Peut-on être "bordélique" et réussir aux concours ENS ?

La filière littéraire

39 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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j'ai une image "lisse" d'un futur normalien : extrêmement organisé, travailleur acharné, livres rangés, livres fichés, chambre monacale, discipline de fer, fils ou fille modèle, puit de science, pâle, hâve et propre, extrêmement poli, très croyant, avec un nom à particule, parfois pédant sans même s'en rendre compte, ne sachant pas qui est en demi-finale de la coupe du monde, …Connaissez des normaliens qui en khâgne étaient "déjantés", "bordéliques", dont les livres étaient entassés par terre, mélangés à des vêtements et des paquets de chips, créatifs, se levant à midi, faisant des plaisanteries "grasses", ne sachant pas nécessairement ce que signifie clystère ni comment cela s'écrit, mais aimant les lettres tout simplement. Rassurez moi.
peut-on être "bordélique" et réussir aux concours ENS
Oui…

Mais heureusement que le monde n'est pas aussi noir et blanc que vous le dites. 🙄 On peut aussi aimer les lettres "tout simplement" sans préparer le concours de l'ENS… donc il est assez normal que des ambitions assez hautes impliquent une certaine discipline personnelle. Personnellement, je me rapproche davantage de la première catégorie (mais je n'ai pas de particule et je ne fiche pas beaucoup 😜), mais certains de mes collègues flirtent dangereusement avec la seconde… 😉
votre réponse est claire et je vous en remercie. Je suis d'accord sur cette discipline personnelle qu'il faut s'imposer lorsque les ambitions sont hautes. Vous semblez regretter toutefois que certains de vos collègues "flirtent dangereusement" avec la seconde catégorie.
Je demandais en fait plus précisément si en hypokhâgne et en khâgne on pouvait se permettre d'être de cette seconde catégorie. Statistiquement les résultats s'en ressentent-t-ils? Comment décririez vous le ou les profils types des élèves qui réussissent le concours?
Ce sont des génies dès le collège/lycée, donc organisés ou pas… 😀
youmi a écrit : Comment décririez vous le ou les profils types des élèves qui réussissent le concours?
Stresser 😀 ?

On peut pas ficher des élèves comme des robots, chacun est différent, moi pour ma part ça m'échappe sans cesse 😂….
Mais c'est évident que pour travailler il faut un minimum de rigueur, la prépa c'est différent du lycée, alors en plus du travail il faut, je pense, une bonne dose de motivation (pourquoi pas une overdose 😂 ?) et du talent…

Et c'est à toi de devenir celui qui réussira les concours à venir, pas celui qui les a déjà a réussi, mais c'est sûr qu'un modèle est très rassurant…
Malgré ces différences, je pense qu'il doit être possible de cerner quelques profils types. Un enseignant peut-être pourrait mieux le faire ou donnerait les qualités attendues. Il doit y avoir le profil "génie", le profil "travailleur acharné sans répit" mais y en a-t-il d'autres ….
Je pense que les vrais "génies" réussissent plutôt dans les mathématiques, s'ils ne travaillent pas. C'est un avis personnel, mais pour moi la réussite dans les matières dites "littéraires" exige un certain travail, une constance, même en appartenant à la caste des "génies". Une constance que les mathématiques demandent moins à ces "génies".

Et on peut être un "génie" et rater un concours. Et ne pas en être un et le réussir. 😜
On trouve tous les profils à l'ENS, et donc en prépa.

Personnellement, j'appartenais aux "travailleurs intermittents": de gros "coups de collier" alternant avec des phases de décompression totale, durant parfois plusieurs semaines. Ce n'est pas recommandé, mais je n'ai jamais su faire autrement.
Quelle dichotomie…
Accorder l'aspect créatif à l'inorganisation, la refuser à l'ordre, c'est un cliché aussi vieux que dépassé, si vous me permettez…

Le travail est la base de toute réussite, tant chez le génie que chez le simple forçat. À chacun sa manière de l'opérer, et c'est là seulement qu'interviennent les différences de méthode.
Pas grand chose à rajouter, mais des normaliens, ou futurs normaliens, qui se lèvent à midi, à part pendant les grandes vacances, je n'en connais pas, et il vaudra mieux vous y faire!
Les vrais génies… Peut-être y en a-t-il des faux ? 😂 Je vais en commander un pour Noël, il paraît qu'on en produit en série…

