Voltaire, Le Père Nicodème et Jeannot

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir.
J'ai un texte de Voltaire à étudier pour l'oral du bac, qui est celui que je vais poster. Il s'agit d'un poème de Voltaire, intitulé "Le Père Nicodème et Jeannot". Je le poste pour vous demander si mes questions d'oral pourraient convenir

LE PÈRE NICODÈME.

Jeannot, souviens-toi bien que la philosophie
Est un démon d’enfer à qui l’on sacrifie.
Archimède autrefois gâta le genre humain;
Newton dans notre temps fut un franc libertin;
Locke a plus corrompu de femmes et de filles
Que Law à l’hôpital n’a conduit de familles.
Tout chrétien qui raisonne a le cerveau blessé:
Bénissons les mortels qui n’ont jamais pensé.
O bienheureux Larcher, Viret, Cogé, Nonotte !
Que de tous vos écrits la pesanteur dévote
Toujours pour mon esprit eut de charmes puissants!
Le péché n’est, dit-on, que l’abus du bon sens;
Et, de peur de l’abus, vous bannissez l’usage.
Ah! fuyons saintement le danger d’être sage.
Pour faire ton salut, ne pense point, Jeannot;
Abrutis bien ton âme, et fais vœu d’être un sot.

JEANNOT.

Je sens de vos discours l’influence bénigne;
Je bâille, et de vos soins je me crois déjà digne.
J’ai toujours remarqué que l’esprit rend malin.
Vous vous ressouvenez du bon curé Fantin,
Qui, prêchant, confessant les dames de Versailles,
Caressait tour à tour et volait ses ouailles;
Ce cher monsieur Billard et son ami Grisel,
Grands porteurs de cilice et chanteurs de missel,
Qui prenaient notre argent pour mettre en œuvres pies:
Tous ces gens-là, mon père, étaient de grands génies!

LE PÈRE NICODÈME.

Mon fils, n’en doute pas, ils ont philosophé;
Et soudain leur esprit, par le diable échauffé,
Brûla de tous les feux de la concupiscence.
Dans les bosquets d’Éden l’arbre de la science
Portait un fruit de mort et de corruption;
Notre bon père en eut une indigestion:
Pour lui bien conserver sa fragile innocence,
Il eût fallu planter l’arbre de l’ignorance.

JEANNOT.

C’est bien dit: mais souffrez que Jeannot l’hébété
Propose avec respect une difficulté.
De tous les écrivains dont la pesante plume
Barbouilla sans penser tous les mois un volume,
Le plus ignare en grec, en français, en latin,
C’est notre ami Fréron de Quimper-Corentin.
Sa grosse âme pourtant dans le vice est plongée;
De cent mortels poisons Beizébut l’a rongée.
Je conclurais de là, si j’osais raisonner,
Que le pauvre d’esprit peut encor se damner.

LE PÈRE NICODÈME.

Oui, mais c’est quand ce pauvre ose se croire riche;
C’est quand du bel esprit un lourd pédant s’entiche;
Quand le démon d’orgueil et celui de la faim
Saisissent à la gorge un maudit écrivain:
Le déloya alors est possédé du diable.
Chez tout sot bel esprit le vice est incurable;
Il va trouver enfin, pour prix de ses travers,
Desfontaine et Chausson dans le fond des enfers.
Au pur sein d’Abraham Il eût volé peut-être,
Si dans son humble état il eût su se connaître;
Mais il fut réprouvé sitôt qu’il entreprit
D’allier la sottise avec le bel esprit.
Autrefois un hibou, formé par la nature
Pour fuir l’astre du jour au fond de sa masure,
Lassé de sa retraite, eut le projet hardi
De voir comment est fait le soleil à midi.
Il pria, de son antre, une aigle sa voisine
De daigner le conduire à la sphère divine,
D’où le blond Apollon de ses rayons dorés
Perce les vastes cieux par lui seul éclairés.
L’aigle au milieu des airs le porta sur ses ailes;
Mais bientôt, ébloui des clartés immortelles,
Dont l’éclat n’est pas fait pour ses débiles yeux,
Le mangeur de souris tomba du haut des cieux.
Les oiseaux, accourus à ses plaintes funèbres,
Dévorèrent soudain le courrier des ténèbres.
Profite de sa faute; et, tapi dans ton trou,
Fuis le jour à jamais en fidèle hibou.

JEANNOT.

On a beau se soumettre à fermer la paupière,
On voudrait quelquefois voir un peu de lumière.
J’entends dire en tous lieux que le monde est instruit
Qu’avec saint Loyola le mensonge s’enfuit;
Qu’Aranda dans l’Espagne, éclairant les fidèles,
A l’inquisition vient de rogner les ailes.
Chez les Italiens les yeux se sont ouverts;
Une auguste cité, souveraine des mers,
Des filets de Barjone a rompu quelques mailles.
Le souverain chéri qui naquit dans Versailles
Annula, m’a-t-on dit, ces billets si fameux
Que les morts aux enfers emportaient avec eux.
Avec discrétion la sage Tolérance
D une éternelle paix nous permet l’espérance.
D’abord, avec effroi, j’entendais ces discours;
Mais, par cent mille voix répétés tous les jours,
Ils réveillent enfin mon âme appesantie;
Et j’ai de raisonner la plus terrible envie.

