Le trait d’union

Langue française

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lamaneur a écrit :Observons que ces conventions varient dans le temps. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, on recommandait de mettre le trait d'union entre "très" et l'adjectif : très-grand.
D'où le fameux "très-antique" de Rimbaud, dans son Bateau Ivre ! Tout s'explique maintenant ! 😀
Mais avec la rectification orthographique de 1990, est-il devenu possible de toujours omettre, à l'insu des accents circonflexes, les traits d'union (j'ai vu que c'était désormais le cas pour tout numéral composé) ?
Est-ce que "demi" et "double" sont suivis d'un trait d'union quand ils précèdent un nom? Merci.
Yéochoua a écrit :Est-ce que "demi" et "double" sont suivis d'un trait d'union quand ils précèdent un nom? Merci.
• Devant un nom, demi est lié par un trait d'union.
- à demi-prix
- à demi-mot
- une demi-mesure

• Devant un adjectif et un participe passé, demi n'est jamais lié par un trait d'union.
- elle est à demi contente
- des gens à demi fâchés

Je laisse quelqu'un d'autre te répondre quant à "double", parce que je ne savais même pas que l'on pouvait mettre un trait d'union après.
double est suivi d'un trait d'union s'il constitue la première partie d'un mot composé, ex : double-fenêtre, double-croche etc…
Comment sait-on que le mot double fait partie du nom et n'est pas un simple adjectif?
Dans double-jeu, par exemple, en fait-il partie?
Pas d'autre solution que de consulter un dictionnaire, d'autant que le trait d'union n'est pas aussi automatique que l'écrit Jacques. C'est le cas pour double jeu.
Mithridate a écrit :Avec la rectification orthographique de 1990, est-il devenu possible de toujours omettre, à l'instar des accents circonflexes, les traits d'union (j'ai vu que c'était désormais le cas pour tout numéral composé) ?
La réformette de 1990 n'abolit pas les traits d'union et les accents circonflexes dans tous les cas. Tu peux consulter les nouvelles règles ici : https://www.renouvo.org/regles.php

Personnellement, je désapprouve la suppression des traits d'union dans beaucoup de mots. Ils évitent des mots trop longs et facilitent souvent la saisie du sens global. Je préfère par exemple "oto-rhino-laryngologie" à "otorhinolaryngologie", "contre-révolutionnaire" à "contrerévolutionnaire" !

Pour les accents circonflexes, je trouve par contre que cette petite réforme ne va pas assez loin. Elle supprime bien tous ces accents sur les lettres I et U, sauf homophonie (du, dû…), mais les maintient intégralement sur A, E et O. Comment justifier ainsi "château" quand on écrit "bateau", sinon par des raisons étymologiques (historiques) complètement dépassées ? Les accents circonflexes sur la lettre E pourraient aussi être remplacés par des accents graves, parfois aigus.

Cette réformette va sinon dans le bon sens, tout en restant facultative. Alors, faites aussi vos propres règles, tout en restant lisible et logique. Ce sont toujours les usages qui font évoluer les règles à la longue… 😉
Je me suis basé sur le dictionnaire. En principe, les deux termes d'un mots composés ne sont ni mobiles ni remplaçables par un synonyme ni séparables. On peut dire à moitié rongé pour à demi rongé, mais pas une moitié de mesure pour une demi-mesure. De même, on ne peut pas dire une croche double ou une croche plutôt double pour une double-croche alors qu'on pourra dire dans cette affaire, il a joué un double jeu, mais aussi dans cette affaire, il a joué un jeu plutôt double.
@Spalding

Oh, merci beaucoup ! Je cours lire et m'instruire. 😉
Malheureusement les dictionnaires ont des avis partagés : double-croche pour le Robert, mais avec ou sans trait d'union pour le Tlfi…
Bonjour,


J'ai un problème de trait d'union dans une phrase interrogative avec "on".

On écrit : Ecrit-on ?

Je me demande si c'est correct.
C'est correct. Il n'y a pas de différences selon le pronom sujet.
Ecrit-on … ?
Où va-t-on ?
"Si vous passez par-là"

ou

"Si vous passez par là"

Trait d'union ?
Non, pas de trait d'union : Si vous passez par là…
C'est aussi ce que je pensais, mais mon traitement de texte, (Word 2013) me souligne le mot comme une faute, n'acceptant que le trait d'union, et bizarrement je ne peux pas le lui faire accepter.

Merci pour la réponse
Un trait d'union devant un nom : les non-adhérents.
Pas de trait d'union devant un adjectif : les personnes non adhérentes.
C'est facile quand le nom et l'adjectif existent.
Mais si je prends un adjectif qui n'est pas référencé comme substantif dans le dictionnaire, que je l'utilise "comme un nom" en mettant un article devant, suit-il la règle du nom ou de l'adjectif ?
Dois-je écrire le non verbal ou le non-verbal ?
Un adjectif substantivé est-il un substantif ? Je mettrai alors un trait d'union.
Mais n'ai-je pas ici substantivé ensemble l'adjectif et sa négation (non verbal) ? Je ne mettrai alors pas de trait d'union.
Bonsoir.

Selon le Robert des difficultés, le trait d'union est de règle quand il s'agit d'un substantif. Si l'on emploie l'expression non verbal en tant que substantif, le trait d'union va donc de soi : le non-verbal.

