Bonjour,
Je traduis actuellement un livre portugais et l'auteur emploie le parfait de l'indicatif, qui en français, peut se traduire par le passé simple ou le passé composé.
L'auteur oscille entre un style "journal intime" et un style "biographie".
Je serais tentée d'utiliser le PC pour le "journal intime" et le PS pour la "biographie".
Mais le choix n'est parfois pas évident car de temps en temps, on sent que l'auteur prend du recul par rapport aux évènements et le passé simple conviendrait mieux, alors qu'on se trouve dans la partie "journal intime".
En outre, j'ai reçu le commentaire d'une personne travaillant dans l'édition qui a m'a dit:
"des problèmes de coordination des temps qui arrêtent la lecture desservent le texte".
Par exemple -
Version au passé composé:
"Aujourd’hui, avec le son des cithares résonnant encore dans ma tête, je me suis levé d’un bond et je me suis rendu, accompagné de Calimério, au palais des Necessidades, pour retrouver enfin mon seigneur D. Pedro.
Dès que je suis descendu face à la place et que j’ai commencé à monter lentement les marches du palais, des centaines d’images et pensées de mon passé ont resurgi et ont pris la place de la cantilène arabe. Je n’étais jamais allé au palais des Necessidades auparavant, mais ce sera désormais le lieu où je me promènerai et travaillerai.
Comme cela arrive à ceux qui sont dominés par leur imagination, mes yeux se sont brouillés et je distinguais mal l’intense va-et-vient d’officiers, de généraux, d’adjudants, de ministres, de députés, de juges, de conseillers des Cours suprêmes de justice, de législateurs, de domestiques, de journalistes et de simples défenseurs de la cause de la Reine qui transitaient dans l’arrière-cour, de telle sorte qu’en virant à droite, après avoir monté l’escalier principal, je suis entré en collision avec un sujet anguleux qui, au grand malheur de son front et de mon nez, venait de toutes ses forces dans la direction opposée. Comme nous portions tous deux le ruban bleu et blanc qui marque l’appartenance aux Chartistes, nous nous sommes adressés des excuses mutuelles et nous avons pris congé. Si cela s’était produit dans une taverne, la fin eût été sans aucun doute moins courtoise."
Version au passé simple:
"Aujourd’hui, avec le son des cithares résonnant encore dans ma tête, je me suis levé d’un bond et je me suis rendu, accompagné de Calimério, au palais des Necessidades, pour retrouver enfin mon seigneur D. Pedro.
Dès que je suis descendu face à la place et que j’ai commencé à monter lentement les marches du palais, des centaines d’images et pensées de mon passé ont resurgi et ont pris la place de la cantilène arabe. Je n’étais jamais allé au palais des Necessidades auparavant, mais ce sera désormais le lieu où je me promènerai et travaillerai.
Comme cela arrive à ceux qui sont dominés par leur imagination, mes yeux se brouillèrent et je distinguais mal l’intense va-et-vient d’officiers, de généraux, d’adjudants, de ministres, de députés, de juges, de conseillers des Cours suprêmes de justice, de législateurs, de domestiques, de journalistes et de simples défenseurs de la cause de la Reine qui transitaient dans l’arrière-cour, de telle sorte qu’en virant à droite, après avoir monté l’escalier principal, j’entrai en collision avec un sujet anguleux qui, au grand malheur de son front et de mon nez, venait de toutes ses forces dans la direction opposée. Comme nous portions tous deux le ruban bleu et blanc qui marque l’appartenance aux Chartistes, nous nous adressâmes des excuses mutuelles et prîmes congé. Si cela s’était produit dans une taverne, la fin eût été moins courtoise."
Qu'en pensez-vous?
Ma question est : peut-on passer du PC au PS de cette façon?
Autre exemple:
"Maintenant, avant de sombrer dans un sommeil tant attendu depuis ces dix derniers jours, je consignerai les évènements de cette journée particulière.
