Les débuts de la littérature

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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BOnjour! 🙂

"Le succès de L'Astrée, ne s'éteignit vraiment qu'en 1761, lorsque Rousseau remplaça Honoré d'Urfé avec La Nouvelle Héloïse"

Mais en quoi L'astrée est le premier best-seller » de la littérature narrative française ?
Avant l'astrée, il y n'y a eu pas eu d'autres romans ? car il a été écrit écrit au XVIIème siècle !!

l'astrée est écrit "sous forme de tiroirs", les autres romans qui lui succèdent seront tous de cette forme là?


J'ai du mal à savoir comment et quand à commencer la littérature ..
Ce n'est pas la tragédie grecque le "commencement" ? Avec Sophocle , Eschyle ..


JE vous remercie! 🙂 je m'excuse si le sujet a déjà été traité ou si ma question est un peu bête 😀
( Je rentre en 1er )
la littérature a vraiment commencé à exister à partirr de l'invention de l'imprimerie je pense. Avant, les histoires étaient transmises oralement.
Et que fais tu des manuscrits ?
Il y a eu des romans de chevalerie, mais souvent, on fixe au XVIIème siècle les débtus du genre romanesque, avec La Princesse de Clèves, notamment, l'un des premiers romans comportant une réelle analyse psychologique des personnages 😉 .
Kytbn a écrit :Et que fais tu des manuscrits ?
j'ai précisé que je n'étais pas sûre.
Je ne sais pas pourquoi l'Astrée a connu un grand succès, mais je suppose, ne l'ayant pas lu, qu'il a dû plaire aux moeurs de la société pour s'imposer.

Ah la littérature est un terme bien récent (Sartre) et une chose en soi complexe en ce qu'elle englobe le roman, la poésie, le théâtre, le genre autobiographique…
Je ne crois pas qu'on puisse attribuer le terme de littérature à l'ensemble des oeuvres de l'Antiquité grecque ou romaine , de la même façon qu'à la littérature française.
En revanche, ce terme me paraît adapté à partir de l'invention de Gutenberg, donc au XVIème siècle essentiellement, les auteurs étant fort nombreux (Rabelais, Du Bellay, Erasme, More…), les visées multiples (instruire le peuple…) et les échanges structurés à travers l'Europe.

Kytbn, qu'entends-tu par manuscrit ? Désignes-tu les manuscrits bibliques ou hagiographiques du Moyen-Age ?
Dans ces cas, il s'agissait plus d'une conservation du passé , des faits historiques et des enseignements religieux (réservés aux moines intellectuels), qu'une transmission à la société entière, à son instruction.
Tout ça à la fois, oui… Après, une définition de la littérature, ce n'est pas de mon ressort. 😉
Bonjour,