LE PÈRE NICODÈME.

Ah! te voilà perdu. Jeannot n’est plus à moi.
Tous les cœurs sont gâtés… l’esprit bannit la foi!
L’esprit s’étend partout… O divine bêtise!
Versez tous vos pavots; soutenez mon église.
A quel saint recourir dans cette extrémité?
O mon fils! cher enfant de la Stupidité,
Quel ennemi t’arrache au doux sein de ta mère?
On te l’a dit cent fois, malheur à qui s’éclaire!
Ne va point contrister les cœurs des gens de bien.
Courage, allons, rends-toi; lis le Journal chrétien.
De Jean-George, crois-moi, lis le discours sublime:
C’est pour ton mal qui presse un excellent régime.
Tu peux guérir encore. Oui, Paris dans ses murs
Voit encor, grâce à Dieu, des esprits lourds, obscurs,
D’arguments rebattus déterminés copistes,
Tout farcis de lambeaux des premiers jansénistes.
Jette-toi dans leurs bras; dévore leurs leçons:
Apprends d’eux à donner des mots pour des raisons.
Fais des phrases, Jeannot; ma douleur t’en conjure:
Par ce palliatif adoucis ta blessure.
Ne sois point philosophe.

JEANNOT.

Ah! vous percez mon cœur.
Allons, ne voyons goutte, et chérissons l’erreur.
C’est vous qui le voulez. Mais quel fruit tirerai-je
De demeurer un sot au sortir du collège?

LE PÈRE NICODÈME.

Jeannot, je te promets un bon canonicat:
Et peut-être à ton tour deviendras-tu prélat.
Mes questions :

- Quel est le rôle de la fable dans ce poème ?
- En quoi ce texte est-il représentatif des Lumières ?
- Quel est le rôle du Père Nicodème vis-à-vis de Jeannot ?

… si vous en avez d'autres, je serais ravie de les savoir.

Merci à vous, au plaisir !!!
Bonsoir,

Voilà quelques pistes supplémentaires :

Les marques du registre polémique et satirique, l'ironie
Une littérature de combat
Les valeurs défendues et les erreurs attaquées
La stratégie argumentative
En quoi ce poème est-il une pièce classique ?
Etude des rimes sémantiques
La versification et le rythme au service du combat d'idées…
Merci de cette réponse si rapide !
Je vais me servir des pistes que tu m'as donné Jean-Luc, merci encore, et au plaisir.
J'ai oublié aussi de mentionner le dialogue philosophique au service de l'argumentation ou de débat d'idées (du moins en apparence) car il s'agit d'un endoctrinement.
J'avais oublié de l'écrire, mais j'y avais effectivement pensé, merci quand même pour votre aide précieuse !
Bonjour, le Bac Oral approche à grand pas, et il ya un texte qui me bloque totalment !
"le père Nicodème et Jeannot" de Voltaire , y'a carémént rien sur le Net !

"Bon déja j'ai galéré pour l'intro, mais ça donne ça :
Ecrivain et philosophe qui a marqué le 18eme s. Voltaire est dit "Symbole des Lumières". Son nom reste attaché à son combat contre "l'infame", nom qu'il donne au fanatisme religieux, et pour le progrès et la tolérance. En 1771, il publie Le père Nicodème et Jeannot , un poème intégrant une fable. Dans l'extrait que nous allons étudier, on a affaire à un dialogue entre deux personnages : un prêtre, le père nicodème et un enfant de coeur, Jeannot. Dans ce passage, Voltaire nous livre donc un enseignement implicite en faisant appel à un animal : l'hibou."

je trouve que l'intro est relativement incomplète , j'aimerais savoir par exemple, si ce poème est extrait d'un receuil en particulier, ou autre ?

En fin, je possède quelque élèments d'analyses :

etude de la 1ere réplique (vers 1à8) :
- l'enseignement c'est le dégout de la philosophie
-emploi de termes péjoratifs pour qualifier le savoir "démon d'enfer" , "corrompu" , "cerveau blessé", qu'il justifie par des exemples (v.3à6) , mais présentés avec mauvaise foi (registre polémique)
-démarche de pédagogue

etude vers 9à24 : (la fable)
comparaison de l'homme à l'hibou , il y a de la mauvaise foie à comparer le hibou (qui ne peut voir le soleil) à l'être humain !
(incomplet, je ne sais pas quoi dire d'autre :/)

etude de la réplique 2 (v25 à 42) :
V.27 jeannot ne veut pas etre le seul ininstruit,
→ il cite plusieur exemple de recul de la religion associé à l'intolérance v. 28 29 ET 30
il finit par associer la tolérance à la philosophie, et l'intolérance à la religion !
(si qqn peut déveloper)