Un peu plus abîmé que le jour où nous avons quitté Bilbão, notre carrosse a pénétré aujourd’hui, en début d’après-midi, dans Lisbonne. Calimério a demandé à prendre congé pour aller rendre visite à des parents dans le Bairro Alto et je le lui ai accordé, mais pas avant qu’il ne me déposât dans la rue des Tanneurs, plus exactement à la porte de l’hôtel particulier de mon vieil ami João da Rocha Pinto.
Il était environ sept heures. Je n’avais pas le moindre espoir de le trouver chez lui à cette heure là mais j’ai décidé néanmoins de m’y rendre, si impatient que j’étais de connaître les dernières nouvelles. Je me suis dirigé vers la porte et ai donné deux coups légers sur le marteau argenté en forme de lyre. En une minute, un visage blanc a apparu, triangulaire, où se détachait une paire d’yeux verts qui pouvaient ressembler à ceux de la chanson de Camões."
Et sa version au PS, qui me semble plus approprié:
"Maintenant, avant de sombrer dans un sommeil tant attendu depuis dix derniers jours, je consignerai les évènements de cette journée particulière.
Un peu plus abîmé que le jour où nous quittâmes Bilbão, notre carrosse pénétra aujourd’hui, en début d’après-midi, dans Lisbonne. Calimério demanda à prendre un congé pour aller rendre visite à des parents dans le Bairro Alto et je le lui accordai, mais pas avant qu’il ne me déposât dans la rue des Tanneurs, plus exactement à la porte de l’hôtel particulier de mon vieil ami João da Rocha Pinto.
Il était environ sept heures. Je n’avais pas le moindre espoir de le trouver chez lui à cette heure là mais je décidai néanmoins de m’y rendre, si anxieux que j’étais de connaître les dernières nouvelles. Je me dirigeai vers la porte et donnai deux coups légers sur le marteau argenté en forme de lyre. En une minute, un visage blanc apparut, triangulaire, où se détachait une paire d’yeux verts qui pouvaient ressembler à ceux de la chanson de Camões."
Merci de votre aide!!
Bonne soirée,
V. 🙂
Je traduis actuellement un livre portugais et l'auteur emploie le parfait de l'indicatif, qui en français, peut se traduire par le passé simple ou le passé composé.
L'auteur oscille entre un style "journal intime" et un style "biographie".
Je serais tentée d'utiliser le PC pour le "journal intime" et le PS pour la "biographie".
Mais le choix n'est parfois pas évident car de temps en temps, on sent que l'auteur prend du recul par rapport aux évènements et le passé simple conviendrait mieux, alors qu'on se trouve dans la partie "journal intime".
En outre, j'ai reçu le commentaire d'une personne travaillant dans l'édition qui a m'a dit:
"des problèmes de coordination des temps qui arrêtent la lecture desservent le texte".
Par exemple -
Version au passé composé:
"Aujourd’hui, avec le son des cithares résonnant encore dans ma tête, je me suis levé d’un bond et je me suis rendu, accompagné de Calimério, au palais des Necessidades, pour retrouver enfin mon seigneur D. Pedro.
Dès que je suis descendu face à la place et que j’ai commencé à monter lentement les marches du palais, des centaines d’images et pensées de mon passé ont resurgi et ont pris la place de la cantilène arabe. Je n’étais jamais allé au palais des Necessidades auparavant, mais ce sera désormais le lieu où je me promènerai et travaillerai.
Comme cela arrive à ceux qui sont dominés par leur imagination, mes yeux se sont brouillés et je distinguais mal l’intense va-et-vient d’officiers, de généraux, d’adjudants, de ministres, de députés, de juges, de conseillers des Cours suprêmes de justice, de législateurs, de domestiques, de journalistes et de simples défenseurs de la cause de la Reine qui transitaient dans l’arrière-cour, de telle sorte qu’en virant à droite, après avoir monté l’escalier principal, je suis entré en collision avec un sujet anguleux qui, au grand malheur de son front et de mon nez, venait de toutes ses forces dans la direction opposée. Comme nous portions tous deux le ruban bleu et blanc qui marque l’appartenance aux Chartistes, nous nous sommes adressés des excuses mutuelles et nous avons pris congé. Si cela s’était produit dans une taverne, la fin eût été sans aucun doute moins courtoise."
