Peut-on faire acheter des livres aux élèves ?

La filière littéraire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je n'ai pas été admise au capes cette année mais un de mes amis, qui a été admis et qui débute donc dans le métier de prof de français, au collège, m'a raconté qu'il n'avait pas le droit de faire acheter des livres aux élèves et qu'il devait donc se débrouiller avec les seuls qu'il y a au CDI, que les élèves peuvent consulter ?
Pensez-vous que ce soit normal ? Je me souviens que lorsque j'étais élève, les profs nous faisaient acheter des oeuvres…
Je ne vois pas comment les profs peuvent réellement faire étudier des oeuvres de leur choix comme ça, et des oeuvres variées. Déjà que les nouveaux n'ont pas de formation pratique et arrivent avec 18h d'enseignement à donner, si en plus ils ne peuvent pas faire étudier les oeuvres qu'ils connaissent le mieux (en lien avec les programmes quand même, bien sûr)…
Je m'adresse aux autres profs (stagiaires ou titulaires), pouvez- vous faire acheter des livres à vos élèves ?
Cela s'ajoute à mes angoisses pour le jour où enfin je pourrai enseigner.
On est en droit de faire acheter des livres par les familles puisque ce sont des "biens culturels", et qu'ils échappent de ce fait à l'obligation de gratuité. Pour ce qui me concerne, Je n'hésite pas à faire acheter des romans et des pièces de théâtre aux familles, mais je le fais par l'intermédiaire du foyer socio-éducatif, ce qui me permet d'avoir des réductions importantes. J'adresse également aux familles une lettre expliquant pourquoi je fais acheter des livres et précisant les modalités de paiement. Bien sûr, je fais en sorte que le montant reste raisonnable. Quant aux familles dans le besoin, elles ont la possibilité de s'adresser au fonds social. (Comme dans la pratique, les procédures sont assez lourdes, le foyer est compréhensif avec certaines familles). Je n'ai jamais eu de remarques de principe de la part des fédérations de parents, pourtant assez actives dans mon établissement.
Alors, ça, ça dépend vraiment de la politique de l'établissement où tu tombes. Chez moi, on m'a dit : 3 livres maximum dans l'année. Et je m'estime déjà contente !
Mais titnoe, je comprends ton étonnement : j'ai eu le même cet été en apprenant ce genre d'infos. En fait, le métier est beaucoup moins "libre" que je ne le pensais…
lapetitemu a écrit :Alors, ça, ça dépend vraiment de la politique de l'établissement où tu tombes. Chez moi, on m'a dit : 3 livres maximum dans l'année. Et je m'estime déjà contente !
Mais titnoe, je comprends ton étonnement : j'ai eu le même cet été en apprenant ce genre d'infos. En fait, le métier est beaucoup moins "libre" que je ne le pensais…
3 livres dans l'année me semble vraiment une absurdité….du temps où j'étais collégienne puis lycéenne je me souviens avoir dû en acheter au moins 5-6 en littérature….
Attention : j'utilise aussi des "séries" de livres achetées par l'établissement, notamment pour les lectures "cursives"; je ne me contente évidemment pas des quatre oeuvres que je fais acheter pas les familles!
Attention : j'utilise aussi des "séries" de livres achetées par l'établissement, notamment pour les lectures "cursives"; je ne me contente évidemment pas des quatre oeuvres que je fais acheter pas les familles!
AH, c'est rassurant ! 🙂
Je tombe sur cette rubrique un peu par hasard. En tout cas j'ai toujours dû acheter des romans ou des pièces de théâtre dans le cadre de lectures analytiques, 2-3 par an. Pour les lectures cursives, le professeur se servait des manuels ou des séries de livres que le CDI possédait. A l'heure où les collégiens portent de plus en plus des vêtements de marque, souvent pas donnés du tout, et où ils reçoivent facilement et à un âge de plus en plus précoce portable, iphone, mp3, télé, ordinateur avec internet dans la chambre et j'en passe… je trouverais absurde que des parents se plaignent de devoir acheter 2-3 livres qui coûteront une somme assez ridicule par rapport à ce que je viens de citer. Bien sûr, je n'inclus pas dans mon raisonnement les familles en difficultés, ni les professeurs qui abuseraient des achats par les familles. En tout cas, la question m'interpelle, mais je ne veux pas glisser vers un autre sujet et polémiquer entre oui ou non, ce n'est pas le but.
Je fais chaque année acheter plusieurs livres aux élèves !

