Préfixe "auto" : avec ou sans trait d’union ?

Langue française

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Écririez-vous « auto-entrepreneur » ou « autoentrepreneur » ? En accord avec le Dictionnaire des difficultés de la langue française de Thomas, la 2[sup]e[/sup] version a ma préférence.

Merci d'avance pour vos avis.

Catherine
La quasi-totalité des mots en auto- s'écrivent en un seul mot, quel que soit le sens de ce préfixe . Il semble qu'il n'y ait hésitation que lorsque le -o doit suivre un -e ou un -i.
a) S'il doit suivre un -e, l'usage est en faveur de la réunion : autoédition, autoélévateur, etc… mais auto-école
b) S'il doit suivre un -i, on écrit en deux mots : auto-immun , auto-induction, etc… (pour éviter la mauvaise lecture [wa] ou [win]).
Il me semble donc correct d'écrire : autoentrepreneur.
Bonjour Catherine,

La logique me semble être celle-ci :
Auto-entrepreneur ou auto entrepreneur ou autoentrepreneur : quelle orthographe ?

La définition -avec par extension l'écriture exacte du mot- n'est pas encore apparue dans le dictionnaire.


Sur les sites officiels du gouvernement l'orthographe qui convient est :


auto-entrepreneur

cependant, on note tout de même que de nombreuses personnes l'écrivent autoentrepreneur, ou bien encore auto entrepreneur …..

De toute façon, tant que le mot auto-entrepreneur ou autoentrepreneur ou auto entrepreneur n'est pas apparue dans le dictionnaire, nous pouvons nous permettre de l'écrire des trois manières !

https://www.mutuelle.com/auto-entrepreneur.html

Personnellement :
- l'absence de trait d'union me perturbe ;
- la soudure me rend le mot illisible ;
- je l'écrirais « auto-entrepreneur ».

Muriel
Jacques a écrit :
lorsque le -o doit suivre un -e ou un -i.
Plutôt "précéder", je suppose…
Mais les lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes ! 😉

Autre petite remarque.
Le Robert donne aussi bien autoécole qu' auto-école.
La variante avec trait d'union s'explique à la rigueur : il ne s'agit pas ici du préfixe auto mais du nomauto (= automobile).
Dans le Grand Robert, ne sont soudés que les mots dont le second élément commence par une consonne, à l'exception de « auto-stop/stoppeur » et « auto sacremental ».
« Auto-école » est présenté avec sa variante « autoécole ».
Aucune mention n'est faite des recommandations de la réforme de 1990.

Wikipédia distingue « orthographe traditionnelle » et « orthographe recommandée depuis 1990 » :
[…]
Note
(orthographe de 1990) La réforme orthographique de 1990 recommande la soudure du préfixe avec le mot principal, sauf en cas de formation de digramme ou trigramme indésirable oi, ou avec la voyelle initiale du mot principal et qui pourrait donner une prononciation défectueuse selon l’orthographe usuelle en français.
Dans ce dernier cas seulement, l’usage du trait d’union est conservé pour tous les termes formés avec ce préfixe et tout mot commençant par i ou u : il est même préféré à l’ancien usage (rare) du tréma qui a pu apparaître parfois à la position de soudure dans d’anciens termes scientifiques (avec un placement incertain sur la première ou la seconde voyelle).
[…]
autoécole (orthographe de 1990)
auto-école (orthographe traditionnelle)
autoélévateur (orthographe de 1990)
auto-élévateur (orthographe traditionnelle)
autoéquilibrant (orthographe de 1990)
auto-équilibrant (orthographe traditionnelle)
autoexcitation (orthographe de 1990)
auto-excitation (orthographe traditionnelle)
[…]
En revanche, dans le Petit Robert 2009, tous les mots comportant le préfixe auto sont soudés, conformément aux recommandation de 1990. Sauf si auto précède un i, comme signalé par Jacques. Seules variantes indiquées : auto-école, déjà cité, ainsi que auto-stop et auto-stoppeur

Mais quand, pour d'autres mots, les graphies proposées par la réforme de 1990 sont mentionnées, la graphie "traditionnelle" reste mentionnée elle aussi… Alors, deux poids, deux mesures ?
Ce qui est curieux, c'est que j'ai l'édition de 2001 (deuxième édition, révisée et augmentée)…

