Bonjour à tous !
Je suis en Licence 3 de Lettres Modernes et je dois préparer une explication de litté comparée qui compare deux extraits très connus : le premier rencontre en Monsieur de Nemours et la princesse de Clèves ; et le "petit clan Verdurin" dans Du coté de chez Swann. J'ai commencé par faire l'analyse linéaire de ses deux textes. Malheureusement, cela fait deux semaines que je suis deçue et je ne parvient toujours pas à trouver un plan qui puisse aller pour faire un commentaire comparée de ces deux textes ! Les seules choses que je puisse dire c'est que ce sont deux scènes mondaines ! Sinon je ne vois pas ce qu'ils ont en commun ! Je suis complètement désespérée !
Si quelqu'un peut m'aider, je vous en serais vraiment reconnaissante.
Je vous envoie les deux extraits:
SOS
Merci d'avance
Je suis en Licence 3 de Lettres Modernes et je dois préparer une explication de litté comparée qui compare deux extraits très connus : le premier rencontre en Monsieur de Nemours et la princesse de Clèves ; et le "petit clan Verdurin" dans Du coté de chez Swann. J'ai commencé par faire l'analyse linéaire de ses deux textes. Malheureusement, cela fait deux semaines que je suis deçue et je ne parvient toujours pas à trouver un plan qui puisse aller pour faire un commentaire comparée de ces deux textes ! Les seules choses que je puisse dire c'est que ce sont deux scènes mondaines ! Sinon je ne vois pas ce qu'ils ont en commun ! Je suis complètement désespérée !
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La princesse de Clèves
Cependant le duc de Nemours étoit demeuré à Bruxelles, entièrement rempli & occupé de ſes deſſeins pour l’Angleterre. Il en recevoit ou y envoyoit continuellement des courriers : ſes eſpérances augmentaient tous les jours, & enfin Lignerolles luy manda qu’il étoit temps que ſa préſence vînt achever ce qui étoit ſi bien commencé. Il reçut cette nouvelle avec toute la joie que peut avoir un jeune homme ambitieux, qui ſe voit porté au troſne par ſa ſeule réputation. Son eſprit s’étoit inſenſiblement accoutumé à la grandeur de cette fortune, et, au lieu qu’il l’avoit rejetée d’abord comme une choſe où il ne pouvoit parvenir, les difficultez s’étaient effacées de ſon imagination, & il ne voyoit plus d’obſtacles.
Il envoya en diligence à Paris donner tous les ordres néceſſaires pour faire un équipage magnifique, afin de paraître en Angleterre avec un éclat proportionné au deſſein qui l’y conduiſçait, & il ſe hata luy-meſme de venir à la cour pour aſſiſter au mariage de monſieur de Lorraine.
Il arriva la veille des fiançailles ; & dès le meſme ſoyr qu’il fut arrivé, il alla rendre compte au Roy de l’état de ſon deſſein, & recevoir ſes ordres & ſes conſeils pour ce qu’il luy reſtoit à faire. Il alla enſuite chez les reines. Madame de Clèves n’y étoit pas, de ſorte qu’elle ne le vit point, & ne ſut pas meſme qu’il fût arrivé. Elle avoit ouï parler de ce prince à tout le monde, comme de ce qu’il y avoit de mieux fait & de plus agréable à la cour ; & ſurtout madame la dauphine le luy avoit dépeint d’une ſorte, & luy en avoit parlé tant de fois, qu’elle luy avoit donné de la curioſité, & meſme de l’impatience de le voir.
Elle paſſa tout le jour des fiançailles chez elle à ſe parer, pour ſe trouver le ſoyr au bal & au feſtin royal qui ſe faiſaient au Louvre. Lorſqu’elle arriva, l’on admira ſa beauté & ſa parure ; le bal commença, & comme elle danſçoit avec monſieur de Guiſe, il ſe fit un aſſez grand bruit vers la porte de la ſalle, comme de quelqu’un qui entrait, & à qui on faiſçoit place. Madame de Clèves acheva de danſer & pendant qu’elle cherchoit des yeux quelqu’un qu’elle avoit deſſein de prendre, le Roy luy cria de prendre celuy qui arrivait. Elle ſe tourna, & vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir eſtre que monſieur de Nemours, qui paſſçoit par-deſſus quelques ſièges pour arriver où l’on danſçait. Ce prince étoit fait d’une ſorte, qu’il étoit difficyle de n’eſtre pas ſurpriſe de le voir quand on ne l’avoit jamais vu, ſurtout ce ſoyr-là, où le ſoyn qu’il avoit pris de ſe parer augmentoit encore l’air brillant qui étoit dans ſa perſonne ; mais il étoit difficyle auſſi de voir madame de Clèves pour la première fois, ſans avoir un grand étonnement.
