Ionesco, La Cantatrice chauve, scène 4

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voilà j'ai un commentaire à faire pour lundi 5 février sur la scène 4 de La Cantatrice chauve de Ionesco. Cette scène correspond aux retrouvailles des époux MARTIN. Cela fait 3 jours que je suis déçu et j'ai du mal à trouver des procédés. J'ai quand même réfléchi à un plan :

I/ Les retrouvailles d'un couple bourgeois
II/ Le dérèglement de la communication

Ce sont les deux axes que je voudrais explorer. Comme différents "procédés" j'ai trouvé des répétitions au rythme ternaire, qui donne un sentiment que la parole est mécanique mais aussi à travers les reprises à l'identique des répliques, elle révèle aussi un dérèglement du langage métaphorisé par celui de la pendule (que l'on retrouve à travers les didascalies). On retrouve dans cette le comique, notamment celui de situation avec les différents chiasmes, c'est aussi parodique par rapport au sujet de la reconnaissance.
Voilà ce que j'ai trouvé, je sais que c'est peu. En espérant avoir une petite aide de l'un de vous. Cordialement.
Mme et M. Martin s’assoient l’un en face de l’autre, sans se parler. Ils se sourient, avec timidité.
M. Martin, d’une voix traînante, monotone, un peu chantante, nullement nuancée. - Mes excuses, Madame, mais il me semble, si je ne me trompe, que je vous ai déjà rencontrée quelque part.
Mme Martin - A moi aussi, Monsieur, il me semble que je vous ai déjà rencontré quelque part.
M. Martin - Ne vous aurais-je pas déjà aperçue, Madame, à Manchester, par hasard ?
Mme Martin - C’est très possible ! Moi, je suis originaire de la ville de Manchester ! Mais je ne me souviens pas très bien, Monsieur, je ne pourrais pas dire si je vous y ai aperçu ou non !
M. Martin - Mon Dieu, comme c’est curieux ! Moi aussi je suis originaire de la ville de Manchester, Madame !
Mme Martin - Comme c’est curieux !
M. Martin - Comme c’est curieux !… Seulement moi, Madame, j’ai quitté la ville de Manchester il y a cinq semaines environ.
Mme Martin - Comme c’est curieux ! Quelle bizarre coïncidence ! Moi aussi, Monsieur, j’ai quitté la ville de Manchester il y a cinq semaines environ.
M. Martin - J’ai pris le train d’une demie après huit le matin, qui arrive à Londres un quart avant cinq, Madame.
Mme Martin - Comme c’est curieux ! Comme c’est bizarre ! et quelle coïncidence ! J’ai pris le même train, Monsieur, moi aussi !
M. Martin - Mon Dieu, comme c’est curieux ! Peut-être bien alors, Madame, que je vous ai vue dans le train?
Mme Martin - C’est bien possible, ce n’est pas exclu, c’est plausible et, après tout, pourquoi pas ! Mais je n’en ai aucun souvenir, Monsieur.
M. Martin - Je voyageais en deuxième classe, Madame. Il n’y a pas de deuxième classe en Angleterre, mais je voyage quand même en deuxième classe.
Mme Martin - Comme c’est bizarre ! Que c’est curieux ! et quelle coïncidence ! Moi aussi, Monsieur, je voyageais en deuxième classe.
M. Martin - Comme c’est curieux ! Nous nous sommes peut-être bien rencontrés en deuxième classe, chère Madame.
Mme Martin - La chose est bien possible et ce n’est pas du tout exclu. Mais je ne m’en souviens pas très bien, cher Monsieur !
M. Martin - Ma place était dans le wagon numéro huit, sixième compartiment, Madame !
Mme Martin - Comme c’est curieux ! ma place aussi était dans le wagon numéro huit, sixième compartiment, cher Monsieur !
M. Martin - Comme c’est curieux et quelle coïncidence bizarre ! Peut-être nous sommes-nous rencontrés dans le sixième compartiment, chère Madame ?
Mme Martin - C’est bien possible, mais je ne m’en souviens pas, cher Monsieur !
M. Martin - A vrai dire, chère Madame, moi non plus je ne m’en souviens pas, mais il est possible que nous nous soyons aperçus là, et si j’y pense bien, la chose me semble même très possible.
Mme Martin - Oh ! Vraiment, bien sûr, vraiment, Monsieur !
M. Martin - Comme c’est curieux !… J’avais la place numéro trois, près de la fenêtre, chère Madame.
Mme Martin - Oh, mon Dieu, comme c’est curieux et comme c’est bizarre, j’avais la place numéro six, près de la fenêtre en face de vous, cher Monsieur.
M. Martin - Oh, mon Dieu, comme c’est curieux et quelle coïncidence !… Nous étions donc vis-à-vis, chère Madame ! C’est là que nous avons dû nous voir !
Mme Martin - Comme c’est curieux ! C’est possible mais je ne m’en souviens pas, Monsieur !