Plus sérieusement, je ne vois pas du tout l'intérêt d'une telle question, sur le "bordélisme". La prépa, c'est difficile, on le sait. Ça demande du travail et de l'acharnement, on le sait. Après, la manière dont tu ranges ta chambre, très honnêtement, on n'en a rien à faire… 😀
HugoO a écrit :Pas grand chose à rajouter, mais des normaliens, ou futurs normaliens, qui se lèvent à midi, à part pendant les grandes vacances, je n'en connais pas, et il vaudra mieux vous y faire!
Pourtant si, j'en connais et toi aussi. Après tout, si tu décides de te lever à 12h pour travailler jusqu'à 4h du mat, c'est un choix, et ça ne change pas grand chose! Après, plus on a de difficultés, mieux vaut s'organiser à mon avis
Pleonasme a écrit :
HugoO a écrit :Pas grand chose à rajouter, mais des normaliens, ou futurs normaliens, qui se lèvent à midi, à part pendant les grandes vacances, je n'en connais pas, et il vaudra mieux vous y faire!
Pourtant si, j'en connais et toi aussi. Après tout, si tu décides de te lever à 12h pour travailler jusqu'à 4h du mat, c'est un choix, et ça ne change pas grand chose! Après, plus on a de difficultés, mieux vaut s'organiser à mon avis
Euh, ouais, mais dans ce cas là tu vas pas en cours si tu te lèves à midi 😂. J'en connais? Ben je suis pas au courant (et F.R est tout sauf un exemple).
je ne suis pas d'accord.
D'expérience, il y a une corrélation très grande entre l'état d'une chambre et une manière de raisonner ou d'appréhender les choses.
Dans ce cas, pourquoi poses-tu la question ?
Et très franchement, cette corrélation, je n'y crois pas trop… tout simplement parce qu'on n'a pas forcément le temps de ranger sa chambre quand on a cinq dissertations à faire la même semaine, et qu'on veut avoir plus de 10…
Moi non plus : je parlais à une dame qui tient un foyer (le foyer des dominicaines pour info) et celle-ci me demandait si j'étais ordonnée ou non, car étant au contact de jeunes filles "prépateuses" depuis un certain temps elle avait vu s'opérer un "retournement" de situation (retournement dont elle m'a fait part et que je puis livrer aujourd'hui) : cette dame a constater qu'aujourd'hui (au contraire d'hier) existe une sorte de "déphasage" entre la propreté et la réussite scolaire. Les jeunes filles d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'auparavant : les meilleures élèves sont souvent les moins et ordonnées et inversement. On ne peut donc pas dire que le "bordélisme" puisse être le moyen d'un jugement d'une potentielle réussite en prépa.
Franchement, on s'en fou un peu, comme l'a dit Oregann… Que l'auteur du sujet s'organise comme il a l'habitude de s'organiser si il réussit bien ses études secondaires… Tout changer n'est pas forcément bien, ça peut perturber. Ne rien changer n'est pas forcément bien non plus si c'est un vrai vrai bordel. Il faut procéder à quelques ajustements, en fonction des problèmes rencontrés, pas avant.
Sullyvan a écrit :Ce sont des génies dès le collège/lycée, donc organisés ou pas… 😀
C'est dit sur le ton de la drôlerie, bien sûr, mais il y a sans doute un peu de vrai là-dedans… ce n'est pas en s'imposant un planning de travail réglé comme une horloge suisse et une discipline de fer en entrant en prépa qu'on finit par intégrer, en général (il y a des exceptions de temps en temps). Il faut un petit quelque chose (un je ne sais quoi diraient les dix-septièmistes 😉) en plus pour se démarquer (surtout à l'oral), et cela vient rarement de l'environnement (l'émulation qu'es censée apporter la CPGE ne fonctionne pas de la même façon avec tout le monde, même si cela entre parfois en jeu ; et encore moins, je pense, la pression ou l'ambition d'un parent d'élève, puisque vous êtes dans ce cas, youmi). Si la motivation ne vient pas de lui, ça risque d'être très compliqué…