Monſieur de Nemours fut tellement ſurpris de ſa beauté, que, lorſqu’il fut proche d’elle, & qu’elle luy fit la révérence, il ne put s’empeſcher de donner des marques de ſon admiration. Quand ils commencèrent à danſer, il s’éleva dans la ſalle un murmure de louanges. Le Roy & les reines ſe ſouvinrent qu’ils ne s’étaient jamais vus, & trouvèrent quelque choſe de ſingulier de les voir danſer enſemble ſans ſe connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, ſans leur donner le loiſir de parler à perſonne, & leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de ſavoir qui ils étaient, & s’ils ne s’en doutaient point.
— Pour moi, Madame, dit monſieur de Nemours, je n’ai pas d’incertitude ; mais comme madame de Clèves n’a pas les meſmes raiſons pour deviner qui je ſuis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majeſté eût la bonté de luy apprendre mon nom.
— Je crois, dit madame la dauphine, qu’elle le ſçoit auſſi bien que vous ſavez le ſien.
— Je vous aſſure, Madame, reprit madame de Clèves, qui paraiſſçoit un peu embarraſſée, que je ne devine pas ſi bien que vous penſez.
— Vous devinez fort bien, répondit madame la dauphine ; & il y a meſme quelque choſe d’obligeant pour monſieur de Nemours, à ne vouloir pas avouer que vous le connaiſſez ſans l’avoir jamais vu.
La Reine les interrompit pour faire continuer le bal ; monſieur de Nemours prit la Reine dauphine. Cette princeſſe étoit d’une parfaite beauté, & avoit paru telle aux yeux de monſieur de Nemours, avant qu’il allat en Flandre ; mais de tout le ſoyr, il ne put admirer que madame de Clèves.
Le chevalier de Guiſe, qui l’adoroit toujours, étoit à ſes pieds, & ce qui ſe venoit de paſſer luy avoit donné une douleur ſenſible. Il prit comme un préſage, que la fortune deſtinoit monſieur de Nemours à eſtre amoureux de madame de Clèves ; & ſoyt qu’en effet il eût paru quelque trouble ſur ſon viſage, ou que la jalouſie fit voir au chevalier de Guiſe au-delà de la vérité, il crut qu’elle avoit été touchée de la vue de ce prince, & il ne put s’empeſcher de luy dire que monſieur de Nemours étoit bien heureux de commencer à eſtre connu d’elle, par une aventure qui avoit quelque choſe de galant & d’extraordinaire.
Madame de Clèves revint chez elle, l’eſprit ſi rempli de tout ce qui s’étoit paſſé au bal, que, quoyqu’il fût fort tard, elle alla dans la chambre de ſa mère pour luy en rendre compte ; & elle luy loua monſieur de Nemours avec un certain air qui donna à madame de Chartres la meſme penſée qu’avoit eue le chevalier de Guiſe.
Du coté de chez SwannMerci de me répondre si vous pouvez m'aider
Pour faire partie du «petit noyau», du «petit groupe», du «petit clan» des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire: il fallait adhérer tacitement à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste, protégé par Mme Verdurin cette année-là et dont elle disait: «Ça ne devrait pas être permis de savoir jouer Wagner comme ça!», «enfonçait» à la fois Planté et Rubinstein et que le docteur Cottard avait plus de diagnostic que Potain. Toute «nouvelle recrue» à qui les Verdurin ne pouvaient pas persuader que les soirées des gens qui n’allaient pas chez eux étaient ennuyeuses comme la pluie, se voyait immédiatement exclue. Les femmes étant à cet égard plus rebelles que les hommes à déposer toute curiosité mondaine et l’envie de se renseigner par soi-même sur l’agrément des autres salons, et les Verdurin sentant d’autre part que cet esprit d’examen et ce démon de frivolité pouvaient par contagion devenir fatal à l’orthodoxie de la petite église, ils avaient été amenés à rejeter successivement tous les «fidèles» du sexe féminin.
En dehors de la jeune femme du docteur, ils étaient réduits presque uniquement cette année-là (bien que Mme Verdurin fût elle-même vertueuse et d’une respectable famille bourgeoise excessivement riche et entièrement obscure avec laquelle elle avait peu à peu cessé volontairement toute relation) à une personne presque du demi-monde, Mme de Crécy, que Mme Verdurin appelait par son petit nom, Odette, et déclarait être «un amour» et à la tante du pianiste, laquelle devait avoir tiré le cordon; personnes ignorantes du monde et à la naïveté de qui il avait été si facile de faire accroire que la princesse de Sagan et la duchesse de Guermantes étaient obligées de payer des malheureux pour avoir du monde à leurs dîners, que si on leur avait offert de les faire inviter chez ces deux grandes dames, l’ancienne concierge et la cocotte eussent dédaigneusement refusé.
