Ionesco, La Leçon - Toute langue, Mademoiselle, sachez-le, souvenez-vous-en jusqu’à…

Entraide scolaire

38 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Salut,

Je dois faire un commentaire sur la Leçon de Ionesco. J'ai trouvé mes axes mais j'aurais juste besoin de renseignements parce que je ne sais pas trop quoi mettre dans un de mes axes.
Je voudrais dire dans mon deuxième axe que la scène comporte également un aspect inquiétant, cependant je ne sais pas trop quoi mettre dedans. Il faut que je décrive dans un premier temps la folie du professeur mais je ne sais pas quoi mettre après. Est-ce que quelqu'un pourrait m'aider ? merci beaucoup !

Voici le texte :
Ionesco, La Leçon, 1951, éd. Gallimard.

Dans La Leçon (1951), Eugène Ionesco met en scène un professeur qui tente d'enseigner son savoir à une jeune élève. Très patient et doux au début, il perd peu à peu son calme.

LE PROFESSEUR - Toute langue, Mademoiselle, sachez-le, souvenez-vous-en jusqu'à l'heure de votre mort…
L'ELEVE - Oh ! Oui, Monsieur, jusqu'à l'heure de ma mort… Oui, Monsieur…
LE PROFESSEUR - …et ceci est encore un principe fondamental, toute langue n'est en somme qu'un langage, ce qui implique nécessairement qu'elle se compose de sons, ou…
L'ELEVE - Phonèmes…
LE PROFESSEUR - J'allais vous le dire. N'étalez donc pas votre savoir. Ecoutez, plutôt.
L'ELEVE - Bien, Monsieur. Oui, Monsieur.
LE PROFESSEUR - Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu'ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d'articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds, tenez, ainsi, vous voyez…
L'ELEVE - Oui, Monsieur.
LE PROFESSEUR - Taisez-vous. Restez assise, n'interrompez pas… Et d'émettre les sons très haut et de toute la force de vos poumons associée à celle de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : "Papillon", "Euréka", "Trafalgar", "papi, papa". De cette façon, les sons remplis d'un air chaud plus léger que l'air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s'agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c'est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capables de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls, tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s'écrouler…
L'ELEVE - … dans les oreilles des sourds.
LE PROFESSEUR - C'est ça, mais n'interrompez pas… et dans la pire confusion…Ou par crever comme des ballons. Ainsi donc, Mademoiselle…(L'Elève a soudain l'air de souffrir). Qu'avez-vous donc ?
L'ELEVE - J'ai mal aux dents, Monsieur.
LE PROFESSEUR - Ça n'a pas d'importance. Nous n'allons pas nous arrêter pour si peu de chose. Continuons…
L'ELEVE, qui aura l'air de souffrir de plus en plus. - Oui, Monsieur.
LE PROFESSEUR - J'attire au passage votre attention sur les consonnes qui changent de nature en liaisons. Les f deviennent en ce cas des v, les d des t, les g des k et vice versa, comme dans les exemples que je vous signale : "trois heures, les enfants, le coq au vin, l'âge nouveau, voici la nuit".
L'ELEVE - J'ai mal aux dents.
LE PROFESSEUR - Continuons.
L'ELEVE - Oui.
En fait c'est quasi un monologue du prof et l'élève sert de "repoussoir" ou plus exactement de faire-valoir. Trèz poétique le passage sur les sons ! et inquiétant, peut-être vers la fin ; essaie de préciser pourquoi
Le prof est-il vraiment fou ? ou seulement fou ?
en fait je ne sais pas trop quoi dire dan la partie où je dois décrire l'aspect inquiétant parce que à part parler de la folie du professeur, je ne vois pas trop quoi dire d'autre. Mais cela ne me remplira pas une partie entière donc je ne sais pas quoi dire…
je voulais savoir aussi dans ma première partie je parle du ridicule du professeur, mais en quoi est-il ridicule ? j'ai pensé que c'était le fait que deja c'est l'élève qui domine le prof ce qui devrait être l'inverse puis le fait aussi qu'il est tellement emporté par son discours et que l'élève l'agace qu'il finit par dire n'importe quoi. Est-ce que je suis dans un bon résonnement ou pas ?
pouvez-vous m'aider? merci d'avance
Bonjour Chanaly,

Tes réflexions conviennent.

