Analyse logique d’une phrase

Langue française

281 réponses · Page 9 / 15

Pour compter les propositions, compte les verbes conjugués, repère les propositions infinitives éventuelles.
Et méfie-toi, tous les participes passés ou présents employés sans auxiliaires ne sont pas des verbes de propositions participiales… Ces propositions doivent avoir un sujet propre, distinct de celui de la proposition principale.

1-Le père Roland, que sa manie de pose marine aiguillonnait sans cesse, interrogeait leur nouvelle amie sur le défunt capitaine, et elle parlait de lui, de ses voyages, de ses anciens récits, sans embarras, en femme raisonnable et résignée qui aime la vie et respecte la mort.
Oui, 4 propositions.
(Edit : non, 5; j'ai omis le verbe aime )

2-La rouille des siècles qui commence à couvrir le monument lui donne de nobles rapports avec ces vétérans, ruines animées, qui se promènent sous ses vieux portiques.
"ruines animées" est un GN apposé au nom "vétérans', et "animées" a ici simplement valeur d'adjectif.
Donc 3 propositions.

3-On voyait, à un signal parti du ciel et que donnait le soleil, ces milles églises tressaillir à la fois.
Trois propositions, dont une infinitive, l'infinitif "tressaillir" ayant un sujet propre.
En revanche, le groupe participe "parti du ciel" n'est qu'une épithète du nom "signal".

4-Ce sont d’abord des tintements épars allant d’une église à l’autre, comme lorsque les musiciens s’avertissent qu’on va commencer.
"allant d'une église à l'autre" n'est pas une participiale, ce groupe participe complète juste le nom "tintements".
Donc 3 propositions.
Vous avez bien compris mon problème : repérer les véritables participiales. J'ai laissé de côté l'aspect "sujet propre" je crois bien !

Un grand merci pour votre aide et vos explications !

Mais je viens de voir qu' Anne 345 propose 5-3-4-3 propositions quant à elle…

Comment faire ?
Ma version=>1-Le père Roland, que sa manie de pose marineaiguillonnait sans cesse, interrogeait leur nouvelle amie sur le défunt capitaine, et elle parlait de lui, de ses voyages, de ses anciens récits, sans embarras, en femme raisonnable et résignée quiaime la vie et respecte la mort.
Cinq propositions.
2-La rouille des sièclesquicommence à couvrir le monument lui donne de nobles rapports avec ces vétérans, ruines animées, quise promènent sous ses vieux portiques.
Trois propositions.
3-Onvoyait, à un signal parti du ciel et quedonnaitle soleil, ces milles églisestressaillir à la fois.
Trois propositions, dont une infinitive.
4-Ce sont d’abord des tintements épars allant d’une église à l’autre, commelorsque les musiciens s’avertissentqu’onva commencer.
Trois propositions
Au temps pour moi, j'avais omis le aime de la phrase 1.
Grosse étourderie !

Mais je ne vois pas quel peut bien être le 4[sup]e[/sup] verbe trouvé par Anne dans la phrase 3… et Gabiana non plus, semble-t-il !
Lapsus clavis 😞
Merci à tous !
Jehan a écrit : Et méfie-toi, tous les participes passés ou présents employés sans auxiliaires ne sont pas des verbes de propositions participiales… Ces propositions doivent avoir un sujet propre, distinct de celui de la proposition principale.
J'ai eu le bac en 80. Il me semble que de mon temps on ne parlait pas de propositions participiales. Ai-je raison ? Si oui, comment appelait-on ces propositions ?
Cette nomenclature grammaticale ne semble pourtant pas dater d'hier (Dictionnaires du XIX[sup]e[/sup] et du XX[sup]e[/sup] siècle, si l'on en croit le Tlf) : https://www.cnrtl.fr/definition/participial
J'ai une grammaire de la fin du XIX[sup]e[/sup], on y définit la subordonnée participe comme contenant un verbe au participe ayant un sujet propre.
Tu as dû oublier…
Oui, j'ai dû oublier…
En suivant ce forum je me rends compte que je serais souvent bien en peine d'expliquer pourquoi j'écris comme j'écris, quelle est la logique de mes phrases…
Au moins fais-je peu de fautes, c'est déjà ça.
Cela dit, il semble que Grevisse ait été parfois un peu étourdi, puisque d'après le Tlf, il aurait écrit :
Le participe (présent ou passé) peut s'employer en construction absolue avec un sujet propre: il sert alors à former une proposition participe absolue, qui équivaut à une proposition circonstancielle et qui reste grammaticalement indépendante de la proposition principale (Grev.1969, § 803).
Comment diable une subordonnée circonstancielle pourrait-elle être indépendante de la principale ?
Peut-être voulait-il seulement signifier qu'elle avait un sujet propre, et la plume lui a-t-elle fourché.
Sans doute veut-il dire que le sujet propre n'a aucune fonction dans le reste de la phrase.
Toujours pareil, on excuse les riches et on condamne les pauvres 😀 😀 😀
Mais non, on ne l'excuse pas. On cherche à comprendre.
Sans doute veut-il dire que le sujet propre n'a aucune fonction dans le reste de la phrase
Si c'est ce qu'il a voulu dire, on ne peut pas dire que la formulation soit limpide.
Une subordonnée indépendante de la principale… C'est original.
Il est sûr que l'on passe son temps à répéter aux élèves qu'un subordonné n'est pas indépendant !
Jehan a écrit :Cela dit, il semble que Grevisse ait été parfois un peu étourdi, puisque d'après le Tlf, il aurait écrit :
Le participe (présent ou passé) peut s'employer en construction absolue avec un sujet propre: il sert alors à former une proposition participe absolue, qui équivaut à une proposition circonstancielle et qui reste grammaticalement indépendante de la proposition principale (Grev.1969, § 803).
Comment diable une subordonnée circonstancielle pourrait-elle être indépendante de la principale ?
Grevisse ne dit pas que c'est une subordonnée.
Cela dit, la définition a changé avec l'édition de sa grammaire révisée par Goosse en 1986.
Grevisse ne dit pas que c'est une subordonnée.
Certes, mais une proposition dite circonstancielle n'est-elle pas forcément une subordonnée ?
Dans le cas d'une proposition participiale, en tout cas, cette proposition dite circonstancielle ne peut exister sans la principale. Elle dépend donc bien d'elle, comme le ferait une subordonnée conjonctive équivalente.

Et quelle est la nouvelle définition donnée par Goosse ?
La définition donnée plus haut doit être tirée du Bon Usage, dans les vieilles éditions, comme le raconte avec un peu plus de détails le livre suivant :
https://books.google.fr/books?id=KChUocoP9XMC&pg=PA18&lpg=PA18&#v=onepage&q&f=false
La définition donnée dans ce livre pour l'édition Grevisse-Goosse du Bon Usage de 1986 est bien celle de 12e édition, §§306 et suivants "Le complément absolu".
Dans l'édition 1995 de la Nouvelle Grammaire française, de Grevisse-Goosse, la définition, plus succincte, est la suivante :
[lien invalide]792085PhotoScan2.jpg/792085PhotoScan2.jpg[/img][/url]
Jehan a écrit :
Grevisse ne dit pas que c'est une subordonnée.
Certes, mais une proposition dite circonstancielle n'est-elle pas forcément une subordonnée ?
Dans leur Syntaxe du français moderne, les Le Bidois disent à propos de la proposition participiale absolue : ce genre de proposition, sans être authentiquement une subordonnée, en a, au fond, la valeur.