Je vous remercie.
Le sens particulier de ὅτι μὴ m'était inconnu.
Je ne comprends pas le sens de cette phrase :
Ἡμεῖς χωρὶς τῶν ἀναγκαίων κακῶν αὐτοὶ ἕτερα προσπορίζομεν.
Ma traduction bizarre :
Nous-mêmes, nous ajoutons autres choses que les maux nécessaires.
C'est presque cela, mais on voit malgré tout que vous n'avez pas compris…
Malheureusement, je ne peux pas vous aider sans vous livrer la "clé" de la phrase.
Disons qu'il y a deux sortes de maux distingués dans cette phrase. Voyez-vous lesquels ?
J'espérais que la nuit me porterait conseil… mais je ne crois pas que j'aie beaucoup avancé.
Votre indice (je vous en remercie) me conduit à rapprocher le nom κακῶν de l'adjectif ἕτερα . Peut-être :
Nous-mêmes, nous ajoutons d'autres maux que les maux nécessaires.
Nous-mêmes, nous ajoutons des maux autres que les maux nécessaires.
Nécessaires signifiant plutôt ici inévitables, qui ne dépendent pas de nous mais de la fatalité, je crois que tu tiens le bon bout 🙂 .
Ah ! oui, ça y est ! Je comprends !
L'auteur nous rappelle que les hommes ajoutent leurs propres maux, ceux dont ils sont responsables, aux maux fatalement liés à la condition humaine…
Je ne veux pas t'induire en erreur, car je n'ai lu que ce petit bout de phrase.
Mais Jacques confirmera ou infirmera.
Cela me fait penser à Voltaire, dans Micromégas, tu sais lorsqu'il dit, que non contents d'être soumis aux catastrophes, naturelles, à la maladie,…les hommes ajoutent encore les maux de la guerre ou de l'intolérance. comme ils sont bêtes, ces animaux intelligents…
Oui, bien sûr. Et vous remarquerez, Marie Hervé, que l'analyse ne vous aurait pas mené à grand chose dans la quête du sens : vous avez lu et relu la phrase, vous l'avez décodée intellectuellement et le sens vous est apparu subitement. Il n'y avait que de l'ombre ou de la grisaille, et soudain une lumière aveuglante a dissipé ces ténèbres ; vous avez compris. Ce n'est que par la suite que vous pouvez chercher à traduire si vous le souhaitez ou s'il le faut.
La phrase me semble contenir un lieu commun de la philosophie stoïcienne (ou de la sagesse antique en général) qui a été expliqué plus haut : l'Homme doit conserver sa part de liberté face à l'inévitable et ne pas vouloir que ce ne soit pas ou s'en affliger outre mesure, ce qui le rendrait doublement esclave (cf le plus célèbre des paradoxes des stoïciens).
Voltaire ? Sans doute ; bien que mondain au dernier degré, il n'a pas dit que des platitudes.
Je ne porte pas le "méchant" Voltaire au pinacle. Mais j'apprécie ses contes et la façon dont il parle de la guerre me plaît et me correspond.
Je ne prise guère le XVIIIème siècle, même Rousseau, ce rêveur raisonnant.
Ah si : j'aime André Chénier :
Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine…
Dommage que les Sans-culottes aient raccourci sa carrière…
Oh oui, et je l'ai lu. Les Rêveries m'ont déçu : toujours cette volonté de se justifier, de se disculper. Quelques belles pages, certes (qui inspireront Lamartine), mais la quatrième est une dissertation ardue sur le mensonge, pleine de paralogismes. Non, je n'aime pas cette rhétorique.