Déclinaisons latines

Langues anciennes

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,


Je débute le latin pour cette année d'hypokhâgne, et j'aurai besoin d'une explication à laquelle mon austère manuel ne peut répondre (S. DELEANI, J.M. VERMANDER : Initiation à la langue latine et à son système)

Il m'est demandé à quelle déclinaison appartient genus, generis.
J'aurais opté pour la 3ème (thèmes en i- et consonantiques ; modèle corpus, corporis), mais en cherchant une réponse sur internet, il est dit que ce nom appartient à la 4ème déclinaison (thèmes en u- ; comme il est dit dans la livre).

Quelqu'un peut-il m'expliquer clairement mon erreur ?
Tu as parfaitement raison! genus appartient à la troisième déclinaison (thème consonantique neutre)
Il se décline ainsi :

genus genera
genus genera
genus genera
generis generum
generi generibus
genere generibus

Par contre genu existe, c'est un des rares neutres de la 4ème déclinaison!
Parfait, je vous remercie !


Pouvez m'expliquer pourquoi ager, agri est lui à la 2ème déclinaison alors qu'il se termine par une consonne ?

Les noms propres ne se déclinent pas au pluriel ?
ager provient d'un ancien *agrus dont le -us a été "absorbé" par le -r; puis une voyelle "d'appui" -e s'est ensuite développée. Cas similaire pour puer, issu de *puerus, mais le -e est radical cette fois.

C'est le génitif singulier, fourni par les tous les dictionnaires, qui t'indique la déclinaison car le nominatif ne suffit pas toujours; ainsi ager fait agri : 2ème déclinaison, mais imber fait imbris, 3ème déclinaison.
Le génitif te donne aussi un renseignement précieux : le radical de base de la déclinaison: par exemple, et pour rester dans les noms en-er, iter fait itineris au génitif!

Déclinaison de ager :

ager agri
ager agri
agrum agros
agri agrorum
agro agris
agro agris
On détermine à quelle déclinaison appartient tel ou tel mot à son génitif. Ici, il importe donc peu que le nominatif se termine par une consonne. Le génitif étant en -i, ce mot appartient à la deuxième déclinaison, au même titre que amicus, amici ou encore bellum, belli.
Voilà qui est plus clair ! 😀 Merci pour votre aide.
Si le nom désigne un individu précis, le pluriel n'est pas de mise (sauf si l'on considère une figure de style dont j'ai oublié le nom…); par contre le nom de famille, le nomen gentilicum, peut varier si on désigne l'ensemble de ses membres : les Julii, les Fabii etc…
C'est entendu, je vous remercie une fois de plus !
Dans ta recherche sur internet, tu n'aurais pas confondu genus, eris, n. (3ème déclinaison puisque génitif en -is) avec genu, genus, n. genou (4ème déclinaison puisque génitif en -us) ?
Après plusieurs recherche, c'est fort probable…

Cependant, cela m'a permis d'éclaircir d'autres points, tout n'a donc pas été fait en vain. 😉
Je suppose que Jacques pensait à l'antonomase. C'est vrai qu'en ce sens un nom propre peut être usité au pluriel, même si cela doit être assez rare dans la littérature latine…

Par exemple, j'imagine que pour désigner des gens stoïques, pour remplacer stoici homines, on pourrait dire par antonomase Senecae, bien que cela soit un peu tordu. 😀

Un peu comme en français, on antonomasie des personnages paroxystiques (souvent de création moliéresque): des harpagons, des tartuffes, etc. Le problème est que si l'on lexicalise ainsi des antonomases connues, on se retrouve finalement avec des noms communs… Peut-on alors affirmer que des noms propres à proprement parler (désignant à l'origine des individus précis) peuvent être déclinés au pluriel, je ne sais pas…
Non, en fait, je pensais à une autre figure - si c'en est une - que j'ai trouvée dans un dialogue de Platon; je cite de mémoire :
Ὁρῶ δὲ Φαίδρας καὶ Ἀγαθῶνας… "Je vois des Phèdre et des Agathon" pour dire tout simplement "Je vois Phèdre et Agathon" (Je pense que le locuteur voit arriver de loin un groupe de personnes au sein desquelles il reconnaît des familiers)
Ah d'accord, c'est intéressant, je ne connaissais pas!
Lysios a écrit :Parfait, je vous remercie !


