Analyse logique d’une phrase

Langue française

281 réponses · Page 2 / 15

Bonjour,

Merci pour cette réponse.
Bonjour~
Voici un extrait de 'Le Comte de Monte-Cristo' tel qu'il est :
C’était, comme on le voit, un homme plein d’humanité que cet inspecteur, et bien digne des fonctions philanthropiques qu’il remplissait.

— Vous avez raison, Monsieur, dit le gouverneur, et votre réflexion prouve que vous avez profondément étudié la matière. Ainsi, nous avons dans un cachot, qui n’est séparé de celui-ci que par une vingtaine de pieds, et dans lequel on descend par un autre escalier, un vieil abbé, ancien chef de parti en Italie, qui est ici depuis 1811, auquel la tête a tourné vers la fin de 1813, et qui, depuis ce moment, n’est pas physiquement reconnaissable : il pleurait, il rit ; il maigrissait, il engraisse. Voulez-vous le voir plutôt que celui-ci ; sa folie est divertissante et ne vous attristera point.

Je les verrai l’un et l’autre, répondit l’inspecteur ; il faut faire son état en conscience.

L’inspecteur en était à sa première tournée et voulait donner bonne idée de lui à l’autorité.

— Entrons donc chez celui-ci d’abord, ajouta-t-il.

— Volontiers, répondit le gouverneur, et il fit signe au porte-clefs, qui ouvrit la porte.
J'ai quelques questions sur la phrase soulignée :

1. Qui dit la partie en gras 'il faut faire son état en conscience' ?
Est-ce l'inspecteur ou l'auteur(= Dumas) ?
(Le verbe 'faut' étant au présent, il me semble que c'est l'inspecteur.)

2. Quel est l'antécédent de l'adjectif possessif 'son' ?
(Si l'on tient compte de 'les' et de 'l'un et l'autre', il me semble que ce doit être 'leur'.)


Merci d'avance, pour vos n'importe quels commentaires.
C'est bien l'inspecteur qui continue à parler, comme le montre le point-virgule qui précède, les guillemets qui ferment la phrase dans la majorité des éditions et le retour à la ligne ensuite.

État a ici le sens de place occupée dans la société par une personne du fait de sa fortune, de sa profession, de son rang d’où par métonymie : Profession, travail, tâche. Apprendre, avoir, embrasser, prendre un état; faire son état; horloger de son état.(Tlfi).
il faut faire son état en conscience : l’inspecteur parle de lui, même s’il utilise une forme impersonnelle, donc sans antécédent exprimé
Merci, millefois Anne.

Donc, si j'ai bien compris, cette phrase de l'inspecteur équivaut à 'il faut que chacun fasse son état' ; l'inspecteur, pour justifier sa décision(Je les verrai l’un et l’autre), cite une expression un peu déjà faite.

Ai-je bien compris ?

Cordialement.
Ce n'est pas une expression toute faite.
Il faut faire son état en conscience = il faut que chacun fasse son travail en toute honnêté = il faut que je fasse bien mon travail.
Bonsoir~~
Aidez-moi, s'il vous plaît, à apprécier le 'Le Cid de Corneille'
Il vaut mieux courir au trépas;
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu’à mon père:
J’attire en me vengeant sa haine et sa colère,
J’attire ses mépris en ne me vengeant pas.
A mon plus doux espoir l’un me rend infidèle,
Et l’autre indigne d’elle;
Mon mal augmente à le vouloir guérir,
Tout redouble ma peine:
Allons, mon âme, et puisqu’il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.
Il m'est difficile de comprendre la partie en gras.

Il me semble que 'l'un' signifie 'venger son père' et que l'autre signifie 'ne pas le venger'.
Dans ce cas-là ;
1. envers qui il devient infidèle ; envers Chimène parce qu'il tue le père de Chimène ?
2. si 'l'autre' signifie 'ne pas tuer le père de Chimène', pourquoi il devient indigne d'elle ?

En ce qui concerne le syntagme prépositionnel 'A mon plus doux espoir' ;
1. quel est le sens de la préposition 'de' ; selon ? malgré ? avec ? ou autre ?
2. quel peut être 'son plus doux espoir' concret ?

Je souhaite que mes questions vous soient compréhensibles…
Merci, d'avance.
Le plus doux espoir du Cid, c'est d'épouser Chimène.
S'il se venge, il se rend infidèle à son plus doux espoir, puisqu'il ne pourra pas épouser Chimène. Infidèle à son espoir, car il trahit son espoir.
S'il ne se venge pas, il se croit indigne de Chimène, qui le méprisera pour manquer au sens de l'honneur.
Bref, c'est le type même de ce qu'on a appelé par la suite un dilemme cornélien, le contraire d'une situation "win-win" !
Salut lamaneur!
Comme toujours, ton explication est simple, condensée et parfaite.
Maintenant, grâce à toi, je comprends bien.
Merci, et bon week-end ! 🙂
Bonsoir,

Si je dis "Pour un problème comme le tien", qu'est "tien" ? Un pronom représentatif ?

