Une phrase en vieux français crédible pour mes toilettes

Langue française

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et tous,

J'ai besoin de vos lumières… Depuis 8 mois, je travaille sur la décoration de mes WC en "Nautilus", ambiance cabine du Capitaine Némo. Tout est presque terminé, et le résultat est époustouflant. Mais il manque quelques petits détails, dont l'un dépend de vos connaissances…

Pour que mes invités puissent se laver les mains, plutôt que d'aller dans la salle de bain, je mets à leur disposition une solution hydroalcoolique. Près de la solution alcoolique, je vais faire encadrer un parchemin avec les instructions pour l'usage de la solution.

Il faudrait que la phrase soit à "la Jules Verne", et qu'elle soit crédible si elle avait été prononcée, avec élégance, vers 1850. Elle doit toutefois être compréhensible par mes invités…

Voici une idée : "Merci d’user de cette solution hydroalcoolique pour dépurer vos mains de toute souillure. Le Capitaine Némo."
Plutôt que "dépurer", il pourrait y avoir "purger", "nettoyer", "épurer", etc.
Mais peut-être avez-vous de meilleures idées ?

Merci beaucoup !

Nico
Je crains que le vieux français n'ait rien à voir avec 1850…
Amphitryon a écrit :Je crains que le vieux français n'ait rien à voir avec 1850…
Merci pour cette réponse, mais elle n'est pas très constructive… 😉
Je souhaite simplement que la phrase fasse "19ème siècle" et soit compréhensible par mes invités…
Donc si vous avez des idées…
nicolasg a écrit :
Amphitryon a écrit :Je crains que le vieux français n'ait rien à voir avec 1850…
Merci pour cette réponse, mais elle n'est pas très constructive… 😉
Je souhaite simplement que la phrase fasse "19ème siècle" et soit compréhensible par mes invités…
Donc si vous avez des idées…
Je crains que le français de 1850 ne soit guère différent de ce qu'il est aujourd'hui. Relis Jules Verne pour t'en convaincre.

"Chers amis, veuillez avoir l'obligeance d'utiliser pour la toilette de vos mains cette solution moussante, détergente et antiseptique, légèrement parfumée à l'eau de mélisse des Carmes de Boyer, qui n'est toutefois pas potable et qu'il est nécessaire de bien rincer. Votre hôte vous en remercie à l'avance."
En outre, pourquoi sur parchemin ?
Je pense qu'à l'époque de Jules Verne, l'écriture sur parchemin, ça ne se faisait déjà plus depuis longtemps !
A la rigueur, pour "faire 19e siècle", tu peux l'écrire avec de la calligraphie. Et encore… J'ai cherché, mais je ne vois pas grand chose, désolé.
Bonsoir,

Alors moi j'écrirais : « Ici, point d'eau (c'est très drôle parce qu'on y décèle un jeu de mots ! =D), veuillez utiliser la solution antibactérienne à votre disposition ci-dessous afin d'éviter la contamination de notre pain quotidien. »

Bon appétit !

Muriel
J'aime beaucoup celle de Muriel (pas mal, le jeu de mots!) 🙂
Mais c'est sûr qu'avec "solution antibactérienne", on s'éloigne un peu de 1850…
Pas du tout. En plein dedans au contraire, à défaut d'être d'avant-garde pour l'époque, comme Jules Verne aurait sans doute aimé. Pour mémoire, Pasteur : 1822-1895. D'autres "antibactériens" étaient connus depuis très longtemps : eau de Dalibour (Louis XIV), permanganate de potassium (1650) …

Mais si j'y avais pensé j'aurais écrit ce que Muriel a écrit, c'est épatant comme jeu de mot.
D'autres "antibactériens" étaient connus depuis très longtemps : eau de Dalibour (Louis XIV), permanganate de potassium (1650) …
Certes, mais comme on n'avait pas découvert les bactéries, on ne les appelait pas encore antibactériens… Ce mot n'est pas attesté avant 1889.

Le nom "désinfectant", pour sa part, est attesté dès 1820.
Merci beaucoup pour ces sympathiques réponses ! 🙂
Je crois que je vais prendre la phrase de Muriel en enlevant "quotidien" et en remplaçant "antibactérienne" par "hydroalcoolique" !
Je connais un calligraphe qui sait faire vieillir le papier, etc. Et ce parchemin me semble intéressant pour ma déco…
Je crois qu'au XIXème siècle on utilisait moins de politesse lécheuse et de parler mimi qu'aujourd'hui. On aurait osé l'impératif. "Lavez vous les mains" aurait très bien passé, sans contorsion, sans vous remercier de votre attention et sans vous souhaiter une très, très bonne fin de journée. Et si les phrases ont peu changé, il y a des caractères très datés, comme les petites majuscules qu'on voit encore dans les très, très vieilles stations de métro.
Putakli, j'aurais plutôt l'impression que c'est aujourd'hui qu'on n'ose plus l'impératif : "Entrer sans sonner" se lit et me choque tous les jours. Les vieilles plaques des vieux immeubles (époque Napoléon III) sont les dernières à porter Entrez sans sonner. L'exception confirme la règle, mais les exceptions sont seulement des exceptions..