Mais d'une part je suis rarement pointilleuse sur l'édition (à une ou deux exceptions près sur les 4 ou 5 livres que je demande par an), d'autre part je leur fais lire principalement des "classiques", ce qui leur permet d'aller chercher leurs livres de préférence dans des librairies d'occasion (que je leur recommande !) ou encore de les prendre dans la bibliothèque familiale quand il y en a une (ou même de les emprunter seulement à la bibliothèque !).

Ca me permet de concilier deux idées qui me sont chères : faciliter l'accès à la culture et encourager le recyclage… 😀
Merci de vos réponses !

Heureusement, je vois que la plupart des collèges acceptent que l'on fasse acheter des livres aux élèves. Mais le problème, c'est qu'en tant que stagiaire c'est risqué, l'ami en question qui est tout juste prof stagiaire ne peut pas s'y risquer car il m'a dit que s'il le fait et que si certaines familles vont réclamer des explications ou de l'aide au fond social du collège, on peut leur refuser l'aide sous prétexe que de toute façon les professeurs n'ont pas à faire obligatoirement acheter des livres, et ça peut lui causer des ennuis. Après il est en ZEP, c'est peut-être du à ça, certains profs dont son tuteur font acheter des livres malgré tout mais eux sont déjà titulaires donc les inspecteurs sont moins regardant.
Pour les nouveaux profs de cette année qui sont dans le même cas, vous arrivez à vous débrouiller avec les seules séries du cdi ? (eh oui, j'angoisse déjà pour quand je l'aurai, ce fameux capes!!)
Bonjour à tous,

Je fais remonter ce vieux sujet car il me tracasse du point de vue du droit. Existe-t-il un texte de loi qui interdit à l'école publique et à ses représentants de faire acheter aux enfants des oeuvres littéraires? La question soulevée est intéressante dans la mesure où elle met en exergue une sacrée contradiction : école publique et gratuite et démocratisation de la lecture.

J'aimerais faire étudier à mes élèves des oeuvres que le CDI n'a pas forcément en série et les fonds financiers de mon établissement ne sont pas très élevés… Cela réduit les chances de mettre dans les mains des jeunes des ouvrages qu'ils seraient susceptibles de garder, prêter à des membres de leur famille, voire revendre selon leur lien avec l'oeuvre en question.

Je pense que le plaisir de lire passe par plusieurs phases : la découverte, l'emprunt en bibliothèque, mais aussi achat, prise en main et possession. Je sais que certaines familles n'ont pas beaucoup de moyens et ont des priorités financières. D'autres préféreront posséder des biens éphémères mais plus utiles ou distrayants à leurs yeux (jeux, téléphone portable….) et en cela je ne les juge pas.

Peut-on allier toutes ces contradictions dans un ensemble cohérent?
Ouvrir la possibilité de la lecture cursive à tous et mettre une note ou appréciation bonus à ceux qui en feront une présentation orale ou écrite?
Qu'en pensez-vous? Y-a-t-il ici des personnes qui ont réfléchi à cette problématique?

Salutations
Salammbô.
Je serai stagiaire en collège à la rentrée et je me pose la même question que Salammbô ! J'imagine que cela dépend beaucoup des établissements, mais si vous avez des réponses, ça m'intéresserait 🙂 merci.
J'ai fait une réponse ce matin mais je ne sais pas pourquoi elle n'est pas en ligne… j'ai dû me louper.

Donc je disais que oui, on peut faire acheter des livres au collège, d'autant qu'il y a vraiment beaucoup de collections très correctes à 2 ou 3 euros actuellement. Il faut voir tout ce qui peut être pris au CDI, mais aussi demander l'achat de livres que les élèves garderont chez eux, c'est très important dans certaines familles où il n'y a pas de livres du tout. J'ai enseigné 8 ans en zone sensible, et nous faisions acheter environ 2 livres par ans, les autres étaient en série au CDI. Je demandais les deux dès la rentrée, presque avec les fournitures scolaires, au moment de la prime de rentrée scolaire qui est largement suffisante. Il ne faut pas abuser, 6 euros de livres pour l'année c'est abordable pour tout le monde. Les parents le comprennent bien d'ailleurs, et les gamins sont assez contents que le livre soit "à eux", ils s'empressent de mettre leur nom dessus par exemple.
Dans les collèges plus favorisés, au contraire les parents ne comprendraient pas que leur enfant n'achète pas de livre pour sa scolarité, ils trouvent cela normal, donc pas d'hésitation (tout en restant raisonnable).

Une seule solution efficace : quand vous prendrez contact avec votre nouvel établissement, cherchez à rencontrer l'équipe de lettres, en particulier le coordo, et demandez comment ça se passe dans l'établissement. Le mieux est de s'adapter aux habitudes du collège. Les collègues vous feront part de leur expérience avec les élèves et les parents, et vous pourrez faire vos choix.