Le trait d’union
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Bonjour,
Est-ce que dans cette phrase je dois utiliser un trait d'union ?
Quand je dois l'utiliser ?
Merci d'avance
Nous la montreras-tu ta robe ?
En effet, l'inversion sujet-verbe liée à la modalité d'énonciation interrogative rend obligatoire la présence d'un trait d'union. Sans la faute de conjugaison sur le verbe "montrer", ta phrase serait à peu près correcte : il y a un autre problème dans ta phrase qui tient à la dislocation à droite du syntagme nominal "ta robe" ; le pronom personnel clitique "la" occupe la fonction de COD du verbe "montrer" (sujet = tu, objet = la, verbe "montrer", bivalent, est saturé), ce même pronom annonce par cataphore le syntagme nominal "ta robe", qui doit alors être détaché par une virgule, ce qui donne :
Nous la montreras-tu, ta robe ?
Mais ce n'est pas très élégant ; mieux vaut éviter la dislocation et écrire :
Nous montreras-tu ta robe ?
Bonjour.
Oui, il y a toujours un trait d'union entre le verbe et le pronom sujet
quand celui-ci est inversé et suit le verbe (dans une phrase interrogative directe notamment) :
Quand je doisdois-je l'utiliser ?
Comprennent-elles ?
Comment faisons-nous ?
Viendrez-vous demain ?
Nous la montreras-tu, ta robe ?
Avec les sujets il, elle, on, on intercale même un -t- entre deux traits d'union
si le verbe ne se termine pas déjà par un t ou par un d :
Il vient → Vient-il ?
Elle répond → Répond-elle ?
Mais :
Il chante → Chante-t-il ?
On va… → Va-t-on… ?
Mais entre nous et la il n'y pas de trait d'union?
Pas ici, car le pronom conjoint "la" est avant le verbe.
Il y a un trait d'union entre le verbe et le pronom conjoint complément
quand celui-ci suit le verbe, ce qui ne se produit qu'au mode impératif
(mode exprimant un ordre, et dans lequel le pronom sujet n'est pas exprimé) :
Montre-la, ta robe !
Fais-les, tes devoirs !
Cependant, quand on a un impératif à la forme négative,
le pronom complément se place tout de même avant le verbe…
Et là, bien sûr, sans trait d'union :
Ne la montre pas.
Ne les fais pas.
Un peu compliqué, c'est vrai !
Ufff, merci beaucoup. Je préfère être sûre avant l'examen.🙂
Foedor a écrit :Nous la montreras-tu, ta robe ?
Mais ce n'est pas très élégant ; mieux vaut éviter la dislocation et écrire :
Nous montreras-tu ta robe ?
La dislocation n'est pas forcément une inélégance.
Elle apporte une nuance de sens
en créant un effet d'insistance.
Elle a une valeur expressive certaine.
La phrase disloquée est moins "plate" que l'autre, plus rythmée aussi.
En effet, la dislocation est avant tout une forme de mise en valeur thématisante, mais elle est associée au français dit avancé, d'où mon jugement, qui était, c'est vrai, un peu rapide.
elle est associée au français dit avancé, d'où mon jugement
Je ne saisis pas bien ce qu'est le français "dit avancé"…
Ce français-là serait donc moins élégant ? =)
Bonjour,
Je corrige mes textes avec le logiciel antidote, qui n'est pas parfait mais qui en élimine quand même 80% (tout en en rajoutant 10% par ailleurs) et ledit logiciel me fait toujours douter sur l'emploi du trait d'union.
Par exemple :
- outre mesure ou outre-mesure ?
- quasi maladif ou quasi-maladif ?
- auto hypnose ou autohypnose ou auto-hypnose ?
Bref, quelle est la règle ?
Bonjour,
J'avais appris l'orthographe avec les traits d'union. Mon logiciel me les supprime tous en me disant grosso modo que le nouvel usage tend à les supprimer. Donc, je les rajoute 😉 .
Et j'écris, pour répondre précisément à la question :
* outre-mesure
* quasi-maladif
* auto-hypnose
Je pense que les deux orthographes sont acceptées.
Personnellement, je trouve cela plus propre avec un trait d'union.
Quant à la "nouvelle orthographe", je m'en méfie quelque peu, je doute qu'elle soit bien inspirée.
Avant un adjectif, quasi est un adverbe signifiant "presque".
On ne met pas de trait d'union entre l'adverbe et l'adjectif.
Donc : quasi maladif.
En revanche, avant un nom, quasi forme un nom composé et s'écrit avec trait d'union :
un quasi-contrat, un quasi-délit, la quasi-totalité
La locution adverbiale outre mesure s'écrit sans trait d'union…
Je voudrais savoir s'il faut un trait d'union dans les situations suivantes:
Il l'a fait lui-même.
Fais-leur voir de quel bois tu te chauffes.
Montre-leur le chemin. Merci.
Parfaitement !
J'avais oublié que je me demandais aussi si la négation par "non" exige un trait d'union.
Le non-respect, la non-agression, et ainsi de suite.
Selon Grevisse, il faut un trait d'union si le mot qui suit est un nom, il n'en faut pas si non est utilisé comme adverbe devant un adjectif ou un autre adverbe.
Jehan a écrit :Avant un adjectif, quasi est un adverbe signifiant "presque".
On ne met pas de trait d'union entre l'adverbe et l'adjectif.
Donc : quasi maladif.
En revanche, avant un nom, quasi forme un nom composé et s'écrit avec un trait d'union : un quasi-contrat, un quasi-délit, la quasi-totalité…
Pour la même raison, Grevisse préconise d'écrire l'adverbe
presque avec un trait d'union lorsqu'il précède un nom :
la presque-totalité…
Observons que ces conventions varient dans le temps. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, on recommandait de mettre le trait d'union entre "très" et l'adjectif : très-grand.
On pourrait aussi attribuer une valeur adjectivale aux adverbes spécifiant des noms. Ce serait alors la disjonction (pas de trait d'union) : la presque totalité, la quasi totalité…
Cela dit, je ne veux pas trop discuter la grammaire française quand elle est relativement claire et cohérente pour une fois ! 😉