Dostoïevski, L’Adolescent
17 réponses
Quelqu'un pourrait-il m'indiquer où trouver un résumé ou au moins une liste des principaux personnages de L'adolescent.
J'arrive au milieu du roman et j'avoue avoir quelques difficultés avec les triples noms russes, sans compter les diminutifs et les erreurs de l'auteur (un personnage change carrément de nom vers la 600 ème page).
Merci par avance.
Les erreurs de l'auteur? Je crois que la compréhension a été difficile.
J'ai également eu le même ennui mais que j'ai réglé facilement. Lis avec une feuille de papier, un cahier ou encore un ordinateur à côté de toi. Et notes toi tout personnage que tu rencontres, avec ses caractéristiques. Ensuite, tu n'as qu'à te référer à ta fiche.
J'ai adopté cette méthode en lisant les Métamorphoses d'Ovide… sinon impossible de m'en sortir !
Depuis, j'ai pris l'habitude de ne plus lire sans prendre de note en même temps, sans réfléchir sur livre. Cette façon de lire me semble plus enrichissante qu'une lecture passive.
J'espère avoir pu te donner un conseil utile, bonne lecture !
Un nom russe est composé de trois mots : le prénom, le patronyme, le nom de famille.
Le prénom est donné à la naissance ou au baptême, il est propre à l'enfant, et il n'y a pas de pronoms mixtes.
Le patronyme est formé mécaniquement à partir du prénom du père de l'enfant et d'un suffixe.
Le nom de famille se transmet de manière patrilinéaire ou s'acquiert par le mariage, comme en France. La seule vraie différence est que, comme le patronyme, il s'accorde en genre, ce qui est parfois gommé dans les traductions (Anna Karénine, pour Karénina), mais visible dans les noms féminins passés à la postérités (Anna Akhmatova, dont le mari s'appelait Akhmatov, naturellement !). Lorsqu'on parle d'une famille tout entière, on peut avoir également le pluriel (en -y / -i).
Le prénom est souvent remplacé par un surnom, et les auteurs peuvent parfois alterner entre de nombreux surnoms pour un même prénom, former des surnoms à partir de ce qui est déjà un surnom pour renforcer leur valeur hypocoristique, etc. Tous les surnoms, masculins et féminins, se terminent en -a.
Pour une liste assez complète, voyez ici :
https://www.mamochka.org/modules.php?name=Pages&pa=showpage&pid=198
https://www.mamochka.org/modules.php?name=Pages&pa=showpage&pid=199
(mais il vous faut au moins déchiffrer la cyrillique)
Cordialement.
Arthur, tu es aussi slavisant?
Attention d'autre part, Akhmatova est un pseudonyme, mais cela n'enlève évidemment rien à ce que tu disais des noms russes!
Le russe était ma première langue étrangère en CPGE et j'ai fait un peu de vieux-slave par ailleurs (mais fort peu).
Merci pour la correction sur Akhmatova, je l'ignorais. 🙂 Son vrai nom est Gorenko. J'en profite pour signaler que les noms étrangers échappent à cette règle, et que c'est aussi le cas pour les noms ukrainiens (-enko est un suffixe typiquement ukrainien, Akhmatova est née à Odessa), même s'ils pouvaient l'être au XIXe.
En effet, *Gorenka serait un beau barbarisme!!! Je vais te poser une question sur le "topic" pb de philologie, si tu le veux bien.
Arthur a écrit :Un nom russe est composé de trois mots : le prénom, le patronyme, le nom de famille.
Le prénom est donné à la naissance ou au baptême, il est propre à l'enfant, et il n'y a pas de pronoms mixtes.
Le patronyme est formé mécaniquement à partir du prénom du père de l'enfant et d'un suffixe.
Le nom de famille se transmet de manière patrilinéaire ou s'acquiert par le mariage, comme en France. La seule vraie différence est que, comme le patronyme, il s'accorde en genre, ce qui est parfois gommé dans les traductions (Anna Karénine, pour Karénina), mais visible dans les noms féminins passés à la postérités (Anna Akhmatova, dont le mari s'appelait Akhmatov, naturellement !). Lorsqu'on parle d'une famille tout entière, on peut avoir également le pluriel (en -y / -i).
Le prénom est souvent remplacé par un surnom, et les auteurs peuvent parfois alterner entre de nombreux surnoms pour un même prénom, former des surnoms à partir de ce qui est déjà un surnom pour renforcer leur valeur hypocoristique, etc. Tous les surnoms, masculins et féminins, se terminent en -a.
Pour une liste assez complète, voyez ici :
https://www.mamochka.org/modules.php?name=Pages&pa=showpage&pid=198
https://www.mamochka.org/modules.php?name=Pages&pa=showpage&pid=199
(mais il vous faut au moins déchiffrer la cyrillique)
Cordialement.
Merci d'avoir répondu, brillamment, à une question que je me posais sans l'avoir encore formulée.
Cette pratique est-elle encore en usage aujourd'hui? L'état civil est-il constitué de ces 3 noms?
Durtal a écrit :Les erreurs de l'auteur? Je crois que la compréhension a été difficile.
Daria Onissimovna devient Nastassia Iégorovna vers le milieu du romain.