On peut découvrir deux thèmes essentiels dans cette pièce de Ionesco :
Le premier est celui de l'incapacité de notre langage et de notre science à donner un sens à notre univers. Le langage est vidé de sa signification de communication humaine pour ne garder que son aspect purement utilitaire. Enfin cette drôlerie apparente recèle une menace voilée. La jeune fille va devenir la proie, la victime de ce professeur névrosé. Le spectateur est invité à découvrir que notre monde est absurde parce qu'il n'a pas de sens. Le langage notamment par ses aspects mécaniques est porteur d'une violence inhérente qui détruit la liberté humaine. Au travers de la pseudo science et des délires verbaux du professeur, Ionesco nous entraîne vers son vertige intérieur.
Le deuxième est la dérive de l'autorité en tyrannie. Au travers des rapports entre un professeur et une élève, Ionesco nous montre comment ce lien de dépendance peut évoluer en abus de pouvoir et en cruauté. Comment ce professeur falot, peu sûr de lui face à une élève brillante peut devenir le bourreau d'une jeune fille terrorisée et remplie par le doute ? Ionesco découvre qu'au fond du cœur humain réside une barbarie toujours prête à se déployer si les circonstances sont favorables.


Toute l'action de La Leçon repose sur le basculement calculé de deux mouvements contraires. Deux personnages en présence: un professeur timide, calme et poli, en face d'une élève dynamique et d'une grande vivacité d'esprit. La situation va rapidement changer: la témérité initiale de l'élève se change en soumission morbide, la timidité du professeur en agressivité assassine ; la parole, d'abord réglée, échappe progressivement à toute mesure jusqu'à sécréter en bout de course l'objet meurtrier. "La philologie mène au crime", déclare la bonne qui n'arrive pas à apaiser le professeur malgré ses avertissements successifs. Le déchaînement qui s'en suit, par son excès extrême, semble le produit d'un rêve: le langage, qui a reconquis son pouvoir magique, échappe au contrôle de l'homme.
C'est exactement ce qui est tombé au bac blanc de français!!
les 2 axes :
-Expliquez en quoi le professeur est un personnage ridicule.
-Montrez que cette scène n' est pas seulement comique, mais qu'elle comporte aussi un aspect inquiétant.
( l'humeur du professeur se dégrade peu à peu… il reste indifférent face à la souffrance de son élève…)
Bonjour,

J'aimeriez que quelqu'un m'aide pour réaliser mon plan d'un commentaire composé sur La Lecon de Ionesco du passage où le professeur fait un discours plutôt poétique sur les sons et que la jeune élève se soumet à son professeur. Dans mon premier grand axe je parle du ridicule du professur avec une première partie sur le retournement de situation : le prof timide et calme devient agressif et l'élève dynamique se soumet à son professeur. Pour une deuxième partie dans ce premier axe j'avais pensé à la gestuelle du professeur ! Suis-je sur une bonne voie ? ou non ? sinon que puis-je mettre d'autre ?
Merci d'avance à ceux qui vont me répondre !
J'aurais voulu savoir quel été en réalité le plan pour ce commentaire parce-que moi je n'arrive pas à trouver quelque chose a mettre dans la deuxième partie c'est a dire que cette scène a un aspect inquiétant
aidez moi s'il vous plait merci d'avance
Recherche dans le texte les traces
- des injonctions, de l'autorité qui s'impose sans ménagement,
- du manque de considération de la part du professeur…

Le texte commence aussi par l'emploi du mot mort…

Enfin le délire verbal est quand même inquiétant, non ?
"Enfin le délire verbal est quand même inquiétant, non ?"

