Poème en dissyllabes

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

j'aimerais savoir si on peur dire qu'une succession de vers dissyllabiques donne un rythme binaire à un poème ?

Je prends par exemple cette strophe des Djinns de V. Hugo :
Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.
A la lecture, il y a bien une "pause" toutes les deux syllabes… Du coup il me semble qu'il y a rythme binaire ? A moins que cette question de rythme soit plus d'ordre syntaxique que métrique ?

Ce problème du rythme binaire me pose problème pour commenter certaines pièces, je ne voudrais pas utiliser ce mot imprudemment

Parce que si je décide de prendre ce vers :
De voir ces bois, qui se trouvèrent
Et que je le divise en quatre dissyllabes :
De voir
ces bois,
qui se
trouvèrent
Alors d'accord, cet exemple est hautement improbable et franchement peu poétique… Mais si je disais qu'on a là un rythme binaire, je mettrais le doigt sur une vérité ou dans mon oeil ? 😀
Bonjour,

La notion de rythme (binaire, ternaire, accumulatif) correspond à des notions syntaxiques autant que prosodiques.

Pour la prosodie, regarde cette page du site : https://www.etudes-litteraires.com/versification/vers#accents_toniques

Pour la syntaxe, il suffit de repérer des groupes de même nature : verbes, mots de même nature remplissant la même fonction…

Dans les vers que tu cites
Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.
L'analyse prosodique ne donne pas de résultats :
1 1
2
2
2
2
2
2
L'analyse syntaxique permet de repérer un rythme ternaire, trois expressions de même niveau : murs, ville et port (la suite étant en apposition à port).
Hum d'accord, le terme semble donc inapproprié quand la construction syntaxique ne donne pas un rythme binaire…

Pour autant, est-ce que dans mon deuxième exemple (improbable, je le répète), il y a une "pause" imposée à la lecture toutes les deux syllabes ?

Ou encore, est-ce qu'une série de dissyllabes intervenant après des vers plus longs créé une "variation de rythme" (par exemple une accélération qui témoignerait d'un ton enjoué, chantant) ?
Dans cette création,
De voir ces bois, qui se trouvèrent
tu aurais les groupes rythmiques suivants 2/2/4, le vers (?) ne présente donc pas une découpe binaire.
Hum oui, mauvais exemple en effet.

Le terme que tu as utilisé, "découpe binaire", me séduit : est-ce que je pourrais l'utiliser pour parler de n'importe quelle séquence de dissyllabes même si le rythme imposé par la construction syntaxique n'est pas binaire ?
Ce qui me gêne, c'est que le dissyllabe est par nature binaire, soit vers de 2 syllabes, soit vers qui groupe deux mots uni-syllabiques.

J'analyserais plutôt l'effet produit par cette succession de vers courts comme dans le début des "Djinns" d'Hugo : éloignement, aspect ténu, attention dispersée…
Oui certes pour Les Djinns ton interprétation me semble bonne…

Maintenant imaginons une chanson avec des vers dissyllabiques. Je n'ai pas d'exemples sous la main, mais je me souviens au collège avoir vu un texte assez "gaillard" composé ainsi. On avait entendu l'interprétation par un chanteur et je me demande si ce n'est pas justement le rythme imposé par les dissyllabes qui donnait son ton enjoué à la pièce (à cause de l'accent toutes les deux syllabes accentuables). Je vois mal Les Djinns mis en chanson avec un ton joyeux 😀

Du coup est-ce que la seule interprétation par le "rythme enjoué" peut être correcte ? Désolé si la question semble assez vague faute d'exemple mais je travaille sur une réflexion sur la poésie en général. Dès que j'ai ce qu'il faut je vous fournirai une citation…
Je ne crois pas que rythme binaire veuille dire grand chose. Binaire, il n'est forcément, quan le vers a deux syllabes, mais le vers est-il iambique ou pas ? quand et pourquoi y a-t-il un rytme simplement binaire, ou un rythme iambique ?
L'effet poétique est le résultat de la conjonction de sens, de sons, de rythmes. Un rythme a lui tout seul ne sera jamais joyeux ou triste ou…
Les possibilités du vers dissyllabique sont restreintes, il faut toute la virtuosité hugolienne pour en tirer un effet. Les variations rythmiques deviennent significatives dans des mètres plus longs. La Fontaine par exemple en joue à merveille dans ses Fables.