Lettres classiques au concours de l’ENS de Paris

La filière littéraire

35 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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J'ai vu plusieurs fois sur ce forum que l'option lettres Classiques en khâgne ULM était l'option qui donnait le plus de chance d'intégrer ULM.
Je me demandais comment est ce possible d'affirmer cela , dans la mesure où il n'y a pas de sections définies comme cela est la cas à l'ENS de Lyon? On peut dire à Lyon par exemple , qu'il y a plus de chance d'être admis en section Langues Vivantes qu'en section Sciences Humaines ( ce n'est qu'un exemple). Mais à Ulm , d'après ce que j'ai compris , ce ne sont que des options avec des coefficients identiques.

Je demande cela par simple curiosité et non pour choisir "la meilleure" option , dans le sens où la meilleure serait celle qui donne le plus de chance d'intégrer.
Deux raisons. 1) Le latin et le grec sont des langues dont il suffit, plus ou moins, de connaître parfaitement la grammaire, ce qui n'est pas aussi prenant en termes de temps que l'histoire ou la philosophie. Les élèves qui prennent cette option ont donc plus de temps à consacrer aux autres matières. 2) Il est plus facile d'avoir entre 15 et 20 à une version latine ou grecque qu'à une dissertation de lettres ou d'histoire. C'est même relativement "facile" si on travaille convenablement les exercices et si on maîtrise la grammaire. Il suffit de voir les histogrammes pour s'en convaincre.
Je n'avais pas pensé à ça. J'ai commencé le Grec cet été et je trouve ça passionnant. Je me demandais si on pouvais faire Grec débutant et latin débutant en Hypokhâgne. J'avais vu que seul Henri IV permettait cela. C'est dommage.
Tout dépend du lycée… Certains le permettent officiellement, d'autres pas, mais parmi ceux-là, je suppose qu'il est possible de parler de son cas à un professeur et de voir avec lui de ce qu'il est possible de faire… Le problème majeur est surtout, je pense, un problème d'emploi du temps…

Quant au taux de réussite en LC pour Ulm, je pense comme Macbland - décidément - et j'ajouterais que les épreuves de version sont plus courtes que des épreuves de dissertation, notamment en ce qui concerne les options artistiques, qui sont les seules à durer six heures, et non pas trois, quatre ou cinq. Ces heures supplémentaires impliquent un travail d'autant plus approfondi autour d'une problématique à la fois large et précise, un travail qu'il faut avoir le temps de rédiger et d'argumenter de manière pertinente et intelligible. Les jurys accordent plus de temps, ils attendent donc des copies très ellaborbées - même si six heures représentent un temps terriblement court quand on voit les sujets proposés. Le travail de version est un travail complètement différent… et on ne note pas une dissertation en points-fautes. Enfin, les programmes pour les "matières à dissertation" sont considérables, les épreuves demandent ainsi en amont un travail énorme d'apprentissage et de réflexion - ce qui est, certes, aussi le cas en langues, mais il s'agit d'une autre sorte de travail : quel que soit le programme, une version de meure une version, on fait du latin ou du grec depuis plusieurs années, etc., alors qu'on aborde en khâgne deux intitulés de programmes complètement nouveaux pour certaines autres options. Certains éléments peuvent avoir déjà été vus, mais on n'est pas dans le même cas qu'une langue que l'on pratique depuis des années.

N.B. : je ne souligne pas une différence de niveau, mais bien une différence d'épreuve et de méthode. On ne traite pas "formes et variations du modèle antique en architecture du Moyen-Age à nos jours" comme on traite un texte de Virgile.
Le latin et le grec sont des langues dont il suffit, plus ou moins, de connaître parfaitement la grammaire, ce qui n'est pas aussi prenant en termes de temps que l'histoire ou la philosophie.
C'est en effet une des raisons pour lesquelles la spécialité Lettres Classiques est réputée plus "facile" que les autres au concours d'Ulm ; elle offre également un énorme avantage : en cas d'échec au concours, quand on khûbe en lettres classiques, étant donné que ces épreuves sont des versions de langue (avec aussi un thème en latin), le niveau ne peut que s'améliorer au terme d'une année supplémentaire de préparation. Dans le cas d'une spécialité histoire ou philosophie (par exemple), les acquis méthodologiques d'une première khâgne sont bien sûr précieux et loin d'être inutiles, mais il faut étudier un tout nouveau programme, alors qu'en Lettres Classiques, le programme ne change pas puisqu'il n'y en a pas (du moins pour le latin ; le texte de la version grecque correspond au thème de culture antique, mais puisque l'épreuve n'est pas un commentaire, cela n'a à mes yeux pas grande importance ; quand on sait traduire du grec, on sait traduire (presque :/ ) n'importe quel texte, qu'il soit au programme ou non : on est à mille lieues de l'épreuve d'explication de texte philosophique, par exemple)

De plus, à l'oral, une interrogation d'histoire ancienne complète l'explication de texte grec ou latin, au choix du candidat : ce programme est fixe, c'est-à-dire qu'il ne change pas tous les ans, ce qui est fortement appréciable (et apprécié!) pour les khûbes.