Il y a eu bien sûr d'autres romans avant L'Astrée (qui reprend en particulier le modèle de la pastorale, déjà présente dans les romans grecs tardifs), mais on considère ce roman comme le premier grand roman sentimental français : grand par la taille (5400 pages environ) et grand par sa fortune et l'héritage qu'il laissa.
Les lecteurs ont pu suivre L'Astrée comme un véritable feuilleton, notamment grâce à l'enchâssement d'histoires secondaires facilement isolables (d'où l'appellation de "romans à tiroirs"), mais aussi grâce à des pages d'analyses et de discours sur les tourments de la passion (le roman devenant alors une sorte de bréviaire de l'honnêteté pour la société mondaine) ou encore grâce aux poésies insérées (madrigaux, sonnets…). Cette oeuvre foisonnante, composée en 5 parties (on entend ici "littérature" au sens d'oeuvre destinée à être publiée et clairement assumée par son auteur), toucha donc facilement le public cultivé et plus largement mondain du XVIIe siècle.
Il faut savoir qu'au début du XVIIe siècle le roman n'était vraiment pas un genre prestigieux et ce n'est que dans la seconde moitié du XVIIe siècle qu'il obtiendra ses lettres de noblesse (par les théoriciens naguère hostiles au roman pour x raisons). Toutefois les romans existaient bien au XVIe siècle, on les appelait les "Amadis". Comateen a parlé des romans de chevalerie du Moyen-Age : ce sont effectivement leurs héritiers, à ceci près qu'ils sont d'origine espagnole ou portugaise (on ne sait pas trop). L'Amadis (originale) fut d'abord traduite en 1540 par Herberay des Essarts (bon vous pouvez oublier son nom 😀), ce fut un grand succès (le romanesque et l'aventure ont toujours plu, n'est-ce pas) et d'autres romans sur le modèle de l'Amadis parurent à sa suite. Ce type de romans plut particulièrement autour de 1590-1610. La mode persista tant bien que mal au XVIIe siècle grâce à des écrivains comme Du Souhait, Escuteaux et Nervèze, mais globalement cette mode commença à s'estomper en raison d'un changement des moeurs et des goûts du public. On fit de Nervèze le symbole du mauvais goût et du galimatias : c'est pour dire qu'on commençait à souhaiter un renouveau… L'Astrée profita, si je puis dire, de ce désintérêt pour les Amadis, et connut donc un énorme succès. A la fois pastorale, réactualisation du mythe de l'âge d'or, illustration du mythe gaulois, bréviaire de l'honnêteté, roman où l'amour devient quête spirituelle et charité chrétienne (D'Urfé était très ami avec François de Sales), on peut comprendre que ce roman-fleuve fut un best-seller. Je pourrai développer ces points plus tard si ça intéresse. Par contre, le XVIIIe et le XIXe siècles oublièrent franchement L'Astrée. Une nouvelle édition au début du XXe siècle et l'étude de Genette dans Figures ("Le serpent dans la bergerie", excellent article !) relancèrent heureusement l'intérêt des chercheurs pour ce roman. Pourquoi un tel désintérêt après une fortune aussi immense au XVIIe siècle ? Sans doute parce que les moeurs ont elles-mêmes évoluées tout au long du XVIIe siècle et aussi parce que l'esthétique du genre romanesque connut de profondes mutations (sans qu'il y ait eu pour autant rupture franche). Les écrivains (puisqu'on peut maintenant les qualifier d'écrivains !) s'attardent dans la seconde moitié du XVIIe siècle beaucoup plus sur les individus et sur l'analyse psychologique, et sont maintenant soucieux de proposer, au sein d'une intrigue plus brève et resserrée (modèle de la nouvelle historique), un cadre plus vraisemblable, en somme plus réaliste, où les personnages ne sont plus seulement les héros orgueilleux de jadis.

J'espère avoir un peu répondu à tes questions. 🙂
en 1er, on étudie les romans d'Antiquité ?
Je vous remercie ! smile
Il y a eu bien sûr d'autres romans avant L'Astrée (qui reprend en particulier le modèle de la pastorale, déjà présente dans les romans grecs tardifs)
Les mythes et les légendes existaient déjà vers 15000 av.JC. Gravures, peintures, statuettes, les Cromagnons ont laissé de nombreuses oeuvres d'art en tout genre.
De nombreux artistes ( seulement en grèce Antique? ) chantaient des épopées en s'accompagnant d'un instrument (ex :lyre) : Aèdes est-ce les 1er à raconter des histoires ?
J'ai vu dans un livre que l'écriture avait été inventé en -3300 Comment ?
le 1er "genre littéraire" n'est-il pas la tragédie grecque au Vème siècle AV. JC ? Elle doit son nom à trois figures : Euripide, Sophocle, Eschyle. Elle est d'origine religieuse, les pièces étaient en fait pour les dieux.
La place d'Homère dans la littérature en grec ancien est tout à fait majeure puisqu'il représente à lui seul le genre épique de la période : L'iliade et L'odysée
Mais, L'iliade et L'odysée sont considérés comme des romans mais nous sommes qu'au VI-Vème S AV-JC !! ?
Mais Quand est-il de la littérature en France, dans l'Antiquité ? A mon avis, elle est casi inexistante. Car en FRance, à cet époque, c'était les gaulois, gallo-romains …
En revanche, au moyen Age, en France, c'est la littérature chevaleresque et épiques ( chansons de gestes) qui sont mises en avant . ( Chrétiens de Troie …) La Tragédie en Grèce dure toujours au Moyen Age ?
La littérature entre le XI et XV ème siècle a une grande importance?
Au XVIème siècle, avec la naissance de l'imprimerie, il va y avoir l'essor du livre. [ le livre a lui aussi évolué, volumen, COdex ]
Les lecteurs ont pu suivre L'Astrée comme un véritable feuilleton, notamment grâce à l'enchâssement d'histoires secondaires facilement isolables
Mais j'ai du mal à situer l'Astrée dans un contexte historique/littéraire. Classicisme ?
Mais beaucoup de romans à cet époque étaient religieux ?
Toutefois les romans existaient bien au XVIe siècle, on les appelait les "Amadis".
Gargantua et Pantagruel, la pléiade ou les essais de Montaigne sont des Amadis ? Je ne comprends pas trop bien ce terme hmm

