Féminisation des noms composés

Langue française

18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Pourriez-vous m'aider à féminiser le mot "maître-chanteur" ?

Je n'ai pas trouvé d'occurrence dans l'ouvrage faisant référence "Femme, j'écris ton nom… guide d'aide à la féminisation des titres, grades, métiers et fonctions" paru en 1999 à la Documentation française.

J'hésite bien entendu entre "maître-chanteuse" et "maîtresse-chanteuse".
A mon avis, tous les deux sont corrects.
Oui, c'est aussi l'avis du Petit Robert.
Mais "maîtresse chanteuse" est plus rare que "maître chanteuse".

Il est à noter que le trait d'union est facultatif.

Autre petite remarque : dans le sens courant et contemporain de "personne qui exerce un chantage", on ne peut pas vraiment dire qu'il s'agisse d'un titre, d'un grade, d'un métier ou d'une fonction.
Et dans le sens originel de "musicien et poète en association", qui a eu cours du XIV[sup]e[/sup] au XIX[sup]e[/sup] siècle, je ne sais pas si la féminisation était déjà de mise.
Bonjour,

Personnellement, je ne le féminiserais pas. Je le laisserais comme tel. Doit-on féminiser « un oiseau de mauvais augure » ? : tu es « une oiselle de mauvais augure » ? =D

Je trouve cela un peu idiot ces histoires de féminisation… :roll:

Comment fait-on dans ce cas ? : « cette ville est un « trou perdu » ? ► cette ville est « une trouelle perdue » ? 🆒

Muriel
Le Tlfi ne donne pas de féminin. Je suis d'accord. Pour une fois qu'un terme péjoratif est masculin, enfin deux fois avec l'oiseau de Muriel…
Muriel a écrit :Bonjour,

Personnellement, je ne le féminiserais pas. Je le laisserais comme tel. Doit-on féminiser « un oiseau de mauvais augure » ? : tu es « une oiselle de mauvais augure » ? =D

Je trouve cela un peu idiot ces histoires de féminisation… :roll:

Comment fait-on dans ce cas ? : « cette ville est un « trou perdu » ? ► cette ville est « une trouelle perdue » ? 🆒

Muriel
hihihihi j'adore votre humour, excellente réponse!
Jehan a écrit :Il est à noter que le trait d'union est facultatif.
Devenu facultatif, certes, mais restant pourtant bien utile. Comment distinguer, sans lui, un maître chanteur (apprenti chanteur, compagnon chanteur, maître chanteur), d'un maître-chanteur dans le sens actuel ?
Merci beaucoup pour vos réponses.

La question de la féminisation est une vaste question qui mérite d'être débattue de façon sérieuse, et je pense que cela vaudrait mieux, pour les personnes que cela intéresse, de créer un message spécialement dédié à ce sujet.

Jehan, je pense que "maître-chanteuse" peut s'apparenter à un métier… Et c'est un argument que je donnerais également à la personne qui se demande pourquoi, dans ce cas, ne pas féminiser le mot "oiseau" ? La féminisation des noms de métiers a pour objectif de rendre explicite la présence des femmes dans la vie publique, non d'accorder systématiquement le genre des mots au sexe de ceux et celles qu'ils désigent.
En tout cas, l'expression figée à sens péjoratif "oiseau de mauvais augure", elle, n'a rien d'un nom de métier. C'est pourquoi l'on ne saurait la féminiser, hormis par effet de style et intention humoristique.

Rendre explicite la présence des femmes dans les corps de métier, tout à fait d'accord.
Mais revendiquer la féminisation d'appellations peu flatteuses ("maître-chanteur" dans son sens actuel) est peut-être moins nécessaire.

Il y a déjà eu des discussions sur la féminisation des noms de métier, notamment celle-là.
Bonjour. En lisant Le Monde de cet après-midi, je suis tombé sur la phrase suivante : L’hommage ému de David Cameron à l’ancien premier ministre conservatrice au pouvoir de 1979 à 1990.

Loin de moi l'idée de vouloir rouvrir le vieux débat sur la féminisation des noms de métiers, je voudrais simplement poser la question qui suit : n'eût-il pas fallu, si l'on s'en tient strictement à la position de l'Académie française, écrire l'ancien premier ministre conservateur même s'il s'agit, dans l'exemple, d'une femme (en l'occurrence Margaret Thatcher), puisque le mot ministre est masculin ?

Merci.
Ce mélange de genres dans une même phrase pour désigner un même individu est vraiment du plus mauvais effet ! Bien sûr, conservateur s'imposait.
Bonjour Collins,
Bonjour à toutes et à tous,

Bien sûr que, si l’auteur-e de cet article avait respecté la logique de l’Académie française (qui est susceptible d’évoluer puisque les tenants de la non féminisation de la langue sont morts et remplacés par des femmes), il ou elle aurait dû écrire « l’ancien premier ministre conservateur » et non « conservatrice ».

Mais heureusement l’auteur-e a jugé bon d’écrire « conservatrice », en dépit de cette logique. Pourquoi ? Parce que quelque chose de plus fort que la logique de l’Académie française a prévalu dans son esprit : le désir d’une langue la plus fidèle possible aux objets et aux sujets qu’elle désigne. Margaret Thatcher étant une femme, « l’ancien premier ministre conservateur » était tout simplement… inapproprié et daté.

