Hexasyllabe ou heptasyllabe ?

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Désolé si je ne demande pas au bon endroit, mais je ne savais pas trop où poser cette question !

J'ai la correction d'un commentaire où, lorsqu'ils parlent de ces deux vers, ils disent que ce sont deux Hexasyllabes (à 6 syllabes), mais moi je compte 7 syllabes dans chaque vers ! C'est bien une erreur de leur part ou c'est moi ? (un livre du CNED)

"Et la pensée de l'amour,
Lente et envahissante"

Merci !
Bonsoir.

Ce qui compte, ce sont les syllabes prononcées :

é-la-pan-sé-de-la-mour = 7
lan-té-an-va-i-sant' = 6

Le premier est bien un heptasyllabe, effectivement.
Si tu as bien recopié le vers, c'est effectivement une erreur.

Le second, lui, a bien 6 syllabes.
Merci pour ta réponse,

Pour "lente", je pensais qu'on ne comptait pas la syllabe seulement quand le e muet est en fin de vers, comme pour "envahissante" ? J'ai donc compté deux syllabes pour "lente" ?
L'usage en écrivant est de contracter "de le" en "du", mais on ne contracte pas "de la". Mais, quand les gens parlent, on les entend souvent contracter quand même. Donc, si on transcrit ce qu'ils disent comme ils le disent, il ne faut pas écrire:
"Si tu t'imagines, fillette, fillette, que çà va durer toujours". Voir là : https://www.youtube.com/watch?v=RKKFGedanjU
Le "e" ne se prononce de toute façon jamais en fin de vers mais il ne se prononce également pas s'il est suivi d'une voyelle.

Ex: bête et méchant : bê / té / mé / chant (le e suivi d'une voyelle ne se prononce pas)
bête mais méchant : bê / te / mais / mé / chant (suivi d'une consonne, il se prononce)
bête et méchante : bê / té / mé / chante (le e en fin de vers ne se prononce jamais)



Cas particuliers: il arrive d'avoir un "h" muet entre un "e" et une voyelle.
En générale, un "e" suivi d'un "h" puis d'une voyelle, si le h est muet et bien que ce soit une consonne, le "e" ne se prononce pas.

EX: une humaine : u / nu / maine (le e agit comme s'il était suivi d'une voyelle et ne se prononce pas)

En fait il faut faire attention aux "sons voyelles".

Mais c'est un problème compliqué que le "e" et tu risque de trouver des cas particuliers dans les cas particuliers.

Enfin bon, l'essentiel a savoir c'est ce que je t'ai marqué au début.

voila pour le "e".
a bientot.
Bonjour Marc,

Il ne s'agit pas de vers, mais de prose. Ces deux membres de phrase sont extraits de Bel-Ami (Maupassant).

Le cours du CNED, en effet, propose ceci (page 37 du document en lien) :
[…] Mais la comparaison est effectuée à l’inverse de la nourriture solide : « Et la pensée de l’amour, lente
et envahissante, entrait en eux, enivrait peu à peu leur âme, comme le vin clair ». C’est « la pensée de
l’amour » qui est comparée au vin alors que les mets solides sont comparés à une femme désirable.
Remarquons le rythme de la phrase : 6/6/4/8 : la progression de cette pensée paraît d’abord régulière
(deux hexasyllabes14), puis elle devient obsédante avec l’allongement correspondant à l’octosyllabe. […]
(academie-en-ligne.fr)
Je suppose que Putakli (je traduis sa pensée) voulait suggérer qu'on pouvait trouver six syllabes en lisant le premier membre ainsi : Et la pensée d'l’amour…

Qu'un lecteur le lise ainsi à haute voix, c'est possible après tout ; mais que ce soit l'intention de l'auteur en composant le rythme de sa phrase, c'est impossible ici.

Une lecture "littéraire" impose d'y lire et faire "sonner" sept syllabes : c'est un massacre sinon ! 😀

Tu as donc bien fait de relever l'erreur de rythme.

Muriel
L'erreur de Marc consiste à dire qu'il s'agit de deux vers. Elle ne vient pas de lui mais du CNED. Reste qu'il aurait pu déceler que c'est absurde d'utiliser la métrique des vers pour parler du rythme de la prose, et à contresens !
Il faut savoir corriger les profs !
Ce n'est pas une boutade : il le faut.
Oui je me suis apparemment trompé en parlant de vers (désolé je suis pas un expert), mais c'est exactement le passage dont parle Muriel ! Il y a donc bien erreur de leur part, à moins d'enlever le "et" de "Et la pensée" mais je ne vois pas pourquoi on ferait ça ?
Il faut savoir corriger les profs !
Ce n'est pas une boutade : il le faut.
Je concède que c'est parfois nécessaire.
Encore faut-il s'efforcer de les corriger de façon claire et compréhensible… 😉
Et puis, il me semble que l'appréciation d'un rythme est plus compliquée qu'un banal comptage de syllabes.
Pour ma part, le deuxième membre est lu et ressenti comme infiniment plus "long" que le premier…
Nous sommes en présence d'un dialogue entre un auteur (Maupassant) et un lecteur (le cours du CNED). Le lecteur cite: « Et la pensée de l’amour, lente
et envahissante, entrait en eux, enivrait peu à peu leur âme, comme le vin clair
», puis coupe la phrase de Maupassant pour insérer une remarque qu'on peut trouver tirée par les cheveux : "C’est « la pensée de
l’amour » qui est comparée au vin alors que les mets solides sont comparés à une femme désirable."

Cette explication fait suite à une pensée précédente "Mais la comparaison est effectuée à l’inverse de la nourriture solide", et surtout coupe la phrase de Maupassant qui enchainait :...comme le vin clair tombé goutte à goutte en leur gorge, échauffait leur sang et troublait leur esprit."

Cela porte à croire que la ligne de pensée de l'auteur et celle du lecteur divergent car il se pourrait bien que le vin coule dans la gorge tandis que la goutte tombe sur la gorge.

La pudeur est aussi instinctive que la sensualité mais manque totalement dans le texte où l'on reconnait le faune canoteur qui copulait en public, ce qui faisait rire Flaubert, mais peut aussi inspirer une réaction de dégoût, y compris au lecteur qui plaque comme une feuille de vigne un rythme d'alexandrin en discordance avec la phrase de Maupassant rythmée des virgules.

Cela me rappelle la grammaire de Chérel que j'avais en classe. Au chapitre de la versification, cette grammaire citait en exemple d'harmonie imitative:
"Net, comme le discours d'un académicien, ma lectrice rougit et je scandalise."
Mais Musset avait écrit dans Namouna:
"Hassan était donc nu, mais nu comme la main, nu comme un plat d'argent, nu comme un mur d'église, nu comme le discours d'un académicien. Ma lectrice rougit et je la scandalise, mais comment se fait-il, madame que l'on dise que vous avez la jambe et la poitrine bien. Comment le dirait-on si l'on n'en savait rien."

Ce serait donc une erreur de chercher à trouver dans le texte de Maupassant la réaction de pudeur qui vient du lecteur du CNED, bien qu'elle soit inspirée par le texte, et même qu'elle l'éclaire en signalant, quoique de façon maladroite et mal controlée que la pudeur n'y tient aucune place.
Merci Putakli, la phrase entière a quand même une autre allure ! (même si je n'ai pas tout tout tout compris à ton message… )