L’amitié dans les romans français

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à vous tous,

Je voudrais préparer un mémoire sur l'amité dans les romans français, par exemple, l'amité entre les trois mousquetaires de l'Alexendre Dumas. Ils s'aident dans les situations difficiles et ils partagent les joies ensemble.

Dans les romans chinois, il y a un genre très populaire et très connu, on l'appelle les roman Wuxia ( le sujet de ces romans est toujours les aventures, le sacrifie ou de sauver la vie à qqn. ou un pays comme le film Le Tigre et le Dragon). Dans ce genre de romans, un ami ou une amie qui peut donner un coup de mains aux peronnages princiaux ou meême qui peut mourrir pour aider le héro est très typique. Ainsi je voudrais écrire un mémoir de l'amitié dans les romans français mais je trouve que les romans anglais ou américains décrivent beacoup la grande amité comme Harry Poter et ses copains, comme Sherlock Holmes et Docteur Watson… les français racontent peu l'amitie dans leurs romans.

Peux-être, comme chinoise, je connais peu sur la littérature française. Pourriez-vous me donner plus d'exemples de l'amitier dans les romans français ( littérature français, c'est obligatoire) à analyser?

Et j'ai une autre idée à vous discuter: je voudrais aussi analyser l'amitié entre les grands écrivains français derrière leurs romans dans le mémoire, c'est une bonne idée? Pourriez-vous me donner plus d'informations?

Je connais qu'il y a une grande amitié entre Jean Giono et André Gide, Hugo et Proust…

Pourriez-vous me donner une bibliographie à lire sur ce sujet?

Merci beacoup!
L'amitié entre Hugo et Proust ?

Tu peux parler de l'amitié entre Montaigne et La Boétie, entre Flaubert et Georges Sand…
Et dans les romans, L'Oeuvre, de Zola, est très intéressant; il évoque les parcours de différents artistes, et on voit également la manière dont leur amitié évolue 😉 .
Pourquoi ne pas remonter aux origines des romans français ? L'un d'eux en particulier me lance un cri du coeur : Gargantua de Rabelais. Chef d'oeuvre de drôlerie. A l'instar des grandes épopées de jadis, l'essentiel du roman est occupé par une guerre de voisinage dans le pays natal de Gargantua _ le devoir le rappelle auprès de son père où bientôt on voit se livrer les divers épisodes de la guerre "picrocoline". Un petit cercle d'amis, fiers gaillards et ripailleurs sans honte en forment l'état major.

Gargantua et son ami et précepteur Ponocrate, le bon frère Jean, moine aussi féroce à la guerre qu'il est païen dans ses propos, Grandgousier et Ulrich Gallet buvant, baffrant, et plaisantant. Sages dans leur propos, inflexibles dans leurs résolutions, courageux et aimant se battre, mais non cruels inutilement, heureux les uns des autres, et se concertant.
A, je ne peux qu'avoir une pensée émue à l'évocation de ces conseils de guerre faits autours d'une grande table, où l'on ne sait lequel de ces motifs, la guerre ou le plaisir d'être ensemble les y réunit plus volontiers. Il y aurait presque du plaisir à être en guerre, entouré de ses compagnons.

Quand il fut arrivé, ce furent mille gentillesses, mille accolades, mille salutations:"Hé! Frère Jean, mon ami, Frère Jean, mon grand couillon, Frère Jean, de par le diable, l'accolade, mon ami!
- A moi l'embrassade!
- Viens là, mon couillon, que je t'éreinte à force de t'embrasser !"
Et Frère Jean de jubiler! Jamais nul homme ne fut si aimable ni gracieux."Là, là, dit Gargantua. Sur une escabelle, ici, au bout, à côté de moi!
- Je veux bien, dit le moine, puisque tel est votre bon plaisir. Page, de l'eau!

[…]voici quel est notre bon Frère Jean; voici pourquoi chacun recherche sa compagnie: il n'est point bigot; ce n'est point une face de carême; il est franc, joyeux, généreux, bon compagnon; il travaille; il peine à la tâche; il défend les opprimés; il console les affligés; il secourt ceux qui souffrent, il garde les clos de l'abbaye.
- Je fais, dit le moine, bien davantage, car au choeur, en expédiant nos matines et services anniversaires, je fabrique en même temps des cordes d'arbalète, je polis des carreaux et des flèches, je confectionne des filets et des bourses à prendre les lapins. Jamais je ne suis oisif. Mais, par ici, à boire! A boire par ici! Apporte le dessert !!"
-Par ma foi, dit Ponocrates, je ne sais pas, mon petit couillu, mais tu vaux ton pesant d'or!
- En cela, dit le moine, je vous ressemble. Mais venez que nous buvions."


Ensuite, chacun commença à s'armer et à s'équiper, et ils armèrent le moine contre sa volonté, car il ne voulait pas d'autres armes que son froc sur sa poitrine et le bâton de la croix à son poing. Toutefois, il fut selon leurs voeux armé de pied en cap, monté sur un bon coursier du royaume de Naples avec un gros braquemart au côté, en même temps que Gargantua, Ponocrates, Gymnaste, Eudémon et vingt-cinq parmi les plus vaillants de la maison de Grandgousier, tous solidement armés, la lance au poing

Ici nous avons des authentiques amis : non pas des meilleurs amis au sens où nous l'entendrions aujourd'hui : une paire d'amis ayant appris à se connaître, et, avec temps et patience en viennent à partager une sincère intimité. Rien de plus paillard que cette amitié là : à peine vus, ils s'aiment. A peine connus, ils s'embrassent, se disent tu, mon ami, se tapent sur le ventre etc… Rappelons que Gargantua et Frère Jean ne s'étaient jamais vus avant cette entrevue. Pourtant l'amitié qu'ils y expriment est sincère : elle est celle de gens partageant les mêmes valeurs : la bonne chère, l'appétit de la vie, la ripaille, l'honneur, la franchise et la haine de l'hypocrisie. Ce sont des valeurs de table _ mai aussi, est ce que le mot de Compagnon n'est pas né autours d'une table ?

