Voltaire, La Princesse de Babylone - Son pays, madame, est celui des Gangarides…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour / Bonsoir,

j'ai trouvé 3 grands axes pour un commentaire du texte ci-dessous, de Voltaire, et j'aimerais savoir si ces axes sont bons.
— Son pays, madame, est celui des Gangarides, peuple vertueux et invincible qui habite la rive orientale du Gange. Le nom de mon ami est Amazan. Il n’est pas roi, et je ne sais même s’il voudrait s’abaisser à l’être; il aime trop ses compatriotes: il est berger comme eux. Mais n’allez pas vous imaginer que ces bergers ressemblent aux vôtres, qui, couverts à peine de lambeaux déchirés, gardent des moutons infiniment mieux habillés qu’eux, qui gémissent sous le fardeau de la pauvreté, et qui payent à un exacteur la moitié des gages chétifs qu’ils reçoivent de leurs maîtres. Les bergers gangarides, nés tous égaux, sont les maîtres des troupeaux innombrables qui couvrent leurs prés éternellement fleuris. On ne les tue jamais; c’est un crime horrible vers le Gange de tuer et de manger son semblable. Leur laine, plus fine et plus brillante que la plus belle soie, est le plus grand commerce de l’Orient. D’ailleurs la terre des Gangarides produit tout ce qui peut flatter les désirs de l’homme. Ces gros diamants qu’Amazan a eu l’honneur de vous offrir sont d’une mine qui lui appartient. Cette licorne que vous l’avez vu monter est la monture ordinaire des Gangarides. C’est le plus bel animal, le plus fier, le plus terrible et le plus doux qui orne la terre. Il suffirait de cent Gangarides et de cent licornes pour dissiper des armées innombrables. Il y a environ deux siècles qu’un roi des Indes fut assez fou pour vouloir conquérir cette nation: il se présenta suivi de dix mille éléphants et d’un million de guerriers. Les licornes percèrent les éléphants, comme j’ai vu sur votre table des mauviettes enfilées dans des brochettes d’or. Les guerriers tombaient sous le sabre des Gangarides comme les moissons de riz sont coupées par les mains des peuples de l’orient. On prit le roi prisonnier avec plus de six cent mille hommes. On le baigna dans les eaux salutaires du Gange; on le mit au régime du pays, qui consiste à ne se nourrir que de végétaux prodigués par la nature pour nourrir tout ce qui respire. Les hommes alimentés de carnage, et abreuvés de liqueurs fortes, ont tous un sang aigri et aduste qui les rend fous en cent manières différentes. Leur principale démence est la fureur de verser le sang de leurs frères, et de dévaster des plaines fertiles pour régner sur des cimetières. On employa six mois entiers à guérir le roi des Indes de sa maladie. Quand les médecins eurent enfin jugé qu’il avait le pouls plus tranquille et l’esprit plus rassis, ils en donnèrent le certificat au conseil des Gangarides. Ce conseil, ayant pris l’avis des licornes, renvoya humainement le roi des Indes, sa sotte cour et ses imbéciles guerriers, dans leur pays. Cette leçon les rendit sages, et, depuis ce temps, les Indiens respectèrent les Gangarides, comme les ignorants qui voudraient s’instruire respectent parmi vous les philosophes chaldéens, qu’ils ne peuvent égaler.
Les trois grands axes à ceux dont j'ai pensé sont les suivants :
I. Un récit basé sur l'amplification, l'exagération
II. Un récit ironique/satirique
III. Un récit utopique.

Ne sachant pas si ces axes sont valables, je n'ai pas approfondi, et donc n'ai pas cherché de sous-parties pour le moment. Je ne désire pas avoir trois axes rédigés, au contraire, cela me troublera. Je veux simplement savoir si je suis à côté de la plaque ou pas, auquel cas je n'approfondirai pas, logiquement. 😀

Je précise tout de même que je suis en première L, et que je débute dans le commentaire de texte.


Merci d'avance.


Cordialement,
Keikoo.
Bonjour Keikoo,

Je crois qu'il serait plus habile de définir les axes moins par les procédés que par le contenu.
Il te faut d'abord définir un parcours de lecture : par exemple en quoi ce texte appartient-il à un conte philosophique ?

A partir de là, tu pourrais retenir les parties suivantes :
1 - Un récit oriental merveilleux
2 - une critique sociale
3 - le plaidoyer d'un philosophe des Lumières
J'ai oublié de préciser que le sujet est l'utopie et la contre-utopie, justement.

Donc je ne sais pas si parler du fait que ce soit un conte philosophique est une bonne idée…

Merci pour la réponse, tout de même.
Le 1 est égal à utopie.
Le 2 à contre-utopie.
Le 3 est la leçon à en tirer.

Mais les parties que je t'ai proposées sont plus précises et plus adaptées au type de texte.
Tu restes libre à l'égard de ces propositions.