Bon, j'arrête là pour l'instant, je pars dans tous les sens, c'est tellement vaste la littérature, l'histoire que je m'y perd surement rougit . Désolé de m'éloigner su sujet initial.
Je vous remercie
Bonjour Siona / Hendel,

Ça fait beaucoup de questions, je ne pourrai pas tout développer.
en 1er, on étudie les romans d'Antiquité ?
Ce n'est pas un des objets d'étude du programme de première, mais rien n'empêche ton professeur de les évoquer en guise de contextualisation plus générale.
Les mythes et les légendes existaient déjà vers 15000 av.JC. Gravures, peintures, statuettes, les Cromagnons ont laissé de nombreuses oeuvres d'art en tout genre.
De nombreux artistes ( seulement en grèce Antique? ) chantaient des épopées en s'accompagnant d'un instrument (ex :lyre) : Aèdes est-ce les 1er à raconter des histoires ?
J'ai vu dans un livre que l'écriture avait été inventé en -3300 Comment ?
le 1er "genre littéraire" n'est-il pas la tragédie grecque au Vème siècle AV. JC ? Elle doit son nom à trois figures : Euripide, Sophocle, Eschyle. Elle est d'origine religieuse, les pièces étaient en fait pour les dieux.
La place d'Homère dans la littérature en grec ancien est tout à fait majeure puisqu'il représente à lui seul le genre épique de la période : L'iliade et L'odysée
Mais, L'iliade et L'odysée sont considérés comme des romans mais nous sommes qu'au VI-Vème S AV-JC !! ?
Mais Quand est-il de la littérature en France, dans l'Antiquité ? A mon avis, elle est casi inexistante. Car en FRance, à cet époque, c'était les gaulois, gallo-romains …
En revanche, au moyen Age, en France, c'est la littérature chevaleresque et épiques ( chansons de gestes) qui sont mises en avant . ( Chrétiens de Troie …) La Tragédie en Grèce dure toujours au Moyen Age ?
La littérature entre le XI et XV ème siècle a une grande importance?
Au XVIème siècle, avec la naissance de l'imprimerie, il va y avoir l'essor du livre. [ le livre a lui aussi évolué, volumen, COdex ]
J'évoquais la pastorale parce que L'Astrée s'inscrit véritablement dans une tradition qui remonte à l'Antiquité (plutôt tardive cf. Daphnis et Chloé de Longus par exemple). A noter que la pastorale n'est pas que romanesque : elle se retrouve tout autant dans des oeuvres poétiques (déjà chez Théocrite, Virgile puis chez les poètes italiens du XVIe siècle, comme dans le Pastor Fido de Guarini, chez Ronsard, chez Chénier au XVIIIe siècle) qu'au théâtre (Racan et Mairet au XVIIe siècle).
Pour les épopées, avant les Grecs, il faut quand même penser à l'Epopée de Gilgamesh en akkadien mais je ne suis pas du tout qualifiée pour en parler.
Pour tes autres remarques, il y aurait beaucoup à nuancer, voire à corriger pour certaines d'entre elles. Sont-ce des objections ou simplement des remarques qui marquent ta perplexité ? Le problème, je pense, c'est que nous pensons selon des catégories génériques qui n'ont été forgées et théorisées qu'au fil des siècles. Effectivement, L'Odyssée se lit comme un roman mais on pourrait la qualifier de bien d'autres manières : ce n'est que selon nos critères bien partiaux que nous la lisons aujourd'hui comme un roman (d'aventures, de vie etc.). Aristote, pour parler d'un des plus vieux théoriciens des genres (et encore, je ne pense pas qu'il aurait été d'accord avec cette appellation!), se moque éperdument dans sa Poétique de ce que l'on appelle aujourd'hui le roman. Il évacue le pur narratif, qu'il soit réel ou fictif, pour ne garder que l'épopée et la tragédie et n'accorder qu'à cette première le privilège d'une vraie analyse (en tout cas, pour ce que l'on sait, une partie du traité a été perdue). Donc ici nulle trace du romanesque (qui n'est pas ici synonyme de fiction puisqu'Aristote refuse à la tragédie d'être un pur reflet du monde) ni de ce que nous qualifions aujourd'hui de poésie (il parle bien du dithyrambe mais ce n'est qu'une forme poétique). Bref, il n'est pas toujours commode d'appliquer à des textes, à des chants, à des mythes des outils d'analyse qui tentent d'imposer une filiation générique sans rupture entre les époques. Je préfère parler d'influences et de ressemblances plutôt que de similitudes.
