Bergson - Mais, qu’est-ce que la conscience ?

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

J'ai ma première explication de texte à rendre, et j'aurais vraiment besoin d'aide.
Voici le texte étudié :
Mais, qu'est-ce que la conscience ? Vous pensez bien que je ne vais pas définir une chose aussi concrète, aussi constamment présente à l'expérience de chacun de nous. Mais sans donner de la conscience une définition qui serait moins claire qu'elle, je puis la caractériser par son trait le plus apparent : conscience signifie d'abord mémoire. La mémoire peut manquer d'ampleur ; elle peut n'embrasser qu'une faible partie du passé ; elle peut ne retenir que ce qui vient d'arriver ; mais la mémoire est là, ou bien alors la conscience n'y est pas. Une conscience qui ne conserverait rien de son passé, qui s'oublierait sans cesse elle-même, périrait et renaîtrait à chaque instant : comment définir autrement l'inconscience ? Toute conscience est donc mémoire − conservation et accumulation du passé dans le présent.
Mais toute conscience est anticipation de l'avenir. Considérez la direction de votre esprit à n'importe quel moment : vous trouverez qu'il s'occupe de ce qui est, mais en vue surtout de ce qui va être. L'attention est une attente, et il n'y a pas de conscience sans une certaine attention à la vie. L'avenir est là ; il nous appelle, ou plutôt il nous tire à lui : cette traction ininterrompue, qui nous fait avancer sur la route du temps, est cause aussi que nous agissons continuellement. Toute action est un empiétement sur l'avenir.
Retenir ce qui n'est déjà plus, anticiper sur ce qui n'est pas encore, voilà donc la première fonction de la conscience. Il n'y aurait pas pour elle de présent, si le présent se réduisait à l'instant mathématique. Cet instant n'est que la limite, purement théorique, qui sépare le passé de l'avenir ; il peut à la rigueur être conçu, il n'est jamais perçu ; quand nous croyons le surprendre, il est déjà loin de nous. Ce que nous percevons en fait, c'est une certaine épaisseur de durée qui se compose de deux parties : notre passé immédiat et notre avenir imminent. Sur ce passé nous sommes appuyés, sur cet avenir nous sommes penchés ; s'appuyer et se pencher ainsi est le propre d'un être conscient. Disons donc, si vous voulez, que la conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir.
J'ai déjà fait une explication de "L'allégorie de la caverne" de Platon, mais mon professseur nous avait donné des questions béquilles pour nous aider… Là, rien ! Je ne sais pas comment m'y prendre ! Le texte me paraît trop clair… J'ai donc distingué la thèse de l'auteur (la conscience est à la fois mémoire et anticipation) ainsi que les différentes parties du texte, mais c'est tout…
Je ne sais pas ce que je dois faire ni comment le faire. Pourriez-vous m'aider ?

Merci d'avance 😞
Montre nous le découpage que tu as fait du texte et dis nous pourquoi tu l'as ainsi découpé. 🙂
Mise en place de la question :
Mais, qu'est-ce que la conscience ? Vous pensez bien que je ne vais pas définir une chose aussi concrète, aussi constamment présente à l'expérience de chacun de nous.
PREMIERE PARTIE : La conscience est mémoire
Mais sans donner de la conscience une définition qui serait moins claire qu'elle, je puis la caractériser par son trait le plus apparent : conscience signifie d'abord mémoire. La mémoire peut manquer d'ampleur ; elle peut n'embrasser qu'une faible partie du passé ; elle peut ne retenir que ce qui vient d'arriver ; mais la mémoire est là, ou bien alors la conscience n'y est pas. Une conscience qui ne conserverait rien de son passé, qui s'oublierait sans cesse elle-même, périrait et renaîtrait à chaque instant : comment définir autrement l'inconscience ? Toute conscience est donc mémoire − conservation et accumulation du passé dans le présent.
SECONDE PARTIE : La conscience est anticipation
Mais toute conscience est anticipation de l'avenir. Considérez la direction de votre esprit à n'importe quel moment : vous trouverez qu'il s'occupe de ce qui est, mais en vue surtout de ce qui va être. L'attention est une attente, et il n'y a pas de conscience sans une certaine attention à la vie. L'avenir est là ; il nous appelle, ou plutôt il nous tire à lui : cette traction ininterrompue, qui nous fait avancer sur la route du temps, est cause aussi que nous agissons continuellement. Toute action est un empiétement sur l'avenir.
TROISIEME PARTIE : La conscience, c'est le présent (ce qui relie le passé au futur, non le présent mathématique)
Retenir ce qui n'est déjà plus, anticiper sur ce qui n'est pas encore, voilà donc la première fonction de la conscience. Il n'y aurait pas pour elle de présent, si le présent se réduisait à l'instant mathématique. Cet instant n'est que la limite, purement théorique, qui sépare le passé de l'avenir ; il peut à la rigueur être conçu, il n'est jamais perçu ; quand nous croyons le surprendre, il est déjà loin de nous. Ce que nous percevons en fait, c'est une certaine épaisseur de durée qui se compose de deux parties : notre passé immédiat et notre avenir imminent. Sur ce passé nous sommes appuyés, sur cet avenir nous sommes penchés ; s'appuyer et se pencher ainsi est le propre d'un être conscient. Disons donc, si vous voulez, que la conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir.
Bonjour,