Merci d'avance !

HS : On écrit bien "… toute une armée" et non "tout une armée" ? Ici "toute" est déterminant car il précède un autre déterminant (déterminant composé) ?

Encore un grand merci ! 🙂
"Pour un problème comme le tien
le tien est un pronom possessif, formé de l'article défini suivie de l'adjectif mien, tien… . représentant le groupe nominal "ton problème".

"… toute une armée" : oui, toute une = déterminant composé, ou complexe.
Oui, le tien est un pronom possessif qui représente "ton problème".

Dans "toute une armée", "toute" est analysé par certains grammairiens comme adjectif qualificatif (signifiant "entière') plutôt que comme déterminant indéfini.
Disons qu'il est ici à la frontière de ces deux classes.

Voir : https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=2910
Mais alors le "une" après "toute", quelle sa fonction. Dét. art. indéfini (car on ne sait pas exactement de quelle armée on parle) ?
Bien sûr… une est le déterminant du nom qui suit, c'est un article indéfini.
Merci !

J'aimerais que l'on s'intéresse au groupe nominal prépositionnel. Il suit une préposition mais comment le différencier d'un groupe circonstanciel (de temps, de lieu, de manière…).

Par exemple :

"Je suis arrivé avec beaucoup de retard"

"Avec" est une préposition et "beaucoup de retard" est un complément circonstanciel de manière ou de temps. Mais comme il est introduit par une préposition, est-ce qu'il n'est pas aussi groupe nominal prépositionnel ?

Merci d'avance !
Il faut distinguer la nature et la fonction. Déterminer la nature d'un mot consiste simplement à identifier à quelle classe il appartient, indépendamment du contexte. Déterminer la fonction consiste à analyser la place qu'occupe le mot où le groupe de mots dans la phrase.
Ex.
Son retard est excessif.
Il a pris du retard.
La nature du mot "Retard" ne varie pas, il reste toujours un nom. Mais dans la première phrase, ce nom a pour fonction d'être sujet, et dans la seconde d'être complément d'objet.

De même avec le groupe de mots "avec beaucoup de retard" :
Si on veut identifier la nature de ce groupe, alors on dira qu'il s'agit d'un groupe nominal prépositionnel.
Si on veut rechercher quelle est sa fonction dans la phrase, on dira qu'il s'agit d'un complément circonstanciel.
Les deux analyses ne se contredisent pas, simplement elles ne sont pas sur le même plan.
Groupe nominal prépositionnel est une nature, CC une fonction. Les CC sont très souvent des GN prépositionnels.
Encore un grand merci !
Salut !

Je veux savoir comment se passent l'invitation et la réunion(le festin) dans :
— À la bonne heure ! s’écria d’Artagnan, ils pensent à moi dans leurs plaisirs comme je pensais à eux dans mon ennui ; bien certainement que je boirai à leur santé et de grand cœur ; mais je n’y boirai pas seul.
Et d’Artagnan courut chez deux gardes, avec lesquels il avait fait plus amitié qu’avec les autres, afin de les inviter à boire avec lui le délicieux petit vin d’Anjou qui venait d’arriver de Villeroi.
L’un des deux gardes était invité pour le soir même, et l’autre invité pour le lendemain ; la réunion fut donc fixée au surlendemain.
D’Artagnan, en rentrant, envoya les douze bouteilles de vin à la buvette des gardes, en recommandant qu’on les lui gardât avec soin ; puis, le jour de la solennité, comme le dîner était fixé pour l’heure de midi, d’Artagnan envoya dès neuf heures Planchet pour tout préparer.
Planchet, tout fier d’être élevé à la dignité de maître d’hôtel, songea à tout apprêter en homme intelligent ; à cet effet il s’adjoignit le valet d’un des convives de son maître, nommé Fourreau, et ce faux soldat qui avait voulu tuer d’Artagnan, et qui, n’appartenant à aucun corps, était entré à son service ou plutôt à celui de Planchet, depuis que d’Artagnan lui avait sauvé la vie.
L’heure du festin venue, les deux convives arrivèrent, prirent place et les mets s’alignèrent sur la table.
Si l’un des deux est invité pour le soir même, et l’autre pour le lendemain, comment la réunion pourrait-elle fixée au surlendemain ?
Sûrement il y a quelque chose qui m'échappe ; mais je ne le trouve pas.

Veuillez m'éclairer, s'il vous plait.
Le premier est invité ailleurs le soir même, le second invité ailleurs le lendemain. Donc le premier jour libre pour la réunion est le surlendemain.
Comme l'un n'était pas disponible le soir même, et l'autre le lendemain, la première possibilité pour réunir les deux amis ne peut survenir que le surlendemain.