En tout cas, j'ai l'impression depuis longtemps que beaucoup de choses sont jouées dès avant l'entrée en prépa, y compris pour les résultats du concours. Les niveaux sont très hétérogènes d'emblée, et ils le restent globalement (en se resserrant un peu, parfois, et avec des progressions ou stagnations un peu plus spectaculaires pour certains).
Aeria a écrit :Je pense que les vrais "génies" réussissent plutôt dans les mathématiques, s'ils ne travaillent pas.
Pas vraiment convaincu : il y a des "tâcherons" qui arrivent assez loin en mathématiques, et inversement certains collègues ont rendu un mémoire de qualité en ne travaillant que de manière intermittente… Cette perception vient peut-être de l'opacité plus grande des disciplines scientifiques (en sortant de CPGE, on peut suivre un séminaire de doctorat dans la plupart des disciplines littéraires, mais pas des disciplines scientifiques…). Le nombre de postes y est peut-être aussi pour quelque chose (l'agrégation en lettres ou en histoire reste de niveau honnête pour un normalien ; en mathématiques, cela ressemble plutôt à une formalité dont la plupart des élèves se dispense désormais).
Et on peut être un "génie" et rater un concours. Et ne pas en être un et le réussir.
Là je suis d'accord. Le concours n'est pas un outil parfait… il y a des erreurs de recrutement dans les deux sens : des élèves sont recrutés, qui n'ont pas le niveau auquel on peut s'attendre (c'est parfois flagrant, sur des connaissances de base, de la méthodologie), ou n'ont aucune ambition pour dépasser un peu l'enseignement qu'ils reçoivent (ils prennent le moins de cours possibles, sans aller voir des enseignements qui sortent un peu de l'ordinaire, etc., vont à tous les cours de l'université, ne travaillent que leurs programmes, voire pour certains n'ont pas mis de l'année les pieds à la bibliothèque, ne profitent pas des nombreux événements culturels organisés à l'Ecole et dans le quartier, etc.).
Inversement, des candidats qui pourraient représenter un réel intérêt échouent (souvent parce qu'ils ont négligé certaines matières qui les intéressent moins, mais pas seulement)… Le diplôme de l'ENS (n'ouvrant pas droit au statut de normalien) a été créé pour tenter d'y remédier, avec une sélection plus personnalisée et un entretien de motivation, mais il a lui aussi ses faiblesses.
Après tout, si tu décides de te lever à 12h pour travailler jusqu'à 4h du mat, c'est un choix, et ça ne change pas grand chose!
Le problème, c'est que les cours ne sont pas prévus comme cela. 😜 J'ai eu ce genre de tendances en khâgne (avec des temps de sommeil très variables entre 0 et 12h / nuit), ça ne m'a pas porté préjudice au final, mais je ne le recommande pas, et je ne crois pas que cela m'ait été utile. Pouvoir dépasser 60h de veille continue sur un week-end, c'est certes assez amusant et cela permet de relativiser ses "limites" (et c'est important parfois, la charge de travail étant assez mal répartie dans l'année), mais la concentration finit par baisser inéluctablement.
(et F.R est tout sauf un exemple).
F.R. (le monde est petit 😉) est en effet un mauvais exemple puisqu'il fait partie de ces candidats (minoritaires), qu'on peut appeler "génies" si l'on y tient, qui ont déjà fait leur preuves avant la prépa (au concours général notamment)… Si l'enfant de youmi était dans ce cas, je ne pense pas qu'il se poserait tant de questions.

Cordialement.
Je résume : quand on a plusieurs dissertations par semaine et qu'on désire les faire bien cela parait difficile d'être ordonné. Il semblerait même qu'il y ait une tendance ces dernières années à ne pas l'être. Certains sont "bordéliques" dans leur répartition temps de travail/sommeil mais cela correspond à leur propre rythme acquis bien avant la prépa. Modifier ce rythme peut être utile mais généralement "les jeux sont faits" bien avant. Le travail reste malgré tout l'atout principal. Cet aspect "bordélique" peut être utile à l'oral car on détecte un "je ne sais quoi"….

Je m'écarte un peu du sujet : je n'arrive pas à comprendre ce à quoi pourrait correspondre un génie dans le domaine littéraire. Un matheux peut avoir l'intuition de démonstrations élégantes, un chimiste démontera un mécanisme propre à la matière par un procédé hypthético/expérimental mais que signifie exceller en langues, en littérature, en philosophie…? Cela a-t-il un sens de vouloir quantifier cela? La part de l'érudition me semble plus déterminante pour un littéraire et donc plus prosaïquement l'évaluation d'une copie relève d'une rencontre érudition du correcteur/érudition du candidat/ alchimie du moment. Des études statistiques sur la dispersion des notes lors de la correction de copies scientifique ou littéraires ont-elles été faites?

Sinon, un grand merci pour vos commentaires, remarques. Etant scientifique, les rouages du milieu littéraire sont plongés dans un milieu opaque.
youmi a écrit : Je m'écarte un peu du sujet : je n'arrive pas à comprendre ce à quoi pourrait correspondre un génie dans le domaine littéraire. Un matheux peut avoir l'intuition de démonstrations élégantes, un chimiste démontera un mécanisme propre à la matière par un procédé hypthético/expérimental mais que signifie exceller en langues, en littérature, en philosophie…?
Absolument faux pour les sciences (et Aeria aussi). Les génies en sciences sont aussi des génies en littérature (Einstein,Hawking et inversement Hugo,Bergson).
Je suis loin d'être une référence en sciences (puisque je n'ai pas été pris à la B/L d'un certain lycée mais en A/L), mais avec un travail très simple et rigoureux, on peut monter très haut (avoir de meilleures notes en sciences tout au long d'année que des futurs maths-sup de llg ou de hoche, se classer parmi les meilleurs nationaux dans des concours mathématiques). En sciences, il n'a pas d'intuition proprement à parler (ce que je ne comprends pas, tout le monde en parle 😂 ) mais dans un énoncé accumulation de données ou de méthodes pour le résoudre.
Ce qui intervient en littérature tant bien qu'en sciences, c'est la faculté de compréhension ou d'assimilation des notions. Ainsi la mémoire est immédiatement mise en jeu (en plein cours), et vous pouvez quasiment prendre la place du professeurs pour faire la suite du cours : donc CONCENTRATION et REFLEXION.
En littérature c'est très complexe (Arthur est mieux placé que moi pour en parler), mais c'est avoir des connaissances, une ouverture d'esprit associée à une bonne réfléxion et du style, en somme avoir les bonnes idées dans sa tête pour en faire des arguments rationnels et objectifs sur sa copie…