Cette spécialité offre donc plusieurs avantages en ce qui concerne le concours, mais elle permet également (dans les prépas de province en tout cas, j'ai entendu dire que les effectifs étaient plus nombreux à Paris mais je n'en suis absolument pas sûre) de bénéficier de cours en petits (voire très petits) groupes, à condition d'avoir le courage de supporter un emploi du temps très lourd en khâgne (le tronc commun de khâgne classique + 4h de grec + 2h d'histoire ancienne + 1h de thème latin, au mois de janvier avec des cernes de trois kilomètres, ça en dissuade certains, allez savoir pourquoi)

En bref, c'est une spécialité vraiment épanouissante, très éloignée d'une image poussiéreuse, dans laquelle on rencontre beaucoup de gens passionnés, voire un peu siphonnés (que le premier LC qui n'a jamais parlé en grec ancien dans la rue avec ses camarades khâgneux jette la première pierre!) et qui permet de toucher un peu à tout, finalement : beaucoup de langue, un peu d'histoire et le tronc commun de khagne, c'est un mélange très stimulant!

Pour parvenir à cet idéal khâgneux, il faut bien entendu faire en hypokhâgne (et même avant, si possible) du latin ET du grec. Je ne sais pas s'il est possible dans tous les lycées de faire à la fois latin débutant et grec débutant en hypokhâgne, mais je suis sûre que ce n'est pas possible seulement à Henri IV, puisque ça l'était dans mon lycée. C'est un choix qui demande beaucoup de travail, mais l'apprentissage des notions de grammaire s'en trouve à mon avis facilité puisqu'on apprend en même temps des structures qui se ressemblent parfois et se complètent souvent.

C'est bien, quoi, les lettres classiques, en bref 😀
L'argument du temps qui a été avancé me semble totalement irrecevable (en tout cas pour l'ENS de Paris, même si à Lyon j'imagine que le programme d'auteurs augmente considérablement les dimensions du commentaire attendu). La spécialité lettres classiques est de très loin la plus lourde en termes d'horaires (4h de seconde langue ancienne + 1h de thème latin + 2 à 3h d'histoire ancienne selon les lycées, contre seulement 3 ou 4h pour toutes les autres options) ; c'est également la seule spécialité qui ajoute aux cinq épreuves communes deux (et non une) épreuves orales de spécialité. L'enseignement d'histoire ancienne est très lourd pour une épreuve pourtant uniquement orale, donc peu rentable (deux programmes complets, et il faut une certaine érudition, une maîtrise des sources pour traiter un sujet comme "les ports de Rome", "être riche à Athènes à l'époque classique", "liturgies, classes liturgiques et symmories dans la démocratie athénienne", "sécurité et maintien de l'ordre à Rome au Ier siècle apr. J.-C.", quelques-uns des sujets de 2009). Tout ceci nécessite une préparation intensive (avec des colles supplémentaires) tout au long de l'année voire dès l'hypokhâgne. Au même titre que les autres matières ! 🙄

Je rajouterais en revanche une autre raison tout simplement, les élèves (et les classes, souvent) qui ont eu une bonne formation humaniste (latin et grec, ou au moins une seule langue avec un niveau solide) au lycée (et donc qui constituent la grande majorité de l'effectif de lettres classiques) ont tendance à être parmi les meilleurs élèves de classes préparatoires, ont souvent aussi de très bonnes bases de culture historique, littéraire et philosophique générales, et inversement, ceux qui n'ont jamais fait ni latin ni grec au lycée (et n'ont aucune chance de passer le concours en lettres classiques) sont souvent dans le bas du tableau.

Et enfin, s'il n'est pas possible de commencer latin et grec en débutant (même à Henri IV, où cela est certes autorisé in abstracto, mais où les élèves finissent toujours par abandonner l'un ou l'autre, où par ne suivre plus que 2h d'enseignement dans l'une ou les deux langues "pour leur culture" et non pour leur spécialité de khâgne), c'est peut-être que les épreuves de langue ancienne ne sont pas si faciles que cela… en témoigne d'ailleurs le grand nombre de très mauvaises notes, notamment dès les écrits.
Merci de ces réponses.
Pur produit, tout comme Arthur, de la spécialité Lettres Classiques en Khâgne, je plussoie son message ainsi que, surtout, celui d'entracte.
L'oral d'Histoire Ancienne est en effet exigeant pour une épreuve coefficientée seulement 1 (officieusement). Les versions ne présentent pas de difficultés excessives, à mon sens, surtout la version grecque…

Oui, la spécialité LC est la plus "rentable" (bien que cela soit discutable, pour cette année, à LLG par exemple, où 5 LC toutes khagnes confondues ont intégré… Sur les 23 admis, il y a peut-être une spécialité qui a davantage intégré…) mais la charge horaire est assez lourde, et le travail n'est pas négligeable, surtout pour l'oral, en terme d'apprentissage (d'aucuns diraient engloutissage) de vocabulaire.
Je l'ai précisé, je parlais du contenu des épreuves, et non de la quantité de travail à fournir. Je n'ai jamais sous-entendu qu'une khâgne LC demandait moins de travail qu'une khâgne philo, histoire, ou LM, simplement que le travail de version à l'écrit n'était pas le même que dans d'autres matières et que l'on pouvait peut-être voir dans cette différence l'écart qui se retrouve au niveau de l'intégration. Sincèrement.