Et relisez donc Jules Verne, contrairement à ce que vous pensez ou affectez de penser, le capitaine Nemo est d'une exquise politesse, d'une urbanité et d'une courtoisie de tous les instants. Il n'ose guère l'impératif parce qu'à son époque, contrairement à ce que vous avancez, cela ne se faisait pas entre gens de bonne compagnie. Le discours était bien plus formel qu'aujourd'hui !

Vous confondez politesse et sincérité. Aucune personne sensée ne peut prétendre que la politesse, les "manières" en général, se soient affinées ou "améliorées" depuis le XIXè siècle. Demandez l'avis des enseignants. Comparez par la pensée le comportement, donc nécessairement la "politesse", d'un lycéen du temps de Jules Verne et d'un lycéen standard actuel. La sincérité, c'est une autre affaire, et là vous avez sans doute raison. x
nicolasg a écrit :Je crois que je vais prendre la phrase de Muriel en […] et en remplaçant "antibactérienne" par "hydroalcoolique" !
C'est en effet très judicieux, puisque, si les antibactériens n'étaient pas connus en tant que tels à l'époque de Jules Verne, la désinfection de la peau et des plaies par l'alcool (méthylique ou éthylique) était d'un usage courant, et depuis des siècles. (Au temps d'Ambroise Paré on assainissait les plaies de guerre par de l'alcool, que l'on enflammait sur la blessure, comme on flambe une tarte. Ce procédé était l'équivalent, par son effet, des cautères (fer rouge) que l'on a encore utilisés, faute de mieux à bord, sur les blessures sanieuses potentiellemet mortelles des soldats, au siège de Verdun, pendant la Grande Guerre).
Je comprends que l'usage intensif des salles d'attente multiplie l'occasion d'être agacé de lire "Entrer sans sonner" au lieu de "Entrez sans sonner", parce que l'usage intensif des transports en commun a répété mon agacement d'entendre les hauts-parleurs dire "Tout le monde descend" au lieu de "Descendez tous", comme si on m'informait que mon ombre était déjà sortie et qu'il était urgent que je la rejoigne dehors.
L'usage intensif des toilettes est moins strictement professionnel, mais je ne manque pas de remarquer que lorsque les toilettes sont transformées en bibliothèque, il n'y a pas de bibliothèque dans le salon et vérifie aussitôt que je suis bien dans une famille de vieille tradition catholique où l'on entend dire que jeter un livre est une bonne action et que les protestants aux pieds fourchus étaient les gens qui savaient lire.
Ce ne sont pas des choses dont il est d'usage de parler, mais il est si peu rare de les observer que je ne peux pas citer ici les preuves de la persistance de cette mentalité, parce que les personnes qui la manifestent sont trop en vue. Je me bornerai donc à indiquer le cas d'une vieille dame qui se vantait beaucoup d'avoir dansé avec Jules Verne, puis avait transféré et transmis son admiration de l'invention scientifique sur l'école Polytechnique, comme la manifestation d'un pouvoir divin qui consacrait la mathématique comme une théologie supérieure à tous les livres, en sorte que ses enfants, ses petits enfants et ses arrières petits enfants sont habitués à trouver les livres dans les WC où ils les lisent.
On peut aussi se servir de cette clé pour suivre en partie la trajectoire de la pensée de Michel Onfray à partir du Ventre des philosophes.
Encore merci pour cette discussion, ce forum est une perle ! 🙂 Dernières précisions : je suppose qu'à l'époque, le terme "antiseptique" n'existait pas ?

Comme le cadre dans lequel va être enfermé le petit parchemin va être posé sur une étagère, la petite bouteille antiseptique sera située devant, où sera légèrement déplacée sur les côtés afin que la lecture du parchemin soit facile. Je ne pense pas, donc, qu'il faille employer le terme "ci-dessous".

Je verrais plus une phrase du type :
"Ici, point d'eau. Veuillez utiliser la solution hydroalcoolique à votre disposition ci-présentement afin d'éviter la contamination de notre pain."
ou
"Ici, point d'eau. Veuillez utiliser la solution hydroalcoolique ici mise à votre disposition afin d'éviter la contamination de notre pain."

Mais employer deux fois "ici" n'est pas formidable. Et le terme "ci-présentement" me semble fantaisiste… 😉

Une dernière suggesion ?

Si vous voulez, je posterai la photo du parchemin réalisé, et du résultat final…
Bonsoir Nicolas,

S'il n'y a rien d'autre, sur la petite étagère, que le parchemin et la solution, vous pouvez supprimer le second « ici » :
- Ici, point d'eau. Veuillez utiliser la solution hydroalcooliqueici mise à votre disposition afin d'éviter la contamination de notre pain.

(Et d'accord pour la photo ! 😉)

Muriel
Dernière petite question. Que veut l'usage pour la signature en fin de message ?

"Capitaine Némo"

ou

"Le Capitaine Némo" ?

Merci ! 🙂
nicolasg a écrit :Dernière petite question. Que veut l'usage pour la signature en fin de message ?

"Capitaine Némo"

ou

"Le Capitaine Némo" ?

Merci ! 🙂
Capitaine Némo
On peut aussi distinguer le tampon (Le capitaine) et la signature (Nemo)
Je pense à une petite phrase purement "dix-neuvième", ou l'art de tourner en dérision une perle historique si elle paraissait dans des cabinets…

Le général Mac-Mahon pendant la guerre de Crimée a prononcé le célèbre "J'y suis, j'y reste".
Manque de crédibilité ?

😀