Analyse logique d’une phrase
281 réponses · Page 6 / 15
Une des difficultés rencontrées peut-être par lavacaloca64 était d'analyser "et un homme seul". Il y a vu une proposition avec ellipse.
En fait, ce "et" est celui que le TLFi décrit ainsi :
B.− Spéc. (effets de sens, valeurs sém. de la coordination)
1. [Introduisant un ajout, une précision supplémentaire, une explication, avec valeur d'insistance, de renchérissement (avec ou sans effacement de termes dans la phrase explicative)]
− [Le plus souvent après virgule] Ils (…) feront avancer, et vivement, toute la troupe de ces oiseaux-là (Balzac, Chouans,1829, p. 28).Je vois entrer, et pas plus tard qu'hier, quelque camarade ou quelque collègue (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 9).
C'est le même qu'on trouve si l'on dit à son marchand de vin :
Donnez m'en, et du bon.
Donc le "et un homme seul" vient préciser le sens de "homme nouveau".
En fait je pensais qu'il fallait voir l'élision de [qu'il y a à être ] devant chacun des syntagmes entre virgule et que du coup la phrase pouvait se reformuler en:
Et c'est alors … de l'avantage qu'il y a à être un homme nouveau, et (qu'il y a à être) un homme seul, (qu'il y a à être) fort peu marié, etc…
Du coup j'y ai vu un enchâssement de subordonnées mais c'est vrai qu'il est également possible de la réduire à:
"je m'aperçus de l'avantage qu'il existe à cela" ou même à "je m'aperçus de l'avantage de cela"
et du coup je me suis embrouillée
Phrase 1 à analyser: "alors n'en parlons plus"
Proposition:
"alors": adverbe de temps
"n'": adverbe de négation élidé
"en": pronom indéfini neutre
"parlons": parler, 1°grp, présent de l'indicatif, 1° pers du pluriel, verbe transitif, voix active.
"plus": adverbe de négation.
Phrase 2 à analyser: "Il y avait alors au collège très peu d’internes"
c'est le "d'" qui me pose problème
"d'": article indéfini contracté et élidé masculin pluriel
==>des internes sous entendu
Auriez-vous une astuce pour ne pas confondre article indéfini et partitif contracté
Je vous remercie de votre aide.
Bonjour.
Phrase 1 à analyser: "Alors, n'en parlons plus."
"alors": adverbe de temps. Ici, cet adverbe de phrase indique plutôt une conséquence qu'un moment : il équivaut à des CC comme "en ce cas", "en conséquence".
"n' ": adverbe de négation élidé
"en": pronom indéfini adverbial neutre, COI du verbe "parlons"
"parlons": parler, 1°grp, présent de l'indicatifmode impératif, temps présent, 1° pers du pluriel, verbe transitif, voix active.
"plus": adverbe de négation.
Disons que la locution adverbiale de négation n'… plus modifie le verbe "parlons".
Phrase 2 à analyser: "Il y avait alors au collège très peu d’internes."
c'est le "d'" qui me pose problème
"d'": article indéfini contracté et élidé masculin pluriel préposition
==>des internes sous entendu
Auriez-vous une astuce pour ne pas confondre article indéfini et partitif contracté
On peut considérer ici l'ensemble "très peu d' " comme un déterminant indéfini composé.
Les internes, c'est comptable : un interne, deux internes, trois internes.
On ne peut donc voir là un partitif.
Que proposes-tu comme analyse pour les autres éléments de la phrase 2 ?
Dans très peu de, de n'est pas une simple préposition ?
Je le pense aussi.
Une préposition qui est le dernier élément de ce déterminant indéfini composé.
J'avais omis de corriger, merci ! J'édite mon message…
Bonjour à tous,
Je suis face à quelques soucis de compréhension.
Dans l'exemple ci-dessous, je ne suis pas sûre qu'il s'agisse bien d'une subordonnée relative.
Si c'est une relative, cela veux dire que pour celle-ci, il n'y a pas d'antécédent.
S'agit-il d'une relative sans antécédent ? et pouvez-vous me confirmer qu'elle est à classer dans le registre populaire ?
"C'est sûre, y'a rien qu'est mieux"
Merci d'avance pour votre aide.
C'est sûr, il n'y a rien de mieux => formule correcte.
c'est sûre, y a rien qu'est mieux => Ce n'est même pas familier, c'est vraiment du mauvais français.
Si tu veux une relative, il faut dire : il n'y a rien qui soit meilleur. Et la relative complète l'antécédent rien.
Bonjour Gabiana,
Je ne souhaite pas transformer la structure de la phrase pour en faire une standard fidèle aux normes.
