Prononciation de "plus"

Langue française

44 réponses · Page 2 / 3

Moi aussi !
Cela me permet de distinguer j'en veux plu (ne m'en resservez pas) de j'en veux pluss (resservez-moi).
Oui, pour "de plus en plus", on a le choix.
J'ai signalé moi-même plus haut l'utilité du distinguo plu / pluss en cas d'ambiguïté.
Mais à la différence de "J'en veux plus", "de plus en plus" n'est nullement ambigu.
L'utilité de prononcer "pluss" est donc moins flagrante.
Qu'en est-il de la prononciation de ni plus ni moins ?
Le mot n'étant pas ici en fin de phrase, il se prononce le plus souvent "plu"…
Voir ce que j'avais dit plus haut :
Quand plus signifie "davantage", il peut parfois se prononcer "pluss", en fin de phrase en particulier,
mais ce n'est jamais obligatoire.
Il en faut plus. ("plu" ou "pluss")
Si j'ai bien compris (et cela concerne toutes les locutions que j'ai citées), en fin de phrase, on prononcera pluss. Je me vois difficilement dire : Voilà. C'est tout ce dont on a besoin, rien de plu. Sinon, en cas d'absence d'ambiguïté, on prononcera plu. C'est bien ça ?
On peut résumer comme cela…
Bonjour,

Dans le superlatif "le plus de + n." , "plus" se prononce [plys]?

Dans la phrase suivante:
"Bien plus qu'un mécontentement à l'égard d'une loi réformant l'enseignement supérieur, les manifestations traduisent l'inquiétude des lycéens et des étudiants sur leur avenir professionnel."

"plus" se prononce également [plys]?

"Coralie aime beaucoup plus Jean-yves." [plys] ou [ply]

Merci
L'une et l'autre prononciations sont possibles. Ne pas faire sonner le "s" me paraît plus élégant mais le faire sonner offre peut-être plus de clarté.
@ Lamaneur

Dans Coralie aime beaucoup plus Jean-Yves. ne pas prononcer le s me semble tout simplement impossible. C'est un plus, on ajoute quelque chose aux sentiments
En générale le s ne se prononce pas dans une phrase au contenu négative du genre je n'aime plus Jean-Yves. On retire quelque chose à ses sentiments.
Me trompe-je ?
La prononciation du "s" est matière à de nombreuses variations d'un individu à l'autre et encore plus d'une région à l'autre.
Dans les deux formes citées par Jinying, le plus de, et bien plus que, "plus" est suivi de "de" ou de "que" qui fait que le "s" est souvent muet, sans risquer de confusion. Mais certains le font néanmoins sonner.
Dans votre phrase, Coralie aime beaucoup plus Jean-Yves, j'aurais aussi tendance à faire sonner le "s". Mais je le laisserais probablement muet dans "je l'aime beaucoup plus que lui" ou même possiblement dans "j'aime beaucoup plus mon frère que ma sœur".
Voici les avis de Martinon, Comment on prononce le français, un ouvrage déjà ancien, puis de Fouché, Traité de prononciation française, pas tout jeune non plus.
[liens invalides]
Lamaneur a écrit :Dans votre phrase, Coralie aime beaucoup plus Jean-Yves, j'aurais aussi tendance à faire sonner le "s".
Ce n'est pas ma phrase mais celle sur laquelle portait la question de Jinying.

Sur l'article joint, je prononce la plupart du temps comme il est écrit.
Mais l'article est un peu flou. On peine parfois à savoir si le s est prononcé quand il est écrit plu(s) ou plus
Je n'avais pas vu qu'elle avait ajouté cette phrase après ma première réponse.
L'écriture "plu(s)" signifie la prononciation muette du "s".
Le flou de l'article résulte du flou de l'usage.
En dehors des régions dans lesquelles on a tendance à prononcer TOUTES les lettres, je pense qu'on dira «plu(s)», partout où il ne peut pas y avoir confusion, et «plus» en cas contraire.
Ce fil est à rattacher à cette discussion

Par ailleurs en cherchant sur le Net "prononciation mot plus" on trouve plusieurs articles intéressants qui globalement se rejoignent.
Merci à Lameneur de votre explication,

selon ce qui est mentionné dans cet ouvrage ancien, "On ne prononce jamais le s …. ni devant de, dans tous les sens, plu(s) de monde, plu(s) d'amour…"

Mais selon https://fr.wiktionary.org/wiki/plus


"(Avec de) Comparatif de beaucoup de. Davantage de. On peut l’utiliser avec que. (\plys\)
Il y a plus de gens qu’hier."