M. Martin - A vrai dire, chère Madame, moi non plus je ne m’en souviens pas. Cependant, il est très possible que nous nous soyons vus à cette occasion.
Mme Martin - C’est vrai, mais je n’en suis pas sûre du tout, Monsieur.
M. Martin - Ce n’était pas vous, chère Madame, la dame qui m’avait prié de mettre sa valise dans le filet et qui ensuite m’a remercié et m’a permis de fumer ?
Mme Martin - Mais si, ça devait être moi, Monsieur ! Comme c’est curieux, comme c’est curieux, et quelle coïncidence !
M. Martin - Comme c’est curieux, comme c’est bizarre, quelle coïncidence ! Eh bien alors, alors, nous nous sommes peut-être connus à ce moment-là, Madame ?
Mme Martin - Comme c’est curieux et quelle coïncidence ! C’est bien possible, cher Monsieur ! Cependant, je ne crois pas m’en souvenir.
M. Martin - Moi non plus, Madame.
Un moment de silence. La pendule sonne 2-1.
M. Martin - Depuis que je suis arrivé à Londres, j’habite rue Bromfield, chère Madame.
Mme Martin - Comme c’est curieux, comme c’est bizarre ! moi aussi, depuis mon arrivée à Londres j’habite rue Bromfield, cher Monsieur.
M. Martin - Comme c’est curieux, mais alors, mais alors, nous nous sommes peut-être rencontrés rue Bromfield, chère Madame.
Mme Martin - Comme c’est curieux, comme c’est bizarre ! C’est bien possible après tout ! Mais je ne m’en souviens pas, cher Monsieur.
M. Martin - Je demeure au numéro dix-neuf, chère Madame.
Mme Martin - Comme c’est curieux, moi aussi j’habite au numéro dix-neuf, cher Monsieur.
M. Martin - Mais alors, mais alors, mais alors, mais alors, mais alors, nous nous sommes peut-être vus dans cette maison, chère Madame ?
Mme Martin - C’est bien possible, mais je ne m’en souviens pas, cher Monsieur.
M. Martin - Mon appartement est au cinquième étage, c’est le numéro huit, chère Madame.
Mme Martin - Comme c’est curieux, mon Dieu, comme c’est bizarre ! et quelle coïncidence ! moi aussi j’habite au cinquième étage, dans l’appartement numéro huit, cher Monsieur.
M. Martin - Comme c’est curieux, comme c’est curieux, comme c’est curieux et quelle coïncidence ! Vous savez, dans ma chambre à coucher j’ai un lit. Mon lit est couvert d’un édredon vert. Cette chambre, avec ce lit et son édredon vert, se trouve au fond du corridor, entre les water et la bibliothèque, chère Madame !
Mme Martin - Quelle coïncidence, ah mon Dieu, quelle coïncidence ! Ma chambre à coucher a elle aussi un lit avec un édredon vert et se trouve au fond du corridor, entre les water, cher Monsieur, et la bibliothèque !
M. Martin - Comme c’est bizarre, curieux, étrange ! alors, Madame, nous habitons dans la même chambre et nous dormons dans le même lit, chère Madame. C’est peut-être là que nous nous sommes rencontrés !
Mme Martin - Comme c’est curieux et quelle coïncidence ! C’est bien possible que nous nous y soyons rencontrés, et peut-être même la nuit dernière. Mais je ne m’en souviens pas, cher Monsieur.
M. Martin - J’ai une petite fille, ma petite fille, elle habite avec moi, chère Madame. Elle a deux ans, elle est blonde, elle a un oeil blanc et un oeil rouge, elle est très jolie, elle s’appelle Alice, chère Madame.
Mme Martin - Quelle bizarre coïncidence ! Moi aussi j’ai une petite fille, elle a deux ans, un oeil blanc et un oeil rouge, elle est très jolie et s’appelle aussi Alice, cher Monsieur !
M. Martin, même voix traînante, monotone. - Comme c’est curieux et quelle coïncidence ! et bizarre ! C’est peut-être la même, chère Madame !
Mme Martin - Comme c’est curieux ! C’est bien possible, cher Monsieur. Un assez long moment de silence… La pendule sonne vingt-neuf fois.
M. Martin, après avoir longuement réfléchi, se lève lentement et, sans se presser, se dirige vers Mme Martin qui, surprise par l’air solennel de M. Martin, s’est levée, elle aussi, tout doucement; M. Martin a la même voix rare, monotone, vaguement chantante. - Alors, chère Madame, je crois qu’il n’y a pas de doute, nous nous sommes déjà vus et vous êtes ma propre épouse… Élisabeth, je t’ai retrouvée !
Mme Martin s’approche de M. Martin sans se presser. Ils s’embrassent sans expression. La pendule sonne une fois, très fort. Le coup de pendule doit être si fort qu’il doit faire sursauter les spectateurs. Les époux Martin ne l’entendent pas.
Mme Martin - Donald, c’est toi, darling !
Ils s’assoient dans le même fauteuil, se tiennent embrassés et s’endorment. La pendule sonne encore plusieurs fois.
Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, Scène IV, 1950.
Bonjour ! 😀