Alors, je viens de chercher dans la préface d'Alain Rey, il y dit (p. XXXIII) :
[…] On a tenu compte des décisions de l'Académie, décisions qui ne seront entérinées que dans sa 9e édition, en (long) court de préparation. […] Devant l'échec des projets de réformes, on ne peut que refléter les modifications effectivement passées dans l'usage (par exemple sur le pluriel des noms composés, certains accents).
Certains conflits inévitables apparaissent entre la tendance souhaitable à la simplification et la tradition. Ainsi, les composés formés sur des préfixes savants (bio-, chrono-…) devraient ne garder une division (un « trait d'union ») que si le second élément commence par une voyelle ; et, même dans ce cas, la tendance est à écrire le mot de manière ininterrompue, mais on retrouve souvent la graphie en deux éléments et l'usage hésite. Ainsi pour bioélectrique, bioélectricité, bioénergie, les entrées sont écrites soudées, avec la précision suivante : « on écrit souvent bio-énergie », notre documentation étant chiche en attestations de la graphie bioénergie, forme plus cohérente par rapport aux précédentes.
[…]
Cependant, d'une manière générale, on a réduit le nombre des entrées multiples, ainsi que celui des variantes. Encore fallait-il que l'une de ces formes paraisse nettement préférée ou préférable.
[…]
Rien de tout cela pour les noms composés préfixés par auto-.
(Je ne l'avais pas remarqué ce matin, mais autoécologie est écrit soudé, sans mention de variante).
Merci pour les réponses.

Je vais rester sur autoentrepreneur qui me paraît conforme à la règle.

J'ajouterai qu'il y a une différence entre auto préfixe et auto diminutif d'automobile, comme dans auto(-)école. Reste à savoir si cela change quelque chose par rapport au trait d'union.
J'ai l'impression qu'aucun ouvrage ne mentionne cette différence.
Il ne faut pas confondre "auto", préfixe signifiant "de soi-même", et le mot "auto", abréviation du mot "automobile".

Le préfixe auto se lie au mot qui suit, sauf si celui-ci commence par la voyelle "i", "u" ou "o".

Ecrire "auto-entrepreneur" est donc fautif ; il convient d'écrire "autoentrepreneur". Ce n'est pas parce qu'on trouve ce genre de fautes dans des textes officiels, publiés par l'Administration, qu'il faut accepter de les reproduire et d'accepter de considérer un mot contenant cette faute comme un mot correctement orthographié. Il n'appartient pas à un ministère de décider de la bonne orthographe d'un mot.

On peut s'interroger cependant sur le bienfondé de l'usage du trait d'union lorsque le mot qui suit commence par un "i". En effet, les mots composés du préfixe "co" (lui aussi se terminant par un "o"), par exemple, et d'un mot commençant par un "i" s'écrivent en un seul mot, avec un "i tréma" : "coïncidence", "coïnfection", "coïnculpé"… On aurait alors pu s'attendre à le trouver écrit "autoïnduction" ou "autoïnfection" à la place d' "auto-induction" et d' "auto-infection".

Les mots composés avec le mot "auto", abréviation d' "automobile", devraient s'écrire en deux mots, et non pas en un seul comme on le trouve malheureusement dans le dictionnaire, puisque ici le mot "auto" n'est pas un préfixe, il s'agit de mots composés de deux noms communs. On doit, par exemple, écrire "une auto-mitrailleuse" et "des autos-mitrailleuses" (et non pas "automitrailleuse"), puisqu'il s'agit en réalité d'autos qui font office à la fois d'automobile et de mitrailleuse, et non pas de mitrailleuses automatiques.

Le Dictionnaire orthographique d'André Jouette fait judicieusement état de cette distinction.
Que dit Jouette pour auto-accusation, auto-allumage ou auto-amorçage ?
Conformément à la règle selon laquelle les mots composés du préfixe "auto" ne s'écrivent avec un trait d'union que si ce dernier est suivi d'un mot commençant par les lettes "i", "u" ou "o", les mots "autoaccusation", 'autoallumage" et "autoamorçage" s'écrivent en un mot, sans trait d'union. En effet, les lettres "oa" écrites à la suite se lisent distinctement, sans souci de prononciation, contrairement aux lettres "oi" ou "ou" assemblées.
C'est logique, mais cette règle n'est pas celle qu'utilise l'Académie française dans son dictionnaire. C'est un peu embêtant, non.