Quant à non avant un adjectif… Le trait d'union peut s'utiliser ou non.
Les expressions adjectivales faisant l'objet d'une définition dans le dictionnaire sont notées avec trait d'union : non-croyant, non-engagé, non-initié, non-inscrit, etc. Mais l'usage omet parfois le trait d'union. À plus forte raison quand l'expression adjectivale ne fait pas l'objet d'une entrée : un message non verbal.
Merci Jehan.

Dans votre complément, vous dites qu'avec un adjectif précédé de "non", l'usage omet parfois le trait d'union quand le mot n'est pas dans le dictionnaire. Est-ce que vous ne vouliez pas plutôt dire l'inverse ? à savoir que ne pas mettre de trait d'union est dans ce cas la règle ?

Dans votre réponse à ma question, je ne sais pas si "le trait d'union va donc de soi" tient suffisamment compte de la nuance que je souhaitais mettre en avant. J'attirais l'attention, en posant la question, sur le fait que dans le cas d'un adjectif qui n'a rien d'un nom, l'utiliser avec un article, comme on utilise un substantif, ne changeait pas forcément sa nature d'adjectif. Dans mon esprit, un adjectif utilisé avec un article ne devient pas réellement un substantif, avec une nouvelle signification propre, mais continue à avoir la valeur d'un adjectif, et on ne lui colle pas un "non + trait d'union". En écrivant, je me dis que peut-être que dans ces cas j'utilise "le" comme un pronom voulant dire "ce qui est" plutôt que comme un article ; je pourrais poser la question en rubrique analyse grammaticale.
Si je souhaite conserver la notion d'adjectif catégorisant, puis-je écrire : "le service qualité trie les produits en deux catégories : le conforme, c'est ce qui respecte les normes ; le non conforme, c'est ce qui ne respecte pas les normes" ? Et réserver le trait d'union aux mots qui sont clairement des substantifs ayant un sens défini : "la conformité et la non-conformité" ?
Jehan a écrit :
…non-engagé, non-initié, non-inscrit,
Et pour ce qui est de la prononciation, doit-on faire la liaison entre non et la voyelle initiale du mot qui le suit ? On entend les deux prononciations.

Dans le cas ou on la fait, comment prononcer non ? Comme à l'ordinaire avec la voyelle nasalisée, ou "nonne" ?
Milégnole a écrit :Dans votre complément, vous dites qu'avec un adjectif précédé de "non", l'usage omet parfois le trait d'union quand le mot n'est pas dans le dictionnaire. Est-ce que vous ne vouliez pas plutôt dire l'inverse ? à savoir que ne pas mettre de trait d'union est dans ce cas la règle ?
. J'ai dit exactement que même si l'expression adjectivale est consignée dans le dictionnaire, donc avec trait d'union (non-aligné, non-violent, etc.) il arrive parfois que l'usage l'omette et écrive malgré tout non aligné, non violent…. Et il va de soi que si l'expression adjectivale n'y figure pas (non verbal) l'absence de trait d'union est la règle.
Milégnole a écrit :Dans mon esprit, un adjectif utilisé avec un article ne devient pas réellement un substantif, avec une nouvelle signification propre, mais continue à avoir la valeur d'un adjectif, et on ne lui colle pas un "non + trait d'union". En écrivant, je me dis que peut-être que dans ces cas j'utilise "le" comme un pronom voulant dire "ce qui est" plutôt que comme un article ; je pourrais poser la question en rubrique analyse grammaticale.
Eh bien, si, il devient un substantif à part entière. L'article permet de substantiver n'importe quelle catégorie grammaticale.
Infinitif > nom : le rire
Adverbe > nom : le dessus, le dehors
Préposition > nom : le pour, le contre
Phrase > nom : un m'as-tu-vu, un je-ne-sais-quoi.
Et l'article de genre neutre le précédant un adjectif ou un groupe adjectival le transforme ipso facto en nom.
Le conforme = ce qui est conforme. (nom de catégorie abstraite)
Le non-conforme = ce qui n'est pas conforme. (nom de catégorie abstraite).
Ce n'est pas l'article qui a une valeur de pronom, c'est toute l'expression qui est nominale , puisqu'elle a pour équivalent un groupe pronominal.
Milégnole a écrit :Si je souhaite conserver la notion d'adjectif catégorisant, puis-je écrire : "le service qualité trie les produits en deux catégories : le conforme, c'est ce qui respecte les normes ; le non conforme, c'est ce qui ne respecte pas les normes" ?
Si vous tenez à conserver une valeur d'adjectif, écrivez plutôt, en faisant l'ellipse du substantif : les (produits) conformes, qui respectent les normes, les (produits) non conformes, qui ne les respectent pas.

(Je vois que vous avez pris un nouveau pseudo, depuis votre précédente question sur la synecdoque et la catégorisation… J'espère avoir su mieux vous répondre, cette fois-ci. 😉 )
ponthieu a écrit :
Jehan a écrit :
…non-engagé, non-initié, non-inscrit,
Et pour ce qui est de la prononciation, doit-on faire la liaison entre non et la voyelle initiale du mot qui le suit ? On entend les deux prononciations.

Dans le cas ou on la fait, comment prononcer non ? Comme à l'ordinaire avec la voyelle nasalisée, ou "nonne" ?
Bonjour.

La seule prononciation validée par le Robert est "nonne", donc avec liaison.