Quelqu'un pourrait-il me résumer les Fées? Il y a quelque chose qui me chiffonne. La fille aînée a-t-elle accepté, ou non, d'offrir à boire? J'ai beau lire le texte, je ne suis pas sûr de bien comprendre.
Perrault, Les Fées
5 réponses
Bonsoir Alph,
Le texte.
Non, la fille aînée n'offrit pas à boire. Elle se contenta de tendre le flacon afin que la belle dame le remplisse elle-même.
On peut même penser qu'elle ne tendit rien et que son discours n'est que pure ironie. « Boire à même » peut être compris comme « boire à même la fontaine », c'est comme cela que je le comprendrais.
Muriel
Le texte.
Non, la fille aînée n'offrit pas à boire. Elle se contenta de tendre le flacon afin que la belle dame le remplisse elle-même.
On peut même penser qu'elle ne tendit rien et que son discours n'est que pure ironie. « Boire à même » peut être compris comme « boire à même la fontaine », c'est comme cela que je le comprendrais.
Muriel
Bonsoir.
Edit : Ah, je vois que Muriel est du même avis ! 🙂
Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire, justement j'ai apporté un Flacon d'argent tout exprès pour donner à boire à Madame ! J'en suis d'avis, buvez à même si vous voulez. Vous n'êtes guère honnête, reprit la Fée, sans se mettre en colère ; hé bien ! puisque vous êtes si peu obligeante…Selon moi, si la fée trouve l'aînée si peu obligeante, c'est sans doute qu'elle ne lui a pas vraiment donné à boire… L'aînée se montre ironique et parle par antiphrase. Pour avoir le même don que la cadette, elle doit donner à boire à une vieille femme… mais comme la fée se présente à elle sous la forme d'une princesse, elle se dit qu'il ne sert à rien de lui offrir de l'eau…
Edit : Ah, je vois que Muriel est du même avis ! 🙂
Oui, je vois. Cette ironie ne m'a pas semblé évidente. J'ai d'abord cru que la fée avait voulu par son déguisement tenté la cupidité de la fille aînée et que celle-ci, devenue subitement servile, lui faisait croire qu'elle venait exprès pour elle. Mais le "buvez à même" et le "vous êtes si peu obligeante" donnent raison à Muriel. Il viendra un moment où cela me paraîtra indiscutable.
Je trouve que Perrault écrit de façon très relâchée, et pas seulement dans ce texte où d'ailleurs le titre "Les fées" est inapproprié car il n'y en a qu'une.
L'effet qu'il manipule, à mon avis très lourdement, pour caractériser la mère et la fille orgueilleuse, consiste à se parler à elles-mêmes et à penser à haute voix, et j'ai l'impression qu'il emploie cet effet dans le début de la phrase, puis expectore une adresse qui n'est là que par convenance, en accord avec une idée générale fondée sur l'expectoration dans une perspective où l'on apprend aux enfants à ne pas dire de gros mots.
S'il s'agit de boire à même le flacon, je n'exclus pas qu'il y ait contamination avec l'autre sens de l'expression "à même", caractéristique d'une écriture relâchée.
L'effet qu'il manipule, à mon avis très lourdement, pour caractériser la mère et la fille orgueilleuse, consiste à se parler à elles-mêmes et à penser à haute voix, et j'ai l'impression qu'il emploie cet effet dans le début de la phrase, puis expectore une adresse qui n'est là que par convenance, en accord avec une idée générale fondée sur l'expectoration dans une perspective où l'on apprend aux enfants à ne pas dire de gros mots.
S'il s'agit de boire à même le flacon, je n'exclus pas qu'il y ait contamination avec l'autre sens de l'expression "à même", caractéristique d'une écriture relâchée.