Pour les trois grands de la tragédie grecque (à l'existence finalement assez brève), ce sont bien Eschyle, Sophocle et Euripide (dans cet ordre chronologique-là), mais rien n'interdit de penser que d'autres poètes tragiques avaient les faveurs du public.
Mais j'ai du mal à situer l'Astrée dans un contexte historique/littéraire. Classicisme ?
A force de vouloir ranger toutes les oeuvres du XVIIe siècle dans ce terme flou de classicisme, on ne parle plus des qualités et des spécificités de ces oeuvres. L'Astrée date du premier tiers du XVIIe siècle : la doctrine dite classique, les débats autour de la pureté de la langue et des bienséances, l'établissement d'un véritable code de civilités (les cours de France n'étaient pas aussi raffinées que ça!) ne faisaient qu'émerger. Bien qu'elle exercera une grande influence sur certaines productions de l'époque, L'Astrée reste, je trouve, d'un autre temps. Pastorale, baroque, roman régional dans le Forez, roman d'amour qui peut souvent prêter à sourire, influencé par un spiritualisme et une chrétienté qui ne seront plus forcément assumés par les mondains des salons : L'Astrée c'est tout cela à la fois, et bien d'autres choses encore (ça fait slogan publicitaire dit comme ça 😀). Il serait d'ailleurs décevant pour le lecteur de lire un tel pavé si l'oeuvre était complètement monolithique !
J'ai déjà, je pense, suffisamment tracé les influences de L'Astrée et sa propre influence pour la littérature à venir ; relis attentivement mon précédent message.
Mais beaucoup de romans à cet époque étaient religieux ?
Ils étaient généralement animés d'une pensée chrétienne, mais rien de plus. J'aurais du mal à les qualifier de religieux (certes je suis loin d'avoir lu tous les romans du XVIIe siècle… ). En témoignent d'ailleurs les reproches incessants -surtout au début du siècle- de certains théoriciens et doctes à l'encontre du genre romanesque, corrupteur de moeurs, "empoisonneur public" (ça, c'est Pierre Nicole à l'égard du théâtre). Alors, certains religieux ont décidé d'écrire des romans et des nouvelles pour mettre en garde les fidèles égarés du danger des passions. Jean-Pierre Camus avec ses "histoires sanglantes" connut par exemple un certain succès. Personnellement je les trouve plus divertissantes qu'édifiantes et on se demande s'il n'y a pas de la part de ces auteurs un malin plaisir à écrire les ravages des mauvaises moeurs… 😜
Gargantua et Pantagruel, la pléiade ou les essais de Montaigne sont des Amadis ? Je ne comprends pas trop bien ce terme hmm
Non, la littérature du XVIe siècle est diverse, heureusement ! Les Amadis sont des romans de tradition chevaleresque, leur modèle étant espagnol ou portugais.

J'espère avoir été suffisamment claire et ne pas t'avoir noyée sous des détails d'histoire littéraire que tu n'es pas obligée de maîtriser à ton niveau d'études, loin de là. 🙂
Merci beaucoup Polo pour ces réponses 🙂
Pour tes autres remarques, il y aurait beaucoup à nuancer, voire à corriger pour certaines d'entre elles. Sont-ce des objections ou simplement des remarques qui marquent ta perplexité ?
En fait, j'aimerais connaitre ( un minimum) les évolutions des sociétés/mentalités, mettre un lien entre les tendances littéraires et savoir un peu l'histoire de chaque période ( ça fait beaucoup 😀 ) Et c'est tellement Enorme que j'ai préféré commencer par le début, soit L'Antiquité ; d'ou les remarques que j'ai faites …