Les Verdurin n’invitaient pas à dîner: on avait chez eux «son couvert mis». Pour la soirée, il n’y avait pas de programme. Le jeune pianiste jouait, mais seulement si «ça lui chantait», car on ne forçait personne et comme disait M. Verdurin: «Tout pour les amis, vivent les camarades!» Si le pianiste voulait jouer la chevauchée de la Walkyrie ou le prélude de Tristan, Mme Verdurin protestait, non que cette musique lui déplût, mais au contraire parce qu’elle lui causait trop d’impression. «Alors vous tenez à ce que j’aie ma migraine? Vous savez bien que c’est la même chose chaque fois qu’il joue ça. Je sais ce qui m’attend! Demain quand je voudrai me lever, bonsoir, plus personne!» S’il ne jouait pas, on causait, et l’un des amis, le plus souvent leur peintre favori d’alors, «lâchait», comme disait M. Verdurin, «une grosse faribole qui faisait s’esclaffer tout le monde», Mme Verdurin surtout, à qui,—tant elle avait l’habitude de prendre au propre les expressions figurées des émotions qu’elle éprouvait,—le docteur Cottard (un jeune débutant à cette époque) dut un jour remettre sa mâchoire qu’elle avait décrochée pour avoir trop ri.
L’habit noir était défendu parce qu’on était entre «copains» et pour ne pas ressembler aux «ennuyeux» dont on se garait comme de la peste et qu’on n’invitait qu’aux grandes soirées, données le plus rarement possible et seulement si cela pouvait amuser le peintre ou faire connaître le musicien. Le reste du temps on se contentait de jouer des charades, de souper en costumes, mais entre soi, en ne mêlant aucun étranger au petit «noyau».
Mais au fur et à mesure que les «camarades» avaient pris plus de place dans la vie de Mme Verdurin, les ennuyeux, les réprouvés, ce fut tout ce qui retenait les amis loin d’elle, ce qui les empêchait quelquefois d’être libres, ce fut la mère de l’un, la profession de l’autre, la maison de campagne ou la mauvaise santé d’un troisième. Si le docteur Cottard croyait devoir partir en sortant de table pour retourner auprès d’un malade en danger: «Qui sait, lui disait Mme Verdurin, cela lui fera peut-être beaucoup plus de bien que vous n’alliez pas le déranger ce soir; il passera une bonne nuit sans vous; demain matin vous irez de bonne heure et vous le trouverez guéri.» Dès le commencement de décembre elle était malade à la pensée que les fidèles «lâcheraient» pour le jour de Noël et le 1er janvier. La tante du pianiste exigeait qu’il vînt dîner ce jour-là en famille chez sa mère à elle:
—«Vous croyez qu’elle en mourrait, votre mère, s’écria durement Mme Verdurin, si vous ne dîniez pas avec elle le jour de l’an, comme en province!»
Ses inquiétudes renaissaient à la semaine sainte:
—«Vous, Docteur, un savant, un esprit fort, vous venez naturellement le vendredi saint comme un autre jour?» dit-elle à Cottard la première année, d’un ton assuré comme si elle ne pouvait douter de la réponse. Mais elle tremblait en attendant qu’il l’eût prononcée, car s’il n’était pas venu, elle risquait de se trouver seule.
—«Je viendrai le vendredi saint… vous faire mes adieux car nous allons passer les fêtes de Pâques en Auvergne.»
—«En Auvergne? pour vous faire manger par les puces et la vermine, grand bien vous fasse!»
Et après un silence:
—«Si vous nous l’aviez dit au moins, nous aurions tâché d’organiser cela et de faire le voyage ensemble dans des conditions confortables.»
De même si un «fidèle» avait un ami, ou une «habituée» un flirt qui serait capable de faire «lâcher» quelquefois, les Verdurin qui ne s’effrayaient pas qu’une femme eût un amant pourvu qu’elle l’eût chez eux, l’aimât en eux, et ne le leur préférât pas, disaient: «Eh bien! amenez-le votre ami.» Et on l’engageait à l’essai, pour voir s’il était capable de ne pas avoir de secrets pour Mme Verdurin, s’il était susceptible d’être agrégé au «petit clan». S’il ne l’était pas on prenait à part le fidèle qui l’avait présenté et on lui rendait le service de le brouiller avec son ami ou avec sa maîtresse. Dans le cas contraire, le «nouveau» devenait à son tour un fidèle. Aussi quand cette année-là, la demi-mondaine raconta à M. Verdurin qu’elle avait fait la connaissance d’un homme charmant, M. Swann, et insinua qu’il serait très heureux d’être reçu chez eux, M. Verdurin transmit-il séance tenante la requête à sa femme. (Il n’avait jamais d’avis qu’après sa femme, dont son rôle particulier était de mettre à exécution les désirs, ainsi que les désirs des fidèles, avec de grandes ressources d’ingéniosité.)
—Voici Mme de Crécy qui a quelque chose à te demander. Elle désirerait te présenter un de ses amis, M. Swann. Qu’en dis-tu?
—«Mais voyons, est-ce qu’on peut refuser quelque chose à une petite perfection comme ça. Taisez-vous, on ne vous demande pas votre avis, je vous dis que vous êtes une perfection.»
—«Puisque vous le voulez, répondit Odette sur un ton de marivaudage, et elle ajouta: vous savez que je ne suis pas «fishing for compliments».
—«Eh bien! amenez-le votre ami, s’il est agréable.»
SOS
Merci d'avance