Inapproprié parce que la clarté de l’énoncé appelle un genre conforme au sexe. Sinon pourquoi le mot « femme » aurait-il été créé ? On n’avait qu’à garder « homme » et le problème était réglé.

Daté car l’usage prévaut sur la logique de l’académie française. Or, depuis une dizaine d’années, non seulement la féminisation des noms de métier s’est généralisée (à l’exception de l’armée et de la police) mais ce phénomène a tendance à se retrouver un peu partout. Par exemple, dans la communication de certains partis politiques soucieux de parité, on trouvera : « Nous demandons à tous-tes nos militant-e-s de se mobiliser. » Autre exemple : à l’oral, une locutrice soucieuse d’une langue moins sexiste précisera « Bonjour à tous et à toutes » ou n’hésitera pas à recourir à des formules précisant qu’elle ne s’adresse pas à un seul genre, même si ces formules sont redondantes.

Créer une langue non sexiste est problématique mais passionnant. N’hésitons pas à rêver d’une langue qui soit à la hauteur de nos idéaux, tout en ayant conscience et connaissance de son histoire, de ses particularités et de ses conséquences sur notre pensée et notre société.
Le Monde parle aussi dans un autre article de "l'ex première ministre". Il y a encore quelques hésitations mais laisser un titre au masculin et mettre l'adjectif au féminin est tout de même très bizarre.
L'Express n'hésite pas utiliser l'expression "conservatrice aux mains de fer" mais insiste plus loin sur la première femme Premier Ministre.
Les habitudes sont très longues à perdre.
polaris a écrit :Mais heureusement l’auteur-e a jugé bon d’écrire « conservatrice », en dépit de cette logique. Pourquoi ? Parce que quelque chose de plus fort que la logique de l’Académie française a prévalu dans son esprit : le désir d’une langue la plus fidèle possible aux objets et aux sujets qu’elle désigne. Margaret Thatcher étant une femme, « l’ancien premier ministre conservateur » était tout simplement… inapproprié et daté.
Mais il eût été préférable, à mon avis, d'écrire « l’ancienne première ministre conservatrice » voire « l’ancienne premier ministre conservatrice » que « l’ancien premier ministre conservatrice » qui rappelle les improbables "vieilles gens heureux" de certaines grammaires.
Je pense, au contraire, qu'écrire l'ancien premier ministre conservateur est parfaitement correct puisque le mot ministre est masculin (on peut évoquer également la théorie du neutre en considérant le mot ministre comme neutre). Écrire l'ancienne première ministre conservatrice est un barbarisme. Quant à la prétendue ambiguïté de ce mot, il suffit de préciser, dans l'article, le nom de la personne (Margaret Thatcher, l'ancien premier ministre conservateur est parfaitement clair). En plus, il s'agit de ministres connus du grand public. Donc…
Le débat sur la féminisation a commencé avec une circulaire en 1986. Les recommandations politiques sur la féminisation des noms de titres etc se sont accumulées. La société a intégré une évolution et la met en pratique. Le symbolique l'emporte sur le linguistique.
Une langue peut évoluer.
Féminisation, grrrrrrrrrrrrrrr !
C'est souligner qu'une femme n'est pas, pour reprendre l'exemple, ministre à part entière, mais ministre entièrement à part. C'est une mise à l'index, pas une intégration.

Dans le cas qui nous occupe, tout tient au nom du parti : Madame Cresson, ancien premier ministre socialiste passe comme lettre à la poste.
Il faut aussi se demander si conservateur est un adjectif ou un nom : une femme qui a sa carte du parti est-elle conservatrice (comme dans les musées) ou conservateur ?
J'aurais tendance à pencher pour la seconde solution…
Dans le cas concerné, je trouve que le ou la journaliste aurait pu s'exprimer avec plus de précision par exemple en mentionnant l'ancienne Première Ministre du gouvernement conservateur … et sinon utiliser conservatrice. Le féminin de conservateur existe déjà, est utilisé dans des contextes divers et de toutes façons, je ne vois pas pourquoi conservatrice renverrait plus précisément aux musées que conservateur. NB En anglais on met souvent une majuscule à l'adjectif conservative quand il s'agit de l'étiquette politique.
En économie ou en politique le fossé hommes femmes existe avec ou sans féminisation des noms de titres, professions etc et ce fossé est très marqué en France. La France est 57 ème sur 135 pays dans le classement du gender gap (traduit souvent par fossé hommes femmes) à cause justement de deux domaines l'économie et la politique.
Je ne pense pas que la féminisation est un risque en soi car cela reviendrait à dire que le seul fait de voir un féminin serait un handicap donc la personne toute entière n'aurait aucune chance. Je crois qu'avec la réalité qui perdure en France plus qu'ailleurs il est nécessaire de rendre les femmes plus visibles professionnellement et politiquement et que la féminisation est un outil. Evidemment il y aussi des aveugles et des borgnes. La parité de candidature se moque du calcul basique quand la proportion 50/50 devient un 75/25. Les médias font appel à 80 % d'experts masculins donc 20 % d'expertes selon des enquêtes récentes mais cela est à peine connu etc.

Vu que depuis des lustres on a féminisé les noms de professions, je ne vois pas pourquoi quelques décennies supplémentaires empêcheraient le processus de continuer.
Il n'y a rien de surprenant à ce qu'un usage passe comme une lettre à la poste. Les stéréotypes se perpétuent ainsi et ce sont les changements qui surprennent.