étude de la réplique 3 : ( v. 43 à 52)
- registre pathétique
-le pretre cherche à persuader jeannot , en faisant appel à ses sentiments ( il sucite la pitié ) , emploi d'interjection ''ah"
-emploi de phrases exclamatives
-emploi d'une apostrophe lyrique " o divine bêtise" v .45


étude des 2 dernieres répliques :
acceptation par jeannot de se que lui demande le père Nicodème, en échange d'une belle carrière dans le clergé (soumission)


Donc voilà si qqn pouvait répondre à mes questions , mais aussi me donner des questions probables pour l'oral, (avec eventuellement le plan) !! voici mon texte :
LE PÈRE NICODÈME ET JEANNOT(19)


LE PÈRE NICODÈME.
Jeannot, souviens-toi bien que la philosophie
Est un démon d’enfer à qui l’on sacrifie.
Archimède autrefois gâta le genre humain;
Newton dans notre temps fut un franc libertin;
Locke a plus corrompu de femmes et de filles
Que Law à l’hôpital n’a conduit de familles.
Tout chrétien qui raisonne a le cerveau blessé:
Bénissons les mortels qui n’ont jamais pensé.
(…)
Autrefois un hibou, formé par la nature
Pour fuir l’astre du jour au fond de sa masure,
Lassé de sa retraite, eut le projet hardi
De voir comment est fait le soleil à midi.
Il pria, de son antre, une aigle sa voisine
De daigner le conduire à la sphère divine,
D’où le blond Apollon de ses rayons dorés
Perce les vastes cieux par lui seul éclairés.
L’aigle au milieu des airs le porta sur ses ailes;
Mais bientôt, ébloui des clartés immortelles,
Dont l’éclat n’est pas fait pour ses débiles yeux,
Le mangeur de souris tomba du haut des cieux.
Les oiseaux, accourus à ses plaintes funèbres,
Dévorèrent soudain le courrier des ténèbres.
Profite de sa faute; et, tapi dans ton trou,
Fuis le jour à jamais en fidèle hibou.

JEANNOT.

On a beau se soumettre à fermer la paupière,
On voudrait quelquefois voir un peu de lumière.
J’entends dire en tous lieux que le monde est instruit
Qu’avec saint Loyola le mensonge s’enfuit;
Qu’Aranda dans l’Espagne, éclairant les fidèles,
A l’inquisition vient de rogner les ailes(24).
Chez les Italiens les yeux se sont ouverts;
Une auguste cité, souveraine des mers,
Des filets de Barjone a rompu quelques mailles.
Le souverain chéri qui naquit dans Versailles
Annula, m’a-t-on dit, ces billets si fameux
Que les morts aux enfers emportaient avec eux(25).
Avec discrétion la sage Tolérance
D une éternelle paix nous permet l’espérance.
D’abord, avec effroi, j’entendais ces discours;
Mais, par cent mille voix répétés tous les jours,
Ils réveillent enfin mon âme appesantie;
Et j’ai de raisonner la plus terrible envie.

LE PÈRE NICODÈME.

Ah! te voilà perdu. Jeannot n’est plus à moi.
Tous les coeurs sont gâtés… l’esprit bannit la foi!
L’esprit s’étend partout… O divine bêtise!
Versez tous vos pavots; soutenez mon église.
A quel saint recourir dans cette extrémité?
O mon fils! cher enfant de la Stupidité,
Quel ennemi t’arrache au doux sein de ta mère?
On te l’a dit cent fois, malheur à qui s’éclaire!
Ne va point contrister les coeurs des gens de bien
(…)
Ne sois point philosophe.

JEANNOT.

Ah! vous percez mon coeur.
Allons, ne voyons goutte, et chérissons l’erreur.
C’est vous qui le voulez. Mais quel fruit tirerai-je
De demeurer un sot au sortir du collège?

LE PÈRE NICODÈME.

Jeannot, je te promets un bon canonicat:
Et peut-être à ton tour deviendras-tu prélat.
Bonjour.

Une petite remarque en attendant l'aide de personnes plus compétentes :

comparaison de l'homme à l'hibou , il y a de la mauvaise foie à comparer le hibou (qui ne peut voir le soleil) à l'être humain !
On ne dit pas "à l'hibou", mais "au hibou".
Et ne pas confondre "le foie" (organe) et la mauvaise foi…
C'est une fable, les animaux (aigle et hibou) sont deux symboles d'attitudes humaines et de comportements humains, comme dans toutes les fables mettant en scène des animaux.
On ne peut pas parler ici de mauvaise foi.
ah merci, mais se sont pour la plus part , des notes de mon proffesseur pourant ! :/