Emploi du subjonctif imparfait

Langue française

77 réponses · Page 4 / 4

Oui, dans un registre courant, et même à l'écrit, dans une telle tournure, le subjonctif présent harcèle est largement toléré à la place du subjonctif imparfait, et ne nuit nullement à la compréhension. Tu peux compter sur l'indulgence des correcteurs des maisons d'édition.

Avant que est de toute façon suivi du subjonctif.
On estime (quel que soit le degré de certitude) que le fait est encore de l'ordre du virtuel.
Voir ici le mode du verbe suivant avant que et après quehttps://www.ladictee.fr/grammaire/truc_astuce_grammaire/avant_que_apres_que.htm ici

Edit : Je vois que Jehan m'a coiffé sur le poteau.
L'utilisation du subjonctif après "avant que "ou "après que" est une évidence, mais le choix de l'imparfait ou du présent semble encore poser débat. Dans le cas présent, non seulement le "harcèle" ne" nuit pas à la compréhension", mais il la favorise presque tant il n'agresse pas la rétine! Et je ne parle même pas de l'ouïe, mais qui ose encore dire "harcelât"…

Merci de votre réactivité!
Après "après que", l'indicatif demeure la norme, notamment si le fait s'est déjà produit, comme dans le lien de Paulang. En revanche, on peut parfois rencontrer le subjonctif - contre l'avis des puristes - quand cela concerne un fait futur et jugé incertain : Tu ne pourras lui parler qu'après qu'il soit rentré (mais pas sûr du tout qu'il rentre).
Mais il la favorise presque tant il n'agresse pas la rétine! Et je ne parle même pas de l'ouïe.
Je ne vois pas en quoi le subjonctif imparfait en -ât agresserait l'ouïe, dans ta phrase ou dans ces vers de Brassens, qui avait l'ouïe affinée, et un grand sens de l'harmonie des mots :

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Je vois mal à quelle autre mode que le subjonctif on pourrait conjuguer le verbe "rentrer"à la suite de : "Tu ne pourras lui parler qu'après (…)". Tu ne pourras lui parler après qu'il rentre? Qu'après qu'il rentrera? Peu convaincant… (D'ailleurs, "Tu ne pourras lui parler qu'après son retour" ferait presque l'affaire, mais la formule exclut peut-être l'éventualité d'un non-retour).

Dans les très beaux vers de Brassens, l'usage du subjonctif imparfait s'impose presque (pour ne pas dire s'impose tout court), d'un point de vue poétique, pour le rythme et la mélodie, pour la profondeur du propos. Ma remarque sur l'agression de la rétine portait bien sur la phrase en débat (j'ai précisé "dans le cas présent"), à savoir une phrase issue d'un manuscrit qui ne se veut pas "littéraire", mais à l'écriture légère qui tente avec ses moyens de fluidifier la lecture. Dans ce contexte (il faudrait peut-être lire une page entière pour s'en convaincre), ce "harcelât" fait un peu tâche et jure par rapport au reste. Je ne bannis certainement pas l'emploi du subjonctif imparfait, il est nécessaire à notre langue, mais ici il est malvenu. Ce n'est pas une envolée lyrique (je m'en autorise une chaque 5 000 mots)!
Dans son message post 61 Jehan a bien écrit que le subjonctif présent était largement toléré aujourd'hui. Il n'y a a donc pas de problème.
la phrase Tu ne pourras lui parler qu'après qu'il soit rentré est là pour l'exemple. il me semble que c'est bien plus la forme négative que le après que qui appelle ici le subjonctif
On dira ou écrira plus vraisemblablement Tu pourras lui parler quand il rentrera.
Et je l'avais bien compris, paulang.
Voir mon ajout au post précédent.
Je me fais mal comprendre, Paulang. Pas grave 🆒
Alex H a écrit :Je vois mal à quelle autre mode que le subjonctif on pourrait conjuguer le verbe "rentrer"à la suite de : "Tu ne pourras lui parler qu'après (…)". Tu ne pourras lui parler après qu'il rentre? Qu'après qu'il rentrera? Peu convaincant…
C'est une question d'habitude, d'éducation de l'oreille et des yeux, mais il est certain que l'indicatif et notamment l'indicatif futur est la forme la plus classique, même si ce n'est certes pas la plus employée aujourd'hui.
Très courant dans les textes juridiques :
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ou, sous la plume de Napoléon à un de ses ministres :
Il fera les mêmes observations dans ces deux villes. Voilà donc trois dépêches qu'il aura à vous faire. Vous lui recommanderez de ne vous écrire qu'après qu'il aura bien observé.
Mais je peine un peu à trouver des exemples contemporains.
😀
Magnifique! Lumineux! Quelle belle langue que la nôtre!
Merci beaucoup lamaneur pour ces exemples que je n'attendais plus!

"Mais je peine à trouver des exemples contemporains" ( je ne maîtrise pas encore les citations de commentaires).

Oui, en effet. Cela donne à réfléchir…
je ne maîtrise pas encore les citations de commentaires
Pour citer des commentaires, après les avoir collés dans la fenêtre de saisie, tu les surlignes à la souris, puis tu cliques sur la touche «», au-dessus de la fenêtre de saisie… 😉
Pour citer des commentaires, après les avoir collés dans la fenêtre de saisie, tu les surlignes à la souris, puis tu cliques sur la touche «», au-dessus de la fenêtre de saisie…
En voilà un qui se couchera moins bête! (J'espère…)…

Edit: et bien voilà, je suis moins bête!
Et autre question, dans quel cas utilise-t-on plutôt le subjonctif plus que parfait et le subjonctif passé ?

Par exemple : Qu'est-ce qui différencie l'emploi de :

J'étais peut-être le seul à qui elle en eût imposé !

ou

J'étais peut-être le seul à qui elle en ait imposé

plutôt que de

J'étais peut-être le seul à qui elle en imposât !

En somme, la question pourrait être formulée autrement : peut-on utiliser le subjonctif imparfait chaque fois qu'il y a du passé dans la principale, au détriment des deux autres passés subjonctif ?

Merci.
Bonsoir,

Cela dépend de la simultanéité, antériorité ou postériorité de la subordonnée par rapport à la principale : dans le langage soutenu, quand l'action de la subordonnée est simultanée ou postérieure à celle de la principale au passé, on emploie le subjonctif imparfait
Quand l'action de la subordonnée est antérieure à celle de la principale au passé, on emploie le subjonctif plus-que-parfait
Bonjour, j'aimerais savoir si cette phrase est correcte :

Dans la scène qui suivit, j’ignore encore ce qui me frappa le plus : le fait qu’une silhouette apparût devant moi ou le fait que cette irruption me laissât dans l’indifférence la plus totale ?

Merci beaucoup !
Oui, c'est correct.
"Frappa" étant au passé simple, les subjonctifs imparfaits sont justifiés.