Alors j'ai un petit problème
En fait un gros
Je crois que mon plan est à côté de la plaque
Surement plus que ce que je pense même
Alors je voudrais un peu d'aide si vous pouviez m'aider à mettre mes idées dans le bon sens et me dire si elles sont bonne ou non ça serait super


Voici le sujet :
Comment à travers le comique de la redécouverte par un couple de sa situation conjugale la scène met en œuvre une image des rapports humains et de la condition humaine .

PArtie 1 :

Comment est traiter la redécouverte d'une situation conjugale par un couple

Je pensais à la coïncidence insolite des retrouvailles
En effet au départ ils ne semblent pas se reconnaître et au fur et à mesure de la conversation ils se découvrent une vie de couple . Le fait que la conversation soit une interminable suite de répétitions en particulier de la réplique " comme c'est curieux " montre le côté mécanique de la conversation, le fait qu'il soit impossible de communiquer ce qui entraîne une incompréhension si forte que deux membres d'un couple peuvent en arriver à ne plus se reconnaître

Voilà à peu près pour la 1ere partie
Je ne sais pas si je peux placé le fait que Ionesco fait une espèce de parodie de la méthode Assimil ?
Et pour la transition je n'ai pas encore trouvé comme vous avez pu le constater


PArtie 2 :


Une image des rapports humains et de la condition humaine

Le couple des Martins ont de toute évidence fait le trajet à partir de la ville de Manchester ensemble ( " j'ai pris le même train monsieur, moi aussi !" ) mais ne s'en sont pas rendu compte ce qui démontre certainement le manque d'attention à l'égard d'autrui


Et la je bloque sincèrement
J'ai l'impression d'avoir confondu les deux parties
Ou de n'avoir carrément rien trouvé pour la 1ere

J'ai aussi l'impression d'avoir fait le travail à l'envers c'est à dire d'avoir trouvé quelques idées mais pas le plan
Du coup mes idées ne valent rien
Je ne sais pas dans quel ordre les mettre ni à quel service

Voilà j'espère que quelqu'un pourra m'aider

Bonne soirée
Bonne journée
😀
Bonjour je travaille également sur cet extrait.

Mon commentaire est prêt mais je n'arrive pas à trouver d'ouverture.. Quelqu'un connaîtrait-il le même genre de scène de retrouvailles parodié ? Ou une autre ouverture plus pertinente ?
svp quels sont les themes de la cantatrice chauve ,le message de l'auteur ,qu'es ce que l'auteur veut devoiller et mary (la bonne) qu'es ce qu'elle represente dans la piece .merci de m'aider.
qu'es ce que que
Quels sont les personnages ?
De quoi parlent-ils ?
Comment parlent-ils ?
Un effort de réponse à ces seules questions devrait te permettre de donner déjà quelques réponses.
Bonjour,
Il n'y a pas de "message" dans la Cantatrice chauve, il n'y a que des significations. On a déjà amplement traité ces questions dans tous les sujets consacrés à la pièce. Il faut utiliser le moteur de recherche interne.
Et aussi consulter les discussions traitant de cette pièce, en bas de page, sous "Voir aussi…"
Oui, c'est ce que je voulais dire 🙂 !