Pardonner quelqu’un / à quelqu’un
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Bonjour à tous!
Est-ce qu'on peut employer le verbe "pardonner" sans préposition par analogie avec le verbe "excuser quelqu'un" ?
Est-ce que les francophones perçoivent comme une faute la variante sans préposition ? D'après le dictionnaire Larousse (2006) on ne peut dire que "pardonner qch mais toujours à qn".
Merci d'avance.
Je dirais a priori que le larousse a raison, oui. Le verbe "pardonner" est un verbe à double complémentation: on pardonne quelque chose à quelqu'un. Ou alors il est possible de dire "je pardonne cette faute", mais dans ce cas-là le démonstratif "cette" renvoie à une faute commise par quelqu'un, donc ça revient au même…
Bonjour
D'après moi, la réponse est non à la première question et oui à la deuxième.
On ne peut pardonner une personne, c'est la faute que l'on pardonne. On pardonne cette faute à quelqu'un, en principe l'auteur de la faute. On peut aussi pardonner à quelqu'un d'avoir fait quelque chose.
A contrario, on ne peut excuser une chose, c'est la personne que l'on excuse. On excuse quelqu'un d'une faute, en principe la faute que l'on pardonne à cette personne.
Alors on dit : "Je lui pardonne sa faute" et non : "Je le pardonne pour sa faute", que je perçois comme une faute.
Egalement, si vous entendez : "Je m'excuse …", c'est de l'auto-amnistie.
J'espère que cette réponse vous aide un peu,
Zacques
La tournure
Pardonner qqn est rare selon le Tlfi. On la retrouve dans la forme passive "Vous êtes pardonné".
C'es aussi ce qui est dit chez Grevisse :
Pardonner qqn est très ancien, mais a toujours été beaucoup moins courant que pardonner qq. ch. à qqn, dont il semble être une formule réduite.
Le tour avec objet direct a réussi à imposer le passif être pardonné (§ 772, d) ; celui-ci est admis par tous, notamment par Littré et par l’Ac. 1935, qui, d’autre part, rejettent pardonner qqn, l’un explicitement, l’autre implicitement. Cependant, cette construction-ci, soutenue à son tour par être pardonné, n’est pas, dans la littérature, si rare que l’on croirait ; elle correspond aussi à des usages régionaux (du Midi, par ex.).
Vous m’avez pardonnée (Dumas fils, Femme de Claude, II, 2). — Tous l’avaient pardonnée (Loti, Ramuntcho, p. 10). — Je vous ai pardonnés (P. Benoit, Soleil de minuit, p. 291). https://books.google.fr/books?id=SX0wDQAAQBAJ
On dit couramment "Je te pardonne" ou "Je vous pardonne" sans préciser quoi parce que ça ressort du contexte.
Mais "te" et "vous" sont là des compléments indirects puisqu'on dit je lui/leur pardonne
Ou " Je te le pardonne".
le : correspond à ce que 'tu" as fait, c'est un COD. Vu qu' un verbe ne peut pas avoir deux pronoms - COD, "te" doit être un COI, soit à qn.
D'ailleurs, on dit aussi bien: "Tu es pardonné"
Je te pardonne etc…me semble parfaitement correct.
Cela ne signifie-t-il pas, aussi, tout simplement "donner le pardon" dans le sens religieux ou moral du terme?
Mais personne n'a dit ici que "Je te pardonne" était incorrect.
Et le te est bien COI : on donne le pardon à quelqu'un.
Je remercie tout le monde pour autant de réponses!!
Peut-on dire/écrire:
"Je me suis pardonné, tu te pardonnes, elle se pardonne ses erreurs passées,
nous nous pardonnerons, vous vous pardonnâtes, ils se pardonnèrent" (par exemple)
Les prépositions : "me/te/se/nous/vous/se", font alors partie d'une forme réflexive du verbe pardonner.
Cependant, y compris pour la forme réflexive de pardonner, il s'agit bien toujours d'un complément d'objet indirect (COI),
selon le format : pardonner à quelqu'un, n'est-ce pas ?
Bonjour.
Je me suis pardonné, tu te pardonnes, elle se pardonne ses erreurs passées…
Oui, ici, le pronom réfléchi (qui n'est pas une "particule") est bien COI.
On peut certes dire qu'on pardonne quelqu'un, mais c'est rare.
La construction normale et habituelle est bien pardonner (quelque chose ) à quelqu'un.
D'autant qu'ici on a déjà un COD précisant quelle est la faute pardonnée.
On peut certes dire qu'on pardonne quelqu'un, mais c'est rare.
Néanmoins, la forme passive est courante :
je suis pardonné.Oui, c'est le même cas de figure que pour obéir.
Il y a belle lurette qu'on ne dit plus obéir quelqu'un,
mais on emploie toujours le passif Je suis obéi.
Il y a belle lurette qu'on ne dit plus obéir quelqu'un
On le dit encore en anglais ! 🙂
Mais nous sommes ici dans la rubrique Langue française, n'est-il pas ? 😉
Oh sorry! 😉
J'ai lu récemment quelque part, sans pouvoir préciser : "Nous sommes tous des pécheurs pardonnés". Que faut-il penser de cette construction ?
Le plus grand bien, même si c'est une survivance de la construction devenue rare, tout comme obéi.