Arthur : lorsque j'évoquais le volume horaire, j'évoquais la durée de l'épreuve et non le nombre d'heures hebdomadaires…
entracte a écrit :
alors qu'en Lettres Classiques, le programme ne change pas puisqu'il n'y en a pas (du moins pour le latin ; le texte de la version grecque correspond au thème de culture antique, mais puisque l'épreuve n'est pas un commentaire, cela n'a à mes yeux pas grande importance ; quand on sait traduire du grec, on sait traduire (presque :/ ) n'importe quel texte, qu'il soit au programme ou non : on est à mille lieues de l'épreuve d'explication de texte philosophique, par exemple)
Même si cela ne change, comme vous le dites, pas grand chose, est-il vrai que la version latine à l'écrit peut ne pas correspondre au thème de l'année ? Le programme ne serait alors appliqué, en latin, qu'à l'oral ?

cordialement
Donald a écrit : Même si cela ne change, comme vous le dites, pas grand chose, est-il vrai que la version latine à l'écrit peut ne pas correspondre au thème de l'année ? Le programme ne serait alors appliqué, en latin, qu'à l'oral ?

cordialement
En 2009 (première année de la réforme), le thème latin portait sur la thématique au programme, mais pas du tout la version. Hugo pourra certainement dire ce qu'il en était l'an dernier.
Arthur a écrit :
Donald a écrit : Même si cela ne change, comme vous le dites, pas grand chose, est-il vrai que la version latine à l'écrit peut ne pas correspondre au thème de l'année ? Le programme ne serait alors appliqué, en latin, qu'à l'oral ?

cordialement
En 2009 (première année de la réforme), le thème latin portait sur la thématique au programme, mais pas du tout la version. Hugo pourra certainement dire ce qu'il en était l'an dernier.
Je crois que ni la version, ni le thème ne portaient cette année sur le thème au programme, en latin. Il en est de même pour l'épreuve de spécialité à l'oral: les lettres classiques choisissent entre latin et grec, et l'épreuve choisie est hors programme. Ainsi suis-je tombé sur un texte de Lucrèce sur les chiens, en latin, à l'oral.
Simple curiosité : quelle option suivaient les caciques de vos années respectives (Arthur et Hugo) ?
(si vous en êtes informés)
Lettres classiques en 2009, philosophie en 2010.
Merci pour ces précisions Arthur et Hugo.

en parlant de philo, savez-vous quel auteur est tombé à l'écrit en spé philo ?

Cordialement
C'est Plotin je crois.
nathalie a écrit :C'est Plotin je crois.
Je confirme, pour Ulm.
nathalie a écrit :C'est Plotin je crois.
Oui, c'est Plotin qui est tombé cette année.
Même si cela ne change, comme vous le dites, pas grand chose, est-il vrai que la version latine à l'écrit peut ne pas correspondre au thème de l'année ? Le programme ne serait alors appliqué, en latin, qu'à l'oral ?
Pour ce qui est de la version latine, c'est celle de Lettres Classiques qui n'a aucun rapport avec le programme, l'épreuve de version (ou version + commentaire) latine du tronc commun porte sur le thème du programme. A l'oral, je ne sais pas si les spécialistes de lettres classiques sont interrogés sur le programme en latin et en grec… je laisse à ceux qui ont eu la chance d'être admissibles le soin de vous répondre 🙂
Les candidats choisissent (au moment de l'inscription) la langue ancienne qu'ils souhaitent associer à l'épreuve d'histoire ancienne (coefficient 1,5 + 1,5). C'est cette épreuve qu'ils passent comme spécialité ; l'épreuve peut porter ou non sur la thématique, au bon vouloir du jury, d'après mon expérience (de candidat et de spectateur).

L'autre épreuve de langue ancienne porte obligatoirement sur un texte de la thématique, et est coefficientée 2 (ou 3, car le candidat doit choisir d'affecter un coefficient 3 à l'une des épreuves du tronc commun de son choix). Ce qui fait qu'en pratique, l'épreuve de langue ancienne de tronc commun compte plus que celle de spécialité, à cause de l'histoire ancienne.
Arthur a écrit :Les candidats choisissent (au moment de l'inscription) la langue ancienne qu'ils souhaitent associer à l'épreuve d'histoire ancienne (coefficient 1,5 + 1,5).
Officiellement, ce n'est écrit nulle part, mais officieusement, c'est 2+1 (1 pour l'Histoire ancienne). Après, pour avoir parlé au jury d'Histoire Ancienne après mon admission, ils font un peu ce qu'ils veulent, ils montent ou baissent la note, mais c'est pas rigoureusement 2+1.