L’âne de Buridan

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour à tous chers forumeurs 🙂

Je ne saisis pas tout à fait le problème de l'âne de Buridan. Il est, j'ai cru comprendre, une illustration du libre arbitre.

Mais en quoi précisément? Est-ce que les partisans du libre arbitre soutiennent qu'il est inimaginable, en tout cas très peu probable que l'âne meure effectivement de faim et de soif? Mais ce n'est au fond qu'une supputations, et cela me paraît ainsi argumentativement spécieux… D'ailleurs, si nous avons dû mal à nous imaginer cette mort si absurde, c'est sans doute parce que nous ne sommes jamais confronté à un équilibre aussi parfait de telle sorte que nous ne penchions pas d'un côté plutôt que de l'autre. C'est donc pur'ement théorique… et encore. Si le seau d'eau et la botte de foin sont distincts dans l'espace, il ne s'agit aps de la même chose, par conséquent ils ne sauraient avoir la même valeur. Dès lors, si l'âne (ou l'homme) dans son entendement les croit aussi bienfaisants pour son individu l'un que l'autre, c'est par insuffisance de sa raison.

D'autre part j'ai vu que précisément cette histoire montrait que si l'âne ne pouvait que décider par des motifs (or ici les motifs s'annihilent, d'où l'éternelle indécision), l'Homme réagissait différemment. Le syllogisme que j'ai cru déceler est le suivant:

1. Les motifs ne sauraient ici le décider.
2. Or l'homme, contrairement à l'âne, se décide.
3. Donc l'homme a la faculté de se décider sans y être contraint par aucun motif ni mobile. Il possède donc la liberté d'indifférence, donc le libre arbitre.

Oui, remarquable, mais d'où vient cette prémisse mineure? Qui peut dire que l'homme, placé dans une telle situation, se décidera effectivement? Spinoza croit d'ailleurs que l'homme mourra comme l'âne.

En fait, vous l'aurez compris, je saisis la contre-argumentation, mais pas du tout l'argumentation de l'âne de Buridan pour soutenir l'idée du libre arbitre.

Je vous remercie. 😉
Bonsoir Cyril,

Je ne vais pas te mentir, je n'ai que "survolé" cette anecdote de l'âne de Buridan. Mais je saurais t'en dire un minimum. Tu sembles demander en quoi cette histoire, ou cet exemple met en évidence le libre-arbitre. Eh bien je te dirai cela : L'âne est positionné a égale distance d'un sceau d'eau et d'un sceau d'avoine sachant qu'il a autant soif que faim. L'animal n'ayant pas le libre-arbitre ne se décidera pas et mourra de faim ( supposition comme tu l'as dit, il est évident que ceci est uniquement considéré pour l'anecdote, mais en réalité un âne sera guidé "instinctivement" vers l'un ou l'autre ). Cet âne pourrait représenter une personne sans libre-arbitre, mais on sait que l'homme est un être capable de choisir les pensées et les actes, donc il possède ce libre-arbitre. Or si ce même homme se trouve dans une situation identique à celle de cet âne, alors il va se décider arbitrairement (sans raison). C'est ce que Descartes appelle la situation d'indifférence.

En espérant t'avoir plus aidé qu'embrouillé ! 🙂
Merci Euphemisme. En fait, si j'ai bien compris, j'ai commis l'erreur de prendre cette histoire pour une preuve du libre arbitre, alors qu'il n'en est qu'une vaine illustration! Car rien ne nous dit que l'homme aura effectivement la faculté de choisir arbitrairement entre l'eau et l'avoine, et qu'il ne périra pas aussi absurdement que le Buridani asinus
Tout à fait Cyril ! Du moins c'est ce que j'ai compris et c'est ce qui me semble logique. 🙂
Ainsi je te remercie vivement pour tes éclaircissements! 😉