mais il me semble qu'au niveau de la grammaire stricte, le complément devrait être COI et ce n'est qu'une faute répandue parmi d'autres.
Je me demande si la confusion ne vient pas du présent : ce qui me prend / te prend… lui prend, mais on est tenté d'y voir des pronoms compléments d'objet directs et de dire "le prend". Il faut avouer que le français est particulièrement confus sur ces pronoms qui ne changent qu'à la troisième personne.
En tout cas, après consultation du verbe "prendre" sur le CNRTL, le TLFi semble tolérer l'objet direct mais je trouve leur entrée illogique puisqu'ils écrivent bien "prend À qqn" :
a) Il prend qqc. à qqn.Il lui prit une fantaisie, un dégoût (Ac. 1935). Quand il nous prit la fantaisie D'aller voir, en leur valaisie, Ces messieurs crétins du Valais (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p.275).On peut dire que le docteur est responsable. Si, par exemple, il vous prenait l'envie de recommencer (Camus, Peste, 1947, p.1230).
b) Qqc. prend à qqn.La fièvre, la goutte lui a pris (Ac. 1935). L'envie me prend, pour dissiper cette gêne et retrouver mon aplomb, de montrer que je connais son histoire et de la raconter un peu (Alain-Fournier, Meaulnes, 1913, p.200).V. précieusement ex. de Mérimée.
− Qu'est-ce qui me/te/le, etc. prend. [S'emploie pour marquer son étonnement devant la conduite de qqn] «Qu'est-ce qui te prend?» m'a-t-elle demandé en riant, exactement comme je l'avais prévu (Vailland, Drôle de jeu, 1945, p.90).
L'entrée de l'Académie est plus succincte et ne mentionne que "lui a pris".
Bonjour à tous,
Nous nous obstinons sur l'accord du verbe "prendre" dans la phrase suivante et je me suis dit que la communauté internet pourrait peut-être nous éclairer:
"J'ai arrêté de faire du vélo, car l'idée m'a [pris|prise] de prendre une marche."
En supposant que c'est une femme qui dit la phrase, avec quoi s'accorde le verbe prendre?
Je serais tenté de dire "a pris à qui?" (plutôt que "a pris qui?"), en faisant du coup un complément d'object indirect qui s'accorde avec le m'.
Merci à l'avance,
Sébastien
Comme le précise le Robert des difficultés, dans ce genre de tournure, le pronom peut tout autant être considéré comme un COD que comme un COI.
Donc la dame dira au choix L'idée m'a prise de… (COD) ou L'idée m'a pris de… (COI)
Pour ma part, je préfère l'option COI.
l'idée m'a [pris|prise] de prendre une marche
Si l'on effectue une petite opération syntaxique sur cette phrase, elle devient
L'idée de prendre une marche m'a [pris|prise].
Si l'on interprète ''m'a [pris|prise]'' comme ''m'est arrivée'', ''m' '' est COI.
Mais il me paraît que ''prendre'' ici a un sens ''plus fort'' que ''arriver'', il ressemble plutôt aux verbes '' hanter'', ''saisir''.
Alors, COD convient aussi.
Merci pour vos réponses! Ça fera des heureux dans les deux camps 🙂