Il existe d'autres erreurs et incohérences.
Pourquoi Balzac serait-il le seul avec faire des erreurs dans ses romans?
tancrède5a a écrit :Cette pratique est-elle encore en usage aujourd'hui? L'état civil est-il constitué de ces 3 noms?
Absolument!
Savez vous si L'adolescent a été publié dans un périodique en feuilleton?
Par moment, l'auteur utilise, en fin de chapitre, de grosses ficelles pour tenir le lecteur en haleine et lui donner envie de lire la suite.
Ce n'est pas sans me rappeler les feuilletons américains de la télévision de mon adolescence ou les scènes captivantes étaient toujours coupées au pire moment pour permettre le passage des pubs des télévisions américaines.
Je n'ai pas remarqué cette pratique chez Balzac qui a pourtant la réputation d'avoir écrit au kilomètre. J'ai aussi une question concernant le narrateur : a-t-il, oui ou non, dans la première moitié du roman, des relations un peu troubles (homosexuelles) avec le Prince chez qui il est supposé travailler (ou du moins duquel il obtient une rétribution financière sans travailler le moins du monde)?
Outre la situation, les mots français utilisés par André Markowicz sont parfois franchement ambigus, un peu comme Proust qui, lui, n'utilisait jamais le verbe pénétrer innocemment!
Salut!!!
Arthur, ta méthode sur la composition d'un nom russe, permet-elle de comprendre le personnage ou bien car je pige pas? Quant à Raskalnikov ( si je m'en souviens de l'orthographe) jeune homme dans Crîme et Châtiment de Dostoievski, que faut il comprendre de son nom?
Après une bonne lecture de la préocupation de tancrede5a, j'ai mieux compris ton intervention. Top!
Je me permets quand même de glisser une petite réponse à ta question; chez Dostoïevski, les nom russes ont souvent quelque signification cachée, qui peut aider à la compréhension du roman à plusieurs reprises:
_ Raskolnikov vient de Raskolnik' en russe, le schisme; on verra par la suite une sorte de division dans son esprit.
_ Razoumikhine, la raison, le guide, qui aidera son ami tout au long du roman
_ Dounia, c'est l'eudoxie
_ Porphyre: (en anglais) temporal orthodoxy, il tentera de remettre le héros sur le droit chemin
_ Sofia: église orthodoxe, pouvoir sprirituel
_ Svidrigaïlov: le profane, le barbare
Voilà, je ne pense pas avoir dit trop de bêtises, c'est un peu simplifié, mais on remarque qu'à la fin du roman, la disparition d'un personnage ou l'autre influence fortement la direction que prend le héros.
Bonjour Lyleith.
Rassure toi aucune bêtise n'a été dite, bien au contraire j'ai vu le lien et franchement si,en lisant des romans russes j'avais à l'avance,les significations des noms des personnages et tout ça, j'aurais une meilleure compréhension… Hélas!
Thank you
J'annonce, très humblement, qu'après les difficultés décrites plus haut, j''ai arrêté, sans doute définitivement, la lecture de L'Adolescent. (Trop de longueurs ennuyeuses, trop de longues digressions au point que l'on ne sait plus ce qu'est l'histoire principale).
Après avoir lu avec beaucoup d'intérêt Crimes et châtiment (++++), Les frères Karamazov (++), Le double (+++), L'éternel mari (+++), je n'avais déjà pas achevé L'idiot (mais je le reprendrai peut-être).
En parallèle j'ai lu La mort d'Ivan Ilich (Tolstoï), que je conseille absolument (+++++) et Anna Karénine bien sûr (++++).
J'attends avec impatience la sortie de la traduction par V. Fédorovski de la version écourtée (par Tolstoï lui-même) de Guerre et Paix (moins de descriptions de batailles…etc).
Bonjour
Voir Wikipédia, je viens de rentrer les principaux personnages. Il y en aura une deuxième "fournée" dans une dizaine de jours.
Salutations.
Je relis pour la troisième fois Crime et châtiment de Dostoïevski, un des sommets de la littérature russe, et par conséquent mondiale!!! N'appréhendez pas la longueur du livre (la moitié des FrèresKaramazov!) Avec le livre, vous savez que ce qui est le plus dur, c'est de commencer… Passées les premières pages, laissez-vous prendre par l'image du "héros", par les discussions de la taverne où il entre par hasard, par le récit du rêve du massacre du vieux cheval incapable de tirer son fardeau (texte incontournable des étudiants de lettres russes…), par celui de l'assassinat de la vieille usurière et de sa demi-soeur (à la hache!)… Entrez dans les idéaux, les peurs, les fantasmes de Raskolnikov (étymologiquement, le "dissident", celui qui s'est "coupé" de la société), vivez avec lui le drame, les affres et la grandeur des idéaux de l'humanité "pré-révolutionnaire", comme le disait la critique marxiste-léniniste. Mais, comme correctif à cette dernière, efforcez-vous de pénétrer le sens que l'auteur a voulu donner au "châtiment" qui attend notre héros… Bonne lecture!
le récit du rêve du massacre du vieux cheval incapable de tirer son fardeau (texte incontournable des étudiants de lettres russes…)
Je confirme, et c'est tout sauf évident ! 😀