Bonjour à tous 😉
Je n'entends pas quelle était précisément la place des prolétaires dans la société romaine antique.
J'ai cru comprendre que le mot provient de proles, i.e. la descendance, la lignée. Le dictionnaire de l'Académie dit que ces prolétaires, "étant fort pauvres et exempts d'impôts, n'étaient utiles à la république que par les enfants qu'ils engendraient."
Mais ces prolétaires ne travaillaient-ils pas? Et leur descendance n'était-elle pas vouée à la même condition inférieure, devenant ainsi aussi "inutile" qu'eux?
Je vous remercie d'avance de vos éclaircissements 🙂
Le prolétaire, étymologiquement, est un citoyen libre, mais pauvre au point de n'être intéressant que par les enfants qu'il engendre!!!
A l'époque royale, les prolétaires ne possèdent rien, et exercent des métiers infamants : ils sont bouchers, boulangers, cordonniers (autant de métiers pratiqués par les esclaves dans les grands domaines ruraux).
Ils ne font pas partie de l'armée, sauf en cas de tumultus, levée exceptionnelle lors d'un péril extrême.
Sous la République, à la suite de la réforme de Marius, ils seront acceptés dans l'armée s'ils se portent volontaires; ils auront alors l'espoir de monter en grade, de toucher une solde conséquente, d'obtenir une part de l' ager publicus… et de payer des impôte, dont ils étaient exempts jusqu'à présent.
Sous l'Empire, les proletarii, toujours plus nombreux, pourront aspirer à devenir clients de l'Empereur, pourvu qu'ils soient inscrits au registre de l'annone, et qu'ils sachent faire des courbettes…
En résumé : les prolétaires constituent la dernière tranche des plébéiens : celle des non-possédant… Beaucoup d'esclaves avaient un sort bien préférable au leur (avis personnel!)…
Merci pour votre réponse; mais en quoi les liberi proletariorum seront-ils, eux, utiles à république?
Merci.
Les prolétaires assurent des tâches serviles qui se perpétuent avec les générations : le prolétaire est considéré comme être "collectif", sa seule richesse, ce sont ses enfants et toute sa lignée qui fournissent des "bras"!!!
Et les enfants de prolétaires ne pouvaient espérer quelque ascension sociale?
A Rome, l'ascenseur social ne fonctionne que si l'on a de l'argent, des amis bien placés, ou si l'on est élu à une charge quelconque. Heureusement, les temps ont bien changé!!!
En fait les proletarii étaient classés avant-derniers au sein des plébéiens; les juristes estimaient qu'ils possédaient au moins … des enfants! Ceux qui n'avaient pas cette chance et qui se trouvaient être plus "pauvres" encore, étaient nommés capite censi; ces derniers - c'est le cas de le dire - ne possédaient que leur personne! Un cran au-dessous, c'est l'esclavage…
Triste époque, certes… et pourtant! (Mais cela nous entraînerait trop loin!)
Laudator temporis acti que vous êtes!
Non, je ne crois pas! C'est un travers universel de l'Homme que de n'être pas satisfait de son époque… Juvénal, La Bruyère, Huysmans, pour prendre trois exemples radicalement différents, l'ont bien prouvé! J'en suis conscient, moi à qui il arrive souvent de fantasmer sur les époques antérieures… mais quelle vanité! Il ne faut pas vivre en rêve, à côté de soi-même, entre parenthèses (même si les parenthèses sont parfois merveilleuses…); la vie vaut nécessairement la peine d'être vécue ici maintenant… Ouh là, je m'arrête, credo di aver troppo bevuto questo pomeriggio!!
Vous avez raison, ce sentiment de nostalgie est récurrent, pour ne pas dire sempiternel. Mais je ne cautionnerais par pour autant cet autre leitmotiv, non moins condamnable à mon sens; c'est ce manichéisme politique qui pose si sottement: réaction = mal; progrès = bien. Du reste, qu'est-ce précisément que le progrès, cette notion si souvent martelée - si souvent malmenée?
C'est un autre sujet! De toute manière, ma remarque était plus existentielle que sociologique ou politique!
Amphitryon a écrit :je m'égare
"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar…" 🙂