Le but est d'étudier la structure de cette phrase afin d'en comprendre la logique syntaxique.
Des idées ?
Merci pur ton aide.
C'est sûr, y a rien qu'est mieux.
Il me semble que c'est bien une relative, et avec antécédent.
Le pronom relatif qu' (ici équivalent relâché de qui ) a pour antécédent le pronom indéfini rien.
Tout comme dans la formulation correcte :
C'est sûr, il n'y a rienqui soit mieux.
Bonjour Jehan,
Merci beaucoup pour ta réponse, mais dans ces cas là, penses tu qu'on puisse parler d'un cas de Réduction des variations et des genres ?
Et puis qu'en est-il de la fonction ? COI ?
La fonction d'une relative à antécédent est toujours "complément de l'antécédent".
On ne parle de COI ou de COD que pour des compléments de verbe.
Désolé, je ne sais pas exactement ce que tu entends par "réduction des variations et des genres".
Pourrais-tu expliquer en donnant des exemples ?
Lors du passage, par simplification, du langage dit standard au langage dit populaire, nous suivons une logique qui est :
- Soit une réduction des variations et des genres (Exp. passage au Que Neutre à la place de Qui)
- Soit Décumule
Quand je parlais de fonction, je pense qu'il s'agit de COI.
Mais ces notions sont très nouvelles pour moi et du coup, je perds vite le fil 😞
Pourquoi analyser une phrase incorrecte ?
Parce qu'il s'agit d'un domaine de la Linguistique.
Le but est de connaître la logique derrière chaque construction de structure populaire car il y a réellement une logique 🙂
Il s'agit même d'un système qui est, à priori, plus fidèle à la nature de notre langue qui est analytique.
Lorsque tu entends un Ribéry qui dit : "Le Fouquets est un endroit que j'aime bien aller" et bien les linguistes analysent, déstructurent et tentent de comprendre la logique.
Il s'agit d'une étude linguistique, je suppose.
Pour incorrectes que soient ces phrases "relâchées", l'on peut étudier la façon dont ces phrases sont transformées par rapport à la norme, il existe un certain nombre de processus assez constants.
(Ah, je vois que Messaral m'a devancé !)
C'est exactement de cela qu'il s'agit, d'où ma tentative d'analyser la phrase incorrecte, selon les normes standards.
Mais ça reste assez flou.
Si ce sujet t'intéresse, je te conseille de feuilleter l'ouvrage de Guiraud "Le système du relatif en français populaire"
En tout cas, pas de COI dans cette phrase.
Et je ne pense pas que le qu' soit ici mis pour un que…
Simple élision du i de "qui".
Comme dans ce couplet de chanson populaire :
C'est un p'tit cordonnier.
C'est un p'tit cordonnier.
Qu'a eu la préférence, lonla.
Qu'a eu la préférence.
Bonjour.
Je ne suis pas sûr si j'ai bien choisi la rubrique pour ma question.
Mais aidez-moi, s'il vous plait.
Voici un texte : une partie de 'Pensées'.
Il y a beaucoup de différence entre l’esprit de Géométrie et l’esprit de finesse. En l’un les principes sont palpables, mais éloignés de l’usage commun, de sorte qu’on a peine à tourner la tête de ce côté là manque d’habitude ; mais pour peu qu’on s’y tourne on voit les principes à plein ; et il faudrait avoir tout à fait l’esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu’il est presque impossible qu’ils échappent.
Mais dans l’esprit de finesse les principes sont dans l’usage commun, et devant les yeux de tout le monde. On n’a que faire de tourner la tête ni de se faire violence. Il n’est question que d’avoir bonne vue : mais il faut l’avoir bonne ; car les principes en sont si déliés et en si grand nombre, qu’il est presque impossible qu’il n’en échappe. Or l’omission d’un principe mène à l’erreur : ainsi il faut avoir la vue bien nette, pour voir tous les principes ; et ensuite l’esprit juste, pour ne pas raisonner faussement sur des principes connus.
Il y a, dans ce texte, deux propositions subordonnées qui se ressemblent beaucoup par leur apparence. (Je les ai soulignées.)
Ma question :
1. Dans la première proposition, qu'est-ce que le sujet
'ils' désigne ?
2. Dans la deuxième proposition, qu'est-ce que le sujet
'il' désigne ?
Veuillez m'éclairer, je vous prie.
Merci, d'avance.
"Ils" désigne les principes de l'esprit de géométrie.
Cette phrase signifie que les principes de l'esprit de géométrie ne peuvent échapper à une intelligence saine.
"Il" désigne un principe de l'esprit de finesse.
Ici, les principes sont si nombreux et si subtils qu'il n'est pas étonnant que l'un d'eux nous échappe.