Rercherche documentaire : autour de la déambulation urbaine et des statues

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir bonsoir !

Je voudrais solliciter vos connaissances littéraires, car ce n'est pas facile de trouver ce qu'on cherche…quand on ne sait pas exactement ce qu'on cherche 😐

Je m'explique.
Dans le cadre de l'exercice d'une écriture personnelle (en BTS, et je suis en bts communication visuelle, je ne sais pas si ça change quelque chose car je ne connais pas les exercices demandés dans les autres bts, mais enfin, voilà) nous devons nous constituer un dossier de recherches documentaires, autour de la déambulation urbaine, après avoir travaillé sur des poètes surréaliste (Breton entre autres…), situationnistes, et des écrivains ayant travaillé sur la déambulation urbaine et la ville en général.
Ce dossier peut comporter des oeuvres d'art, des séquences de films, mais aussi, et surtout, des textes. Le but final étant, j'imagine, que ce dossier nous constitue un corpus sur lequel faire cette fameuse écriture personnelle (je ne sais pas vraiment comment le prof va s'y prendre pour que son sujet cadre avec les recherches de chacun…)

Il nous faut cependant choisir un thème plus particulier à l'intérieur de celui de la déambulation urbaine, et j'ai donc choisi les statues.
(Choix motivé par ma première trouvaille, soit la magnifique scène d'exposition du personnage principal du film 28 jours plus tard, et également par toutes les statues que l'on croise à Paris.)

Cependant, niveau textes, je fais un peu chou blanc.
J'ai "trouvé" le Cavalier de Bronze de Pouchkine, mais je n'ai malheureusement pas le temps de me le procurer et de le lire en entier - surtout en courrant el risque que ça ne me convienne pas finalement.
Le poème au titre tout à propos, La Statue de Victor Hugo, peut à la limite entrer dans le thème (rapport à l'histoire des personnages statufiés, leur passé etc…), mais le personnage reste une statue de sel.
Il y a également un poème d'Eluard, parlant vaguement d'une statue (Paris pendant la Guerre), mais au niveau de l'analyse globale et du rapport avec la déambulation urbaine, je crois que nous sommes loin du compte…
Le fait est que chercher "statue et littérature" sur google, ça ne donne évidemment pas grand chose 🙄 et que je n'ai pas une immense culture littéraire.


Donc, si par hasard, vous connaissez un poème, un roman, un essai, un article et que sais-je encore (peut être même des oeuvres d'art ou des extraits de films/de bandes dessinées) qui pourrait m'être utile, je vous en serais très reconnaissante =)
Que les statues soient immobiles, animées, douées de parole ou l'entrée de passages secrets, tant que cela se rapporte à la statue et à la ville !
Bonjour et bienvenue.

Pour commencer, je te propose :
Dimanche ( Jacques Prévert)

Entre les rangées d'arbres de l'avenue des Gobelins
Une statue de marbre me conduit par la main
Aujourd'hui c'est dimanche les cinémas sont pleins
Les oiseaux dans les branches regardent les humains
Et la statue m'embrasse mais personne ne nous voit
Sauf un enfant aveugle qui nous montre du doigt.
Extrait de la chanson de Trenet "Quand descend le soir".
Une statue de square :
Je vois un' statue.
Cet homm' de vertu
N'a pas évité
La postérité.
Ses cheveux trop longs
Tomb'nt sur son veston.
Son sourir' figé
Convient mal à son air un peu trop négligé.
Destin des statues
D'être là, têtues,
Au fond des allées,
Tristement, pour nous rapp'ler
L'inventeur d'la pomm' de terre
Ou celui du paratonnerre.
Quand descend le soir,
Que je vais m'asseoir
Sur le banc de bois
Mais tu n'es pas là…
Merci ! C'est exactement le genre de choses dont j'ai besoin =)
Bonsoir,

En considérant que le parc dont il s'agit est à Paris, une bulle de tranquillité au sein de l'agitation de la Capitale ; tu devrais pouvoir aussi tirer partie de ce texte de Baudelaire :
Le Fou et la Vénus

Quelle admirable journée ! Le vaste parc se pâme sous l’œil brûlant du soleil, comme la jeunesse sous la domination de l’Amour.

L’extase universelle des choses ne s’exprime par aucun bruit ; les eaux elles-mêmes sont comme endormies. Bien différente des fêtes humaines, c’est ici une orgie silencieuse.

On dirait qu’une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets ; que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l’azur du ciel par l’énergie de leurs couleurs, et que la chaleur, rendant visibles les parfums, les fait monter vers l’astre comme des fumées.

Cependant, dans cette jouissance universelle, j’ai aperçu un être affligé.

Aux pieds d’une colossale Vénus, un de ces fous artificiels, un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l’Ennui les obsède, affublé d’un costume éclatant et ridicule, coiffé de cornes et de sonnettes, tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l’immortelle Déesse.

