Bonsoirs à tous , je passe l'oral de français le 7 , et j'ai un petit problème … Dans la séquence sur la poésie , on a étudié plusieurs poèmes en lectures analytiques , tel que : La Belle Matineuse de Voiture , Soleils couchants d'Hugo , Chant d'automne de Baudelaire , Le dormeur du val et Aube de Rimbaud et enfin Complainte de Vincent de Prévert.
Je viens de relire le descriptif , et je vois que mon professeur a mis comme problématique de la séquence : Quel usage les poètes font-ils du thème de la lumière ? Et malgré que je connaisse toutes les lectures analytiques je n'arrive pas à comprendre le sens de cette question . J’espère donc un ' éclairement " de quelqu'un . Merci d'avance 🙂
Pourriez-vous me donner le texte des poèmes d'Hugo et de Prévert?
Merci, je te répondrai demain matin, si personne d'autre ne le fait avant moi…
10 heures, 35 minutes et 12 secondes après :
Bonjour,
Permettez-moi tout d'abord de m'étonner du fait que vous semblez avoir découvert au dernier moment une "problématique" qui devait guider toute l'étude de votre groupement de textes! Le professeur a donc certainement déjà abordé ce thème, ou vous a fait découvrir des "matériaux" permettant de l'appréhender!
La question revient à analyser la fonction de la lumière dans les divers poèmes cités. Je vous donne ici quelques pistes, en limitant les exemples au minimum, mais vous savez qu'il faut faire constamment référence aux textes dans tout exposé.
Pour Voiture, c'est l'attribut de l'Aurore, et par là-même le principe qui assure la (re)naissance de l'univers (cf v.3); la lumière est aussi ce qui confère de la beauté et de la majesté à tous les éléments de la Nature. Mais c'est aussi le principal attribut de l'être aimé (qu'il existe réellement ou non) et la figuration de ses qualités multiples (la mention de l'éclat des yeux, "miroir de l'âme" pour les Précieux est ici à noter). Il s'effectue donc un conflit qui va prendre une dimension cosmique (v. 10, 11, 12); c'est le soleil qui "perd", consacrant la victoire de la nouvelle déesse, et assurant le triomphe de la Lumière incarnée…
Pour Hugo, la lumière du jour, alternant avec la nuit, aide à mesurer le temps qui passe; elle ravive sans cesse les éléments naturels (v. 9, 10, 11), mais pour l'Homme, il n'en est pas de même puisqu'elle jalonne le chemin qui le conduit à la mort et l'aide à prendre conscience que tout fuit, que tout finit…
Pour Baudelaire, la lumière est associée à la saison estivale, celle des longs jours, celle de la vie heureuse; avec l'entrée dans l'automne, celle-ci semble définitivement perdue. La "lumière" émanant de l'être aimé semble pouvoir ici n'offrir qu'une consolation fugitive, un souvenir de la vie qui s'en va (dernière strophe).
Pour Rimbaud, la lumière est un élément magique du paradis terrestre définitivement perdu pour le "dormeur" du val (notez les métaphores "haillons d'argent", "la lumière pleut"); dans "Aube", elle est l'attribut de la déesse poursuivie par le poète et approchée de façon fugitive; elle est donc une forme visible de l'idéal.
Pour Prévert enfin, la "lumière de midi" me semble figurer la folie de Van Gogh qui vient de se mutiler; le soleil se fait dur, "atroce" et implacable…
On le voit, la lumière se voit dotée de fonctions diverses : elle est le symbole de la vie, de la Création même (cf la Bible), de la beauté et du bohheur, mais son alternace avec l'ombre fait d'elle aussi une "horloge" implacable qui rappelle à l'Homme son destin; elle peut enfin devenir instrument de supplice!
Bonnes révisions
Merci beaucoup pour votre aide , j'ai enfin saisi le sens de la question . Merci beaucoup 🙂 🙂