Jean-Pierre Claris de Florian, Le Pacha et le Dervis

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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La fin de cette fable de Jean Pierre Claris de Florian est difficile à éclaircir. Quelqu'un pourrait-il me dire ce qu'il a compris? Pourquoi le dervis donne-t-il le coffret au pacha?
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté
Qu'un pacha turc dans sa patrie
Vint porter certain jour un coffret cacheté
Au plus sage dervis qui fût en Arabie.
Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis,
Des diamants d'un très grand prix :
C'est un présent que je veux faire
À l'homme que tu jugeras
Être le plus fou de la terre.
Cherche bien, tu le trouveras.
Muni de son coffret, notre bon solitaire
S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin
D'aller loin ?
L'embarras de choisir était sa grande affaire :
Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts
Se présenter à ses regards.
Notre pauvre dépositaire
Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret :
Mais un pressentiment secret
Lui conseillait de n'en rien faire,
L'assurait qu'il trouverait mieux.
Errant ainsi de lieux en lieux,
Embarrassé de son message,
Enfin, après un long voyage,
Notre homme et le coffret arrivent un matin
Dans la ville de Constantin.
Il trouve tout le peuple en joie :
Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ;
C'est notre grand vizir que le sultan envoie,
Au moyen d'un lacet de soie,
Porter au prophète un firman.
Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ;
Et, comme ce sont des misères,
Notre empereur souvent lui donne ce plaisir.
- Souvent ? -oui. -c'est fort bien ; votre nouveau vizir
Est-il nommé ? -sans doute : et le voilà qui passe.
Le dervis, à ces mots, court, traverse la place,
Arrive, et reconnaît le pacha son ami.
Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci :
Et le coffret ? -seigneur, j'ai parcouru l'Asie ;
J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir :
Aujourd'hui ma course est finie ;
Daignez l'accepter, grand vizir.
Bonjour Alph,

Cette fable dénonce l'ambivalence de l'Orient vu par le siècle des Lumières : le lieu d'une certaine sagesse et celui de la folie cruelle. Zadig de Voltaire ne présente pas une autre image de même que Candide dans le dernier chapitre.

Ici donc, le coffret remplit de pierreries doit être remis au plus fou (il faut comprendre au plus déraisonnable).

Le dervis (ou derviche, c'est-à-dire un moine retiré du monde, un sage) a, chaque jour, découvert des hommes toujours plus agités par leurs passions. De retour à Constantinople où le sultan vient de faire étrangler son ministre, il rencontre le pacha du début qui a accepté de reprendre la charge du supplicié. Il lui rend donc le coffret le jugeant ainsi le plus fou des hommes.
La morale implicite est que nul ne devrait se fier aux faveurs d'un despote oriental dont les caprices relèvent de l'arbitraire. Il est bien possible que Florian vise en fait tous les absolutismes…
Merci beaucoup. En fait, je n'avais pas compris qu'il avait la corde au cou.