Peut-on être "bordélique" et réussir aux concours ENS ?

La filière littéraire

39 réponses · Page 2 / 2

Peut-être qu'il n'est pas toujours judicieux de vouloir tout considérer sous le biais de "statistiques" ou de "si je suis comme ça, je ferai ça"… La prépa, tant qu'on ne l'a pas vécue, on ne sait pas ce que c'est. Et je ne crois pas que le rangement de sa chambre, ni même une sorte de jugement sur "les jeunes d'aujourd'hui, qui sont plus comme ci, ou moins comme ça qu'avant" - cf. les dominicaines - soient la clé de l'épanouissement personnel, individuel, en prépa… Le goût de la culture, la passion pour les langues, les lettres, les sciences humaines, la ténacité aussi - voire le goût de l'effort - ne se mesurent pas en nombre de chaussettes soigneusement pliées… Je n'aime pas beucoup le terme "génie", mais si je devais donner un trait du génie, je dirais qu'il est passionné, avant d'être systématiquement ordonné. Mais ça ne veut rien dire : les normaliens ne sont pas des génies, ils ont réussi un concours, certes difficile, mais qui ne fait pas d'eux des êtres à part. Quand ils se lèvent, ils sont décoiffés comme tout le monde… et n'ont pas systématiquement le temps d'enlever les cheveux tombés dans le lavabo s'ils doivent avaler dix bouquins et préparer quatre devoirs dans la journée…
Ne vous inquiétez pas toutefois : quand il s'impose, le ménage est fait. On ne vit pas longtemps entre moisissures et sol jonché de livres, de feuilles volantes, et de stylos, avant tout parce qu'on doit pouvoir se déplacer de l'étagère où sont posés les précieux volumes au bureau, et du bureau à la fameuse étagère. A mon avis, les génies n'ont pas d'ailes… et les normaliens non plus. 😉
Bonjour,

Nouvelle dans le forum, je poste là mon premier message.

Je suis d'accord avec Oregann, ce qui compte est l'engagement dans le travail. En prépa, on nous demande surtout d'aller au-delà des cours, de faire des rapprochements avec d'autres connaissances. Je pense vraiment que c'est un monde d'ébullition intellectuelle qui exige un véritable intérêt pour les matières, une grande curiosité et une rigueur dans le TRAVAIL. Qu'importe comment on se comporte en dehors, si l'on est bordélique ou non, tant que l'on garde ce dynamisme et que l'on n'oublie jamais les connaissances apportées en cours. Peut-être que le fait d'être ordonné dans la vie quotidienne offre le meilleur cadre possible à cette ouverture sur le monde, mais je ne crois pas que ce soit nécessaire.
Je n'ai toujours pas compris pourquoi on essaierait de tirer une loi générale d'un ensemble de cas particuliers, comme si les mêmes raisons produisaient les mêmes effets et qu'une conséquence n'admettait qu'une seule cause…
C'est une question sans réponse, ou, au contraire, qui connaît une infinité de réponses autant qu'il y a de candidats.
je me permets d'insister encore un peu. Je ne crois pas exactement à une "loi générale", ni même aux"vertus divinatoires" des statistiques. Il est certain cependant, que le comportement d'un ensemble de jeunes, possédant une éducation, des loisirs, des échanges culturels, des valeurs, des traditions,…voisins, eux même évalués par des enseignants partageant les même valeurs (avec juste un léger décalage temporel de 10 ans), ne peuvent qu'obéir implicitement à des règles "moyennes".
Il serait intéressant par exemple pour analyser cela, de voir comment sont perçus lors des concours A/L, des jeunes ayant une double nationalité ou ayant toujours vécu à l'étranger, ou issus de l'immigration donc imprégnés de cultures différentes. Est-il réellement certain que des "singularités" soient appréciées.
Voues-tu les élèves d'origine étrangère à l'échec ?


C'est complètement surprenant de ta part…Personnellement tu commences à me "c…..les c……." 😀 !!!
Je suis désolé pour ta question mais le point commun de l'élite c'est leur QI élevé ( au-dessus de 130) et ils savent s'en servir…
Si tu es en-dessous, eh bien, travaille à fond… 😂


Tu es trop conformiste.
Pour réussir aux concours de l'ENS, il faut peut-être commencer par éviter de s'encombrer de telles questions ?!
LuckyLuke a écrit :Voues-tu les élèves d'origine étrangère à l'échec ?


C'est complètement surprenant de ta part…Personnellement tu commences à me "c…..les c……." 😀 !!!
[…]
Bonsoir LuckyLuke,

Exprime-toi autant que tu veux, mais fais en sorte d'éviter les vulgarités. Merci. (Autrement dit : dégaine moins vite !)

