Thèmes latins

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16 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir.

Je suis actuellement en hypokhâgne, et mon professeur de latin, à qui j'ai demandé de me proposer des thèmes, car je n'en ai jamais travaillé, m'a proposé de m'entraîner sur les sujets de l'ENS, et m'a très gentiment fourni le sujet de 2009, comprenant la version sur un texte de Salluste et un thème sur la Princesse de Clèves.

N'ayant que très peu lu Cicéron, mon vocabulaire étant très limité, j'ai quelques difficultés à cet exercice. Voici le texte :
Elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.
Ea filiae amorem depingere ostendereque … solebat.

Très mince… J'ai quelques difficultés avec la structure qui suit.

Pourriez-vous m'aider s'il vous plaît ?

Merci à vous.
Je commencerais par : "Amorem filiae depingere solebat…"
J'en profite pour poser une question sur un point qui m'intrigue depuis un certain temps : comment s'organisent les mots dans la phrase latine ?
Merci pour votre réponse Monsieur, seulement le "solebat" porte également sur l'infinitif suivant, à savoir "ostendere", quoique je ne sois pas sûr de sa pertinence. C'est plutôt la suite qui me gêne. Filiae amorem depingere ostendereque quam jucunda est ? Pas quantus car il porte sur un nom, c'est bien cela ?

Merci encore !
A ceci près qu'amor est masculin.
quantum jucundus sit. (subjonctif d'interrogation indirecte).
Plutôt : "quid jucundi insit in eo"
S., tu ne peux faire dépendre de solebat tous les verbes du passage…
Merci à vous.
Attention, S. : "quid jucundi insit in eo"
J'ai l'impression que ces interrogatives indirectes dépassent largement ce qu'on nous en enseigne en français. Bref, je n'arrive pas toujours à les reconnaître ; y a-t-il une méthode ? Merci à qui pourra m'aiguiller !

Ensuite : ostendebat… ut eam suaderet

Encore une I.I. ? Le "sur ce que" m'embête, et en le reformulant, ça ne se clarifie pas tellement…

Sinon, y a-t-il un manuel/livre qui me permettrait de progresser seul ? De+ Relatif me semble peu cicéronien, je n'ose l'écrire…
Franchement, je ne dispose guère de temps : je dois préparer deux contrôles pour demain! Il va bien y avoir quelqu'un pour te répondre!
Aucun souci, je comprends. Quelqu'un pourrait-il m'éclairer ?
Pour ce qui est des interrogatives indirectes, il faut d'abord consulter un bonne grammaire latine! Ensuite, il faut regarder la construction des verbes dans le dictionnaire, car on ne peut utiliser telle tournure que si celle-ci est attestée.
Quelques remarques à présent :
1° Attention au verbe suadere, qui signifie conseiller, non persuader.
2° Tu ne peux pas utliser le ut final à cause du comparatif "plus aisément"; on ne dit pas ut facilius, mais quo facilius
3° Le problème avec persuadere de, plus approprié, est qu'il va falloir raccrocher "ce qu'elle lui en apprenait de dangereux". Cherche une solution, je te dirai ce que j'en pense.
S. a écrit :De+ Relatif me semble peu cicéronien, je n'ose l'écrire…
Mais si! de quo est tout à fait correct, mais le pb est de raccrocher la suite!!!
S. a écrit :Sinon, y a-t-il un manuel/livre qui me permettrait de progresser seul ? De+ Relatif me semble peu cicéronien, je n'ose l'écrire…
Deux recueils de thème latin :
Marcel Bizos & Jacques Desjardins, Cours de thème latin, Vuibert (mais les thèmes proposés ne sont pas expliqués, Bizos donne seulement sa traduction ; c'est assez peu utile en fait).
Janine Méary, 40 thèmes latins, Belin.

Un recueil de vocabulaire français-latin (difficilement contournable à partir de la licence) :
Carl Meissner, Phraséologie latine, Klincksieck.

Et un dictionnaire :
Georges Edon, Dictionnaire français-latin, Belin (qui vous indique les auteurs auxquels sont empruntés les expressions : c'est indispensable pour faire un thème en latin classique).

Pour les grammaires, privilégiez celles qui sont prescriptives (usage classique) plutôt que descriptives (comme la Ernout-Thomas en français, par exemple) :
R. Morisset et al., Précis de grammaire des lettres latines, Magnard (clair, en couleurs, avec des encarts spécialement prévus pour le thème).
Lucien Sauzy, Grammaire latine complète, dernière rééd. Eyrolles (2010).

Et pour aller un peu plus loin (mais cela peut attendre la licence ou l'agrégation) :
Ernst Berger, Stylistique latine, Klincksieck.
Hermann Menge, Lehrbuch der lateinischen Syntax und Semantik. Völlig neu bearbeitet von Thorsten Burkard und Markus Schauer, Wissenschaftliche Buchgesellschaft (la meilleure à mon avis depuis sa refonte complète en 2000).
Justement à propos de ce thème, dans le rapport du jury :
Rappelons que le dictionnaire de thème français-latin constitue, pour le candidat peu averti, plus un handicap qu’un véritable auxiliaire : les « traductions » qu’on y trouve, données hors de tout contexte et empruntées à l’ensemble de la latinité, sont bien souvent à bannir en thème. En revanche, il faut scruter avec attention les articles du dictionnaire latin-français, en particulier les citations de César et de Cicéron, qui seules permettent de s’assurer de la « correction » d’un mot ou d’un tour choisi.
Bien sûr! Tous les latinistes (et a fortiori les hellénistes) savent qu'un bon thème s'effectue à partir du Gaffiot ou du Bailly! 🙂