Bonjour Siona / Hendel,
Ça fait beaucoup de questions, je ne pourrai pas tout développer.
en 1er, on étudie les romans d'Antiquité ?
Ce n'est pas un des objets d'étude du programme de première, mais rien n'empêche ton professeur de les évoquer en guise de contextualisation plus générale.
Les mythes et les légendes existaient déjà vers 15000 av.JC. Gravures, peintures, statuettes, les Cromagnons ont laissé de nombreuses oeuvres d'art en tout genre.
De nombreux artistes ( seulement en grèce Antique? ) chantaient des épopées en s'accompagnant d'un instrument (ex :lyre) : Aèdes est-ce les 1er à raconter des histoires ?
J'ai vu dans un livre que l'écriture avait été inventé en -3300 Comment ?
le 1er "genre littéraire" n'est-il pas la tragédie grecque au Vème siècle AV. JC ? Elle doit son nom à trois figures : Euripide, Sophocle, Eschyle. Elle est d'origine religieuse, les pièces étaient en fait pour les dieux.
La place d'Homère dans la littérature en grec ancien est tout à fait majeure puisqu'il représente à lui seul le genre épique de la période : L'iliade et L'odysée
Mais, L'iliade et L'odysée sont considérés comme des romans mais nous sommes qu'au VI-Vème S AV-JC !! ?
Mais Quand est-il de la littérature en France, dans l'Antiquité ? A mon avis, elle est casi inexistante. Car en FRance, à cet époque, c'était les gaulois, gallo-romains …
En revanche, au moyen Age, en France, c'est la littérature chevaleresque et épiques ( chansons de gestes) qui sont mises en avant . ( Chrétiens de Troie …) La Tragédie en Grèce dure toujours au Moyen Age ?
La littérature entre le XI et XV ème siècle a une grande importance?
Au XVIème siècle, avec la naissance de l'imprimerie, il va y avoir l'essor du livre. [ le livre a lui aussi évolué, volumen, COdex ]
J'évoquais la pastorale parce que L'Astrée s'inscrit véritablement dans une tradition qui remonte à l'Antiquité (plutôt tardive cf.
Daphnis et Chloé de Longus par exemple). A noter que la pastorale n'est pas que romanesque : elle se retrouve tout autant dans des oeuvres poétiques (déjà chez Théocrite, Virgile puis chez les poètes italiens du XVIe siècle, comme dans le
Pastor Fido de Guarini, chez Ronsard, chez Chénier au XVIIIe siècle) qu'au théâtre (Racan et Mairet au XVIIe siècle).
Pour les épopées, avant les Grecs, il faut quand même penser à l'
Epopée de Gilgamesh en akkadien mais je ne suis pas du tout qualifiée pour en parler.
Pour tes autres remarques, il y aurait beaucoup à nuancer, voire à corriger pour certaines d'entre elles. Sont-ce des objections ou simplement des remarques qui marquent ta perplexité ? Le problème, je pense, c'est que nous pensons selon des catégories génériques qui n'ont été forgées et théorisées qu'au fil des siècles. Effectivement,
L'Odyssée se lit comme un roman mais on pourrait la qualifier de bien d'autres manières : ce n'est que selon nos critères bien partiaux que nous la lisons aujourd'hui comme un roman (d'aventures, de vie etc.). Aristote, pour parler d'un des plus vieux théoriciens des genres (et encore, je ne pense pas qu'il aurait été d'accord avec cette appellation!), se moque éperdument dans sa
Poétique de ce que l'on appelle aujourd'hui le roman. Il évacue le pur narratif, qu'il soit réel ou fictif, pour ne garder que l'épopée et la tragédie et n'accorder qu'à cette première le privilège d'une vraie analyse (en tout cas, pour ce que l'on sait, une partie du traité a été perdue). Donc ici nulle trace du romanesque (qui n'est pas ici synonyme de fiction puisqu'Aristote refuse à la tragédie d'être un pur reflet du monde) ni de ce que nous qualifions aujourd'hui de poésie (il parle bien du dithyrambe mais ce n'est qu'une forme poétique). Bref, il n'est pas toujours commode d'appliquer à des textes, à des chants, à des mythes des outils d'analyse qui tentent d'imposer une filiation générique sans rupture entre les époques. Je préfère parler d'influences et de ressemblances plutôt que de similitudes.
Pour les trois grands de la tragédie grecque (à l'existence finalement assez brève), ce sont bien Eschyle, Sophocle et Euripide (dans cet ordre chronologique-là), mais rien n'interdit de penser que d'autres poètes tragiques avaient les faveurs du public.
Mais j'ai du mal à situer l'Astrée dans un contexte historique/littéraire. Classicisme ?
A force de vouloir ranger toutes les oeuvres du XVIIe siècle dans ce terme flou de classicisme, on ne parle plus des qualités et des spécificités de ces oeuvres.
L'Astrée date du premier tiers du XVIIe siècle : la doctrine dite classique, les débats autour de la pureté de la langue et des bienséances, l'établissement d'un véritable code de civilités (les cours de France n'étaient pas aussi raffinées que ça!) ne faisaient qu'émerger. Bien qu'elle exercera une grande influence sur certaines productions de l'époque,
L'Astrée reste, je trouve, d'un autre temps. Pastorale, baroque, roman régional dans le Forez, roman d'amour qui peut souvent prêter à sourire, influencé par un spiritualisme et une chrétienté qui ne seront plus forcément assumés par les mondains des salons :
L'Astrée c'est tout cela à la fois, et bien d'autres choses encore (ça fait slogan publicitaire dit comme ça 😀). Il serait d'ailleurs décevant pour le lecteur de lire un tel pavé si l'oeuvre était complètement monolithique !
J'ai déjà, je pense, suffisamment tracé les influences de
L'Astrée et sa propre influence pour la littérature à venir ; relis attentivement mon précédent message.
Mais beaucoup de romans à cet époque étaient religieux ?
Ils étaient généralement animés d'une pensée chrétienne, mais rien de plus. J'aurais du mal à les qualifier de religieux (certes je suis loin d'avoir lu tous les romans du XVIIe siècle… ). En témoignent d'ailleurs les reproches incessants -surtout au début du siècle- de certains théoriciens et doctes à l'encontre du genre romanesque, corrupteur de moeurs, "empoisonneur public" (ça, c'est Pierre Nicole à l'égard du théâtre). Alors, certains religieux ont décidé d'écrire des romans et des nouvelles pour mettre en garde les fidèles égarés du danger des passions. Jean-Pierre Camus avec ses "histoires sanglantes" connut par exemple un certain succès. Personnellement je les trouve plus divertissantes qu'édifiantes et on se demande s'il n'y a pas de la part de ces auteurs un malin plaisir à écrire les ravages des mauvaises moeurs… 😜
Gargantua et Pantagruel, la pléiade ou les essais de Montaigne sont des Amadis ? Je ne comprends pas trop bien ce terme hmm
Non, la littérature du XVIe siècle est diverse, heureusement ! Les Amadis sont des romans de tradition chevaleresque, leur modèle étant espagnol ou portugais.
J'espère avoir été suffisamment claire et ne pas t'avoir noyée sous des détails d'histoire littéraire que tu n'es pas obligée de maîtriser à ton niveau d'études, loin de là. 🙂