Problèmes philologiques

Langues anciennes

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La phonétique articulatoire a assez peu d'importance ici. Le tout est de savoir si l'évolution d > l (dans un certain environnement phonétique, par exemple à l'initiale, devant voyelle d'avant, ou autre) a lieu en latin, de manière systématique. La réponse est clairement non. Le changement dingua > lingua n'est donc pas phonétique, mais relève de l'analogie, en l'espèce de *leigh (> lat. lingō) "lécher".

Erreur du débutant que je fais ici. 😀

La reconstruction d'un étymon PIE pour la langue pose de nombreux problèmes (à cause d'autres langues et d'autres problèmes que celui-là).

L'osque a par ailleurs fangvam (Acc. sg.), fancua (N. pl.), ce qui suppose une initiale *dh-. La forme osque a donc vu également son initiale changer par une autre analogie (que l'on ignore, apparemment).
Qu'aurait donné le développement normal d'un *d- (sans aspiration, donc) en osque ?

Merci pour le lien, Anne !
Qu'aurait donné le développement normal d'un *d- (sans aspiration, donc) en osque ?
d. *d donne d dans tous les contextes dans les langues italiques. *dh donne systématiquement f en osque et en ombrien : comparer lat. medius et osque mefiaí (Loc. f. sg.) < *medhyo-, lat. ubi et osque puf < *kwudhei. En latin, *dh > f à l'initiale (ex. faciō = gr. τίθημι, skt. dádhāti, etc.), d ailleurs, et b dans le contexte suivant : /{r,u}___{r,u/w,l}, cf; *w(e)rdhom > lat. verbum, à comparer avec uerfale "waiting place for priest during the taking of the auspices".

Pour les labiales, la situation est similaire : *bh donne en latin f à l'initiale, et b partout ailleurs.

Tous les cas de lat. /f/ en dehors de l'initiale demandent donc une explication ; soit une forme d'un autre dialecte (rūfusvsrūbeō), un emprunt à une autre langue (scrōfa "breeding sow", étymologie obscure), une analogie (fefellī <- fallō) ou une étymologie populaire (īnferus analysé comme in-ferus).
Scansion de l'Odyssé I.5
ἀρνύμενος ἣν τε ψυχὴν καὶ νόστον ἑταίρων .

J'ai lu que -ος ἣν > *-os swân, ce qui permet d'expliquer la longue sur -νος.

Vrai ?
Comment est-on passé de swân à ἣν ?

D'avance merci pour vos explications.
Chute du sigma, puis chute du digamma (qui subsistent dans l'aspiration), puis passage de â à ê en ionien

Je ne suis absolument pas sûr de ce que j'avance !
Oui, mais c'est le *s seul, et non le *w qui provoque l'aspiration (il y a cependant quelques exceptions où *w- > h-).
Scansion de
καλῇ |τε μεγά|λῃ τε καὶ | ἀγλαὰ | ἔργα ἰδυίῃ·
(Odyssée, XIII, 289)

Pourquoi τε serait une longue ?
Où couper le dernier pied ?
Ou j'ai tout faux ?
Ma réponse ne va peut-être pas te satisfaire, mais je pense que le ε a été allongé par le poète afin d'éviter un tribraque. Une telle licence n'est pas rare; en général elle intervient au temps fort du pied, ce qui est le cas ici, une fois le tribraque transformé en dactyle. Je te signale par ailleurs que V. Bérard considérait ce vers comme interpolé.
Je n'avais pas vu ta deuxième question. Je scanderais : voir ci-dessous.
Merci ! J'apprends tous les jours !
Sauf que je me suis "planté" dans la versification! Je n'ai pas tenu compte du digamma!!!
On pourrait avoir :
καλη : spondée
τε μεγα : dactyle (avec allongement du ε par licence poétique)
λη τε και : dactyle (avec césure trochaïque)
αγλαα : spondée (les deux α sont longs et il y a une synérèse) (εργα suppose un digamma initial)
εργα ι : dactyle (ιδυιη suppose aussi un digamma initial)
δυιη : spondée avec synérèse des deux premières voyelles
Merci. Heureusement qu'ils ne sont pas tous comme cela !
J'aurais dû réfléchir au fait qu'en grec, les élisions sont toujours marquées par les éditeurs.

Nouvelle question :

J'aimerais savoir si l'on peut rattacher le ὥς et le ὅτι grecs au quod et au ut latins ; ces quatre mots me semblent en effet issus de formes adverbiales du pronom relatif et avoir le sens originel de "relativement à quoi".
Merci.