Est-ce raisonnable?
J'apprécie énormément d'avoir des profs qui aiment leur métier et qui nous en font la publicité, mais à force d'en entendre parler en cours je finis par me demander si l'unique but de la prépa est de nous préparer à l'enseignement. Quel mal y a-t-il à vouloir intégrer un IEP (allez, soyons optimiste, Paris) en master et non une ENS? Oui, d'accord, les prépas littéraires ne vivent que pour l'ENS, c'est le Saint Graal, les études les plus poussées qui soient et payées, en plus! Blablabla. Le seul hic dans tout ça, c'est que 95% des khâgneux qui tentent l'ENS ne font que tenter. Et il est de notoriété publique que les 5% restants sont pour la plupart issus des parisiennes (dommage quand on n'en fait pas partie).
Un paragraphe inutile qui m'amène à ce point: à présent que la BEL est en cours de réforme, serait-il possible que les profs passent un petit peu moins de temps à idolâtrer l'ENS ? D'une part parce que tout le monde n'a pas forcément envie d'être prof (même à un si haut niveau), d'autre part parce cela réduirait l'écart gargantuesque qu'il y a entre les espoirs d'un préparationnaire lambda et ses chances d'intégrer Normale Sup'. Et éviterait de grosses et douloureuses désillusions…
Bien sûr que c'est raisonnable… je le conseille même. Il vaut mieux avoir un projet d'école défini, que de terminer sa khâgne en ne sachant toujours pas laquelle tenter. 😉
Pour ce qui est des désillusions, je mettrais un bémol. Il n'y a désillusion que s'il y a projet ferme d'y rentrer, dans le cas contraire, et ce pour la majeure partie des khâgneux, tout le monde s'en fout. Faut être réaliste à un moment donné. J'ai eu dans ma classe l'an dernier une amie qui ne souhaite pas du tout rentrer à l'ENS mais qui voulait intégrer une école de commerce. Elle ne se faisait pas d'illusions pour l'ENS pour la simple et bonne raison que ça ne l'intéressait pas ! Et elle a été reçue à ses écoles de commerce et ça lui convient parfaitement ! (Bon après, elle a changé d'avis, elle ne les a pas intégrées mais on s'en fou.)
L'ENS d'ailleurs n'amène pas qu'aux métiers de l'enseignement, même si, évidemment, c'est leur mission première (l'enseignement supérieur et la recherche). Dans leurs statuts, les ENS amènent également à la haute fonction publique, ou au privé (et c'est de plus en plus le cas, visiblement, même si l'enseignement reste premier).
Il est possible de faire autre chose après, ou pendant, en témoignent le groupe des "normaliens dans l'entreprise" et trois exemples qui me viennent en tête : Laurent Fabius (ancien Premier ministre, passé par l'ENS, puis l'IEP, puis l'ENA) et Alain Juppé (idem), ou Nicolas Demorand (qui après avoir été élève à l'ENS et enseigné quelques années le français, s'est découvert une passion pour le journalisme à France Inter, puis aujourd'hui à Europe 1), et les exemples ne manquent pas ! 🙂
Si les professeurs parlent sans arrêt des ENS, c'est bien parce que la position de normalien, du fait du salaire et du prestige, apporte un confort non négligeable pour terminer ses études et une carte de visite qui peut être réinvestie dans de très nombreux domaines…
Formellement, depuis 1995, les classes littéraires de lettres préparent aux concours des ENS, maiségalement aux écoles supérieures de commerce et de management, aux IEP, auxquels se sont ajoutés les instituts de traduction (ESIT/ISIT), l'École nationale des Chartes, et sûrement d'autres écoles que j'oublie (ah si, l'IsMAPP). Ce ne sont pas des écoles "en plus, pour faire joli", les textes prévoient qu'on puisse y rentrer en passant par une prépa littéraire ! Par conséquent, l'étudiant vise l'école dont il rêve ! Il n'a pas à se soucier de l'établissement que vante tel ou tel prof !
Et alors qu'avant 2011, le khâgneux devait passer plusieurs séries d'épreuves, généralement celles des ENS (pour des besoins statistiques) et celles des établissements visés, ce qui décourageait quelques khâgneux, maintenant, avec la BEL, l'orientation est grandement facilitée !
Il est possible de cumuler l'École normale supérieure et l'Institut d'études politiques, et de plus en plus d'élèves sont dans cette situation…
Arka a écrit : à présent que la BEL est en cours de réforme, serait-il possible que les profs passent un petit peu moins de temps à idolâtrer l'ENS ?
Ne leur demande pas l'impossible… 😉 Ils sont souvent eux-mêmes normaliens (ou ont rêvé de l'être), parfois issus de famille de normaliens, et sensibles au prestige de leur propre formation. Difficile pour eux de vanter d'autres voies possibles. Mais les choses changent (au rythme de tout changement de mentalités, donc lentement) et certains le font.
(et puis il reste que le prestige d'une prépa -du moins de celles qui sont "classées"- se mesure
encore au taux d'intégration aux ENS, qui était la vocation première des classes préparatoires littéraires… Il est donc logique que les professeurs qui y enseignent incitent fortement leurs élèves à tenter leur chance, et à réussir le concours)
Quels sont exactement les écoles que l'on peut intégrer par la BEL en ayant fait khâgne A/L s'il vous plait ?
Selon les informations délivrées par Valérie Pecresse, pour cette année :
- Des écoles de commerces des concours BCE et Ecricome.
- Les IEP de province ( Science Po Paris s'y refuse )
- L’Institut de management de communication interculturels à Paris
- ESIT, Paris 3 ( Ecole de traduction )
- L’Institut supérieur du management public et politique (ISMAPP)
- L’école des Chartes ( Plus de places?! Mystère! )
- CELSA
Pour 2012 :
- Des écoles d'art devraient s'ajouter à cette liste.
- Des écoles de journalismes
- D'autres écoles de communication.
Pour l'école des Chartes se sera toujours par le concours B?
Rien n'est précisé, néanmoins, vu que l'école de Chartes intègre la BEL peut-être une modification dans l'accès?! C'est vrai que c'est étrange.
La section A de l'Ecole des Chartes n'a rien à voir avec la BEL, ni l'an dernier, ni cette année. Pour ce qui est des réformes à venir, on verra d'ici là. Pour la section B, il y a depuis l'an dernier un tronc commun de 2 matières avec la BEL (histoire contempo + LV1). Le reste est en dehors de la BEL : des matières spécifiques à la section B, par opposition à la section A (une partie du programme d'histoire moderne, l'histoire médiévale pour B, géographie) et des matières communes aux sections A et B (français, LV2/grec, une partie du programme d'histoire moderne).
Mme Pécresse oublie juste d’ajouter aux 214 places des ENS, le nombre de places déjà offertes par les autres concours. A part le fait d’économiser des frais d’inscription aux concours, le vrai progrès sera mesuré par le nombre de places qui seront réellement proposée aux littéraires.
Anne345 a écrit :Mme Pécresse oublie juste d’ajouter aux 214 places des ENS, le nombre de places déjà offertes par les autres concours. A part le fait d’économiser des frais d’inscription aux concours, le vrai progrès sera mesuré par le nombre de places qui seront réellement proposée aux littéraires.
75 + 109 = 184 et non pas 214. 😀
Il y a 75 places en A/L à l'ENS et 109 en Lettres&Arts, Langues Vivantes, Sciences humaines à l'ENS de Lyon.
Cette réforme ne concerne pas les khâgneux de classe préparatoire de lettres et sciences sociales ("B/L") qui ont 25 places à l'ENS (B/L), 5 places à l'ENS de Lyon (en SES).