Bonjour,
Je voudrais savoir lequel de ces temps on devrait utiliser pour la phrase suivante :
"Comme chaque nuit, elle disait des choses que jamais elle ne dirait (aurait dit) éveillée"
A moins que ces deux temps ne soient pertinentes, malgré une signification différente ?
De même pour cette phrase :
"Il se trouvait face à un dilemme de taille, un dilemme à la fois moral et sentimental.
En effet, il hésitait profondément entre tuer sa femme et tuer son amant. D'ordinaire, un tel choix ne pouvait être (n'aurait pu être, ou ne pourrait être) que le signe d'un désordre mental chez l'individu, preuve d'un esprit dérangé et meurtrier."
Merci.
Bonjour.
Comme chaque nuit, elle disait des choses que jamais elle ne dirait (aurait dit) éveillée"
Imparfait dans la principale, d'où conditionnel passé dans la subordonnée relative : elle aurait dit. Par contre, n'oublie pas l'accord ("que" a pour fonction COD du verbe dire) : elle disait des choses que jamais elle n'aurait
dites.
Merci pour votre réponse.
Et concernant le second cas ?
Salut à tous !
J'ai une question sur l'emploi du mode conditionnel.
— Monsieur Pontmercy, cela n’a pas le sens commun, je suis un honnête homme. C’est en me dégradant à vos yeux que je m’élève aux miens. Ceci m’est déjà arrivé une fois, mais c’était moins douloureux ; ce n’était rien. Oui, un honnête homme. Je ne le serais pas si vous aviez, par ma faute, continué de m’estimer ; maintenant que vous me méprisez, je le suis. J’ai cette fatalité sur moi que, ne pouvant jamais avoir que de la considération volée, cette considération m’humilie et m’accable intérieurement, et que, pour que je me respecte, il faut qu’on me méprise.
Concernant la partie soulignée, est-ce l'irréel du présent ou l'irréel du passé ?
Je suis habitué aux structures comme :
Je ne le serais pas si vous continuiez, par ma faute, de m’estimer.
ou
Je ne l'aurais pas été si vous aviez, par ma faute, continué de m’estimer.
Mais la phrase de Hugo(d'Hugo?) me fait déconcerté.
Merci, d'avance.
C'est un irréel du passé, plus-que parfait dans la conditionnelle, mais le fait présenté est postérieur au verbe de la conditionnelle d'où l'emploi du conditionnel présent : Oui, un honnête homme. Je ne le serais pas (aujourd'hui) si vous aviez, par ma faute, continué de m’estimer.
L'inverse est également possible : un irréel du présent, donc imparfait dans la conditionnelle, avec le fait de la principale antérieur d'où un conditionnel passé dans la principale : si j'abandonnais mes études, mes parents auraient dépensé de l'argent pour rien.
Anne345 a écrit :C'est un irréel du passé, plus-que parfait dans la conditionnelle, mais le fait présenté est postérieur au verbe de la conditionnelle d'où l'emploi du conditionnel présent : Oui, un honnête homme. Je ne le serais pas (aujourd'hui) si vous aviez, par ma faute, continué de m’estimer.
L'inverse est également possible : un irréel du présent, donc imparfait dans la conditionnelle, avec le fait de la principale antérieur d'où un conditionnel passé dans la principale : si j'abandonnais mes études, mes parents auraient dépensé de l'argent pour rien.
Ton explication est on ne peut plus claire ; j'ai tout compris ; j'en suis content.
En passant, puisque tu es là, une petite question qui n'est pas sur conditionnel, s'il vous plait.
C'est toujours Les Miserables :
J’étais comme son père, et elle était mon enfant. Je ne sais pas si vous me comprenez, monsieur Pontmercy, mais s’en aller à présent, ne plus la voir, ne plus lui parler, n’avoir plus rien, ce serait difficile. Si vous ne le trouvez pas mauvais, je viendrai de temps en temps voir Cosette.
Ce que je veux savoir, c'est la différence entre
s’en aller et
m’en aller ; pourquoi Hugo a choisi
s’en aller au lieu de
m’en aller ?
Je souhaite que ma question ne soit pas trop absurde.
Merci encore, Anne.
Bonjour Hwang,
Je pense qu'il s'agit de Cosette, et non de son père.
Traduisez : Colette va s'en aller avec vous, je ne pourrai plus la voir ni lui parler… Si vous m'y autorisez, je viendrai la voir de temps en temps.
Muriel
Si c'est ainsi, c'est une sorte d'anacoluthe, n'est-ce pas ?
Grand merci, Muriel. 🙂
C'est bien Jean Valjean qui parle.
"s'en aller" est ici une forme impersonnelle de l'infinitif. Le sens est le même que s'il avait utilisé "m'en aller", mais on utilise cette forme quand il y a un verbe à la première personne dans le phrase. Il y en a un exemple dans le même chapitre :
Si j’avais pu arracher ce fil, le casser, dénouer le nœud ou le couper, m’en aller bien loin, , j’étais sauvé, je n’avais qu’à partir…
A force de lire et de relire, je pense que je commence à comprendre difficilement.
Donc, dans "Mais s’en aller à présent, ne plus la voir, ne plus lui parler, n’avoir plus rien, ce serait difficile", 'm'en aller' n'est pas bon puisque 'ce serait' n'est pas à la première personne ; et dans "Si j’avais pu arracher ce fil, le casser, dénouer le nœud ou le couper, m’en aller bien loin, j’étais sauvé", s'en aller n'est pas bon puisque 'j'avais pu' est à la première personne.
Ai-je bien compris ?
J'ai encore besoin de ton affirmation(confirmation?).
Amicalement.
Hwang(moijesuisneant) a écrit :Donc, dans "Mais s’en aller à présent, ne plus la voir, ne plus lui parler, n’avoir plus rien, ce serait difficile", 'm'en aller' n'est pas bon puisque 'ce serait' n'est pas à la première personne.
Je suis d'accord avec Anne, c'est bien Jean Valjean qui parle, mais en revanche, on aurait très bien pu avoir "m'en aller" avec "ce serait" car les deux membres de phrase sont disjoints.
On peut très bien dire :
Me marier à 50 ans, ce n'est pas raisonnable.
et
Se marier à 50 ans, ce n'est pas raisonnable.
Le première forme montre que mon affirmation ne concerne que moi, tandis que la seconde forme montre que mon affirmation a une portée générale. Mais les deux sont possibles.
Hugo aurait pu écrire :
"Mais m’en aller à présent, ne plus la voir, ne plus lui parler, n’avoir plus rien, ce serait difficile."
Je pense que, stylistiquement, il a été influencé par la longue suite d'infinitifs, neutres par définition, et qu'il a donc placé en tête la forme également neutre "s'en aller", comme il aurait pu mettre "partir", sans vouloir personnaliser plus la phrase.
Pour la deuxième partie de ta question, tu as bien compris.
Oui, tu as ma confirmation 🙂
S'en aller(ici, 'm'en aller' est aussi possible mais moins bon) sans aucun résultat, c'est triste.
Moi, je peux m'en aller(ici, 's'en aller' n'est pas possible) heureux dormir avec vos bonnes réponses.
Merci beaucoup, lamaneur et Anne. 🙂