c'est à dire ?
Cette leçon de linguistique a-t-elle un sens ? surtout lorsqu'elle provient d'un professeur ? ce professeur aime-t-il les sourds ? quelle conception de la langue véhicule-telle ?…
Bonjour, j'ai également ce sujet à faire, et je voudrais savoir si un plan s'appuyant surtout sur le changement de tempérament du professeur( c'est à dire qu'il est au début un simple professeur ridicule et qu'il devient une sorte de bourreau pour l'élève) conviendrait. On peut aussi dire qu'il passe d'un tempérament bilieux à celui de sanguin, non?
Merci d'avance.
Bonsoir,

Je fais moi-même ce sujet, histoire de m'entraîner au commentaire ! Je vois, avec inquiétude, que je n'ai pas vraiment les mêmes idées. J'aurais dans un premier temps aimé savoir s'il serait judicieux de consacrer un axe à "Une parodie d'enseignement", dans lequel je développe le fait qu'il y a confusion générale; autant de l'élève que du professeur lui-même. Ou encore le portrait du professeur, un professeur quelque peu enfermé dans son enseignement, mais qui ne se rend pas compte de l'absurdité de ses propos.

Je n'ai cependant pas développé cette "dimension inquiétante". Est-ce primordial, suis-je encore passé à côté de l'essentiel ? Je pensais, pour mon premier axe, parler de la situation mouvante, des relations tangentes qui s'établissent entre les deux personnages, et surtout de l'ambiance austère et monacale qui s'instaure. Absence de pédagogie, etc.

Merci de m'éclairer un peu,
Zadek
Bonsoir Zadek,

Tu as tout à fait le droit de ne pas appréhender le texte de la même manière si tu es capable d'argumenter.
Tes axes collent bien à la situation.
Tu as perçu le comique et tu es resté au premier degré, celui d'une mécanique déréglée.
Il y a quand même le déni de la souffrance de l'élève qui est une faute grave pour un enseignant.
Il manque donc simplement l'aspect inquiétant qui se profile derrière le délire verbal du professeur.
Bonjour moi aussi j'ai un commentaire a faire sur cet extrait et j'ai beau chercher je ne trouve pas les trois axes d'etude :/
J'ai deja :
- Le comique
- L'aspect inquietant

Et apres dois-je parler de l'absurdité ? Et que mettre dans la partie comique pour ne pas repeter avec d'autres parties ?

Aidez-moi c'est urgent :O
Je dois aussi faire un commentaire sur ce sujet là. Mais moi je n'en suis qu'à l'introduction mais j'ai une question. Dans l'introduction quand je dois écrire le propos du texte, je résume le livre ou bien je résume juste l'extrait à commenter ?!
Si quelqu'un peut m'aider .. merci.
Bonjour Sandra,

Dans l'introduction tu sélectionnes uniquement les éléments thématiques de l'oeuvre en relation avec l'extrait : par ex. "La Leçon rapporte les dérives meurtrières d'un professeur tyrannique…" Tu peux, si tu connais la place de l'extrait, le situer dans l'oeuvre.
ok Merci beaucoup =)
Si quelqu'un pouvait m'aider.. J'ai du mal car c'est mon premier commentaire :/
Disons que j'ai tous les éléments pour mon premier axe mais tout est en vrac je ne sais pas vraiment par où et comment commencé cette première partie. Si vous pouviez me dire que dois-je mettre dans ma première phrase ? rappel de l'axe ? ou bien je commence les constations et les exemples ?! Est-ce que si dans ma partie où je veux montrer que le professeur est un personnage ridicule, je peux partir sur le fait qu'il se prend trop au sérieux alors que ses phrases sont dénués de sens ce qui donne cet aspect comique ou bien suis-je sur la mauvaise voie ?
Bonjour,

Je dois faire un commentaire sur La leçon de Ionesco et je n'arrive pas à faire le développement ='(
Est ce que quelqu'un peut m'aider !!!

Merci !!


1) Expliquez en quoi le professeur est un personnage ridicule.
2) Montrez que cette scène n'est pas seulement comique mais qu'elle comporte aussi un aspect inquiétant.
Bonsoir,

Ton extrait est-il bien celui de cette discussion ? Sinon, quel est-il ?

Muriel