Alors si la phrase complète est "Il y a plus de monde ici qu'ailleurs." "plus" doit se prononcer [plys], n'est-ce pas?
Dans cette phrase, il est vraisemblable qu'aujourd'hui la majorité des gens font sonner le "s", mais ce n'est pas une obligation et l'on peut y garder le "s" muet ; il est possible que cela paraisse un peu précieux à certains. L'avantage du "s" sonore est d'éviter les confusions .
Oui, tu me l'enlèves de la bouche, Lamaneur.
Je crois que comme il a été dit plus haut, la prononciation est fluctuante selon les régions, l'individu, l'humeur. Mais l'essentiel est de se faire comprendre.
Si on dit : y a plu(s) de monde d'un air dépité, on comprendra qu'il n'y a qu'un désert humain là où on attendait la foule.
Si on dit y a pluss ou plu de monde, maintenant, faut faire la queue. d'un air tout aussi dépité, on comprendra que cela nous pèse de faire les courses aux heures de pointe.
Non !
Si on dit : y a plu(s) de monde d'un air dépité, on comprendra qu'il n'y a plus qu'un désert humain là où il y avait la foule.
Y a plus un chat, quoi !

Bonsoir. « Plus » peut avoir le sens de « davantage ». Une éventuelle liaison phonique avec le mot qui suit, semble dépendre de la nature de ce mot. On le voit en comparant les citations suivantes :« Il faut plus aimer [pluss aimer] cette souveraine bonté [de Dieu] dans les effets douloureux à la nature [ici la mort de la maman de Mme de Sévigné, donc la fille de Jeanne de Chantal] que dans ceux qui lui sont à consolation » (Jeanne de Chantal, lettre à Monsieur le Commandeur de Sillery, juillet 1632) « Je répète qu’il n’y a personne qui fasse des partisans plus zélés [plu zélés], plus constants [plu constants], plus enthousiastes [pluz enthousiastes], plu propres [plu propres] à se multiplier, s’étendre, se soutenir, se perpétuer, qu’un homme qui a trouvé le secret de captiver l’esprit du peuple par quelque absurdité [religieuse] » (L’abbé Dulaurens, Le Compère Mathieu, chap. 5). On remarquera que, dans la première citation « plus » se rapporte à l’infinitif « aimer », tandis que, dans la deuxième citation, « plus » se rapporte à des adjectifs. Cela explique peut-être la différence de prononciation de ce mot « plus ». De même, on peut comparer les phrases suivantes : « Jamais la succession royale n’avait paru plus affermie [pluz affermie] » (Massillon, Oraison funèbre de Louis XIV), « J’avais marqué le temps de mon départ d’Amiens. Hélas ! Que ne le marquais-je un jour plus tôt [plu tôt] », (Prévost, Manon Lescaut), « Le deuxième centenaire de la naissance de mon aïeul offre l’occasion de cette publication : elle répond au vœu de l’auteur [Louis-Philippe] et ne saurait être plus longtemps [plu longtemps] différée » (Louis-Philippe, Mémoires, préface par le comte de Paris), « On passe plus aisément [pluz aisément] d’une extrémité à l’autre qu’on ne s’arrête dans un sage milieu » (Louis-Philippe, Mémoires, I, p. 22), « La plupart d’entre eux [=d’entre les contre-révolutionnaires] détestait plus [détestait pluss] le duc de La Rochefoucauld et M. de La Fayette qu’elle ne détestait Robespierre et Marat » (Louis-Philippe, Mémoires, I, p. 188).Dans les quatre premières citations, « plus » se rapportent à un adjectif ou à un adverbe , tandis que, dans la quatrième, il se rapporte au verbe. Quand « plus » se trouve en fin de phrase, voici ce que cela donne : « Cependant, ce n’est pas sans raison que personne n’a encore osé corriger les Septante [version en grec du Pentateuque] sur l’hébreu, en plusieurs endroits où ils semblaient différents. Cela prouve qu’on n’a pas cru que ce défaut de concordance fût une faute, et je ne le crois pas non plus [non plu] » (saint Augustin, La Cité de Dieu, livre XV, chap. 14 ; traduction sous la direction de M. Poujoulat et de M. l’abbé Raulx). Quand on rencontre la formule « plus de », pour indiquer un surcroît, il semble qu’on puisse lire « plu de » ou « pluss de », indifféremment, sauf quand il s’agit d’une quantité chiffrée, ou « plu de » serait peut-être prédominant :« Quelque difficulté et quelque péril qui me parussent dans un tel projet [celui d’enlever la Reine et Mlle de Hautefort], je puis dire qu’il me donna plus de joie que je n’en avais jamais eu de ma vie » (La Rochefoucauld, Mémoires), « Il [François Sublet de Noyers] me fit proposer au Roi, par le P. Sirmond, jésuite et son confesseur, pour l’évêché d’Agde, qui n’a que vingt-deux paroisses, et qui vaut plus de trente mille livres de rente [plu de trente-mille livres] » (Retz, Mémoires). Je vous parlerai, peut-être, ultérieurement, des autres formulations « plus à », « de plus », « de plus en plus », « plus ou moins », « le plus », « le plus de », « pas plus et pas moins », « ni plus ni moins », etc. Mon intervention n’est déjà que trop longue. Merci de me préciser là où elle vous paraît « clocher ». Bien respectueusement.