Je rappelle à titre indicatif que compagnon, qui a donné "copain" signifie à l'origine "celui avec qui on partage son pain". Les assiettes n'existant pas, on avait coutume de manger son repas sur de grandes tartines de pain _ parfois si grandes (les miches étaient g"antes) qu'il fallait les partager en deux. La première amitié est née, je l'affirme, autours d'une table. Et dans ce roman Rabelais nous restitue une sorte d'état primitif de l'amitié : celle qui n'est pas fondée sur la connaissance intime de l'autre , mais sur le partage de même valeurs, franchise de corps et franchise de coeur.
J'aime beaucoup ce qu'a écrit honta2, ça ne sert à rien de le dire, ça ne fait pas avancer le débat, mais je le dis quand-même.
Bonjour,
Je suis moi aussi à la recherche de romans, français surtout mais pas seulement, où l'amitié occupe une place importante sinon primordiale… Je voudrais vérifier une hypothèse selon laquelle il n'y a pas de roman d'amitié avant le 20e siècle. Le seul qui me satisfasse vraiment pour l'instant c'est Jules et Jim d'H-P Roché. Je retiens bien sûr l'amitié chez Gargantua, même si c'est une amitié de table, qui est une des modalités de l'amitié envisagées à la Renaissance, mais pas la seule, ni il me semble, la plus noble. Je garde aussi en tête les romans de littérature jeunesse qui mettent souvent l'amitié au centre, mais la plupart de ces romans sont anglophones, ainsi que ceux où l'amitié est importante mais secondaire, comme LeGrand Meaulnes ou l'Ecume des jours, et, il me semble, L'Oeuvre. Des idées?
Merci d'avance!
¨Ce n'est pas un roman, mais tout de même, le texte de Montaigne sur l'amitié est assez important…

Au XIXème il y a Bouvard et Pécuchet 🙂 et L'éducation sentimentale. Au XXème tu as la Recherche de Proust aussi, l'amitié du narrateur avec les jeunes filles et avec Saint-Loup. Il doit y avoir des choses chez Céline aussi mais je n'ai plus les références exactes en tête…

Du coup, je dois dire que ton hypothèse me laisse perplexe 😐
A vue de pays, le héros français est un solitaire. Il a des amours, mais peu d'amis.
On peut cependant signaler Tiberge et ses efforts pour remettre des Grieux sur le droit chemin, Fouquier (si ma mémoire ne me trompe) qui aide Mathilde de la Môle à enterrer la tête de Julien Sorel, le lien entre David Séchard et Lucien de Rubempré, qui trahira honteusement son ami, d'ailleurs, le pacte criminel des Treize (de Marsay, Rastignac…), et Robinson, la fatalité attachée aux pas de Bardamu.
Ah tiens, je n'avais pas pensé à Bouvard et Pécuchet! En fait, je cherchais des romans où l'amitié est romancée, justement, mise en histoire, avec un début, un milieu, une fin, des rebondissements… Bref, un roman qui raconte une "histoire d'amitié" comme on parle d"histoire d'amour". Je ne suis pas sûre que l'amitié soit vraiment au centre du roman de Flaubert, qu'elle soit racontée. N'est-elle pas juste un prétexte? De même dans L'Education sentimentale, ne retient-on pas avant tout l'intrigue amoureuse? La référence à Proust m'intéresse davantage.
En fait, je cherche bien des romans d'amitié parce que je fais des recherches sur l'amitié dans la littérature et que pour l'instant, il s'avère qu'elle ne s'épanouit que dans des traités, des essais, des mémoires, ou le genre épistolaire. Je voudrais simplement en avoir la confirmation et creuser un peu la question. Montaigne, justement ne narre rien de l'amitié avec La Boétie, il en offre une image, pas vraiment une histoire, ou à peine esquissée. En gros, l'amitié se raconte-t-elle? Voilà ma question. Quant à Céline, si tu parles de Bardamu et de Robinson, c'est intéressant, mais est-ce une amitié? Elle est en tout cas très problématique.
Merci pour ces pistes en tout cas.
Ah oui d'accord, je vois ce que tu veux dire. Cela dit, je pense que l'amitié est quand même centrale dans B&P 😉. Pour le reste je suis d'accord^^
Salut,
Vous pouvez travailler sur les "amitiés" dans les romans de Gide, je pense bien sur aux Faux Monnayeurs mais aussi à l'immoraliste, dans son autobiographie Si le grain de meurt (notamment celle qu'il a partagé avec Pierre Louis), etc. Chez Gide, les amitiés sont toujours spéciales, et (c'est comme cela que je le ressens) jamais tout à fait franches. Je pense qu'il peut vous être très instructif d'étudier l'amitié dans Les Liaisons Dangereuses, parce que je pense qu'il y en a…

En ce qui concerne l'amitié entre les écrivains, il faut entrer dans les correspondances.