Maupassant, Une vie, chapitre 10 - Ils criaient là-dedans, heurtant la cloison du poing…

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Voilà, j'ai un "commentaire de texte a faire" pour vendredi avec deux questions. Je pense avoir réussit la première, mais je suis totalement bloquée sur la deuxième, alors si vous pouvez m'aider, ce serait très gentil à vous 🙂.

Voici le passage concerné, ainsi que la question.
Ils criaient là-dedans, heurtant la cloison du poing, ne comprenant pas ce qui leur arrivait.
Lorsqu'il fut en haut de la descente, il lâcha la légère demeure qui se mit à rouler sur la côte inclinée.
Elle précipitait sa course, emportée follement, allant toujours plus vite, sautant, trébuchant comme une bête, battant la terre de ses brancards.
Un vieux mendiant, blotti dans un fossé, la vit passer d'un élan sur sa tête ; et il entendit des cris affreux poussés dans le coffre de bois.
Tout à coup elle perdit une roue arrachée d'un heurt, s'abattit sur le flanc et se remit à dévaler comme une boule, comme une maison déracinée dégringolerait du sommet d'un mont. Puis, arrivant au rebord du dernier ravin, elle bondit en décrivant une courbe, et, tombant au fond, s'y creva comme un oeuf.
Dès qu'elle se fut brisée sur le sol de pierre, le vieux mendiant, qui l'avait vue passer, descendit à petits pas à travers les ronces ; et, mû par une prudence de paysan, n'osant approcher du coffre éventré, il alla jusqu'à la ferme voisine annoncer l'accident.
On accourut ; on souleva les débris ; on aperçut deux corps. Ils étaient meurtris, broyés, saignants. L'homme avait le front ouvert et toute la face écrasée. La mâchoire de la femme pendait, détachée dans un choc ; et leurs membres cassés étaient mous comme s'il n'y avait plus d'os sous la chair.
La question: Quels sont les images qui evoquent la chute tragique des deux amants, s'appuyer sur des procédés de style précis, citation obligatoire dans chaque paragraphe.

Pour commencer, j'ai déjà trouvé une comparaison à un oeuf, ce qui représente la fagilité, la fébrilité.
Mais je ne trouve vraiment pas la suite. Merci d'avance a ceux qui m'aideront 😀 J'ai vraiment besoin de votre aide …
A mon avis, pour ce qui vous bloque, c'est la ton particulièrement impérieux de la question. Considérez la posément, ramenez la à ce qu'elle est, et demandez-vous s'il y a des images, s'il y a du procédé, et même s'il y a du tragique. Prenez du recul. On est à la fin d'une colère, lentement amenée, progressivement développée, pour peindre un personnage sympathique et bon mais sujet à des débordements. Il y a beaucoup de Maupassant dans ce personnage.

1 - Lisons d'abord: La première phrase marque une détente. Dans le début on sent le fantasme poussé à la démence qui broie les amants dans le poing, et puis le poing s'ouvre, il lâche. La colère tombe d'un seul coup, elle n'aveugle plus, elle n'est même plus là, on ouvre les yeux et on regarde, et on voit les choses comme elle sont : un vieux mendiant blotti dans un fossé devient le medium. On est dans la description, on suit le mouvement. Puis le mendiant passe le relai, on va voir les dégats. Il n'y a pas un atome de sentiment.

2 - Je regarde maintenant la question. Quel effet me fait me fait-elle ?

a -D'abord que la chute n'a pas été décrite du tout de façon tragique. Le tragique en est complètement absent. On peut donc dire qu'il est escamoté, mais c'est le questionneur qui le voit comme cela.
Ensuite, il y bien des images. Il n'y a même que çà. On est si peu mu par le sentiments qu'on regarde les objets, palpe la chair. C'est parfaitement objectif, mais on dira que c'est terriblement objectif si on veut parler du tragique qui n'est pas mis.

b - Ensuite, il est question d'images appuyées sur des procédés de style. Oui, il y a des images et des procédés de style, mais l'image est déjà un procédé de style. Il faut débrouiller un peu tout cela.
La comparaison est un procédé de style distinct de l'image. Celle de l'œuf ajoute à l'image, mais ce n'est pas la fragilité qu'elle y ajoute (on était déjà convaincu de cette fragilité); elle ajoute de la précision à l'image, et il y a d'autres comparaisons, toutes secondaires car aucune d'entre elles n'est une métaphore et encore moins une métaphore filée. La comparaison avec la maison déracinée est à peine une comparaison, c'est presque le tableau lui-même.
Et ce qui donne de la force et de la vie à la description, c'est le mouvement. Presque tous les verbes sont des verbes de mouvement.
L'image est rendue visible par le choix des mots, des mots qui montrent non seulement ce qui est là, mais ce qui bouge et entraine la pensée.
Merci beaucoup, cela va beaucoup m'aider pour la suite 🙂.