Ponge, Notes pour un coquillage

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois faire le commentaire de la première partie de Notes pour un coquillage, un poème en prose de Francis Ponge. Je ne sais absolument pas comment le faire car pour faire un commentaire de poème, il faut étudier les rimes, la musicalité, les types de vers et de strophes. Or tout ceci ne se trouve pas dans un poème en prose. Je vous remercie de me donner quelques éléments pouvant servir au commentaire d'un poème en prose.
J'ai déjà analyser qui parle et à quoi, pour dire quoi. Ainsi que les mouvements du texte, j'en ai retiré deux visions différentes du coquillage : un objet inanimé, puis quelque chose de vivant car habité par une bête. Mais à part cela, je ne trouve plus rien.
Merci de votre aide.

Voici la partie que j'ai à étudier de ce poème :
Un coquillage est une petite chose, mais je peux la démesurer en la replaçant où je la trouve, posée sur l'étendue du sable. Car alors je prendrai une poignée de sable et j'observerai le peu qui me reste dans la main après que par les interstices de mes doigts presque toute la poignée aura filé, j'observerai quelques grains, puis chaque grain, et aucun de ces grains de sable à ce moment ne m'apparaîtra plus une petite chose, et bientôt le coquillage formel, cette coquille d'huître ou cette tiare bâtarde, ou ce "couteau", m'impressionnera comme un énorme monument, en même temps colossal et précieux , quelque chose comme le temple d'Angkor, Saint-Maclou ou les Pyramides , avec une signification beaucoup plus étrange que ces trop incontestables produits d'hommes.

Si alors il me vient à l'esprit que ce coquillage, qu'une lame de la mer peut sans doute recouvrir, est habité par une bête, si j'ajoute une bête à ce coquillage en l'imaginant replacé sous quelques centimètres d'eau, je vous laisse à penser de combien s'accroîtra, s'intensifiera de nouveau mon impression, et deviendra différente de celle que peut produire le plus remarquable des monuments que j'évoquais tout à l'heure !
le plus important ici ce sont les images, comparaisons et métaphores. Sinon dans un poème en prose ausi il y a des jeux de rythme et de sons en cherchant bien : "tiare bâtarde" par exemple, la répétition de "grain" ou "ccoquille" "coquillage". Les poèmes de Ponge commencent comme une description réaliste, presque scientifique, à la façon d'un dictionnaire, puis s'en éloignent totalement pour aller vers une decription imaginaire et poétique.
De plus dans certains, comme celui-ci, le poète intervient pour une sorte de mise en scène "je prendrai une poignée de sable…" Tout est d'ailleurs sous forme d'hypothèse, il imagine cette scène, au lieu de décrire réellement la chose comme annoncé.
Tu peux voir aussi un procédé de grossissement "énorme" "colossal"…, Ponge fait pareil avec le pain.
D'ailleurs si tu tapes "francis ponge le pain" sur google, tu trouveras un commentaire de cet autre poème en prose ce qui te donneras un exemple
Merci beaucoup de ces pistes d'analyse. Je vais chercher un commentaire du pain pour m'en inspirer et pourquoi pas comparer un peu ces deux poèmes, en faire référence dans mon commentaire. En réalité, c'est plus pour le second paragraphe que je manque d'idées…
Non surtout ne compare pas dans ton commentaire. Simplement en conclusion pour l'ouverture si tu veux Tu peux remarquer tout ce qui est du domaine de l'imagination dans le deuxième. C'est un exercice d'imagination en somme, qui démarre par "si" et qui continue sur le mode de l'hypothèse
Oui je voulais parler pour l'ouverture, dire qu'il y a des points communs avec cet autre poème.
Bonsoir, j'ai un commentaire linéaire à réaliser pour demain sur "notes pour un coquillage " pouvez-vous m'aider svp.
Voici le poème :
Un coquillage est une petite chose, mais je peux la démesurer en la replaçant où je la trouve, posée sur l'étendue du sable. Car alors je prendrai une poignée de sable et j'observerai le peu qui me reste dans la main après que par les interstices de mes doigts presque toute la poignée aura filé, j'observerai quelques grains, puis chaque grain, et aucun de ces grains de sable à ce moment ne m'apparaîtra plus une petite chose, et bientôt le coquillage formel, cette coquille d'huître ou cette tiare bâtarde, ou ce "couteau", m'impressionnera comme un énorme monument, en même temps colossal et précieux , quelque chose comme le temple d'Angkor, Saint-Maclou ou les Pyramides , avec une signification beaucoup plus étrange que ces trop incontestables produits d'hommes.
Si alors il me vient à l'esprit que ce coquillage, qu'une lame de la mer peut sans doute recouvrir, est habité par une bête, si j'ajoute une bête à ce coquillage en l'imaginant replacé sous quelques centimètres d'eau, je vous laisse à penser de combien s'accroîtra, s'intensifiera de nouveau mon impression, et deviendra différente de celle que peut produire le plus remarquable des monuments que j'évoquais tout à l'heure !

