Le latin et le grec sont des langues dont il suffit, plus ou moins, de connaître parfaitement la grammaire, ce qui n'est pas aussi prenant en termes de temps que l'histoire ou la philosophie.
C'est en effet une des raisons pour lesquelles la spécialité Lettres Classiques est réputée plus "facile" que les autres au concours d'Ulm ; elle offre également un énorme avantage : en cas d'échec au concours, quand on khûbe en lettres classiques, étant donné que ces épreuves sont des versions de langue (avec aussi un thème en latin), le niveau ne peut que s'améliorer au terme d'une année supplémentaire de préparation. Dans le cas d'une spécialité histoire ou philosophie (par exemple), les acquis méthodologiques d'une première khâgne sont bien sûr précieux et loin d'être inutiles, mais il faut étudier un tout nouveau programme, alors qu'en Lettres Classiques, le programme ne change pas puisqu'il n'y en a pas (du moins pour le latin ; le texte de la version grecque correspond au thème de culture antique, mais puisque l'épreuve n'est pas un commentaire, cela n'a à mes yeux pas grande importance ; quand on sait traduire du grec, on sait traduire (presque :/ ) n'importe quel texte, qu'il soit au programme ou non : on est à mille lieues de l'épreuve d'explication de texte philosophique, par exemple)
De plus, à l'oral, une interrogation d'histoire ancienne complète l'explication de texte grec ou latin, au choix du candidat : ce programme est fixe, c'est-à-dire qu'il ne change pas tous les ans, ce qui est fortement appréciable (et apprécié!) pour les khûbes.
Cette spécialité offre donc plusieurs avantages en ce qui concerne le concours, mais elle permet également (dans les prépas de province en tout cas, j'ai entendu dire que les effectifs étaient plus nombreux à Paris mais je n'en suis absolument pas sûre) de bénéficier de cours en petits (voire très petits) groupes, à condition d'avoir le courage de supporter un emploi du temps très lourd en khâgne (le tronc commun de khâgne classique + 4h de grec + 2h d'histoire ancienne + 1h de thème latin, au mois de janvier avec des cernes de trois kilomètres, ça en dissuade certains, allez savoir pourquoi)
En bref, c'est une spécialité vraiment épanouissante, très éloignée d'une image poussiéreuse, dans laquelle on rencontre beaucoup de gens passionnés, voire un peu siphonnés (que le premier LC qui n'a jamais parlé en grec ancien dans la rue avec ses camarades khâgneux jette la première pierre!) et qui permet de toucher un peu à tout, finalement : beaucoup de langue, un peu d'histoire et le tronc commun de khagne, c'est un mélange très stimulant!
Pour parvenir à cet idéal khâgneux, il faut bien entendu faire en hypokhâgne (et même avant, si possible) du latin ET du grec. Je ne sais pas s'il est possible dans tous les lycées de faire à la fois latin débutant et grec débutant en hypokhâgne, mais je suis sûre que ce n'est pas possible seulement à Henri IV, puisque ça l'était dans mon lycée. C'est un choix qui demande beaucoup de travail, mais l'apprentissage des notions de grammaire s'en trouve à mon avis facilité puisqu'on apprend en même temps des structures qui se ressemblent parfois et se complètent souvent.
C'est bien, quoi, les lettres classiques, en bref 😀