je fais moi aussi un commentaire de texte sur Bergson :

mon pbm c'est que je trouve qu'il est "trop simple" et que j'ai peu de choses à dire.

Je n'arrive pas à expliquer "je ne vais pas définir une chose aussi concrète". Cest à dire que pr lui, c'est trop simple ? trop évident ?

J'ai lu qu'il serrai bien de critique l'asperct mémoire ac Platon et sa théorie de réminiscence ( mais je ne comprnd pas ce qu'elle est) ?! Est ce une bonne idée ?

Merci.
Bonjour, je puis peut-être te donner quelques pistes pour faire ton commentaire, même si je n’en ai fait moi-même qu’un seul !
Tout d’abord, je pense que si ton professeur t’a donné ce texte à commenter, c’est qu’il y a des choses à dire !

Il faut tout d’abord chercher les thèmes principaux du texte, même s’ils paraissent évidents, et faire attention à chaque détail du texte (même les plus anodins mots de liaison peuvent être lourds de sens !)
Notre professeur nous a conseillé de prendre le texte presque mot après mot dans le brouillon, et de tout « décortiquer ».
Ainsi, on peut rechercher l’origine et le sens du mot, qui peuvent être multiples. Cela nous permet de cerner la pensée de l’auteur, de voir à quoi elle s’applique. Par exemple, si un philosophe dit « l’homme est prisonnier de son passé », le mot « passé » peut aussi bien être celui du sujet (un passé individuel) que celui de l’Humanité (ce serait l’Histoire).
On peut expliquer ce que l’auteur a voulu dire (même si ça nous parait limpide au premier abord) avec nos mots à nous.
Je pense que poser des questions au texte est un bon moyen de trouver des choses à dire. Pourquoi l’auteur a-t-il dit cela ? à quoi faisait-il référence ? Est-ce qu’il s’oppose à d’autres philosophes antérieurs ?
Suis-je d’accord avec lui ? (sans mettre du « moi je, je pense que », mais en montrant à chaque fois ce qui paraît logique et ce qui paraît bizarre, en prenant des exemples). Tu développes ainsi ton esprit critique, non pas en réfutant automatiquement ses idées (il est difficile pour un élève de Terminale d’avoir des idées plus avancées et plus cohérentes qu’un philosophe), mais en les comprenant, en montrant d’éventuelles contradictions et en les surpassant. Je m’explique : à un moment, Bergson dit « la conscience est immanente à la vie ». Tu peux expliquer ce que veut dire « immanente ». « La vie » englobe tous les êtres vivants, même les plantes. C’est une idée à laquelle on peut réagir : les plantes auraient, selon Bergson, une conscience. Et c’est là qu’il faut creuser : cette contradiction n’est qu’apparente, car selon Bergson, les plantes ont certes une conscience, mais en potentialité seulement. Tandis que l’Homme, lui, utilise cette conscience (pour faire des choix, notamment).

Il faut bien prendre son temps, ne pas se précipiter, être bien concentré.
Tu peux ensuite voir comment l’auteur a relié toutes ses idées.
Voilà quelques idées pour faire ton brouillon et pour trouver des choses à dire. Je suis désolée, tout cela est un peu fouillis, mais je ne suis pas experte en la matière ! Bon courage 😉