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Les monuments de l'homme ressemblent aux morceaux de son squelette ou de n'importe quel squelette, à de grands os décharnés : ils n'évoquent aucune habitation à leur taille. Les cathédrales les plus énormes ne laissent sortir qu'une foule informe de fourmis, et même la villa, le château le plus somptueux faits pour un seul homme sont encore plutôt comparables à une ruche ou à une fourmilière à compartiments nombreux, qu'à un coquillage. Quand le seigneur sort de sa demeure il fait certes moins d'impression que lorsque le bernard-l'hermite laisse apercevoir sa monstrueuse pince à l'embouchure du superbe cornet qui l'héberge.
Je puis me plaire à considérer Rome, ou Nîmes, comme le squelette épars, ici le tibia, là le crâne d'une ancienne ville vivante, d'un ancien vivant, mais alors il me faut imaginer un énorme colosse en chair et en os, qui ne correspond à rien de ce qu'on peut raisonnablement inférer de ce qu'on nous a appris, même à la faveur d'expressions au singulier, comme le Peuple Romain ou la Foule Provençale.
Que j'aimerais qu'un jour l'on me fasse entrevoir qu'un tel colosse a réellement existé, qu'on nourrisse en quelque sorte la vision très fantomatique et uniquement abstraite sans aucune conviction que je m'en forme ! Qu'on me fasse toucher ses joues, la forme de son bras et comment il le posait le long de son corps.
Nous avons tout cela avec le coquillage : nous sommes avec lui en pleine chair, nous ne quittons pas la nature : le mollusque ou le crustacé sont là présents. D'où une sorte d'inquiétude qui décuple notre plaisir.

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Je ne sais pourquoi je souhaiterais que l'homme, au lieu de ces énormes monuments qui ne témoignent que de la disproportion grotesque de son imagination et de son corps (ou alors de ses ignobles moeurs sociales, compagniales), au lieu encore de ces statues à son échelle ou légèrement plus grandes (Je pense au David de Michel-Ange) qui n'en sont que de simples représentations, sculpte des espèces de niches, de coquilles à sa taille, des choses très différentes de sa forme de mollusque mais cependant y proportionnées (les cahutes nègres me satisfont assez de ce point de vue), que l'homme mette son soin à se créer aux générations une demeure pas beaucoup plus grosse que son corps, que toutes ses imaginations, ses raisons soient là comprises, qu'il emploie son génie à l'ajustement, non à la disproportion, — ou, tout au moins, que le génie se reconnaisse les bornes du corps qui le supporte.
Et je n'admire même pas ceux comme Pharaon qui font exécuter par une multitude des monuments pour un seul: j'aurais voulu qu'il employât cette multitude à une oeuvre pas plus grosse ou pas beaucoup plus grosse que son propre corps, —ou— ce qui aurait été plus méritoire encore, qu'il témoignât de sa supériorité sur les autres hommes par le caractère de son oeuvre propre.
De ce point de vue j'admire surtout certains écrivains ou musiciens mesurés, Bach, Rameau, Malherbe, Horace, Mallarmé —, les écrivains par-dessus tous les autres parce que leur monument est fait de la véritable sécrétion commune du mollusque homme, de la chose la plus proportionnée et conditionnée à son corps, et cependant la plus différente de sa forme que l'on puisse concevoir : je veux dire la PAROLE.
Ô Louvre de lecture, qui pourra être habité, après la fin de la race peut-être par d'autres hôtes, quelques singes par exemple, ou quelque oiseau, ou quelque être supérieur, comme le crustacé se substitue au mollusque dans la tiare bâtarde.
Et puis, après la fin de tout le règne animal, l'air et le sable en petits grains lentement y pénètrent, cependant que sur le sol il luit encore et s'érode, et va brillamment se désagréger, ô stérile, immatérielle poussière, ô brillant résidu, quoique sans fin brassé et trituré entre les laminoirs aériens et marins, ENFIN ! L'on n'est plus là et ne peut rien reformer du sable, même pas du verre, et C'EST FINI !
Bonsoir.

Lis les messages précédents de cette discussion, cela te donnera des pistes…
Oui exact, j'ai réalisé l'analyse du 1er et du 2eme paragraphe mais je ne comprends plus le poème..
D'ailleurs je dois tenir seulement 5 minutes à l'oral pour ce poème ce qui est presque improbable avec la taille du poème