Le débat ici est très intéressant.
Je ne suis pas grammairien et mes connaissances de la langue française se limitent à celles nécessaires à être en mesure de la comparer au coréen, qui est ma spécialité et à l'enseigner au niveau débutant.
Je suis resté convaincu longtemps que le partitif pluriel n'avait qu'une existence théorique car en pratique je ne parvenais pas à trouver d'exemple satisfaisant rendant compte de la valeur du partitif.
Après avoir lu les exemples que vous tous citez, reste convaincu que son emploi est quasiment inexistant.
Alors que dans ce que présente Dany1980 dans son post me semblait sémantiquement logique
dany1980 a écrit :
DES est partitif seulement avec des mots toujours pluriels
Ex. les vacances, les mathématiques, les épinards, les frais
Il est généralement le pluriel des un, une
Ex. Il me faut DES vacances ( article partitif)
J'ai mangé DES noix ( article indéfini)
Je suis revenu en arrière car à partir du moment où l'on admet un forme plurielle, on reconnaît l'existence d'une forme singulière, même si celles-ci ne sont pas souvent, voire jamais, utilisées et par conséquent on admet que ce sont des entités comptables dans une certaine mesure.
la mathématique - les mathématiques
l'épinard(plante) - les épinards(nourriture)
la vacance(lacune) - les vacances(cessation d'activité)
A ce titre, comme Lucretius
Lucretius a écrit :Mais le partitif pluriel existe-t-il?
Je ne suis pas convaincu en tout cas, par l'exemple des vacances.
L'exemple des poires dans la corbeille ne me paraît pas probant non plus. Le fait qu'il s'agisse de poires parmi d'autres n'empêche pas qu'elles soient dénombrables, ce qui pour moi exclut la notion de "partitif".
je me demande si le partitif pluriel existe vraiment car je ne parviens pas a le voir dans les phrases suivantes:
Il me faut des vacances
Je fais des mathématiquesJe manges…
-de la pastèque(trop gros pour en manger une entière)
-des pommes
-des pâtes
-du riz(trop petit pour que l'on ait envie de compter les grains? lol)Je mange…
-du boeuf, du poulet, du chien, de la caille
-des cailles(?), des insectes(chacun son truc), des anchois, des oeufs de lump
Pour moi, le DES est ici un indéfini tout simplement
je ne suis pas à 100% convaincu par l'analyse de cette phrase pas plus que pour les suivantes:
Jehan a écrit :Dans le cas de "des vacances",
Mais le partitif pluriel existe bien, même s'il est beaucoup moins courant que son homonyme article indéfini :
As-tu pris des chocolats qui sont dans la boîte ?
(article partitif = As-tu pris une partie des chocolats qui sont dans la boîte ? et non "As-tu pris plusieurs chocolats qui sont dans la boîte ?")
D'une part cette phrase est bancale dans la mesure où les chocolats hypothétiquement pris ne peuvent plus être dans la boîte donc ce n'est peut-être pas la phrase idéale sur laquelle réfléchir.
Prends des chocolats qui sont dans la boîte ! ou
As-tu pris des chocolats qui étaient dans la boîte? seraient deux exemples plus correctes. Ou même encore
As-tu pris des chocolats de cette boîte? qui me semble un meilleur exemple pour réfléchir. On peut alors raisonner de la même manière(article partitif =
As-tu pris une partie des chocolats de la boîte ? et non
"As-tu pris plusieurs chocolats de la boîte ?"). En l’occurrence, alors que le
une partie des chocolats… est probablement un interprétation pertinente de la phrase, elle n'exclue pas l'interprétation
plusieurs chocolats
En effet en regardant la boîte de chocolat la personne est en mesure de constater
qu'une partie des chocolats ou
plusieurs chocolats ont disparu même si elle n'est pas en mesure d'affirmer combien ont disparu.
Personnellement même si les deux analyses sont possibles le simple fait que les chocolats soient une entité comptable m'empêche de voir DES comme un partitif. 😞
je pense de même de l'exemple suivant.
Muriel a écrit :
Pour le reste, vous auriez un partitif ici :
- Je mange DES poires qui sont dans cette corbeille (le nom est complété : je ne mange qu'une partie des poires de la corbeille).
En revanche dans la distinction de Riegel on voit
Jehan a écrit :- les emplois partitifs (ou forts) si l'existence du référent est présupposée (par exemple s'il fait partie d'un ensemble antérieurement posé dans le discours ou impliqué dans la situation :
Le professeur posa la question à la classe. Des enfants levèrent aussitôt le doigt.
(L'ensemble auquel ils appartiennent est précisé)
Cependant je m'interroge sur la réelle valeur partitive du DES dans cette exemple. Bien que l'ensemble dans lequel est compris les enfants qui lèvent la main soit clairement la classe (évidence), cela ne permet pas vraiment de qualifier DES comme un partitif ici. l'interpréter comme tel reviendrait a sous entendre que les étudiants qui ont levé la main pourrait ne pas être de cette classe, possibilité qui semble exclue par le contexte lui même. Considérer DES comme une partitif serait alors une redondance
"Des élèves de cette classe". Je pense que DES est ici tout simplement un indéfini opposé au défini car certains élèves n'ont pas levé la main. Même si on ne tend pas à préciser le nombre d'élèves levant la main cette précision est possible.