Rousseau, Émile, ou De l’éducation - Pour mon élève ou plutôt celui de la nature…

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je travaille sur l'extrait ci dessous.
J'ai des incertitudes, en fait, je me demandais en effet si Rouseau, en parlant de "son" elève, voulait s'adresser plutot au élèves et aux apprentis en général.



Pour mon élève ou plutôt celui de la nature exercé de bonne heure à se suffire à lui même autant qu il est possible il ne s accoutume point à recourir sans cesse aux autres encore moins à leur étaler son grand savoir Eu revanche il juge il prévoit il raisonne en tout ce qui se rapporte immédiatement à lui Il ne jase pas il agit il ne sait pas un mot de ce qui se fait dans le monde mais il sait fort bien faire ce qui lui convient Comme il est sans cesse en mouvement il est forcé d observer beaucoup de choses de connoitre beaucoup d effets il acquiert de bonne heure une grande expérience il prend ses leçons de la nature et non pas des hommes il s instruit d autant mieux qu il ne voit nulle part l intention de l instruire Ainsi son corps et son esprit s exercent à la fois Agissant toujours d après sa pensée et non d après celle d un autre il unit continuellement deux opérations plus il se rend fort et robuste plus il devient sensé et judicieux C est le moyen d avoir un jour ce qu on croit incompatible et ce que presque tous les grands hommes ont réuni la force du corps et celle de l âme la raison d un sage et la vigueur d un athlète

S'agit t il donc icic de parler de l'élève en général, ou d'un cas particulier, l'élève de rousseau.?
Bonsoir.

Émile est un élève fictif. Et à travers lui, Rousseau
expose ici ses conceptions générales en manière d'éducation.
Il décrit la méthode d'éducation idéale selon lui…
et s'adresse donc plutôt aux éducateurs qu'aux élèves !
Merci beaucoup Jehan!

IL s'agit donc de s'adresser aux éducateurs, la question cependant reste la suivante: fait t on là l'évocation d'un élève en particulier, ou rousseau veut il parler de l'élève dans son cas général, de ce qu'il devrait être dans sa normalité?
Je ne comprend pas.
Je t'ai écrit :
Émile est un élève fictif. Et à travers lui, Rousseau
expose ici ses conceptions générales en manière d'éducation.
oui j'avais vu mais ca me laissait un peu dans l'équivoque je trouvais comme réponse…

Je dois comprendre que mes incertitudes sont véridiques maintenant.

Merci!
———
Donc, selon la thèse qu'exprime JJ Rousseau, l'élève ne dépend pas de l'homme, mais de la nature? Il se doit d'être indépendant?

Comme Rousseau s'adresse essentiellement au éducateurs, on peut déduire de ce texte une invitation, pour les éducateurs, à ne pas tellement s'impliquer dans les travaux de leur élèves?

Suis je juste?
Donc, selon la thèse qu'exprime JJ Rousseau, l'élève ne dépend pas de l'homme, mais de la nature? Il se doit d'être indépendant?

Comme Rousseau s'adresse essentiellement au éducateurs, on peut déduire de ce texte une invitation, pour les éducateurs, à ne pas tellement s'impliquer dans les travaux de leur élèves?

Suis je juste?
Ce n'est pas tout à fait ça je crois. Disons que l'intention de Rousseau est un peu plus subtile.

L'état de nature n'est pas une réalité concrète, historique, qui précéderait effectivement l'état social ; c'est une fiction théorique qui permet à Rousseau de construire son éducation sur certaines bases.

Or, l'état social - s'il faut l'appeler comme ça - est, face à l'état de nature, la condition réel de l'existence humaine. Nous vivons en société ; nous sommes en rapport les uns les autres et l'épreuve de l'altérité est quotidienne et inévitable.

L'idée de Rousseau, à travers l'Emile, est donc de construire une éducation telle qu'elle inviterait l'élève à s'insérer dans la société tout en conservant, dans son principe, les bases d'un développement naturel - je schématise atrocement mais qu'importe -, c'est à dire, non travestis par les impératifs sociaux et moraux qui foisonnent en société.

On ne peut donc pas dire que Rousseau écrit l'Emile pour dire au éducateurs de laisser tranquille l'élève - sans quoi il ne parlerait ni d'éducateur, ni d'élève 😀 -.

En fait, l'éducateur est invité à orienté l'élève, par des truchements, des mécaniques, des inventions ; jeux, expérience concrète - par exemple l'épisode du jardin si je me souvient bien - pour que ce dernier se développe de lui-même - en découvrant par lui-même le monde et ses secrets -. L'éducateur est un fil d'Arianne à travers les rouages du développement d'Émile ; il place, ici et là, des pièges qui poussent Emile à penser, à appréhender telle ou telle chose au moment que l'éducateur estime le plus propice.

On peut dire en cela, effectivement, que le but est l'indépendance de l'élève. Mais une indépendance intelligente et progressive ; toujours mesuré, l'éducation se fait par étape, les découvertes n'arrivent pas en bloc (l'introduction de la "moral" est relativement tardive par exemple et tout en nuances) et visent qu'à terme, Emile soit adapté à la vie en société sans être "perverti" par les travers qu'elle recèle.