Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, I - Le duc de Nevers, dont la vie était glorieuse par

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour a tous ,
Je suis en 1er et mon professeur de français ma demander de répondre a 2 questions sur un extrait du roman La Princesse de Clèves de Madame de la Fayette

Pourriez vous m'aider a y répondre car je ne trouve pas les mots pour argumenter mes réponses

1er question 😜eut on parler de description à propos de ces portraits ?

J'ai répondu oui car il y a une grande description du duc de Nemour qui le rend important

2eme question : Ces personnages pourrait-il être représenter au théâtre ?

J'ai mis oui car on apprend beaucoup de chose que se soit physique et morale , la seul chose qu'on ne connait pas ce sont leur âges


Voici l'extrait merci d'avance pou votre aide
Nanou75
Le duc de Nevers, dont la vie était glorieuse par la guerre et par les grands emplois qu'il avait eus, quoique dans un âge un peu avancé, faisait les délices de la cour. Il avait trois fils parfaitement bien faits : le second, qu'on appelait le prince de Clèves, était digne de soutenir la gloire de son nom ; il était brave et magnifique, et il avait une prudence qui ne se trouve guère avec la jeunesse. Le vidame de Chartres, descendu de cette ancienne maison de Vendôme, dont les princes du sang n'ont point dédaigné de porter le nom, était également distingué dans la guerre et dans la galanterie. Il était beau, de bonne mine, vaillant, hardi, libéral ; toutes ces bonnes qualités étaient vives et éclatantes ; enfin, il était seul digne d'être comparé au duc de Nemours, si quelqu'un lui eût pu être comparable. Mais ce prince était un chef-d’œuvre de la nature ; ce qu'il avait de moins admirable était d'être l'homme du monde le mieux fait et le plus beau. Ce qui le mettait au-dessus des autres était une valeur incomparable, et un agrément dans son esprit, dans son visage et dans ses actions, que l'on n'a jamais vu qu'à lui seul ; il avait un enjouement qui plaisait également aux hommes et aux femmes, une adresse extraordinaire dans tous ses exercices, une manière de s'habiller qui était toujours suivie de tout le monde, sans pouvoir être imitée, et enfin, un air dans toute sa personne, qui faisait qu'on ne pouvait regarder que lui dans tous les lieux où il paraissait. Il n'y avait aucune dame dans la cour, dont la gloire n'eût été flattée de le voir attaché à elle ; peu de celles à qui il s'était attaché se pouvaient vanter de lui avoir résisté, et même plusieurs à qui il n'avait point témoigné de passion n'avaient pas laissé d'en avoir pour lui. Il avait tant de douceur et tant de disposition à la galanterie, qu'il ne pouvait refuser quelques soins à celles qui tâchaient de lui plaire : ainsi il avait plusieurs maîtresses, mais il était difficile de deviner celle qu'il aimait véritablement
Je prends le temps de vous répondre parce que je sens que vous vous êtes fourvoyée, face à la question de technique littéraire utilisée ici par Madame de Lafayette. Si vous relisez votre texte (celui qui vous est soumis) vous avez l'impression qu'on vous présente un prince de contes de fées: aimable, possédant toutes les qualités,irrésistible, etc. mais à aucun moment l'auteur de vous dit: "il avait un visage lisse et pâle d'une blancheur extraordinaire et des yeux d'un bleu limpide où toutes les princesses de la cour lisaient leur bonheur; sa taille était moyenne, ses gestes accomplis par des bras fins et très forts à la fois qui en faisaient un composé de douceur et d'extrème fermeté…" Donc, pas de description au sens où le professeur vous le demandait, car le professeur a bien sûr une idée derrière la tête: il veut vous faire sentir que c'est un roman de sentiments occupé entièrement par les mécanismes de l'amour et de ses dangers (un roman psychologique, si vous voulez, mais le genre n'existait pas à l'époque) -- et de ses merveilles aussi, car c'est divinement écrit. Si Madame de Lafayette, qu'un analyste des sentiments comme Stendhal "adorait" à la folie, ne prend pas la peine de décrire les rides et les couleurs de cheveux, c'est parce qu'elle est entièrement concentrée sur son sujet: la mécanique fatale (et merveilleuse aussi) des sentiments. Les premières pages du livre vous le disent: les princes s'occupent de la chasse, des exercices du corps (préparant à la guerre et montrant la vaillance) et des intrigues amoureuses. Une des phrases fascinantes que vous avez dû remarquer car elle en dit long, c'est, en résumant, "la moindre de ses qualités (de Nemours) c'est qu'il était parfait". Et toc! Il était donc "encore mieux que les hommes parfaits" (parce qu'on peut être une belle statue muette, nunuche, beau et sans attrait) mais non, il avait de la grâce, de l'amabilité, un magnétisme naturel qui s'exerçait sur tous les êtres qu'il approchait.Il n'avait pas seulement "tout pour lui" mais plus que tout ça. Ciel! c'est pas rien. Vous êtes prise au piège du style absolument gracieux de l'auteur, à la cadence de sa phrase, à l'exactitude très fine de toutes ces petites touches avec lesquelles elle peint ses deux héros principaux, et c'est cela, curieusement, qui va DROIT AU COEUR, d'où votre erreur bien compréhensible. L'auteur vous peint tout cela avec une finesse et une persuasion qui touche l'imagination,l'émotion, parce que dans La princesse de Clèves, les êtres sont surnaturellement beaux, évoluent dans un nimbe de grâce et de magie. Le style peut vous surprendre, ( je suis un "ancien" en littérature et j'ai apprécié ce livre assez tard car il faut avoir vécu certaines choses pour bien le comprendre) car rien n'y est dit de ce que que nous appellerions "la vraie vie vécue" -- et cependant ça marche divinement. En revanche, les sentiments qui vont constituer le roman et qui sont mis en place dès le début sont des sentiments propices à la plus grande catastrophe amoureuse de l'histoire de notre littérature -- c'est donc à la psychologie et aux mouvements de l'âme, vifs, rapides, intenses, violents (elle en meurt, et lui quasiment aussi) que l'auteur s'intéresse. Vous direz comme excuse à votre prof que c'est si FASCINANT (dans le sens de EBLOUISSANT: on n'y voit plus rien tellement la lumière est vive) qu'on peut mal répondre en faisant un contresens MALGRE SOI. C'est ce qui vous est arrivé. Et cela prouve que vous avez été très sensible au texte. Vous pourriez répondre au prof: "Monsieur c'est tellement bien écrit QUE J'AI CRU LE "VOIR". D'où la magie (l'une des magies) de ce livre. Pardon d'avoir été si long et continuez à étudier cette oeuvre en essayant d'y trouver des passages à fendre le coeur (l'histoire du portrait volé, par exemple, et les gestes que la princesse fait d'abord sans savoir qu'elle les fait, puis, s'en rendant compte après coup, comprend qu'elle aime, s'en veut sans s'en vouloir, hésite, à la fin décide de tout "tuer", à commencer par elle…c'est un thriller de l'amour-passion) un grand texte, vous ne le regretterez sûrement pas. alighiero55.