Et ses yeux disent : — « Je suis le dernier et le plus solitaire des humains, privé d’amour et d’amitié, et bien inférieur en cela au plus imparfait des animaux. Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre et sentir l’immortelle Beauté ! Ah ! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! »

Mais l’implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.

Charles Baudelaire
Muriel
Bonsoir,

Je pense spontanément à deux textes de Hugo :
A la colonne Vendôme
https://fr.wikisource.org/wiki/%C3%80_la_Colonne_de_la_place_Vend%C3%B4me
à l'éléphant dans les Misérables
Il y a vingt ans, on voyait encore dans l'angle sud-est de la place de la Bastille près de la gare du canal creusée dans l'ancien fossé de la prison-citadelle, un monument bizarre qui s'est effacé déjà de la mémoire des Parisiens, et qui méritait d'y laisser quelque trace, car c'était une pensée du "membre de l'Institut, général en chef de l'armée d'Égypte".

Nous disons monument, quoique ce ne fût qu'une maquette. Mais cette maquette elle-même, ébauche prodigieuse, cadavre grandiose d'une idée de Napoléon que deux ou trois coups de vent successifs avaient emportée et jetée à chaque fois plus loin de nous, était devenue historique, et avait pris je ne sais quoi de définitif qui contrastait avec son aspect provisoire. C'était un éléphant de quarante pieds de haut, construit en
charpente et en maçonnerie, portant sur son dos sa tour qui ressemblait à une maison, jadis peint en vert par un badigeonneur quelconque, maintenant peint en noir par le ciel, la pluie et le temps. Dans cet angle désert et découvert de la place, le large front du colosse, sa trompe, ses défenses, sa tour, sa croupe énorme, ses quatre pieds pareils à des colonnes faisaient, la nuit, sur le ciel étoilé, une silhouette surprenante et terrible. On ne savait ce que cela voulait
dire. C'était une sorte de symbole de la force populaire. C'était
sombre, énigmatique et immense. C'était on ne sait quel fantôme puissant, visible et debout à côté du spectre invisible de la Bastille.

Peu d'étrangers visitaient cet édifice, aucun passant ne le regardait. Il tombait en ruine; à chaque saison, des plâtras qui se détachaient de ses flancs lui faisaient des plaies hideuses. Les "édiles", comme on dit en patois élégant, l'avaient oublié depuis 1814. Il était là dans son coin, morne, malade, croulant, entouré d'une palissade pourrie, souillée à chaque instant par des cochers ivres; des crevasses lui lézardaient le ventre, une latte lui sortait de la queue, les hautes herbes lui poussaient entre les jambes; et comme le niveau de la place s'élevait
depuis trente ans tout autour par ce mouvement lent et continu qui exhausse insensiblement le sol des grandes villes, il était dans un creux et il semblait que la terre s'enfonçât sous lui. Il était immonde, méprisé, repoussant et superbe, laid aux yeux du bourgeois, mélancolique aux yeux du penseur. Il avait quelque chose d'une ordure qu'on va balayer et quelque chose d'une majesté qu'on va décapiter.

Comme nous l'avons dit, la nuit l'aspect changeait. La nuit est le véritable milieu de tout ce qui est ombre. Dès que tombait le
crépuscule, le vieil éléphant se transfigurait; il prenait une figure tranquille et redoutable dans la formidable sérénité des ténèbres. Étant du passé, il était de la nuit; et cette obscurité allait à sa grandeur. Ce monument, rude, trapu, pesant, âpre, austère, presque difforme, mais à coup sûr majestueux et empreint d'une sorte de gravité magnifique et sauvage, a disparu pour laisser régner en paix l'espèce de poêle gigantesque, orné de son tuyau, qui a remplacé la sombre forteresse à neuf tours, à peu près comme la bourgeoisie remplace la féodalité. Il est tout simple qu'un poêle soit le symbole d'une époque dont une marmite contient la puissance. Cette époque passera, elle passe déjà; on commence à comprendre que, s'il peut y avoir de la force dans une
chaudière, il ne peut y avoir de puissance que dans un cerveau; en d'autres termes, que ce qui mène et entraîne le monde, ce ne sont pas les locomotives, ce sont les idées. Attelez les locomotives aux idées, c'est bien; mais ne prenez pas le cheval pour le cavalier.

Quoi qu'il en soit, pour revenir à la place de la Bastille, l'architecte de l'éléphant avec du plâtre était parvenu à faire du grand; l'architecte du tuyau de poêle a réussi à faire du petit avec du bronze. Ce tuyau de poêle, qu'on a baptisé d'un nom sonore et nommé la colonne de Juillet, ce monument manqué d'une révolution avortée, était encore enveloppé en 1832 d'une immense chemise en charpente que nous regrettons pour notre part, et d'un vaste enclos en planches, qui achevait d'isoler l'éléphant.
Merci mille fois 😀 c'est parfait !