Muriel
youmi a écrit :je me permets d'insister encore un peu. Je ne crois pas exactement à une "loi générale", ni même aux"vertus divinatoires" des statistiques. Il est certain cependant, que le comportement d'un ensemble de jeunes, possédant une éducation, des loisirs, des échanges culturels, des valeurs, des traditions,…voisins, eux même évalués par des enseignants partageant les même valeurs (avec juste un léger décalage temporel de 10 ans), ne peuvent qu'obéir implicitement à des règles "moyennes".
Il serait intéressant par exemple pour analyser cela, de voir comment sont perçus lors des concours A/L, des jeunes ayant une double nationalité ou ayant toujours vécu à l'étranger, ou issus de l'immigration donc imprégnés de cultures différentes. Est-il réellement certain que des "singularités" soient appréciées.
Oulala. Hum. Passons sur l'aspect socioliogique toujours un peu flippant. Enfin en tout cas il ne me semble pas que les concours de l'ENS soient forcément le meilleur endroit pour exprimer sa singularité (même si, évidemment, c'est un concours, il faut savoir se démarquer des autres blablabla). Le tout est de se démarquer en restant quand même plus ou moins dans un moule qui, lui, est très scolaire. Culture différente ou non, le traitement d'un sujet d'histoire, au hasard, ne devra pas changer essentiellement. Les références culturelles enrichissent toujours le tout, mais même les élèves de prépas qui n'ont pas de double nationalité et compagnie ont pu acquérir de telles références par eux-mêmes dans certains cas. Tout ça pour dire qu'à part aux oraux de langue, et encore, le jury n'a pas forcément le loisir d'examiner le profil intime d'un étudiant…Je ne suis peutêtre aps très claire, mais je ne vois pas comment préciser.
Après, je pense assez bien voir l'idée derrière la question, mais c'est un sujet lagement rebattu…
LuckyLuke a écrit :

Tu es trop conformiste.
Je suis d'accord , c'est d'ailleurs assez amusant de la part de Yumi qui tente de se montrer comme "original" , "bordélique" etc… mais qui sort des propos très conformistes.

Je rappellerai moi, que Sartre a raté l'agrégation de philosophie la première fois , ayant dit lui même qu'il avait été trop "original. Pour finir premier l'année suivante en étant plus scolaire .
Je rajoute que Sartre a vomi sur son proviseur par pure provocation. 😂
J'ai moi-même une double nationalité, et personne ne l'a jamais su… pour la simple raison que tout le monde s'en fiche royalement. Ils corrigent des copies, pas des profils. Ça peut être considéré comme regrettable, mais c'est comme ça.
Oui, le concours n'est pas un entretien d'embaûche mais un concours de la fonction publique, le jury (qui en grande majorité n'est pas constitué d'enseignants de l'Ecole, du moins à Ulm…), ne recherche pas particulièrement donc des personnalités qui lui plaisent. On ne fait pas acception de personnes (à l'oral une certaine tenue est nécessaire, mais il n'est pas question de se singulariser).
Muriel a écrit : (Autrement dit : dégaine moins vite !)Muriel
😂 !!

Désolé…mais là c'est une discussion parfaitement inutile, c'est à soi de travailler et de se forger…
et viser encore les mêmes élèves, dont je fais partie (malheureusement ?)…ça n'a pas d'intérêt…

Tu es certainement talentueux, Youmi, je ne remets rien en cause, mais la littérature n'est pas soumise à des cadres rigides, définis depuis l'ère pré-socratique…
Sinon que ferions-nous de Socrate,le maieutiste, de Baudelaire, Bachelard (un simple postier au départ) ou de Nieztsche 😀 ?
Allann a écrit : Je rappellerai moi, que Sartre a raté l'agrégation de philosophie la première fois , ayant dit lui même qu'il avait été trop "original. Pour finir premier l'année suivante en étant plus scolaire .
L'ENS (Ulm en tout cas) et l'Agreg diffèrent grandement sur ce point.
De mon expérience (et de celle de Sartre), il découle que l'originalité paie beaucoup plus à Ulm qu'à l'Agreg. Pour moi, d'ailleurs, la principale difficulté de l'Agreg était là: me couler dans les attentes formatées du jury.
je ne voyais que ce forum pour poser mes questions. Toutes ces interrogations sont en fait très nouvelles pour moi. Preuve que l'on a tous des "fonctionnements" voisins.
Je suis vraiment désolée d'avoir cassé quelque chose de très précieux pour l'un d'entre vous. Toujours est-il, vos commentaires, remarques, énervements vont droit au but et j'avance dans ma réflexion.

