Cela me permet de distinguer j'en veux plu (ne m'en resservez pas) de j'en veux pluss (resservez-moi).
Cela me permet de distinguer j'en veux plu (ne m'en resservez pas) de j'en veux pluss (resservez-moi).
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Quand plus signifie "davantage", il peut parfois se prononcer "pluss", en fin de phrase en particulier,
mais ce n'est jamais obligatoire.
Il en faut plus. ("plu" ou "pluss")
Lamaneur a écrit :Dans votre phrase, Coralie aime beaucoup plus Jean-Yves, j'aurais aussi tendance à faire sonner le "s".Ce n'est pas ma phrase mais celle sur laquelle portait la question de Jinying.
Bonsoir. « Plus » peut avoir le sens de « davantage ». Une éventuelle liaison phonique avec le mot qui suit, semble dépendre de la nature de ce mot. On le voit en comparant les citations suivantes :« Il faut plus aimer [pluss aimer] cette souveraine bonté [de Dieu] dans les effets douloureux à la nature [ici la mort de la maman de Mme de Sévigné, donc la fille de Jeanne de Chantal] que dans ceux qui lui sont à consolation » (Jeanne de Chantal, lettre à Monsieur le Commandeur de Sillery, juillet 1632) « Je répète qu’il n’y a personne qui fasse des partisans plus zélés [plu zélés], plus constants [plu constants], plus enthousiastes [pluz enthousiastes], plu propres [plu propres] à se multiplier, s’étendre, se soutenir, se perpétuer, qu’un homme qui a trouvé le secret de captiver l’esprit du peuple par quelque absurdité [religieuse] » (L’abbé Dulaurens, Le Compère Mathieu, chap. 5). On remarquera que, dans la première citation « plus » se rapporte à l’infinitif « aimer », tandis que, dans la deuxième citation, « plus » se rapporte à des adjectifs. Cela explique peut-être la différence de prononciation de ce mot « plus ». De même, on peut comparer les phrases suivantes : « Jamais la succession royale n’avait paru plus affermie [pluz affermie] » (Massillon, Oraison funèbre de Louis XIV), « J’avais marqué le temps de mon départ d’Amiens. Hélas ! Que ne le marquais-je un jour plus tôt [plu tôt] », (Prévost, Manon Lescaut), « Le deuxième centenaire de la naissance de mon aïeul offre l’occasion de cette publication : elle répond au vœu de l’auteur [Louis-Philippe] et ne saurait être plus longtemps [plu longtemps] différée » (Louis-Philippe, Mémoires, préface par le comte de Paris), « On passe plus aisément [pluz aisément] d’une extrémité à l’autre qu’on ne s’arrête dans un sage milieu » (Louis-Philippe, Mémoires, I, p. 22), « La plupart d’entre eux [=d’entre les contre-révolutionnaires] détestait plus [détestait pluss] le duc de La Rochefoucauld et M. de La Fayette qu’elle ne détestait Robespierre et Marat » (Louis-Philippe, Mémoires, I, p. 188).Dans les quatre premières citations, « plus » se rapportent à un adjectif ou à un adverbe , tandis que, dans la quatrième, il se rapporte au verbe. Quand « plus » se trouve en fin de phrase, voici ce que cela donne : « Cependant, ce n’est pas sans raison que personne n’a encore osé corriger les Septante [version en grec du Pentateuque] sur l’hébreu, en plusieurs endroits où ils semblaient différents. Cela prouve qu’on n’a pas cru que ce défaut de concordance fût une faute, et je ne le crois pas non plus [non plu] » (saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XV, chap. 14 ; traduction sous la direction de M. Poujoulat et de M. l’abbé Raulx). Quand on rencontre la formule « plus de », pour indiquer un surcroît, il semble qu’on puisse lire « plu de » ou « pluss de », indifféremment, sauf quand il s’agit d’une quantité chiffrée, ou « plu de » serait peut-être prédominant :« Quelque difficulté et quelque péril qui me parussent dans un tel projet [celui d’enlever la Reine et Mlle de Hautefort], je puis dire qu’il me donna plus de joie que je n’en avais jamais eu de ma vie » (La Rochefoucauld, Mémoires), « Il [François Sublet de Noyers] me fit proposer au Roi, par le P. Sirmond, jésuite et son confesseur, pour l’évêché d’Agde, qui n’a que vingt-deux paroisses, et qui vaut plus de trente mille livres de rente [plu de trente-mille livres] » (Retz, Mémoires). Je vous parlerai, peut-être, ultérieurement, des autres formulations « plus à », « de plus », « de plus en plus », « plus ou moins », « le plus », « le plus de », « pas plus et pas moins », « ni plus ni moins », etc. Mon intervention n’est déjà que trop longue. Merci de me préciser là où elle vous paraît « clocher ». Bien respectueusement.