Pouvez m'expliquer pourquoi ager, agri est lui à la 2ème déclinaison alors qu'il se termine par une consonne ?

Les noms propres ne se déclinent pas au pluriel ?
Bonjour.
L'appartenance d'un nom à un modèle de déclinaison se détermine toujours par le génitif.

1e : gén en -ae
2e : -i
3e : -is
4e : -us
5e : -ei

Genus à la 4e dans un manuel… Il fallait oser 🙂)
Bon courage.
Bonjour,

À propos de gĕnus, gĕnĕris, quelqu'un pourrait-il m'expliquer comment ce mot a donné "genre" en français ? D'après ce que j'ai compris, en ancien français, le cas régime, à l'origine de la majorité des noms français actuels, provient de l'accusatif latin. Or ici, l'accusatif est gĕnus comme le signale Jacques plus haut. Pour obtenir "genre" (ou l'autre forme en ancien français "gendre", confondue avec "gendre", "beau-fils" in cnrtl.fr), on est obligé de partir du génitif gĕnĕris ou d'un autre cas : datif, ablatif, voire les cas du pluriel (gĕnĕra, etc.)

Je suppose que dans ce cas, ce n'est pas l'accusatif qui a donné le cas régime. Mais un esprit éclairé peut-il apporter des précisions sur ce point ?

Merci !
Peut-être ce document : https://www.academia.edu/5264428/Approche_linguistique_du_genre_Gender_
Il semble qu'en latin tardif, "genus" soit passé au masculin et ait acquis un accusatif régulier "generem".
Excellent, Anne.
L'étude que vous citez indique, du moins pour "genre" dans le sens grammatical : "Le terme, sous sa forme accusative generem, est emprunté au latin en ancien français au début du XIIe siècle, où il apparaît sous la forme gendre". Bien que l'information ne soit pas argumentée, il a donc dû exister un accusatif gĕnĕrem pour gĕnus. D'après ce que j'ai cru comprendre en cherchant sur internet, c'est une forme en latin médiéval. Elle serait donnée dans : Handbuch zur lateinischen Sprache des Mittelalters. 5 Bde. Beck. München 1996–2004 (à vérifier).
Genus à la 4e dans un manuel… Il fallait oser
Ne s'agit-il pas du génitif de genu(s), us, n : le genou ? (dérivé du grec : γόνυ)
lamaneur a écrit :Il semble qu'en latin tardif, "genus" soit passé au masculin et ait acquis un accusatif régulier "generem".
Voici peut-être une illustration de cela:

Aristotelis Stagiritae Organum. seu Libri ad logicam attinentes, …
Aristoteles, Gilbertus : Porretanus, Porphyrius - 1571
… genus ipfum ‚ quale 'fil bonum.Nam li illud in genere non прет]::annee contrarium quidem eius in genere reperietur fed ipíum in generem numero habebitur.

… et ci- après la référence à un site accompagné d'un court extrait dans lequel " generem" me semble être l'acc sg de " gener- le gendre". Mais je n'ai pas le courage de chercher le texte complet pour m'en assurer si bien que je n'ai aucune certitude et que cela ne remet pas en cause " generem" venant de "genus".

: Monumenta Habsburgica I - https://www.scribd.com/doc/124645470/Monumenta-Habsburgica-I
9 Feb 2013 … Post humilimorum seruieiorum raeorum debitaque obediencia cum …… cum maxima dificultate expediui filium et generem meum cum quatuor …

cordialement