Je crois savoir ce qui a déclenché ma remarque du début, relative au profil "lisse" du normalien. J'ai attendu une fois une personne, juste devant l'entrée de l'ENS (rue d'Ulm). La personne que j'attendais était très en retard et j'ai eu tout le loisir d'observer les entrées et venues : absolument rien d'excentrique, aucune singularité, juste l'image que l'on peut avoir de gens "bien nés". Peut-être fallait-il attendre un peu plus…Et donc, je n'arrive pas à imaginer ces jeunes préparant leur concours autrement que dans une chambre à leur image.
Je ne peux ôter de mon idée que ceux qui réussissent aux concours ENS dans les branches scientifiques auront plus de chance d'être des "prolétaires" que les littéraires.
youmi a écrit : Toujours est-il, vos commentaires, remarques, énervements vont droit au but et j'avance dans ma réflexion.
Oui, le plus important est de se débarrasser de ses préjugés, mais dans un monde où le mensonge sème la zizanie, difficile de s'y retrouver…


C'est vrai que je me suis emporté et je m'en excuse, mais a priori vous perdez votre temps, dans l'optique où vous souhaitez préparer l'ENS.
Vous verrez le profil du premier(ou de la première) de classe en prépa, ses copies…après vous pouvez tout à fait le calquer…mais rien n'assure la réussite…

Quant aux scientifiques c'est faux dans la mesure où (au départ j'étais partant pour Maths-Sup,j'avais donc fait quelques recherches) une bonne partie des élèves de l'X, par exemple, sont fils et filles d'enseignants…

Seul le travail compte, Youmi, et le plaisir que vous lui accorderez… 🙂
Cela dit, carpe diem. Vale.
Certes , je crois que le niveau socio-culturel joue quand même , rien que pour le fait qu'on baigne dans la cuture depuis tout petit , qu'on a des parents qui nous poussent etc… Mais ce n'est pas une question financière , tu peux être "bien né" avec deux parents agrégés , un de grammaire et l'autre de philo. Si on est poussé à étudier, qu'on a une grande bibliothèque à notre disposition , qu'on va dans les meilleurs écoles , qu'on a pas à se battre pour faire des études. Je crois que ça joue mais il y a des exceptions partout , un élève qui à tout ça pourra être bête à manger du foin et un fils d'ouvrier réussira le concours de l'ENS.

En résumé , ça facilite un peu les choses si on est "bien" né socioculturellement mais ça ne fait pas tout. Donc , il n'y a pas de règle générale.

Et étant né de parents ouvriers , mon ambition n'est pas d'avoir l'ENS , certes, mais je ne me suis jamais considéré comme "mal-né". Même si les enfants de "prolétaire" (aucun sens de dire ça) n'ont pas toutes les facilités pour pouvoir réussir ou tout du moins présenté le concours , ça ne veut pas dire qu'il ne le réussiront pas. Cette envie de vouloir prouver aux autres qu'on peut réussir , en se battant , cette envie peut permettre de se surpasser dans le travail. Ce qui compte pour réussir le concours , c'est le travail car on peut être un "génie" mais si on connait tel évenement d'histoire , qu'on a pas appris les déclinaison du grec ou latin etc… Ce sera dur de se présenter mais certaines personnes ont des facilité pour apprendre et comprendre plus vite , c'est tout.
Je souhaiterai apporter ma modeste contribution à la question posée.

Je pense que le bordélisme d'une chambre n'est pas un point négatif pour réussir l'ENS. Bien au contraire, c'est souvent le signe d'une personnalité qui a autre chose à penser qu'à ranger sa chambre. Un élève intelligent a tendance à être plus passionné ou plus occupé par des choses plus élevées que par le rangement de sa chambre, sa propreté personnelle, etc… En tout cas, c'est très largement mon cas…

En revanche, il me semble, de manière plus ou moins générale, que le bordélisme intellectuel est une mauvaise chose. On peut avoir une pensée débordante, créative, ce qui est très positif, mais il faut savoir la canaliser. Cela s'appelle la rigueur, et c'est sans doute un impératif nécessaire dans le cadre d'un concours, et plus largement… L'originalité est d'ailleurs d'autant plus grande et frappante quand elle est frappée du sceau de la rigueur.

Je suis fils d'ouvrier et de parents sourds ayant juste un CAP, ce qui ne m'a pas empêché de m'investir dans l'école très jeune, ce qui me permet de rejoindre l'avis d'Arthur sur le fait que les jeux sont plus ou moins faits en entrant en prépa. Cela dit, c'est très souvent en prépa qu'on apprend à travailler (la rigueur, en somme, même si le mot est tabou ces derniers temps !).

Enfin, pour éclairer la remarque de youmi sur l'apparence vestimentaire des normaliens, deux points sont à prendre en compte. 1) Il s'agit de normaliens, c'est-à-dire de gens qui ont réussi le concours et qui ont désormais le temps de se soucier de leur apparence, qui sont plus posés, plus sereins (ne pas oublier qu'ils sont payés), et qui sont entourés de gens de milieux socio-culturels assez aisés. Le grégarisme vestimentaire existe, surtout si ces élèves-là se destinent à des métiers où l'excentricité est proscrite (professeur dans le supérieur, professions libérales, cadres, etc). 2) Leur singularité et leur originalité n'apparaît pas forcément sur leurs vêtements, mais dans la connaissance qu'on peut faire d'eux.
Bizarre, c'est le mot "doux" qui me vient à l'esprit à la lecture de la réponse de Mcbland. Merci.