Version au passé simple:
"Aujourd’hui, avec le son des cithares résonnant encore dans ma tête, je me suis levé d’un bond et je me suis rendu, accompagné de Calimério, au palais des Necessidades, pour retrouver enfin mon seigneur D. Pedro.
Dès que je suis descendu face à la place et que j’ai commencé à monter lentement les marches du palais, des centaines d’images et pensées de mon passé ont resurgi et ont pris la place de la cantilène arabe. Je n’étais jamais allé au palais des Necessidades auparavant, mais ce sera désormais le lieu où je me promènerai et travaillerai.
Comme cela arrive à ceux qui sont dominés par leur imagination, mes yeux se brouillèrent et je distinguais mal l’intense va-et-vient d’officiers, de généraux, d’adjudants, de ministres, de députés, de juges, de conseillers des Cours suprêmes de justice, de législateurs, de domestiques, de journalistes et de simples défenseurs de la cause de la Reine qui transitaient dans l’arrière-cour, de telle sorte qu’en virant à droite, après avoir monté l’escalier principal, j’entrai en collision avec un sujet anguleux qui, au grand malheur de son front et de mon nez, venait de toutes ses forces dans la direction opposée. Comme nous portions tous deux le ruban bleu et blanc qui marque l’appartenance aux Chartistes, nous nous adressâmes des excuses mutuelles et prîmes congé. Si cela s’était produit dans une taverne, la fin eût été moins courtoise."
Qu'en pensez-vous?
Ma question est : peut-on passer du PC au PS de cette façon?
Autre exemple:
"Maintenant, avant de sombrer dans un sommeil tant attendu depuis ces dix derniers jours, je consignerai les évènements de cette journée particulière.
Un peu plus abîmé que le jour où nous avons quitté Bilbão, notre carrosse a pénétré aujourd’hui, en début d’après-midi, dans Lisbonne. Calimério a demandé à prendre congé pour aller rendre visite à des parents dans le Bairro Alto et je le lui ai accordé, mais pas avant qu’il ne me déposât dans la rue des Tanneurs, plus exactement à la porte de l’hôtel particulier de mon vieil ami João da Rocha Pinto.
Il était environ sept heures. Je n’avais pas le moindre espoir de le trouver chez lui à cette heure là mais j’ai décidé néanmoins de m’y rendre, si impatient que j’étais de connaître les dernières nouvelles. Je me suis dirigé vers la porte et ai donné deux coups légers sur le marteau argenté en forme de lyre. En une minute, un visage blanc a apparu, triangulaire, où se détachait une paire d’yeux verts qui pouvaient ressembler à ceux de la chanson de Camões."
Et sa version au PS, qui me semble plus approprié:
"Maintenant, avant de sombrer dans un sommeil tant attendu depuis dix derniers jours, je consignerai les évènements de cette journée particulière.
Un peu plus abîmé que le jour où nous quittâmes Bilbão, notre carrosse pénétra aujourd’hui, en début d’après-midi, dans Lisbonne. Calimério demanda à prendre un congé pour aller rendre visite à des parents dans le Bairro Alto et je le lui accordai, mais pas avant qu’il ne me déposât dans la rue des Tanneurs, plus exactement à la porte de l’hôtel particulier de mon vieil ami João da Rocha Pinto.
Il était environ sept heures. Je n’avais pas le moindre espoir de le trouver chez lui à cette heure là mais je décidai néanmoins de m’y rendre, si anxieux que j’étais de connaître les dernières nouvelles. Je me dirigeai vers la porte et donnai deux coups légers sur le marteau argenté en forme de lyre. En une minute, un visage blanc apparut, triangulaire, où se détachait une paire d’yeux verts qui pouvaient ressembler à ceux de la chanson de Camões."
Merci de votre aide!!
Bonne soirée,
V. 🙂



