Point de vue sur la littérature :
1. Tout oeuvre littéraire, même si elle appartient au passé, parle aux hommes d'aujourd'hui.
2. Une oeuvre ne peut être comprise et appréciée que par des lecteurs contemporains de l'auteur.
Quel est votre avis sur ces points de vue? Et pourquoi?
Bonjour Emma,
Est-ce pour un travail scolaire ?
Muriel
Non ce n'est pas pour un travail scolaire.
Mais pour un but personnel.
Re-bonjour Emma…
Alors il faudrait nous donner vos considérations afin que nous puissions en discuter.
Si l'on prend appui sur l'esthétique de la réception de Jauss, les deux assertions sont fausses 😀
Bonjour,
Mon avis sur le premier est d'abord, que la varieté des thèmes n'est pas des moindres. Parce que, si une oeuvre du passé traite d'un fait ou des maux qui minent la société actuelle,alors les hommes d'aujourd'hui (qui sont les lecteurs) se sentent concernés. Et même qu'il y a, de ces oeuvres du passé, celles qui conscientisent les populations afin d'adopter des comportements différents.
Ensuite,je puis dire que les auteurs d'une époque passée,selon les faits présents dans leur temps,écrivaient comme pour mettre en garde les nouvelles générations et comme le dicton le dit,l'écriture reste et parle ainsi aux hommes d'aujourd'hui! De plus, cela peut s'expliquer par le fait que la littérature traite un peu de tout, par elle, l'on découvre les cultures étrangères etc.Ainsi donc chacun, selon sa situation géographique,se sentira impliqué. 😉 Emma,
Vraiment discutable le deuxième. 😂
L'intemporalité n'est-elle pas le caractère essentiel qui permet de distinguer une véritable œuvre? Par ailleurs, dans la mesure où nous disposons à notre époque d'un savoir considérable sur les deux millénaires qui nous ont précédés, je vois mal comment l'âge pourrait porter atteinte à l'entendement.
L'intemporalité n'est-elle pas le caractère essentiel qui permet de distinguer une véritable œuvre ?
Il y a bien un fond de vérité là-dedans : nous n'avons plus du XVIIe siècle qu'une représentation, parfois très vague, et pourtant une pièce de Racine, une toile de Rembrandt, un discours de Descartes peuvent encore nous toucher. Mais dire qu'elles sont intemporelles, ces œuvres, cela suppose qu'elles existent indépendamment des regards et des discours qu'elles suscitent - c'est d'autant plus frappant pour la littérature, puisqu'un texte nécessite toujours d'être énoncé par son lecteur pour exister. Ce n'est pas si difficile à imaginer, mais, à ce moment là, n'importe quel objet est susceptible d'intemporalité. Et si on fait plutôt tenir cette intemporalité dans l'invariabilité des discours suscités, on tombe vite dans la fiction, puisque d'une part, certaines postérités sont fort discontinues, d'autre part, les discours en question changent d'une époque à l'autre. On ne regarde pas, on ne parle pas de Rembrandt de la même façon en 1650, au XIXe siècle, au XXe siècle. Aussi serait-il plus juste, à mon avis, de parler de transtemporalité, cette capacité qu'ont les oeuvres d'art d'être, non pas d'aucune époque, mais de plusieurs, et de les traverser. Racine fait partie de ce début de XXIe siècle, mais pas comme il a fait partie de la fin du XVIIe, ou de l'époque des romantiques. En somme : avec l'intemporalité, on est dans une transcendance du même plus que discutable, me semble-t-il ; avec la transtemporalité, on est plutôt dans une suite d'événements.
Je pense que ce découpage est faux et que l'intérêt que l'on porte ou non à une œuvre du passé dépend beaucoup de l'attitude que l'on a par rapport à son époque.
Les uns qui veulent vivre avec leur époque ne s'intéressent pas au passé, ne comprennent pas pourquoi on étudierait les langues mortes au lieu des langues vivantes.
Les autres qui au contraire veulent sortir de leur époque et du déjà vu s'intéressent au passé parce qu'il est différent.
Bonjour,
À mon avis, une oeuvre littéraire n'appartient jamais au passé; elle appartient, si elle doit en effet appartenir à quelque chose, aux hommes, c'est-à-dire, à l'humanité en général.
Je peux avoir l'air de simplement jouer sur les mots, mais je pense que tout l'essentiel est là. Si les manuscrits ne brûlent pas, on peut s'imaginer que ce n'est pas non plus le temps qui les affectera.
Ça rejoint le concept de l'intemporalité qui a été un peu discuté, je pense.
Paradoxalement, les idées, elles, vieillissent. Au lecteur de voir s'il lit Machiavel pour ses, disons, "conseils", ou pour sa valeur littéraire.
On peut lire une oeuvre, effectivement, pour sa valeur historique, en tant que reflet d'une époque, mais ce n'est pas en cela qu'une oeuvre consiste vraiment, ou, du moins, ce n'est qu'une infime partie d'une oeuvre littéraire.
L'oeuvre littéraire est appréciée pour son langage, pour son expressivité, pour son style (entre autres?). L'époque à laquelle elle a été écrite n'est qu'une donnée, un fait qui influence, j'oserais dire à peine, l'essentiel d'une oeuvre littéraire.
Lire une texte écrit dans une autre époque par simple curiosité pour l'histoire, ce serait comme vouloir se renseigner sur le bombardement de Guernica en jetant un oeil au tableau de Picasso.