Valéry, La Fileuse

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour !
Je fais une dissertation sur les fonctions de la poésie. Dans une de mes sous-parties, j'écris que la poésie permet de définir le statut du poète. Mais je manque d'exemples.
Je fais biensûr référence à Rimbaud avec sa "Lettre du Voyant" : "le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens" ; "Je est un autre", etc.
Je fais aussi allusion à "L'Albatros" de Baudelaire (magnifique ce poème 😉)
Je voudrais rajouter un autre exemple, un peu plus récent, car je parle beaucoup d'auteurs du XIX°.
En faisant des recherches sur les poèmes qui définissent le statut du poète, je suis tombée sur cette page.
Je suis intéressée par le poème de Valéry, "La fileuse". (je vous mets le texte ci-dessous)
Cependant, comme je doute de la fiabilité du site, j'aimerais avoir une explication très rapide du texte (si cela est possible) :
-ce poème illustre t-il vraiment le statut du poète?
- quel message véhicule t-il?
etc. (trois ou quatre lignes me suffisent amplement)
J'ai cherché dans mon Lagarde et Michard, ainsi que sur Internet, et je n'ai rien trouvé d'intéressant. Si vous ne pouvez pas m'aider, je prendrai un autre exemple… 😉 Voici le texte :
Paul Valery (1871 - 1945)
La Fileuse
Assise, la fileuse au bleu de la croisée
Où le jardin mélodieux se dodeline ;
Le rouet ancien qui ronfle l'a grisée.

Lasse, ayant bu l'azur, de filer la câline
Chevelure, à ses doigts si faibles évasive,
Elle songe, et sa tête petite s'incline.

Un arbuste et l'air pur font une source vive
Qui, suspendue au jour, délicieuse arrose
De ses pertes de fleurs le jardin de l'oisive.

Une tige, où le vent vagabond se repose,
Courbe le salut vain de sa grâce étoilée,
Dédiant magnifique, au vieux rouet sa rose.

Mais la dormeuse file une laine isolée ;
Mystérieusement l'ombre frêle se tresse
Au fil de ses doigts longs et qui dorment, filée.

Le songe se dévide avec une paresse
Angélique, et sans cesse, aux doux fuseaux crédule,
La chevelure ondule au gré de la caresse…

Derrière tant de fleurs, l'azur se dissimule,
Fileuse de feuillage et de lumière ceinte :
Tout le ciel vert se meurt. Le dernier arbre brûle.

Ta sœur, la grande rose où sourit une sainte,
Parfume ton front vague au vent de son haleine
Innocente, et tu crois languir… Tu es éteinte

Au bleu de la croisée où tu filais la laine.
Merci pour vos suggestions ! 🙂
Ce travail n'est pas urgent, il est pour le 9 février. Et j'ai bientôt fini la rédaction.
En attendant, je m'y replonge.
Merci 🙂
Bonne journée à tous.
Bonsoir Ti-Pingouin,

C'est un vrai plaisir de t'aider !

Weblettres est un site sérieux.

Ce poème est peut-être une allégorie de la poésie. Il me semble que la fileuse est plus proche de la Parque mythologique et de la vie qui s'enfuit. J'y vois une inspiration symboliste très proche du préraphaélisme. Il y a aussi des références très nettes à l'azur mallarméen, l'idéal proche du néant. En tout cas, s'il est question d'une allégorie de la poésie, il ne peut s'agir que de la "première manière" de Valéry, celle de ses débuts. Je n'y retrouve pas la tension intellectuelle qui servira d'épine dorsale à ses productions ultérieures après l'abandon initial de toute activité poétique au profit de la réflexion esthétique et philosophique.

Je te propose en contrepartie pour t'éviter toute déception ce texte de Claudel, plus explicite.
Quatre grandes odes Paul Claudel

Ah, je suis ivre! ah, je suis livré au dieu! j’entends une voix en moi et la mesure qui s’accélère, le mouvement de la joie,
L’ébranlement de la cohorte Olympique, la marche divinement tempérée!
Que m’importent tous les hommes à présent! Ce n’est pas pour eux que je suis fait, mais pour le
Transport de cette mesure sacrée!
O le cri de la trompette bouchée! ô le coup sourd sur la tonne orgiaque!
Que m’importe aucun d’eux? Ce rythme seul! Qu’ils me suivent ou non? Que m’importe qu’ils m’entendent ou pas?
Voici le dépliement de la grande Aile poétique!
Que me parlez-vous de la musique? laissez-moi seulement mettre mes sandales d’or!
Je n’ai pas besoin de tout cet attirail qu’il lui faut. Je ne demande pas que vous bouchiez les yeux.
Les mots que j’emploie,
Ce sont les mots de tous les jours, et ce ne sont point les mêmes!
Vous ne trouverez point de rimes dans mes vers ni aucun sortilège. Ce sont vos phrases mêmes. Pas aucune de vos phrases que je ne sache reprendre!
Ces fleurs sont vos fleurs et vous dites que vous ne les reconnaissez pas.
Et ces pieds sont vos pieds, mais voici que je marche sur la mer et que je foule les eaux de la mer en triomphe!
Merci beaucoup Jean-Luc pour votre aide !
Je pense effectivement que je vais citer Claudel 🙂
Encore merci et bonne soirée !